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L’Echo des Platanes

Par Julien Kostrèche
23-06-2010

Le bac philo était-il écolo-compatible ?

(Crédit photo : Jason Rogers - Flickr)
327 785 candidats ont planché ce jeudi matin sur la première épreuve du baccalauréat 2010 : la philosophie. Et les lycéens lecteurs de « Terra eco » étaient clairement avantagés. Voici pourquoi.

- Faut-il oublier le passé pour se donner un avenir ?

Si Nietzsche, Aron ou Sartre apportaient une aide précieuse pour les littéraires (série L) qui ont choisi ce sujet, la lecture de l’entretien que Jean-Pierre Dupuy nous a accordé, ou mieux, de son ouvrage Pour un catastrophisme éclairé, pouvait aussi être une belle source d’inspiration. « L’histoire récente nous montre que la catastrophe est un moyen de pédagogie très inefficace, nous explique le philosophe. A-t-on réellement appris des catastrophes morales qui nous précèdent ? Pas vraiment. Même si la Shoah ne connaît pas d’équivalent, combien de génocides après Auschwitz ? Dans la famille des catastrophes technologiques, Tchernobyl n’a pas été une leçon. Après le 11 Septembre, nous entendions partout que jamais plus les promoteurs n’allaient construire des tours aussi grandes. Nous assistons pourtant aujourd’hui à une compétition mondiale pour la tour la plus haute. Est-ce que le malheur a une vertu pédagogique ? J’ai bien peur que non. » Bien. Mais la conscience du passé permet-elle d’éclairer l’action du présent, et l’action présente de préparer l’avenir ? Dans la lignée de Sartre, Jean-Paul Dupuy prévient : « Si, par malheur, nous devions détruire toute possibilité d’un avenir vivable, c’est tout le sens de l’aventure humaine depuis la nuit des temps que nous réduirions à néant. C’est nous qui avons besoin de l’avenir, beaucoup plus que l’inverse. »

- Dépend-il de nous d’être heureux ?

Au secours Platon, Kant et Rousseau ! Réviser ses classiques, c’est bien. Mais les scientifiques (série S) qui se sont arraché les cheveux sur cette question auraient aussi été bien avisés de lire notre dossier sur l’éco-psychologie. Peut-on devenir écolo (et heureux) sans être maso (et souffrir) ? Le récit de notre journaliste Laure Noualhat permet d’en douter ! Mais l’entretien que nous a accordé le philosophe Patrick Viveret, auteur de l’incontournable Reconsidérer la richesse, éclaire la question d’un jour nouveau et pouvait constituer une botte secrète pour cette épreuve du bac. Un extrait pour s’en convaincre : « Le mal-être et la maltraitance sont le nœud de la crise systémique actuelle, il faut les remplacer par la « sobriété heureuse », alliant acceptation des limites et art de vivre. On doit en effet sortir de la démesure. Selon le Pnud (Programme des Nations unies pour le développement), les budgets consacrés dans le monde à l’armement et à la drogue représentent 30 fois les sommes annuelles supplémentaires qui seraient nécessaires pour nourrir, fournir en eau potable et assurer les soins de base de l’humanité. Les budgets de la publicité sont 10 fois supérieurs à ce montant. Cette dernière répond à une logique compensatrice et consolatrice. Plus on se trouve dans une société de stress, de compétition et de destruction, plus la publicité promet amitié, bonheur et sérénité… Malheureusement, toutes les études montrent qu’il n’y a pas de corrélation entre l’augmentation de la consommation et la satisfaction à vivre. »

- Une vérité scientifique peut-elle être dangereuse ?

Ça, c’était le sujet en or pour les bacheliers de la série ES (économique et sociale) qui nous lisent régulièrement. D’accord, le Discours de la méthode de Descartes ou les écrits du philosophe des sciences Karl Popper, c’est pas mal non plus. Mais les débats sur la réalité ou les causes du changement climatique, qui ont nourri les médias ces derniers mois, pouvaient rappeler toute l’actualité d’un tel sujet. D’un côté les travaux du Giec, le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat, popularisés par Al Gore, ex-candidat démocrate à l’élection présidentielle américaine de 2000 et auteur du percutant documentaire Une vérité qui dérange. De l’autre une armée hétéroclite de climato-sceptiques, avec comme chef de file (en France) le tonitruant ex-ministre – et toujours membre de l’Académie des sciencesClaude Allègre. Et entre les deux, malgré les coups bas, une foule de questions : la science doit-elle rechercher le consensus pour éclairer le politique ? Que faire des avis minoritaires ? Comment vulgariser des études scientifiques sur des phénomènes complexes ? Etc, etc. Pour ceux qui trouveraient tout cela décidément trop abstrait, reste nos 10 antisèches pour répondre aux climato-sceptiques. C’est le minimum !

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