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Accueil du site > Actu > Énergie > Les villes ont-elles peur du noir ?
12-10-2012
Mots clés
Environnement
France

Les villes ont-elles peur du noir ?

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Les villes ont-elles peur du noir ?
(La cathédrale Sainte-Cécile d'Albi, et de nuit - Jour de nuit/flickr)
 
Samedi soir, dans 600 endroits de France, le noir sera presque complet dans les rues. Une initiative contre la pollution lumineuse, alors que deux décrets visant à limiter la lumière en ville la nuit tardent à être appliqués.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE

Samedi soir, ne soyez pas surpris de voir les mairies de Dieppe, d’Angoulême ou de Grenoble plongées dans le noir. Les édiles de ces villes vont appuyer sur les interrupteurs, et lever la tête au ciel.

C’est en effet ce samedi 13 octobre que va se tenir la quatrième édition du Jour de la nuit, créée en 2009 à l’initiative de l’ONG Agir pour l’environnement. Il s’agit d’une opération de sensibilisation à la pollution lumineuse, à la protection de la biodiversité nocturne et du ciel étoilé.

Chaque année, le nombre de participants augmente. Samedi, dans 600 endroits à travers la France – soit 100 de plus que l’an dernier - le noir va se faire, et les étoiles vont se montrer.

L’éclairage public, c’est jusqu’à 50% du budget des villes !

« L’engouement croissant pour ce Jour de la nuit s’explique à la fois par une prise de conscience écologique, facilitée par l’adoption dans de nombreuses villes de Plans climat dans le cadre de l’agenda 21, et par le fait que l’éclairage public est désormais un vrai gouffre financier pour les communes », explique Larissa de Kochko, Coordinatrice des campagnes d’Agir pour l’environnement.

L’éclairage des rues et des monuments peut en effet représenter jusqu’à 50% du budget des villes. Couper le courant la nuit permettrait d’économiser « de 40 à 50% des économies sur leur facture d’énergie », poursuit-elle.

Mais de la conscience aux actes quotidiens, et donc à l’extinction des feux inutiles en ville (et on ne parle pas des tricolores, on vous rassure), il y a encore du chemin. Deux décrets sont pourtant censés y aider.

Le noir existe déjà sur le papier, mais pas dans les faits

Le premier, publié le 12 juillet 2011, est relatif à la limitation des nuisances lumineuses. Le texte liste les installations susceptibles de produire une pollution lumineuse (éclairage public, mise en œuvre du patrimoine, bureaux, équipements sportifs de plein air ou découvrables, etc.), et installe une procédure de prescription, d’interdiction et de sanction.

Le hic, c’est que cette émanation du Grenelle II ne peut entrer en vigueur qu’après la parution d’un arrêté définissant les « normes techniques » (de quelle heure à quelle heure éteindre la lumière, où, quelle intensité de lumière autoriser, etc.) permettant sa mise en application. Or cet arrêté est encore en cours de négociation et devrait être finalisé début 2013.

Un deuxième décret qui concerne exclusivement les enseignes lumineuses des commerçants et qui dépend de la loi sur la publicité était censé entrer en vigueur le 1er juillet dernier. Mais dans ce cas également, aucun arrêté d’application n’a été à ce jour publié.

Les panneaux publicitaires pas concernés

Or, depuis cette date, les enseignes lumineuses des commerçants auraient dû s’éteindre entre 01H00 et 06H00. Une obligation circonscrite aux commerces situés dans les agglomérations de moins de 800 000 habitants. De fait, les grandes villes françaises - où la pollution lumineuse est la plus importante - en sont exclues.

Quant aux panneaux publicitaires, ce sont les grands oubliés. Ils pourront continuer à clignoter comme bon leur semble.

Sans système vraiment contraignant, la France peine donc à réduire l’éclairage la nuit. Pourtant, un consensus se dégage pour limiter le nombre de nuisances lumineuses.

Un sondage publié sur le site Newsring montre que 89% des 416 votants sont favorables à une extinction des lumières dans les commerces et bureaux la nuit. Et 65% des 236 personnes qui ont répondu à la question : Faut-il éteindre l’éclairage public en ville la nuit ? ont répondu "oui".

« Aucune étude n’a jamais démontré l’impact de l’absence de lumière sur la sécurité », explique Larissa de Kochko, anticipant les critiques de celles et ceux qui pensent que nuit sombre = coupe gorge. Au contraire, estime-t-elle, les tapages nocturnes et les vols à l’arrachée baissent à mesure que la luminosité décroît. Et les cambriolages se font la plupart du temps en pleine journée.

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Le rédacteur :
Alexandra Bogaert
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