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2-07-2010
Mots clés
Alimentation
Agriculture
France

Maïs en terrain brûlant

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Maïs en terrain brûlant
(Agence Idé)
 
Géant des champs, le maïs pâtit de sa gourmandise infinie pour l’eau. Certains lorgnent du côté du sorgho, mais le petit grain jaune prépare sa contre-attaque.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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Article publié dans le magazine
"Eau : le luxe de demain"

La France est devenue un immense pop-corn. Presque uniquement localisé dans le Sud-Ouest dans les années 1950, le maïs est désormais présent sur l’ensemble du territoire : il occupe 3,3 millions d’hectares, soit 10 % de la surface agricole utile. Mais surtout, la sélection génétique lui a permis d’exploser ses records de production : ses rendements sont passés de 30 quintaux par hectare dans les années 1960 à 91 quintaux aujourd’hui. Et voilà comment le petit grain jaune a conquis de multiples industries, depuis l’agroalimentaire – biscuiterie, pâtisserie, brasserie – et la chimie en passant par la pharmacie, les plastiques ou, récemment, les agrocarburants.

Mais la success story prend un coup dans l’aile avec le changement climatique. Car le maïs a la particularité d’être une culture d’été, contrairement à la plupart des autres céréales, le rendant très dépendant à la ressource en eau. « En revanche, c’est une plante qui répond très bien à l’irrigation. Et donc qui rentabilise vite les investissements des agriculteurs dans ce domaine, d’où une monoculture dans certains endroits », explique Philippe Debaeke, spécialiste de l’adaptation des systèmes agricoles à l’Inra, Institut national de la recherche agronomique.

Blocage de l’industrie

Alors que les sécheresses se multiplient, les cultures irriguées, et notamment celle du maïs, se trouvent de plus en plus contestées, autant pour leurs conséquences sur les réserves en eau que pour le modèle agricole productiviste qu’elles incarnent. Entre 1970 et 1997, la France a en effet multiplié ses surfaces irriguées par 3,5. Dans les champs, ça commence à coincer. Selon la FNSEA, principal syndicat agricole, la surface cultivée en maïs aurait d’ores et déjà baissé de 30 % entre 2000 et 2009, principalement pour des raisons liées à l’eau et à sa disponibilité. Mais la céréale est décidée à contre-attaquer. Sa stratégie ? L’esquive. C’est le nom donné à l’utilisation de variétés plus précoces qui vont terminer leur cycle de vie avant les restrictions d’eau. « Les sélectionneurs de semences essaient de faire en sorte que le maïs de demain soit le sorgho d’aujourd’hui », remarque Philippe Debaeke. Eh oui, c’est le sorgho, originaire d’Afrique, qui sort la tête (de l’eau) lorsqu’on cherche des alternatives. La France en est le premier producteur européen malgré ses 50 000 minuscules hectares de culture. « Pour se développer, le sorgho doit être accepté par l’industrie et on en est encore très loin, remarque Nadine Brisson, experte en grandes cultures à l’Inra. On travaille donc plutôt sur des espèces plus rustiques de maïs. Et on peut imaginer également des délocalisations de cultures vers des zones plus septentrionales. » —

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