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30-01-2015
Mots clés
Transports
France

Vélo-boulot… crescendo : voici comment vous inciter à sauter le pas

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Vélo-boulot… crescendo : voici comment vous inciter à sauter le pas
(Crédit photo : Paul Mison - Wikimedia)
 
Seuls 2% des Français vont chaque jour au travail à biclou. Comment faire gonfler ce chiffre ? En généralisant l'indemnité vélo ? En installant douches et vestiaires ? Petit tour d'horizon des solutions déjà existantes.
Le Baromètre de cet article
ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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De 200 à 419. Puisqu’elle a permis de doubler le nombre d’employés qui utilisent le vélo pour se rendre au travail, l’expérimentation de l’indemnité kilométrique destinée aux cyclistes apparaît comme un succès (voir l’étude complète ici). Lancée en juin dernier, elle consistait à verser à 8 000 salariés cobayes dans 18 entreprises 25 centimes par kilomètre parcouru à vélo. Mais malgré un bond spectaculaire dans ces boîtes-là, la pratique du biclou pour se rendre au travail y est encore bien minoritaire… puisqu’elle ne concerne que 4,6% des salariés. A l’échelle de l’Hexagone, c’est encore pire : seuls 2% des actifs se rendent au turbin à deux-roues sans moteur. Outre la compensation financière, quels pourraient être les outils pour inciter les Français à monter en selle ?


- Offrir des abris pour vélos

C’est le minimum, mais ça ne va pas toujours de soi. Car si vous devez, depuis la fenêtre de votre bureau, garder l’œil sur votre biclou frêlement accroché à une grille, gageons que vous finirez par vous lasser. Un bon local à vélo, sécurisé et abrité des intempéries suffira à vous tranquilliser. La proximité de l’entrée, la visibilité, la présence d’attaches solides, mais aussi un nombre de places suffisant (rappelez-vous, messieurs les dirigeants, qu’il y a plus de cyclistes en été qu’en hiver) sont autant de critères indispensables souligne un dépliant de l’institut bruxellois pour la gestion de l’environnent.


- Installer des douches et des vestiaires

Faire 10 km à vélo chaque matin pour vous rendre au boulot, ça ne vous fait pas peur. Sauf que vous vous voyez mal recevoir votre premier client la chemise trempée de sueur. Une simple cabine de douche et des vestiaires suffiraient à votre bonheur. Seules les entreprises dont les salariés réalisent des travaux insalubres et salissants sont contraintes par la loi d’abriter des douches. Les autres, point. Pourtant, certaines le font d’elles-mêmes. C’est le cas de Thales Alenia Space sur ses sites de Cannes et de Toulouse, du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) à Orléans (voir pdf, de l’Institut de radioprotection et de la sûreté nucléaire (IRSN) à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine) ou encore de STMicroElectronics à Grenoble.


- Offrir ou participer à l’achat de vélos personnels pour les employés

Le vélo, c’est chouette… mais une bonne bécane coûte cher, encore plus si elle est électrique. Aussi certains employeurs n’hésitent pas à mettre la main à la poche pour aider leurs salariés à s’équiper. Chez Thales Alenia Space, à Toulouse, on rembourse 40% du prix (dans une limite de 500 euros) pour l’achat d’un vélo à assistance électrique (VAE) ou d’un vélo pliant. Chez Weldom, une enseigne de bricolage implantée dans l’Oise, on a même inauguré le vélo de fonction sous forme d’un leasing très avantageux. « Contre une contribution du salarié à hauteur de 15% (40% pour un vélo à assistance électrique) et l’engagement d’enfourcher la selle « environ un jour sur deux d’avril à octobre, sauf intempéries », le salarié dispose d’un vélo, nuits, vacances et week-ends compris… A condition d’en assurer – à ses frais – l’entretien. Au bout de deux ans, le voilà devenu propriétaire à part entière de la bécane », écrivait-on dans Terra eco en mai 2010. Contactée, l’entreprise n’a pas confirmé, dans le temps imparti, la persistance d’un tel système.


