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25-08-2015
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Biodiversité
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Les aventuriers du vivant

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Les aventuriers du vivant
(Crédit photo : Xavier Desmier)
 
Comment se monte une expédition ? Comment se passe-t-elle ? Pour quels résultats ? Récit haut en couleurs.
Le Baromètre de cet article
ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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N° 70 - septembre 2015

Avec les derniers aventuriers

« On nous a traités d’aventuriers. On en est ! J’espère que les scientifiques continueront à être des aventuriers parce que si on devient des fonctionnaires, on n’est plus des scientifiques. » Sous les dorures du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), la salle a frémi quand Eric Karsenti, directeur scientifique de l’expédition Tara Oceans, a conclu, presque poing en l’air, la présentation des résultats qui allaient faire, le lendemain, la couverture du prestigieux magazine Science. En mai dernier, les cinq premiers articles issus de l’étude d’une partie des 35 000 échantillons de phytoplancton, récoltés dans 210 endroits du globe à bord de la goélette Tara, achevaient de fermer le clapet à ceux qui n’y croyaient pas vraiment. C’est qu’il en fallait, un petit grain de folie, pour qu’un biologiste moléculaire entraîne une équipe pluridisciplinaire de 230 chercheurs dans un tour du monde de trois ans et demi sur l’ancien voilier de Jean-Louis Etienne et de Peter Blake. Eric Karsenti, marin par goût, n’avait jamais encore monté d’expédition océanographique. Mais il rêvait de refaire le voyage du Beagle, navire britannique rendu célèbre par Darwin, qui s’y embarqua en 1831 et revint de cinq ans de navigation – dont trois à explorer les terres où il accosta – avec la théorie de l’évolution en tête. Après avoir convaincu Gaby Gorsky, océanographe à Villefranche-sur-mer (Alpes-Maritimes) et Etienne Bourgois, directeur de la marque Agnès b. et propriétaire de Tara, le projet est né : faire une photographie du royaume de la vie sous-marine planétaire, depuis les virus jusqu’au zooplancton. Un travail de galérien consistant à récolter suffisamment d’échantillons et de données pour obtenir la description la plus complète faite jusqu’à présent des organismes planctoniques, de leur patrimoine génétique, des interactions entre eux, ainsi que de l’influence du climat et des courants. Savaient-ils, les biologistes, les génomiciens (spécialistes du génome) et les statisticiens, qu’en s’embarquant sur Tara, ils allaient en voir, du paysage ? Tempête à l’entrée du détroit de Magellan (dans le sud du Chili), immobilisation de dix jours dans la glace arctique, vague scélérate (1) dans la mer de Baffin, près du Groenland… Il a encore fallu être protégé des pirates par l’armée française pour passer le golfe d’Aden (entre la Somalie et le Yémen) et s’enfuir, tous feux éteints, entre l’Inde et les Maldives car la radio crachotait de mauvais présages : une attaque était possible… « Travailler sur Tara, c’est dur, surtout parce que c’est un bateau conçu pour les pôles et que sous les tropiques, on y a très chaud, résume simplement Eric Karsenti. Mais la recherche, ça engage, y compris dans un laboratoire. Alors, quoi de mieux pour faire comprendre que la science est une grande aventure que de se lancer dans un voyage ? »

« Immense défi logistique »

Derrière le baroudage romantique, c’est néanmoins un plan de campagne millimétré qui est à l’œuvre dans ce genre d’expéditions. « Trimballer un bateau autour du monde avec 103 escales et autant de permis de pénétrer dans les eaux territoriales, c’est un immense défi logistique », note Romain Troublé, secrétaire général de « Tara expéditions » et grand organisateur, qui a dû faire face à deux arrêts techniques et un déroutage complet quand la centrale nucléaire de Fukushima, au Japon, a explosé en 2011. Sans compter le transbordement des échantillons – un trésor –, deux tonnes de matériel génétique et d’eau congelés à -80°C, évacués tous les trois mois par avion jusque dans les labos de recherche. A Paris, sous la verrière de l’ancien atelier du IVe arrondissement, qui constitue la base de Tara, cinq personnes, à distance et pourtant à la barre, ont eu quelques sueurs froides jusqu’au retour de la goélette à Lorient (Morbihan).

