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22-10-2015
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Les médecins de demain s’arment contre le lobby des labos

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Les médecins de demain s'arment contre le lobby des labos
(Crédit photo : capture d'écran - arizuka)
 
Des étudiants en médecine proposent des « livrets d'autodéfense » face à l'influence des laboratoires pharmaceutiques.
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N° 74 - janvier-février 2016

2016, l’année des écoféministes

Partons d’une mise en situation. Après six années d’intense bachotage, l’étudiant en médecine commence son internat. A peine arrivé dans le service où il va faire ses classes, on lui explique, qu’ici, chaque vendredi, on prend le petit-déjeuner à l’hôpital. Un laboratoire pharmaceutique régale. Le jeune Padawan n’est pas emballé mais, intimidé par les pontes qui l’entourent, il n’ose protester. Puis il relativise : « Je suis suffisamment intelligent pour ne pas être influencé » et de toute façon « je n’y fais pas attention ». Faux ! Lui rétorque le « livret d’autodéfense face aux labos », un petit ouvrage écrit « par et pour des étudiants en médecine » lancé à la fin de l’année 2014 et à ce jour diffusé à 2500 exemplaires. Le manuel, conçu « pour se glisser dans la poche de la blouse », fait l’inventaire de ces « idées reçues » et donne aux « étudiants avides de comprendre » des clés pour « garder leur indépendance ».

« A la fac, nous ne sommes pas épargnés »

L’initiative, portée par la « Troupe du rire », un collectif de futurs médecins des universités Paris 5 et Paris 7, part de plusieurs constats. Le premier : entre 1981 et 2004, « 68% des nouveaux médicaments n’apportaient rien de nouveau », selon la revue Prescrire. Le second : « Les Français consomment plus de médicaments que leurs voisins européens et pourtant ils ne sont pas plus malades. » Un diagnostic que les membres du collectif n’ont pas pu s’empêcher de corréler à d’autres chiffres : en France, « l’industrie pharmaceutique emploie 20000 visiteurs médicaux » ou encore qu’« entre 1999 et 2004, le nombre de présentations faites par des médecins et financées par des entreprises pharmaceutiques a été multiplié par quatre », comme nous l’apprend le manuel.

« Bien sûr, les médecins les plus influents sont les plus sollicités, reconnaît Auriane, l’une des étudiantes rédactrices de l’ouvrage. Mais à la fac, nous ne sommes pas épargnés. » La jeune femme regrette par exemple que dans les livres sur lesquels elle a planché, les médicaments soient souvent présentés sous leurs noms commerciaux. Elle renvoie également à un exemple concret de lien d’intérêt : celui d’un cardiologue qui, dans son corrigé d’examen blanc, met en avant « l’efficacité » voire la supériorité de certains anticoagulants oraux, les « Naco », simples « alternatives » à d’autres aux yeux de la Haute autorité de santé (HAS). « Quels sont les liens d’intérêts du rédacteur (l’auteur de la correction, ndlr) avec les laboratoires ? », s’interroge le livret. En introduisant une obligation de transparence, la loi de modernisation du système de santé qui sera soumise au vote mardi 27 octobre devrait permettre d’y voir plus clair.

De la visite médicale au lobbying politique

Reste les petits-déjeuners, dîners, congrès, conférences, voyages… Autant d’opérations séductions devant lesquelles Auriane s’estimait mal armée. « A la fac, il y a une matière qui s’appelle “Lecture critique d’article”, mais on cherche surtout à relever les biais dans la méthodologie, pas du tout à savoir qui finance l’essai. » Pour combler cette lacune, l’étudiante s’est plongée, avec une dizaine de camarades de promo, dans le rapport Comprendre la promotion pharmaceutique publié en 2009 par l’OMS (Organisation mondiale de la santé). Chacun est reparti avec deux chapitres à synthétiser. La tâche, réalisée soirs et week-ends entre les périodes d’examens, leur a pris deux ans. La rédaction a été pensée de manière à répondre aux questions des étudiants.