- Mettre à disposition une flotte de vélos

Dans les villes, les Bicloo, Vélib’, Velo’V… sont un vrai succès. Tant qu’ils manquent souvent aux bornes le matin. Autre souci : limités aux centres-villes et à la proche périphérie, ils ne desservent pas les pôles d’activité extérieurs où fleurissent de nombreuses entreprises. C’est pour combler ce manque que certaines sociétés mettent à la disposition de leurs employés des flottes de vélo en libre-service pour transiter entre les sites. Les salariés de la SNCF peuvent ainsi piocher parmi des véhicules à assistance électrique répartis sur six lieux stratégiques parisiens de l’entreprise : gares et bureaux. Au BRGM, dans la périphérie d’Orléans, s’étalent une quarantaine de bâtiments sur 27 hectares. Ainsi dès 2008, « on a mis des vélos en libre-service pour que les salariés se déplacent d’un bâtiment à l’autre et évitent de prendre la voiture. On en a aujourd’hui une trentaine à disposition », souligne Raymond Grenier, chef du service de l’environnement de travail et du développement durable.

Une flotte de vélos pour circuler sur place, mais pas forcément de biclou pour rejoindre ses pénates. Au BRGM toujours, on a bien tenté l’aventure avec une vingtaine de vélos à assistance électrique loués aux salariés : « Ç’a à peu près bien fonctionné. Mais on a eu des soucis de batteries qu’il fallait remplacer. Une nouvelle batterie, c’était 500 euros sur un vélo acheté à l’époque 1 800 euros pièce. Sachant qu’on les louait 13 euros par mois, c’est devenu vite coûteux », souligne Raymond Grenier. Alors, quand l’agglomération orléanaise a décidé de développer sa propre offre de location de VAE à un prix très compétitif, le BRGM a définitivement arrêté les frais. C’était à la fin de l’année 2014. A l’IRSN, en revanche, la chose a pour l’instant bien pris. En juin 2013, l’institut a installé 8 VAE sur son site de Fontenay-aux-Roses. Des vélos que les salariés utilisent à 80% à des fins personnelles (courses le midi, retour au domicile, emprunt pour le week-end…) et à 20% dans un cadre professionnel. « Fin 2014, nous avions 143 inscrits sur 1 100 salariés. Chaque vélo a parcouru 3 000 km environ ou 23 000 km en un an et demi pour toute la flotte. De l’avis même de notre prestataire, c’est une bonne utilisation », se félicite Sébastien Magnan, chef de projet développement durable à l’IRSN. « C’est notamment pratique, assure-t-il pour les salariés qui habitent dans un rayon de 5 à 15 km. D’autant qu’on est sur un plateau qui monte beaucoup. Les VAE permettent de venir sans trop d’efforts. »


- Organiser des parcours sécurisés

D’accord, direz-vous. Mais si vous devez, pour venir au boulot, traverser deux rocades, une bretelle d’autoroute et un périph, pas sûr que le risque en vaille la dynamo. Aux abords de l’usine de Motorola de Toulouse, fermée en 2013, quatre lignes de bus cyclistes permettaient hier aux novices de se faire guider sur la route. Un service offert aussi par Thales Alenia Space dans son plan de déplacements établissement (PDE) et ce, pour permettre aux salariés de « rallier [leur] lieu de travail en empruntant les chemins les plus courts et les plus sûrs » : « Un bus cyclistes est un convoi de cyclistes guidé par un leader, circulant sur un itinéraire comprenant des “stations” avec des horaires de passage. Le leader, qui a établi le parcours est le garant du respect des horaires », souligne le groupe dans un communiqué (voir le document ci-dessous).

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- Accueillir des ateliers de réparation

Sur le site toulousain de Motorola, quatre fois l’an, un technicien venait entretenir les cycles des salariés. L’entreprise prêtait aussi à ses employés un kit de rustines, une pompe et une caisse à outils en cas d’avarie. A quelques encablures de là, le constructeur franco-italien de satellites s’est engagé sur la même voie. Les salariés de Thales Alenia Space peuvent carrément confier leur vélo à réparer pendant les heures de boulot et un atelier d’entretien est mis à la disposition des plus courageux. Tandis que sur le site cannois de la société 50% des coûts d’entretien des vélos sont pris en charge par l’entreprise. Au BRGM d’Orléans, ce sont les employés handicapés d’un Esat (Etablissement et service d’aide par le travail) local qui se chargent, deux fois par semaine, de graisser les chaînes et de resserrer les freins. « Ils réparent environ 200 vélos par an, ils sont bien occupés », précise Raymond Grenier, qui souligne que « les employés paient les pièces détachées, mais le coût de la main-d’œuvre est pris en charge par l’entreprise ».