La transpiration, on peut presque encore la deviner sur le front d’Olivier Pascal, directeur des programmes de l’ONG Pro-Natura qui organise, avec le Muséum national d’histoire naturelle, les expéditions naturalistes « Planète revisitée ». Assis devant un café à l’entrée du Jardin des Plantes à Paris, près du Muséum, le botaniste de formation, spécialiste de ces opérations de grande envergure, est de retour de Guyane, la cinquième expédition du genre. Cette fois-ci, dans la jungle amazonienne, une scientifique s’est perdue pendant vingt-quatre heures et un médecin a fait une crise d’épilepsie tout juste débarqué de l’hélicoptère qui le déposait sur le camp de base. Mais Olivier Pascal, d’un calme olympien, l’assure : la prise de risque réside moins dans les morsures de serpent et autres épisodes indianajonesques que dans l’échec complet, toujours possible, de ces parachutages au fin fond de nulle part. « Tout ça est éminemment casse-gueule : le financement, le timing, les négociations avec le pays d’accueil, le dispositif scientifique sur place et la météo. A chaque fois, c’est un petit miracle d’y arriver », explique-t-il. Chaque expédition, qui réunit de quelques dizaines jusqu’à plusieurs centaines de scientifiques dans un point chaud de biodiversité (2), l’accapare pendant près de deux ans. En 2006, plus de 200 participants à l’opération « Santo » ont failli ne jamais recevoir le container de matériel scientifique, d’abord coincé à Singapour, puis passé par la Nouvelle-Calédonie, avant d’arriver au milieu d’un cyclone sur l’île d’Espiritu Santo, au Vanuatu, dans le Pacifique. Neuf ans après ces aventures, plus de 175 publications scientifiques ont paru et 99 nouvelles espèces – lézard, limace de mer, étoile de mer, moucheron, corail, grillon… – ont été décrites et nommées. « Santo reste la plus grande opération naturaliste jamais montée sur un même terrain, note Olivier Pascal. C’était un test avec le Muséum : soit on faisait une usine à gaz, soit on arrivait à faire des économies d’échelle en mutualisant nos moyens. » Car la recherche publique n’en a que peu, des moyens, et reste parfois figée dans des protocoles trop étroits pour la curiosité de certains. Et c’est ainsi que des chercheurs de prestigieuses institutions françaises s’embarquent avec des explorateurs, non sans ténacité et courage, face à leurs pairs, parfois dubitatifs. Tara Oceans a, par exemple, coûté dix millions d’euros sans compter les salaires des chercheurs, essentiellement financés par des fondations d’entreprises. « Nous sommes partis avec 20% du budget seulement, c’est beaucoup de stress quand il faut assurer un projet qui va durer plusieurs années », explique Romain Troublé. Monter une telle opération revient même à sortir franchement des sentiers académiques. « Nous n’avons pas eu accès aux moyens de financement classiques de la recherche : la démarche était nouvelle et forcément incertaine, se rappelle Eric Karsenti. Des confrères scientifiques étaient par ailleurs perturbés par notre choix de nous embarquer sur un voilier privé plutôt que sur un bateau de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer, ndlr) : mais ce n’est pas du tout la même souplesse, Tara était bien mieux adaptée pour notre projet très original ! »

Traces d’occupation amérindienne

Pour mettre sur pied une expédition sur la frontière terrestre qui sépare la Guyane française du Brésil, dans la jungle amazonienne, le géographe du CNRS François-Michel Le Tourneau a, lui, fait appel… à la Légion étrangère ! Pour le « Raid des sept bornes », dont le but est de repérer la ligne de démarcation des deux pays et d’éventuelles traces d’occupation amérindienne anciennes ou récentes, le chercheur était accompagné de 15 volontaires du troisième régiment étranger d’infanterie. « Ils ont des bonnes gueules, ce sont mes meilleurs hommes, j’ai bon espoir que tous arrivent jusqu’au bout. Durer en forêt, c’est un savoir-faire, surtout que l’on est en saison des pluies et que ce n’est pas le GR20 (sentier de randonnée en Corse, déjà réputé très difficile, ndlr) ! », lançait le colonel Alain Walter, non sans humour, lors d’une présentation de l’expédition au CNRS à Paris, avant le départ en juin. Si le géographe et les deux botanistes qui l’accompagnent ne pouvaient se passer des services de ces hommes de terrain, les militaires aussi y ont trouvé un intérêt. Les légionnaires ont en effet profité de ces cinquante jours à crapahuter sur 320 kilomètres en forêt équatoriale pour tester du nouveau matériel et des soins, en particulier pour les pieds, ce qui pourrait sembler futile pour qui a les arpions au sec et l’est bien moins quand on doit vivre toute l’année dans la jungle pour débusquer des orpailleurs. Reste à savoir ce qu’un directeur de recherche, ancien de l’Ecole normale supérieure, allait faire dans cette galère. Spécialiste de l’Amazonie brésilienne et des espaces reculés, le géographe est formel : rien ne vaut le terrain. « Google Earth nous donne l’impression que l’on peut regarder partout et tout le temps, précise François-Michel Le Tourneau. En réalité, les satellites se concentrent sur certains points névralgiques de la planète. Les endroits que je parcours n’ont aucun potentiel commercial, ce qui se passe sous la canopée demeure parfaitement inconnu. »