Vous êtes intelligent ? Sans doute. Mais « la promotion prend en compte les compétences et le niveau d’études du public cible », répond le manuel. Vous n’y faites pas attention ? Très bien. Sauf que, même inconsciemment, « entendre plusieurs fois le même nom de médicament contribue à le faire venir à l’esprit en premier lors de la prescription », poursuit-il. « Surtout dans un métier où les décisions doivent se prendre rapidement », souligne Auriane. De même, le nom d’un médicament s’imprimera plus facilement dans un cerveau s’il est inscrit sur le stylo utilisé quotidiennement. « Le livret explique toutes les techniques de l’industrie pharmaceutique, de la visite médicale au lobbying politique », précise la jeune femme.

Riposte des entreprises du médicament

A l’origine destiné « à quelques copains et à la fac » et financé par les étudiants sur leurs propres deniers, les livrets distribués gratuitement ont rapidement trouvé preneurs. Des médecins de Lyon et de Nantes en ont demandé pour leurs étudiants. Le manuel, salué par le prix de la revue Prescrire, s’est propagé jusque dans les écoles d’infirmiers. Fort de ce succès, la Troupe du rire a décidé de diffuser 2500 exemplaires supplémentaires en lançant cette fois une opération de financement participatif pour payer l’imprimeur.

Un succès auquel le Leem, l’interprofessionnelle de l’industrie pharmaceutique, n’est pas resté indifférent. Sur un site internet dont l’unique vocation est de contrecarrer les mises en accusation, les entreprises du médicament répondent à la Troupe du rire, mentionnant « les dispositifs de transparence et de réglementation mis en place par la loi du 29 décembre 2011 », rappelant que « la remise d’échantillons de médicaments est aujourd’hui rigoureusement limitée et encadrée », afin de démontrer que l’affirmation selon laquelle « l’influence de l’industrie pharmaceutique est très étendue… » est erronée.

Une réponse qui ne convainc pas le collectif. « Si ça ne leur rapportait rien, ils ne dépenseraient pas autant », lâche Auriane. L’enveloppe s’élèverait « à 20 000 euros par an et par médecin » si l’on en croit l’économiste de la santé Jean de Kervasdoué, cité par L’Express. Parfois, les retours sur investissement sont directement perceptibles. Ainsi, le livret explique que les prescriptions d’un antibiotique intraveineux « montent en flèche après un voyage tous frais payés où le médicament faisait l’objet d’une promotion ».


Lobbying et contre-lobbying, de l’université à l’Assemblée

Et si, pour réduire les liens d’intérêt, on classait les universités en fonction de leur degré d’indépendance ? Le Formindep, l’association pour une information et formation médiale indépendante, planche en ce moment sur « un classement en fonction de leurs politiques officielles par rapport à l’industrie pharmaceutique », nous apprend Paul Scheffer, doctorant en sciences de l’éducation qui consacre sa thèse à l’influence des labos. L’approche a fait ses preuves aux Etats-Unis : « En 2007, il n’y avait aucune formation à l’indépendance prévue dans les cursus des universités américaines. En 2015, c’était au programme des deux tiers d’entre elles », souligne-t-il. Au delà des étudiants, le lobbying pharmaceutique fait l’objet d’une intense passe d’armes sur la scène nationale. Alors qu’un colloque « Désintoxiquons notre santé de l’emprise des lobbys » se tient ce jeudi 22 octobre à l’Assemblée nationale, le Leem s’énerve, par un courrier directement adressé à Claude Bartolone de l’organisation d’un tel évènement et du « préjudice qu’il peut porter aux entreprises du médicament ». Rien de tel qu’un bon lobbying pour contrer l’anti-lobbying.

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  • Coucou Thomas et toute la Troupe,

    En espérant que vous vous rappelez de moi et en vous souhaitant le meilleur pour le Nouvel An du Singe, je vous invite à découvrir les articles de Jay sur le thème de l’électromagnétisme sur http://electrosensible.info/2016/02...
    Devenue légèrement électrosensible en ayant contracté le syndrome de Goujerot (http://www.passeportsante.net/fr/Ma... , incurable en médecine occidentale, mais pas en médecine chinoise, héhé...), conséquence de la radiothérapie. Dès lors, j’ai décidé d’axer mon intérêt dans le médical, sur ce sujet.

