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25-05-2011
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Les droits de l’homme dans le rétro

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Les droits de l'homme dans le rétro
(mermadon 1967/Flickr)
 
Amnesty International publie son bilan annuel sur la situation des droits de l'homme dans le monde. Et note un bouleversement causé par Internet, les réseaux sociaux, et surtout Wikileaks.
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Les années passent... sans que le combat pour les droits de l’homme ne trépasse. A l’heure du 50ème anniversaire d’Amnesty international, l’ONG fait le point sur la situation de ces droits fondamentaux dans le monde depuis 2010. Bilan : « Des restrictions spécifiques à la liberté d’expression dans 89 pays, des prisonniers d’opinion dans 48 pays, des cas de torture et d’autres mauvais traitements dans 98 pays et des procès inéquitables dans 54 États. »

Le tableau se modernise, toutefois : aujourd’hui, les nouvelles technologies de l’information sont résolument en première ligne dans le combat pour la liberté d’expression. Dans le monde arabe notamment, téléphones mobiles et réseaux sociaux ont largement démontré leur rôle de mobilisation politique. Ils ont ainsi permis de diffuser les images de l’immolation du jeune Mohamed Bouazizi, « catalysant le mécontentement qui couvait » en Tunisie, avant que la révolte ne se propage en Egypte, en Libye, en Algérie, en Syrie, à Bahreïn, en Jordanie et au Yémen.

Côté Chine aussi, la toile est peut-être le seul espace où l’on met en cause les pratiques anti-démocratiques du gouvernement. Les nouvelles circulent vite. Comme celle de ce chauffard ivre ayant tué une femme en toute impunité, car il est le fils d’un haut gradé des forces de sécurité. La petite phrase « Mon père s’appelle Li Gang » est devenue le symbole de ce buzz anti-corruption. Toutefois, la « grande muraille du net » accomplit admirablement son rôle de censure nationale. Elle a notamment valu au journaliste ouïghour Hairat Niyaz d’être condamné à 15 ans d’emprisonnement. Son crime ? Avoir accordé des interviews à la presse étrangère et traduit le message d’une organisation ouïghoure appelant à manifester. Pékin a également bloqué la recherche « chaise vide » - référence à l’absence de l’écrivain Liu Xiaobo lors de la cérémonie de remise du Nobel de la paix à Oslo.

Wikileaks et la « lutte pour les droits humains »

Au-delà d’Internet, c’est avant tout le rôle de Wikileaks qui est mis en avant par Amnesty International. L’ONG reconnaît en effet sa « contribution à la lutte pour le respect des droits humains ». L’œuvre de Julian Assange, bien que critiquable à certains égards, est tout de même impressionnante : 100 000 documents sur la guerre en Afghanistan mettent en évidence des atteintes aux droits de l’homme niées par les autorités afghanes, américaines et de l’OTAN ; 400 000 documents sur la guerre en Irak décrivent des crimes de guerre et des violations des droits privés d’enquête ou de procès et également niées par des autorités ; 251 287 documents enfin provenant de 274 ambassades, consulats des États-Unis, transcrivent les échanges entre diplomates. Le tout publié entre juillet et novembre 2010.

En Tunisie également, Wikileaks a montré que plusieurs dirigeants « étaient au courant de la répression politique et de l’absence de perspectives économiques dont souffrait une grande partie de la population, mais s’étaient généralement bien gardés d’intervenir pour que les choses changent ». Des dépêches diplomatiques confidentielles ont ainsi montré que les ambassadeurs du Canada, des Etats-Unis et du Royaume-Uni à Tunis n’ignoraient nullement la torture des détenus, ou encore que l’ambassadeur des Etats-Unis pointait la corruption généralisée dans la société tunisienne. Conclusion d’Amnesty : « Dans le monde entier, de nombreux gouvernements qui clament leur attachement aux droits humains et à la démocratie ont soutenu explicitement des dirigeants politiques, tels Hosni Moubarak ou Zine el Abidine Ben Ali, qu’ils savaient corrompus, prompts à réprimer et peu soucieux des droits fondamentaux de leurs concitoyens. »

« Menace pour les puissants »

Face à de telles révélations circulant sur Internet et Wikileaks, les gouvernements se montrent quelque peu agacés, voire hostiles, relève l’ONG. Le jeune Bradley Manning, 22 ans, spécialiste du renseignement de l’armée américaine, en a fait les frais : suspecté d’espionnage et de fuite de documents militaires au profit de Wikileaks, il risque 50 ans d’emprisonnement. Plus généralement, les gouvernements se sont contentés d’ignorer ces documents, jugés illégaux car menaçant la sécurité nationale.

Pourtant, le secrétaire général d’Amnesty international Salil Shetty note que les Etats-Unis se sont distingués par un soutien clair à la liberté d’information et à l’accès à Internet dans le monde. Du moins en façade. En fait, selon l’ONG, « Internet agit comme un nouveau révélateur de la volonté des gouvernements de contrôler l’accès à l’information : ceux-ci cherchent à censurer les internautes lorsqu’un contenu est perçu comme une menace par les puissants, alors même que ces derniers n’hésitent pas à ajouter le piratage et la surveillance à leurs propres arsenaux répressifs. »

Quelques faits marquants en matière de droits de l’homme (Rapport d’Amnesty international, 2010-2011) :

Sources de cet article

La synthèse du rapport 2011 d’Amnesty international : La situation des droits humains dans le monde

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