Au bout de ces expéditions, à l’aspect parfois rocambolesque, il y a la connaissance de parties du monde encore obscures, la compréhension d’écosystèmes méconnus, la découverte du vivant. « Avant de revenir de Santo, notre première expédition, j’ai dû faire face à une attitude goguenarde, on nous disait que notre projet faisait très XIXe siècle, que c’était de la science dépassée », se souvient Philippe Bouchet, directeur scientifique du Muséum national d’histoire naturelle et co-organisateur de Planète revisitée. Après cinq expéditions d’envergure, le regard des institutions a changé. Les entomologistes, les spécialistes des mollusques et des crustacés, des batraciens, des blattes ou encore des champignons ont nommé plus de 300 espèces nouvelles et en conservent dans leurs échantillons très probablement plusieurs milliers qui attendent qu’un spécialiste les identifie pour enrichir notre connaissance de la biodiversité terrestre et marine.

Les chercheurs de Tara Oceans, qui ont mis leur base de données en open source reçoivent déjà, eux, des coups de téléphone de laboratoires du monde entier qui souhaitent plancher sur les infos collectées lors de l’expédition. Et le grand public, lui, suit avec passion. C’est l’une des cartes maîtresses de ces grandes expéditions du XXIe siècle. Les technologies de la communication permettent aux curieux de s’y embarquer. Le géographe François-Michel Le Tourneau a twitté chaque jour les aventures de l’équipée amazonienne. Les followers accros ont ainsi appris qu’après trente jours de marche éreintante au fin fond de la forêt le caporal Andreï s’est retrouvé avec un serpent dans son pantalon et le chef David, un scorpion dans sa botte ! Quelques semaines auparavant, Olivier Pascal tenait quasi quotidiennement le blog de son expédition guyanaise. Avec l’excitation de gosses devant un épisode des Mystérieuses Cités d’or, les internautes ont suivi le spécialiste des diptères se retrouvant avec tous ses pièges flottants dans l’eau après une averse diluvienne, l’herpétologue mettre la main sur un crotale rarissime, les ichtyologues se réjouir trop vite à l’heure de l’apéritif, puis déchanter sur un petit poisson qu’ils pensaient nouveau pour la science. Mieux, les images sont là, disponibles presque instantanément. Grâce à la photographie numérique, plancton, mollusques, crustacés et insectes apparaissent désormais dans toute leur fascinante beauté aux yeux des humains. « Tant qu’on ne voit pas les choses, on s’en fout !, résume Olivier Pascal. Ces technologies, arrivées il y a dix ans quand nous montions nos premières expéditions, nous ont permis de donner une nouvelle idée de ce qu’est la nature, de rendre réelle cette biodiversité qui passait jusqu’à présent sous le radar des gens, ça a permis au public d’ouvrir les yeux. » Sortis de leurs laboratoires, affrontant les tempêtes, ouvrant les jungles, les scientifiques se retrouvent au journal de 20 heures et réussissent un autre exploit : médiatiser la planète, ses secrets et les menaces qui planent sur elle. « On vit dans un monde saturé de mauvaises nouvelles sur l’environnement, ce qui est une réalité, mais nous, nous transmettons l’idée que l’exploration du monde n’est pas terminée, qu’il reste encore du vivant à découvrir, lance Philippe Bouchet. Notre message, c’est qu’on a une sacrée planète ! On ne va pas saccager tout ça ! » —

(1) Vague océanique très haute, soudaine et rare.

(2) Zone géographique contenant au moins 1 500 espèces végétales endémiques mais qui a déjà perdu au moins 70% des espèces présentes dans leur état originel.

