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23-08-2012
Mots clés
Consommation
Monde

Le crottin d’éléphant se recycle en papier

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Le crottin d'éléphant se recycle en papier
(Marion Doss - Flickr)
 
Au Moulin de Brousses, dans l'Aude, on n'a pas de forêt mais on a des idées. Pour fabriquer des feuilles, on récupère les excréments de pachydermes d'une réserve voisine. Une initiative originale en France mais bien connue en Asie.
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Vous en avez marre du papier vulgairement issu du bois ou simplement recyclé. Vous voulez de la feuille qui ait un brin de fibres et de couleur. Au Moulin de Brousses, dans l’Aude, on vend du papier fabriqué à partir de crottin d’éléphant. L’initiative signée André Durand, président des lieux, est née d’un principe simple : « Chez les herbivores non ruminants, les sucs gastriques n’ont pas la capacité de digérer la cellulose, qu’ils rejettent. » Du coup, il suffit de récupérer le crottin, de le laver à grandes eaux, de le chauffer pour éliminer les bactéries et de broyer la pâte pour faire du papier. « C’est une chimie naturelle, un processus tout simple », confie-t-il. L’idée n’est pas née d’hier. « En 1841, un certain M. Tripot avait déposé un brevet de fabrication du papier à partir de fiente d’animaux herbivores. A l’époque, on manquait de chiffons et on ne savait pas encore extraire la cellulose du bois. Alors on utilisait les chevaux des écuries impériales pour faire du papier », raconte André Durand.

« Machine à avaler »

Mais plutôt que du crottin de cheval, ce sont des excréments d’éléphant que l’homme a sous la main. A quelques encablures du moulin, se trouve la réserve africaine de Sigean, ses lions, ses gnous et… ses éléphants. Et le crottin de pachyderme a un avantage : « Il est plus facile à laver que celui du cheval. Car l’éléphant est une véritable machine à avaler, il mâche mal. Du coup, il y a peu de matières organiques dans le crottin, peu de fermentation… » Le papier se vend cher – 2,30 euros la feuille A4 – et n’a pas d’avenir industriel : « Dans une papeterie, on produit 1000 tonnes de papier par jour, on n’aurait pas assez de crottin. Ces usines-là ne peuvent utiliser que du bois ou recycler du papier. Moi je vends du temps, pas du papier au kilo », souligne André Durand.

Réconcilier l’homme et l’animal

Si la chose paraît originale en Europe, elle est plus répandue en Asie et a souvent une orientation environnementale. Chez EcoMaximus, au Sri Lanka, on convertit la fiente d’éléphant en papier depuis la fin des années 1990 et on fait varier les couleurs et les textures en introduisant différents régimes alimentaires. Les colorations chimiques sont exclues. Mieux, un pourcentage des ventes de l’entreprise finit dans les caisses de la Société mondiale pour la protection des animaux pour financer la défense des éléphants malades ou âgés. L’entreprise promet de réconcilier l’homme et l’animal, accusé de détruire les cultures, en ouvrant la production à des paysans locaux. En Thaïlande, chez elephantdungpaper, les revenus du papier et quelques drôles de dessins – apparemment peints par les pachydermes – servent à soutenir le centre de conservation des éléphants dans le nord du pays. Tandis que l’eau utilisée pour le lavage vient irriguer les champs avoisinants et sert d’engrais. Tandis que chez Poopoopaper, on s’est diversifié dans les excréments de vache, de cheval, d’âne ou de panda, tout en misant sur l’étiquette équitable. L’avenir, assure le blog d’un petit éditeur qui relate la tendance, est dans la m…

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  • Reportage sur Arte ,4fevrier 2019 vers 18h30,Les routes mythiques de l’Europe.Christian

    4.02 à 18h51 - Répondre - Alerter
  • en tant que soignante je mets ce papier entre parenthèse,je n’ose même pas imaginer les toxines qui se libéreront à la longue sur les doigts des écoliers Nigérians/reportage vu sur Arte.On a beau cuire la fientes on sait pour éliminer tous risque de toxines qu’il faut une chaleur très élevée,une cuisson sur le feu ne peut tout éliminer.Ensuite on s’étonnera de maux difficiles à éradiquer en Afrique.On ne peut recyler le papier soit,mais avec de la fiante faut vraiment être courageux et n’avoir pas peur de mettre en danger la vie d’autrui

    30.01 à 16h46 - Répondre - Alerter
  • Je pars d’un principe "tout ce qui n’est pas ramasse est perdu" faut ’il avoir encore la bonne idee d’y penser et oser ramasser ; aujourd’hui ,il faut du neuf ! du nouveau !la nature a bien son eco-systeme ,nous on disparait ,un jour et Elle est toujours la ....

    16.01 à 08h29 - Répondre - Alerter
  • Bonjour,

    Mais où est-il vendu ce papier ?

    31.08 à 09h05 - Répondre - Alerter
  • Pour une fois je vais faire appel, un peu, à l’économie dans mon commentaire.

    Il me semble que les excréments et litières d’herbivores seraient bien plus économiquement rentable dans la fertilisation des sols...

    Mon voisin raconte que l’année où il produisit ses plus belles tomates, ce fut celle où il avait récupéré un peu de fumier d’éléphants à la ménagerie du cirque qui était passé "au bon moment" dans sa ville :-) !

    24.08 à 10h38 - Répondre - Alerter
  • Belle initiative, merci pour l’info. Et que le papier coûte + cher, tant mieux, il y a tant de gaspillage et de moins en moins de forêts...

    24.08 à 10h29 - Répondre - Alerter
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