Et vous, qu’en pensez-vous ? Avez-vous connaissance d’autres initiatives ? Que vous manque-t-il pour sauter le pas ? Répondez-nous dans le forum en bas de cet article

A lire aussi sur Terraeco.net :
- Le dossier de Terra eco « Vélo : les Français en sont fous »
- « La carte qui prouve que le vélo tue peu en ville »
- « Le top 5 des villes où il fait bon pédaler »

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6 commentaires
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  • Merci pour cet article, qui reprend en effet les principaux points ou l’entreprise peut agir.
    L’information aux salariés est absolument primordiale, incluant les conseils pour l’équipement vélo (il n’y a pas une solution unique qui convienne à toutes et à tous), les tenues cyclistes (pour éviter la transpiration, pour la pluie, pour être vus...), du ’coaching’ pour aider les volontaires à définir leur trajet (c’est un point crucial : si l’on ne peut pas trouver un trajet "apaisé", ce sera difficile de garder la motivation si on se paie une frayeur journalière !), mais aussi des conseils pour le comportement sur la route.
    Ce dernier point est le PLUS important du point de vue de la sécurité, car 99,99% des incidents ou accidents peuvent être anticipés !
    Attention, rouler en vélo en zone urbaine, c’est tout sauf se balader le nez au vent en écoutant les oiseaux... c’est la même chose qu’en scooter ou moto, c’est 100% d’attention, interdit de laisser l’esprit vagabonder sur le planning de la journée ou la popote pour le soir...
    Si vous avez la chance d’avoir un bout du trajet dans un parc, où une belle piste cyclable séparée des flux automobiles, là vous pouvez vous détendre un peu....
    Ceci m’amène au point crucial suivant : les INFRASTRUCTURES urbaines, qui ne sont plus du ressort de l’E bien entendu, mais qui sont absolument primordiales !
    C’est LE point clé qui permettra de faire décoller la pratique cyclopédique, ce n’est pas sorcier, il suffit de regarder nos voisins du nord de l’Europe, il s’y sont mis il y a 40 ans, à l’époque ou Georges Pompidou déclarait "Nous allons adapter la ville à la voiture" !!!
    Aujourd’hui, il nous faut "rendre la ville aux déplacements actifs", et vous verrez la part modale du vélo grimper en flèche jusqu’à 30 ou 40 sans forcer !!
    Il faut juste décider dans quel monde on veut vivre : bruyant, dangereux et pollué ou bien calme, apaisé et convivial ?
    Personnellement j’ai choisi depuis plusieurs années, et vous ?

    24.03 à 13h50 - Répondre - Alerter
  • Pour compléter :

    > Comment faire gonfler ce chiffre ? […] En installant douches et vestiaires ?

    C’est un mythe de croire qu’on sue forcément en se déplaçant à vélo : si 1) c’est globalement plat, 2) on ne force pas et 3) on est pas trop couvert (comme dit dans un autre commentaire), il n’y a aucune raison de suer. Le vélo-urbain, c’est pas le Tour de France.

    Pour la pluie, une alternative à la veste + pantalon de pluie, une cape de pluie éventuellement accompagnée d’une paire de guêtre pour protéger le bas. On risque moins l’effet sauna (vent frais par en dessous) et ça protège bien. Quelques marques :
    www.nooc.fr
    www.spaddeville.com (Fulap)
    www.carradice.co.uk (Pro-route cape)
    www.vaude.com (veste -> poncho)

    2.02 à 14h48 - Répondre - Alerter
    • Je fais du vélo pour aller au boulot depuis déjà plus de 15 ans par tous les temps excepté les jours de neige (28 km aller-retour ; avec 380 m de dénivelé positive !). Après une période VAE, car j’ai eu des problèmes à un genou. Je suis aujourd’hui de nouveau avec un vélo (VTC) relativement léger (12 kg). A partir d’une certaine distance il faut un vélo agréable à pédaler. Sur le dos, je transporte mon pique-nique ainsi que mes vêtements de la journée. A mon travail, j’ai des vêtements de complément (veste…) et de secours.
      Parcours citadin en IDF, d’abord j’ai fait ce choix pour éviter les embouteillages et c’est plus rapide que les transports en commun et fatalement c’est mieux d’un point vue écologique et ça permet de faire plus d’une heure de sport par jour (quel gain de temps et c’est bon pour le moral) ; du coup quel gain de forme physique. Mais aussi, c’est un gain d’argent !
      Alors, oui ça peut être dangereux ! Je porte casque + gilet jaune et j’ai doublé mon éclairage pour l’hiver et la nuit. Je respecte les feux. J’ai eu seulement trois accrochages avec chute et percussion du véhicule mais sans gravité (le vélo s’en est bien remis à chaque fois !). Toujours être très vigilent et très soupçonneux des voitures, des scooters et même des piétons qui ont tendance à traverser n’importe où et n’importe quand et qui nous entendent pas avec leur casque aux oreilles ! Je ne suis pas forcément favorable à la piste cyclable trop étroite sans possibilité de doubler, encombrée de piétons, avec des chicanes pour ralentir… Je préfère la route, je pars le matin de bonne heure avant le rush et le soir je double les voitures embouteillées…. C’est vraiment un plaisir de doubler les voitures et de narguer les automobilistes bloqués… Sinon, il faut s’imposer (pédaler sans trop serrer le trottoir) et se faire voir : s’arrêter en tête au feu (d’ailleurs ça évite de respirer les gaz d’échappement). Plus, les automobilistes seront habitués aux cyclistes, plus il sera sûr de pratiquer le vélo. Maintenant, je ne peux plus m’arrêter.