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  • Histoire érotique : Les aventuriers du vivant

    Qu’est-ce qui fait grésiller un récit érotique ? Il ne s’agit pas seulement de descriptions graphiques d’actes sexuels. En fait, certaines des histoires les plus excitantes que j’ai lues étaient très légères en matière de descriptions sexuelles, mais elles n’en ont pas moins dépeint un tableau qui m’a laissé une sensation de chaleur et d’ennui. Mais qu’il soit explicite ou simplement suggestif, un bon livre érotique apporte quelque chose de plus qu’un simple porno verbal - quelque chose de plus sensuel et de plus satisfaisant, même s’il s’agit de l’histoire d’une nuit ou d’un voyage dans un donjon sexuel.

    Je ne me contente pas de lire de l’érotisme, j’en écris aussi. En fait, je viens de signer un contrat pour écrire des e-books et des nouvelles érotiques pour Berlinable. J’ai hâte d’affiner mon écriture au fur et à mesure que je recevrai des commentaires et des notes d’éditeurs professionnels, mais voici mes réflexions sur la façon d’écrire une grande histoire érotique :

    Une histoire érotique est d’abord et avant tout une histoire. Nous devons ressentir les personnages et nous y identifier afin d’y adhérer. Vous n’avez pas besoin d’approfondir le développement des personnages, mais si j’ai l’impression que vos joueurs ne sont que bidimensionnels, il est peu probable que je sois excité par ce qu’ils font, et l’excitation est en quelque sorte le but de l’érotisme.

    Qui sont-ils et que veulent-ils ? OK, bien sûr, ils veulent baiser, mais au-delà de ça, recherchent-ils une libération purement physique ? Est-ce l’excitation ou la nouveauté qui les rapproche ? Sont-ils en train de tomber amoureux, ou est-ce simplement l’aboutissement d’une longue attirance qui a fini par exploser ?

    Dans mon histoire, She Comes First, une femme et son mari rencontrent son amant dans une chambre d’hôtel. Elle ne l’a pas vu depuis un mois et ils ont faim l’un de l’autre, mais il y a aussi un côté ludique dans leurs interactions.

    Ses doigts étaient encore un peu humides après avoir été à l’intérieur de moi et je souriais en pensant à la façon dont je "marquais" ses vêtements avec mon parfum. Il est descendu à son boxer et a commencé à marcher vers le lit.

    "Non", ai-je dit en riant, "tout s’enlève".

    "Et toi ?" a-t-il rétorqué en enlevant son caleçon en souriant et en le jetant derrière lui d’un geste négligent.

    Toute histoire a non seulement besoin de personnages sur lesquels on a envie d’en savoir plus, mais aussi d’un point de tension ou de focalisation. Y a-t-il un empêchement à ce que les amoureux soient ensemble, ou quelque chose de mémorable qui se produit lorsqu’ils le sont ? Il y a de très bons auteurs érotiques sur Medium, mais deux des maîtres, qui vous entraînent vraiment dans l’histoire qu’ils tissent, sont les suivants
    Rose MyErotica
    et
    Junkman
    .

    Dans Motel Sex, Junkman décrit un couple qui provoque par inadvertance un carambolage de 37 voitures lorsqu’ils ont une rencontre torride alors qu’ils ont accidentellement laissé les rideaux de leur chambre ouverts - une chambre qui donne sur un virage de l’autoroute. Les scènes de sexe sont géniales, mais c’est le cadre plus large dans lequel elles se déroulent qui fait que l’histoire fonctionne vraiment.

    Le motel ressemble à un rectangle sombre sur le côté, contre un ciel plus sombre. Il y a une source de lumière qui semble circulaire au début. La lumière prend des angles à mesure que la voiture approche. C’est une chambre dont les rideaux sont tirés. Quelque chose s’agite à l’intérieur.

    Dans l’une de mes histoires érotiques préférées, Rose décrit une rencontre sexuelle dans un parc, par une nuit humide, avec un homme qui est gay, mais qui n’en est pas moins attiré par elle. Naked in the rain : my gay boyfriend’s cock fucks up a storm est plein de sexe, mais c’est la mise en place de la vapeur qui fait couler mon jus avant même que les vêtements ne soient enlevés.

    "La pluie a détrempé ma petite robe d’été, qui se colle à mon corps comme une seconde peau. Mes tétons pointent à travers le tissu fragile ; est-ce la brise fraîche de la nuit qui les fait se raidir, ou simplement l’adrénaline qui me monte à la tête après une nuit passée à danser avec Rafael dans un club bondé, son corps à moitié nu se pressant contre moi ? Seules la danse et la baise peuvent m’exciter comme ça, et avec Raf, c’est difficile de distinguer l’un de l’autre."