    Heureusement que je connais les moeurs formatés des thérapeutes de la western médecine, car mon état de santé aurait été encore pire ! En effet, malgré le fait d’avoir été brûlée pratiquement au 4ème degré, tout ce qu’ils ont trouvé pour me soi-disant soigner, était une panoplie de corticoïdes et d’antalgiques de synthèse. Non seulement le système immunitaire est HS, faut aussi me flinguer le système digestif, surtout qu’avec ma gastrostomie, mon PH aurait pu s’acidifier à mort, si je ne me "droguais" pas plutôt au curcuma/poivre noir/gingembre, qu’avec leurs pilules pétrolivores...

    Le 29/02/16 aura lieu à Toulouse,le 29 février, http://www.rarediseaseday.org/event.... J’y serai pour voir ce que nous concoctent encore ces chers labos de corrompus...

    Pour l’Ile de France, ce sera de 10h à 19h au Centre commercial Créteil Soleil (94) - Avenue de la France libre, 94000 Créteil
    Votre contact : Paulette Morin, déléguée régionale - 06 80 32 59 69 - pmorin.marfan@gmail.com

    Par ailleurs, je viens de lancer la pétition : Justice pour la Terre et pour l’Amitié entre les Peuples, que je remettrai à Prisca d’Endecocide

    Pour sauver l’humanité du gouffre qui se creuse vers un chemin sans retour, à cause de la cupidité et du désir de domination de cette minorité que composent les multinationales

    http://community.sumofus.org/petiti...

    Le vrai changement s’obtient quand les citoyens comme vous et moi se rassemblent et se lèvent pour ce en quoi ils croient. Ensemble nous pouvons ainsi atteindre une multitude de personnes pour aider à changer les choses.

    Après avoir signé la pétition, prends s’il te plaît deux secondes pour partager cette initiatives avec d’autres personnes. C’est hyper facile : vous avez simplement besoin de transférer cet email :)

    24.02 à 01h41 - Répondre - Alerter
  • Michèle RIVASI (EELV) donne une foule de faits et d’informations étayées pour comprendre comment on en est arrivé là dans notre pays et comment s’en sortir

    On reste un peu sur sa faim quand aux solutions qu’elle propose, comme par exemple la promotion qu’elle aurait pu faire de l’herboristerie comme alternative pour les bobos et petites maladies courantes

    12.01 à 09h25 - Répondre - Alerter
  • C’est étrange comme le mot "lobby" est en train de devenir synonyme de "malfaisant" dans certains discours.

    Regarder objectivement la réalité plutôt que de catégoriser les choses et les gens selon un système de prêt-à-penser est un exercice salutaire d’intelligence et d’indépendance.

    Et l’on prendrait alors peut être conscience que les actions des lobbies ne sont pas nécessairement négatives pour l’humanité. Et qu’il importe que toutes les causes qui veulent influer sur la marche du monde s’organisent et agissent en "lobbies".

    Paix et fraternité

    4.11 à 11h16 - Répondre - Alerter
  • Bonjour,
    Je suis rassuré de voir qu’une rébellion s’organise à l’intérieur du système.
    La suprématie, le lobbying et l’hégémonie des labos sur notre système de santé m’ulcère et me révolte sans y voir d’issue durable.
    Je sais que les générations futures seront bien plus responsables que les précédentes et notamment la nôtre qui ne se sort pas des déviances qui ont explosé dans les années 70/80. Ces générations feront naître une nouvelle façon de respecter les patients, les clients, les êtres humains. Je l’espère...
    Bravo pour votre long et méritoire travail.

    27.10 à 22h28 - Répondre - Alerter
  • La mafia des laboratoires est pire que celle des drogues. Pour vendre leurs produits, les pratiques auxquelles se livrent les laboratoires pharmaceutiques sont immorales. Oui je suis étudiant à l’Idrac http://www.bts-idrac.com/, mais des telles remarques sont évidentes. Pas la peine d’être étudiant en médecine pour découvrir la réalité.

    23.10 à 18h19 - Répondre - Alerter
  • Bonjour,

    pour prolonger cet article, vous pouvez écouter cet entretien d’une journaliste avec Paul Scheffer (24’).

    Merci.
    Thomas pour le collectif la Troupe du RIRE

    22.10 à 23h05 - Répondre - Alerter
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