      3.02 à 13h11 - Répondre - Alerter
  • Oui au vélo pour aller au boulot...je l’ai fait jusqu’en septembre 2011 où je me suis fait projeter à 5 mètres par un étudiant qui ne m’avait pas vu en tournant ; j’avais un casque, mais il a explosé sous le choc et après perte de connaissance, j’ai mis un an à m’en remettre...donc oui, seulement si le parcours est sécurisé : il faut développer les vraies pistes cyclables et porter un gilet jaune ; maintenant, j’ai l’impression de risquer ma vie chaque matin, donc j’y vais en voiture !

    2.02 à 08h18 - Répondre - Alerter
  • J’ai passé deux ans à pédaler 10 km aller, 10 retour pour me rendre sur mon lieu de travail, dont parfois à des horaires décalés (6h du matin ou 23h) - à coups de "wah t’as du courage" de la part de mes collègues. Pourtant l’organisation n’était vraiment pas compliquée !

    J’avais un vélo de ville ordinaire et portais des vêtements ordinaires. Oui, je changeais de t-shirt (dans les toilettes) en arrivant, mais il est facile de ne pas transpirer beaucoup, sur un trajet plat ; il suffit de ne pas se surhabiller (t-shirt + veste imperméable ou manteau en hiver, pas de pull sinon là en effet c’est trop chaud). Oui, quand il pleut vraiment fort, c’est pénible, mais une pluie légère, ce n’est pas insurmontable.

    Parfois en sortant du lit le matin je soupirais à l’idée d’affronter la circulation pendant 45 minutes mais quelle récompense de prendre l’air, de voir les rues de Paris, d’utiliser mes muscles (avant de passer la journée assise devant un ordi) et d’arriver bien réveiller, plutôt que d’être confinée dans le métro !
    Il suffit vraiment de sauter le pas....

    1er.02 à 19h05 - Répondre - Alerter
  • bonjour,

    J’ai une suggestion très pratique : quand on veut se mettre à circuler à vélo tous les jours, on a besoin de se procurer des "accessoires anti-intempérie de secours".
    C’est-à-dire la veste et le pantalon imperméables qu’on peut glisser très facilement au fond de son sac, notamment en les repliant dans leur poche comme des k-way.
    Comme ça je peux partir le matin
    1) en tenue légère,
    2) sans encombrer ma sacoche exagérément,
    3) tout en étant sûre que je ne serai pas prise au dépourvu si la météo fait du vilain plus tard.

    D’expérience ce genre d’accessoire est super-motivant. Et pourtant c’est difficile à trouver, ou du moins à identifier clairement dans le commerce. Mon pantalon qui se replie dans une poche, je l’ai trouvé chez une enseigne de vêtements pour motards. Mon ciré imperméable qui se replie lui aussi dans une poche, c’est à la base un accessoire de running...
    Franchement, pourquoi ça ne figure pas en tête de l’offre des enseignes pour les cyclistes du quotidien ???

    Un équipement adapté c’est juste la base. Et savoir que ça existe et que c’est facile à se procurer, c’est la base n°2. Trop de gens que je rencontre s’imagine que je dois trop galérer quand il pleut. J’essaye de leur expliquer qu’avec un bon équipement, c’est pas plus chiant qu’autre chose. Faites circuler !

    30.01 à 18h15 - Répondre - Alerter
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