    L’une des choses sur lesquelles je travaille dans ma propre écriture érotique est de faire ressentir au lecteur ce que j’essaie de lui faire vivre sans l’énoncer directement. "La sensation de ses gros bras musclés l’excitait vraiment" n’est pas aussi convaincante que "Quand Ann a tracé ses doigts le long des collines et des vallées creusées dans les bras musclés de John par des années d’entraînement quotidien en salle de sport, elle l’a imaginé en train de se dégourdir et de transpirer et a décidé qu’elle voulait qu’il se dégourdisse et transpire sur elle dès que possible".

    Si votre propre histoire ne vous excite pas un peu au moment où vous l’écrivez, il y a de fortes chances que vos lecteurs ne la trouvent pas si excitante non plus. Ce n’est pas parce que c’est théoriquement sexy que ça l’est vraiment. Comment vos propres mots vous font-ils sentir ? Si vous n’avez pas envie de passer du temps avec vous après avoir lu votre propre histoire, il est temps d’y retourner et de la retravailler.
    Il n’y a rien de mal à avoir des personnages conventionnellement attirants et bien dotés, mais pour moi, ce n’est pas ce qui rend quelqu’un sexy. À moins que l’histoire ne soit centrée sur la taille de la bite d’un homme, je ne ressens pas le besoin de l’ajouter à sa description. Ce n’est pas ce qui fait d’un homme un bon amant et, pour la plupart, ce n’est pas ce qui va amener une femme à l’orgasme à lui tout seul. De plus, une partie de l’élaboration d’une histoire intéressante consiste à parler de quelque chose d’un peu inattendu.

    Beaucoup de choses rendent une femme fascinante. Avoir un visage et un corps de star de cinéma n’en fait pas forcément partie. Je trouve les poupées Barbie un peu ennuyeuses. Je trouve personnellement que des seins bien formés, quelle que soit leur taille, sont très attrayants, et qu’une attitude insolente, enjouée et sûre d’elle est encore plus séduisante. Pour quelqu’un d’autre, ce sont peut-être de longues jambes ou un dos bien dessiné qui rendent un personnage féminin si sexy. Ou encore son sourire en coin qui dit "Je suis prête à tout".

    Tout comme dans la vie réelle, toutes sortes de caractéristiques rendent les gens sexuellement intéressants et excitants. Avoir un physique parfait pourrait être un élément, mais ce n’est pas forcément nécessaire pour créer des personnages érotiques sur lesquels les gens ont envie de lire.

    L’une des raisons pour lesquelles Berlinable m’a proposé d’écrire pour eux est que les histoires érotiques que j’écris célèbrent la sexualité comme une partie saine de la vie, le plus souvent dans le contexte de différents types de relations, certaines occasionnelles, d’autres plus profondes. Je prends également le consentement très au sérieux et eux aussi. Mon contrat le stipule, y compris l’interdiction de la pédophilie et de la bestialité.

    J’aime jouer avec la dynamique du pouvoir, j’aime être maintenue au sol par mes amants à qui j’ai donné la permission de le faire. Je comprends les fantasmes de viol, mais il s’agit d’être écrasé par quelqu’un que la personne qui a le fantasme a accepté de laisser faire dans le contexte du fantasme. La représentation d’histoires qui n’impliquent pas de consentement actif contribue à entretenir la culture du viol en normalisant le sentiment d’avoir droit au corps de quelqu’un d’autre en partant du principe qu’il finira par plaire, donc que c’est normal.

    Je suis la rédactrice en chef de Sensual : An Erotic Life, une publication de Medium qui célèbre la nature enchantée de la vie, de l’amour et de la sexualité. Nous publions de l’érotisme, mais aussi des essais, des commentaires, de la poésie et d’autres textes positifs sur le plan sexuel. Je suis consterné par la fréquence à laquelle je dois donner des notes sur le consentement positif aux auteurs, pour la plupart des femmes. Dans beaucoup de ces histoires, c’est un homme dont le consentement est passé sous silence, mais s’il est clair que ce serait un viol si un homme le faisait à une femme, ce n’est pas mieux parce que c’est une femme qui le fait à un homme.

    Notre culture a une longue histoire de représentation du non-consentement comme étant sexy. C’est James Bond luttant avec Pussy Galore dans le foin de la grange jusqu’à ce qu’il la maîtrise et qu’elle réalise qu’elle aime ça. C’est une longue histoire de comédies romantiques qui montrent un comportement de harcèlement comme une véritable indication de l’amour. Mais une sorcière sexy qui drogue et immobilise l’homme avec lequel elle veut être, c’est toujours un viol, même s’il finit par aimer ça. Apparemment, les femmes sont presque autant endoctrinées dans ce récit que les hommes. Il y a de meilleures façons d’insuffler de la tension et de l’excitation à une histoire que le viol ou le quasi-viol.

