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31-01-2008

Le diamant

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De la mine aux bijouteries de luxe, le parcours du diamant n’est pas toujours éclatant.
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"Charbon superstar : la bombe écologique"

Attawapiskat, dans le Grand Nord canadien. Vue du ciel, la mine Victor ressemble à un escargot. Vue de la terre, c’est un gigantesque amphithéâtre de 250 mètres de profondeur pour un kilomètre de diamètre. Depuis janvier, la compagnie De Beers donne ici des coups de pelleteuses qui valent de l’or, ou plutôt du diamant. Sur 700 tonnes de roches arrachées à l’explosif et déblayées par les bulldozers au quotidien, on trouverait au moins 160 carats [1] de pierres brutes. Valeur à ce stade : 45 000 euros. Une fois extrait du sous-sol, le diamant brut est séparé de la roche dans laquelle il se trouve incrusté, grâce à un procédé utilisant eau et sable magnétique. « L’industrie du diamant n’affecte pas l’environnement comme celle de l’or, dont le procédé d’extraction provoque notamment l’accumulation d’arsenic », explique Bruno Pozzera, fin connaisseur de cette filière et responsable du site Diamants-infos. Les pierres, brutes ou taillées sur place, sont triées en fonction de leur qualité et vendues sur les plus grandes Bourses mondiales : Londres, New York, Tel-Aviv et surtout Anvers (Belgique) où transite la moitié du marché mondial. A peine 20 % de la production de diamants bruts est sélectionnée par la joaillerie. Les 80 % restants sont destinés à des usages industriels.

26 000 piscines olympiques

Au final, la quantité de produits polluants utilisée dans le processus de traitement de la pierre est presque insignifiante. Pourtant, le diamant pèse sur l’environnement. Evidemment, creuser une fosse du volume de 26 000 piscines olympiques n’est pas anodin pour l’équilibre d’un écosystème. L’ONG Mining Watch Canada a donc calculé l’empreinte écologique [2] de la mine Victor. Verdict : pour répondre à l’ensemble de ses besoins en ressources naturelles, la mine canadienne aurait besoin d’une superficie de 260 000 hectares, soit l’équivalent du Luxembourg. Victor Mine a néanmoins reçu la certification ISO 14 001 qui souligne sa bonne gestion environnementale. Mais malgré les efforts de De Beers, le leader mondial, pour réduire son impact sur les écosystèmes, « certains dégâts restent inévitables, déplore Jamie Kneen de Mining Watch. La mine affecte en effet des zones fragiles et bouleverse la vie des communautés autochtones qui reçoivent pour cela des retombées financières négligeables ».

Bataille sur les salaires et la sécurité

Le Canada, nouvel Eldorado de la pierre précieuse, devenu en dix ans le troisième producteur mondial, fait pourtant figure d’exemple pour son engagement à lutter contre les « diamants sales » (lire ci-dessous) et pour sa politique environnementale. Les membres de l’Association minière du Canada (AMC) ont adopté, en 2004, l’initiative « Vers le développement minier durable » qui les engage au respect de la biodiversité. Ils doivent également réhabiliter et dépolluer les sites une fois l’exploitation terminée. A tort ou à raison, le Canada s’est ainsi taillé une réputation de pays équitable du diamant. La plupart des pays producteurs ne sont pas aussi scrupuleux sur les pratiques environnementales et sociales des compagnies minières.

L’industrie diamantifère ne brille pas par sa transparence, notamment en Afrique, qui alimente à elle seule 60 % du marché. Sur ce continent, le diamant constitue une ressource économique majeure. Même en Afrique du Sud, cinquième producteur mondial et pourtant pays africain le plus strict sur les règlements, le diamant est source de conflits. Fin juillet 2007, 11 000 mineurs du géant De Beers se sont mis en grève pour obtenir des augmentations de salaires. Quelques mois plus tard, c’était sur les questions de sécurité que les ouvriers se mobilisaient.


Source de conflits En Afrique, le commerce du diamant est depuis longtemps entaché par le financement de conflits armés. Ces diamants dits « de sang » servent en effet de monnaie d’échange pour l’achat illégal d’armes et de munitions. A la fin des années 1990, les ONG Global Witness, Amnesty International et Oxfam ont dénoncé tour à tour ces pratiques.

Elles ont interpellé les industriels sur les violations multiples des droits de l’Homme qui accompagnent le commerce des pierres : enrôlement de force des enfants dans les milices armées, prostitution, déplacements de population, travail forcé. Ces actions ont abouti en 2000 à la signature du Processus de Kimberley. Cet accord entre Etats, industriels et ONG reste la pierre angulaire de la lutte contre le commerce illicite des diamants. En 2003, les diamantaires criaient victoire. D’après eux, seuls 4 % de diamants sales restent en circulation. Pour les ONG, le véritable chiffre avoisinerait plutôt les 20 %.

[1] 1 carat = 200 milligrammes.

[2] Estimation de la superficie utilisée par la Terre pour subvenir à vos besoins, en fonction de votre mode de vie.

Sources de cet article

- L’ONG canadienne Mining Watch

- L’ONG Global Witness

- Un site d’informations générales sur la filière

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