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21-11-2015
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Océans
Climat
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Entretien

Tarik Chekchak : ce que l’océan m’a appris

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Tarik Chekchak (Crédit photo : Léa Crespi pour « Terra eco »)

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Peintures rupestres du néolithique dans le Tassili, dans le sud-est de l’Algérie. (Crédit photo : Gruban / Flickr)

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Gros temps au large de l’île d’Ouessant. (Crédit photo : Philipp Plisson)

 
Directeur Science et environnement de l’Equipe Cousteau, Tarik Chekchak entretient un rapport intime avec les grands espaces maritimes, entre émerveillement, colère et espoir. Récit en profondeur d’un observateur de la mer, de la Terre et des hommes.

La première expédition

J’avais quatorze ans peut-être. J’étais au lycée français d’Alger. C’est l’une de mes tantes, Samia, qui terminait son doctorat sur les parcs nationaux, qui m’a emmené sur ma première expédition. Nous sommes partis vers le plateau du Tassili, dans le sud-est de l’Algérie, pour retrouver les traces du tarout. On l’appelle le cyprès du Tassili. Une relique d’un temps où le climat était plus humide. Ces arbres ont plus de deux mille ans d’âge mais ne parviennent plus à se reproduire naturellement du fait de la désertification. Ils s’éteignent doucement. Dans cette expédition, j’ai plongé dans l’immensité du désert, ressenti son rythme. Je l’ai parcouru à pied et à dos d’âne jusqu’au plateau. J’ai aussi connu une révélation face aux peintures rupestres de Tassili qui datent du néolithique. Elles montrent un Sahara à l’aube d’un grand changement climatique naturel. Avec des éléphants, des girafes et une végétation aujourd’hui complètement disparue. Etre le témoin de cet environnement grandiose, découvrir les illustrations peintes sur la pierre d’êtres humains ayant vécu il y a cinq mille ans dans un lieu qui a totalement changé… C’était incroyable ! De là est né, je crois, mon goût et mon besoin pour les grands espaces. Le ciel des déserts – Sahara ou Atacama – est un ciel incroyablement étoilé. Quand tu passes une nuit en bivouac, les yeux fixés dans les étoiles, tu t’interroges sur notre place dans l’univers. Je ne connais personne qui soit resté insensible à ce type de passage. Je retrouve encore ces mêmes sensations dans les milieux polaires, ou bien quand je plonge pour l’Equipe Cousteau le long d’un tombant corallien s’évanouissant dans le grand bleu.

Le commandant Cousteau

Ses documentaires, comme pour tant de gens dans le monde, ont eu un impact très fort sur moi en termes d’ouverture, d’envie d’aventures utiles. Mais il était déjà décédé quand je suis entré au service de l’Equipe Cousteau, en 2003. Comme disait un journaliste à son propos : « Avant le commandant Cousteau, la mer s’arrêtait à la surface. » Je vois bien, dans certaines régions du monde et malgré le temps qui s’est écoulé, combien ce nom signifie encore beaucoup. Plus concrètement, il me permet de faire avancer des projets liant protection de l’environnement et réduction de la pauvreté dans les lieux les plus difficiles, comme au Soudan, où très peu d’ONG peuvent travailler. Je me souviens de l’émotion qui m’a transpercé quand j’ai embarqué à bord de L’Alcyone en mer Rouge pour commémorer cinquante ans d’expéditions Cousteau ! Quel sentiment quand j’ai enfilé pour la première fois la fameuse combinaison argentée et partagé une plongée avec Claude Wesly, fidèle compagnon des premières explorations Cousteau ! Partout, on me demande des nouvelles de La Calypso… Après bien des déboires, le navire va enfin être réparé et rejoindre Monaco.

L’identité

Ma mère est française et mon père, algérien. Je suis né en France, mais j’ai vécu en Algérie jusqu’à l’âge de 19 ans. J’ai eu la grande chance de passer une partie de mon adolescence à 20 km d’Alger. C’était alors la campagne. A chaque fin de semaine, j’éprouvais cet immense plaisir à me fondre dans la nature, une petite forêt et des collines dominant la plaine de la Mitidja. Je ne prenais pas de photos, mais je partais, même en pleine nuit et au grand affolement de ma mère, pour aller surprendre les sangliers ou la mangouste dont j’avais repéré le terrier. J’ai pu vivre ça pendant des années. Aujourd’hui, il reste quelques jardins, mais l’homme a grignoté la nature. Ce n’est pas seulement triste car les gens ont besoin de se loger. Mais assister à la guerre larvée entre la biosphère, la biodiversité et les besoins humains, c’est déprimant. J’ai vu ce changement à l’échelle d’une vingtaine d’années. Fulgurant. (…)

Vous pourrez découvrir l’intégralité de cet entretien dans le hors-série « Le climat de vous à moi », disponible en kiosque et sur commande, en suivant ce lien. Bonne lecture !

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Président de l’association des Amis de Terra eco Ancien directeur de la rédaction de Terra eco

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