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Japon, Islande, Norvège : pourquoi ils continuent de chasser la baleine

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 Japon, Islande, Norvège : pourquoi ils continuent de chasser la baleine
(Australian Customs and Border Protection Service. Crédit photo : Wikimedia Commons)
 
Ces pays chassent le rorqual pour : le manger, poursuivre une tradition, affirmer leur indépendance ou faire revenir les poissons ? Cochez les bonnes réponses.
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Les baleines vont retrouver leur sanctuaire dans l’océan Austral. Le Japon a annoncé jeudi renoncer à sa prochaine campagne de pêche. Car ce lundi 31 mars, la Cour internationale de justice – plus haute instance juridique de l’ONU (Organisation des Nations unies) – a estimé que le programme de recherches scientifiques permettant au Japon de justifier l’abattage de baleines (103 en 2013, 445 en 2012), masque une activité commerciale. Et pour cause : la viande se retrouve sur les marchés et dans les assiettes.

Ces cétacés sont-ils sauvés ? Pour commencer, le Japon a exprimé sa volonté de poursuivre la chasse dans l’Atlantique et le Pacifique sud. Tandis que la Norvège et l’Islande, deux autres pays qui chassent la baleine à des fins ouvertement commerciales et qui, comme le Japon, n’ont pas ratifié le moratoire sur la chasse en vigueur depuis 1986, ne devraient rien changer à leurs habitudes. Bravache, la Norvège a même répété le 1er avril – et ce n’était pas un poisson – qu’elle prévoit de chasser 1 286 baleines en 2014 dans ses eaux territoriales.

Une question de culture, ou de nationalisme ?

Ces trois pays mettent en avant des arguments historiques pour se justifier. Les Scandinaves citent leurs ancêtres vikings, les Japonais rappellent qu’au sortir de la Seconde guerre mondiale, la chair brune des rorquals – consommée depuis plus de 10 000 ans – représentait la moitié de la viande mangée dans le pays. Le ministre de la Pêche nippon, Yoshimasa Hayashi, est allé ces derniers mois jusqu’à dénoncer « des attaques culturelles, des préjugés sur la culture japonaise ».

Mais les juges de La Haye n’ont pas été sensibles à ces « manipulations nationalistes », se félicite Patrick Ramage, chargé de la campagne de protection des baleines au sein d’Ifaw, le Fonds international pour la protection des animaux : « Ils ont considéré que cet argument culturel, comme celui sur les recherches scientifiques (censées déterminer si une chasse commerciale serait viable, ndlr), est trop faible pour justifier la poursuite de la chasse dans ce sanctuaire. »

Moins d’appétit pour la baleine

Sauf que si tradition il y a, elle s’essouffle nettement. « La majorité de la population ne mange plus de viande de baleine », reconnaissait en décembre dernier l’ambassadeur du Japon aux Etats-Unis, Kenichiro Sasae, lors d’une réunion publique à Los Angeles (propos rapportés par l’ONG Sea Shepherd). Plus de huit Japonais sur dix n’en avaient jamais goûté en 2006.

En Islande et en Norvège, la baleine est déconseillée aux femmes enceintes et aux enfants depuis 2003 car elle est bourrée de métaux lourds. Désormais, 40% de la viande y est consommée par des touristes, et une partie est exportée vers le Japon. Résultat, alors que seuls 5% des foyers islandais mangeaient du rorqual une fois par semaine en 2010, le nombre de restaurants et supermarchés en vendant a doublé depuis 2007 pour satisfaire les envies d’exotisme des gens de passage.

Un secteur sous perfusion

Malgré ces baisses de consommation, l’industrie de la baleine reste puissante grâce aux conséquentes subventions publiques qui lui sont versées, rappelle Ifaw, dans un rapport récent. « Economiquement, cela n’a aucun sens », relève Lamya Essemlali, présidente de l’antenne française de l’ONG Sea Shepherd, qui harcèle depuis des années les baleiniers japonais. « Mais dans chaque pays, et surtout au Japon, un noyau dur de nationalistes qui vivent de ces subventions font un intense lobbying pour que le pays conserve sa capacité à pêcher ce qu’il veut, où il veut. »

Moins de baleines = plus de poissons ?

Enfin, les gouvernements mettent chacun en avant un autre argument : décimer les baleines permettrait d’accroître les réserves de poissons. En Islande, un rapport gouvernemental de 2010 indique que si 150 baleines de Minke et 150 rorquals communs étaient tués chaque année, les quotas de pêche de cabillaud, d’églefin et de capelan pourraient augmenter, rappelle l’ONG Whales. Tout bénéf’ pour les pêcheurs.

Mais ce raisonnement ne tient pas : les mammifères marins ne consomment pas les mêmes espèces que nous, et s’alimentent à de plus grandes profondeurs que celles où vivent les poissons commercialisés. De plus, les baleines mangent aussi les prédateurs de nos poissons. Les tuer en nombre serait, par ricochet, diminuer nos denrées...

Qu’importe, les trois irréductibles misent aussi sur de nouveaux débouchés pour justifier leur chasse, rapporte l’ONG Whales : donner la viande en rab aux poissons, transformer l’huile en nourriture pour animaux ou l’utiliser comme fioul pour les bateaux, développer de nouveaux produits pharmaceutiques et cosmétiques à base d’huile et d’os de baleines. Ce qui donne juste envie de dire, une bonne fois pour toutes, « cétacé » !

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