    Si nous continuons à minimiser l’importance du consentement, même dans une histoire fantastique, nous envoyons un message contradictoire et je pense qu’à ce moment précis de l’histoire, ce n’est pas une chose à faire. C’est pourquoi toutes les histoires publiées dans Sensual prennent très au sérieux les représentations du consentement. Il peut être verbal ou non verbal, mais les histoires qui paraissent dans ma publication montrent clairement que même si un personnage est nerveux ou a des réserves, il accepte ce qui lui arrive.

    J’aime fantasmer sur des hommes et des femmes dominants qui prennent les choses en main, mais je pense qu’il est important, à notre époque, de ne pas négliger le consentement actif, même dans les histoires érotiques, et d’après ce que j’ai compris, beaucoup des principales publications érotiques sont du même avis. La représentation du consentement est donc un autre élément important pour qu’une histoire érotique fonctionne.

    Il ne suffit pas de décrire des actes sexuels. Une bonne écriture érotique demande du talent et de l’habileté. Comme pour les autres types d’écrits, vous devez établir un lien avec vos lecteurs et les émouvoir d’une manière ou d’une autre. L’écriture sexy fait vibrer le sang de ses lecteurs, en faisant monter la tension érotique au fil de l’histoire. Le monde de l’érotisme est vivifiant et revigorant. Il relie les lecteurs à leur propre essence vitale, ce qu’est véritablement l’énergie sexuelle. Il n’a pas besoin d’être très sophistiqué, mais il doit être un cran au-dessus du porno verbal. C’est en tout cas ce que je pense.

    4.06 à 15h56 - Répondre - Alerter
  • super ce serait génial si on pouvait développer des vacances vertes pour ouvrir ce genre d’expéditions au grand public ça fait envie !

    12.04 à 14h24 - Répondre - Alerter
  • Cool ! This is inspiring.

    25.02 à 18h59 - Répondre - Alerter
  • Alexandra Duval : Les aventuriers du vivant

    Merci beaucoup pour le partage. J’adore également les aventures, mais je n’ai pas encore le courage de me lancer contrairement à vous. En tout cas, un tel article permet de se remettre en question. Merci beaucoup !
    Alexandra Duval de scie-circulaire-info

    26.10 à 13h51 - Répondre - Alerter
  • Article bien détaillé !! bravo
    soap2day.com

    13.05 à 00h40 - Répondre - Alerter
  • Caucase de l’Ouest sur la liste du Patrimoine en péril. Le pays risquerait alors de subir des pressions des Etats membres pour stopper le projet. Pinocchio streaming

    7.12 à 14h47 - Répondre - Alerter
  • gaan mma li osj skjls nflsnflks vbhhfi minsaj m.skfds

    19.07 à 17h59 - Répondre - Alerter
  • C’est top j’adore les aventuries du vivant !
    eurostreaming.ws

    9.04 à 16h54 - Répondre - Alerter
  • nice i like this Les aventuriers du vivant

    9.04 à 10h08 - Répondre - Alerter
  • nice i like this

    9.04 à 10h01 - Répondre - Alerter
  • Bravo on vous remercie pour tout !
    Megadede.com

    3.04 à 13h37 - Répondre - Alerter
  • Le Comité du Patrimoine mondial l’a acté en juin dernier : si la Russie construit une station de ski à Lagonaki, l’Unesco inscrira le Caucase de l’Ouest sur la liste du Patrimoine en péril. Le pays risquerait alors de subir des pressions des Etats membres pour stopper le projet. Et cela dissuaderait certains investisseurs potentiels soucieux de leur image. Si la Russie persiste et que le site est dégradé au point de perdre toute valeur universelle, il peut être retiré pour de bon de la liste du Patrimoine mondial. Le cas s’est présenté deux fois depuis la création du programme en 1972, pour la vallée de l’Elbe, à Dresde, en Allemagne, et pour le sanctuaire de l’oryx, à Oman. — super mario bros full version.

    7.03 à 07h51 - Répondre - Alerter
  • Bravo pour le courage, la ténacité, la compétence, bravo et merci pour la planète !

    31.08 à 22h35 - Répondre - Alerter
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