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25-09-2014
Mots clés
Environnement
France

Sein a arrêté les marchands de sable

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Sein a arrêté les marchands de sable
(Crédit photo : christian rose - le télégramme - photopqr)
 
Pas touche à leur terre et à leur sable coquillier ! Les habitants de l’île bretonne ont fait battre en retraite les industriels qui lorgnaient leurs ressources. Retour sur un combat exemplaire.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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N° 61 - octobre 2014

Sauvez Terra eco !

« Ile de Sein résiste encore aux flots requins qui te dévorent », chantait dans les années 1970 le barde Claude Besson. De l’espérance, le caillou de 56 hectares au large du Finistère en a à revendre : ses habitants se définissent comme des berniques accrochées à leur rocher. L’île, une centaine d’habitants l’hiver, un millier l’été, a pourtant connu des coups au cœur ces derniers mois : le mauvais augure du rapport du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), qui a confirmé une montée des eaux de 26 à 82 centimètres d’ici à la fin du siècle, et de rudes tempêtes hivernales. Les lames de l’Atlantique ont même réussi à faire trembler les anciens. « L’arrière du cimetière a beaucoup souffert. Il pourrait tomber, confie le maire de la commune, Dominique Salvert. Heureusement, des travaux démarrent pour renforcer les digues et les refaire par endroits. »

Les œufs et les poules

L’activité humaine est venue ajouter un gros grain de sable à cette saison morose. Car la mer d’Iroise renferme un trésor : le sable coquillier. Cet or blanc, composé à 80 % de débris de coquillages et dépourvu de particules fines, forme une gigantesque colline sous-marine à quelques brasses du phare noir et blanc de Sein. C’est la dune de Kafarnao, un rempart naturel contre l’océan et une nourricière à poissons. Pour certains industriels, il faut pomper ce sable rentable et gratuit. Forte d’une autorisation d’exploitation datant de 2011, la compagnie quimpéroise des Sabliers de l’Odet envisageait d’en retirer 450 000 m3 pour l’industrie avicole. Sa fonction ? Renforcer les coquilles d’œufs !

Quand les réunions d’information commencent, au printemps, c’est la consternation. Car sur l’île, située au beau milieu du Parc marin d’Iroise, les réglementations environnementales font partie du quotidien : « Il nous est interdit de ramasser un seau de sable dans le port, de marcher sur les fleurs de la lande ou de ramasser des galets sur la grève, s’exclame alors un habitant. Et eux, ils comptent pomper tout notre sable. Et pour quoi ? Pour nourrir les poules ! »

L’île victorieuse

Après les camarades du Trégor et d’Erdeven, qui combattent depuis des années le même dragon sur leurs bords sablonneux, le « Peuple des dunes de l’île de Sein » se forme le 14 avril. Très vite, le collectif regroupe des centaines d’adhérents et des dizaines d’associations locales, et recouvre les communes du Cap Sizun d’affiches « Sein vivra ! ». Les activistes organisent aussi rencontres et projections du documentaire de Denis Delestrac, Le Sable, enquête sur une disparition.

« La mobilisation a été très importante (plus de 1 500 pétitionnaires, ndlr) : tout le conseil municipal a adhéré et nous avons aussi reçu le soutien des communes du Cap, comme Plouhinec ou Mahalon », raconte le maire. La mobilisation a fini par porter ses fruits. Le 21 août, Patrick Kerverdo, directeur des Sabliers de l’Odet, cédait. « Notre retrait est dû à des considérations économiques et non pas au mouvement d’opposition », assurait-il au Télégramme. Pas de quoi gâcher la victoire du « Peuple des dunes ». —

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Journaliste indépendante de 29 ans, Anne-Laure a toujours aimé découvrir ce qui se cache derrière les murs et les visages, inconnus surtout. Des tréfonds du bocage vendéen aux abords du Mississippi en passant par les bordels de Catalogne, en Espagne, elle a écouté ces histoires particulières qui forment la grande Histoire. Après trois ans passés au magazine Causette, elle s’est lancée dans le vaste monde de la pige, les idées en pagaille et l’enthousiasme à la plume.

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