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26-03-2010
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Interview

JM Borello : "le statut ne fait pas la vertu"

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JM Borello : "le statut ne fait pas la vertu"
 
Le Mouvement des entrepreneurs sociaux est né en février dernier. Son objectif : concevoir la pratique en entreprise sous un angle différent. Interview de l'un de ses fondateurs : Jean-Marc Borello, délégué général du groupe SOS.
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Jean-Marc Borello, pourquoi la création de ce mouvement ? Vous voulez concurrencer le Medef ?

JM Borello : Pour au moins trois raisons. D’abord car il était temps de jeter un pavé dans la mare. Il faut réhabiliter la notion d’entrepreneur. Ce terme est galvaudé, alors que cette dimension est indispensable pour créer. Et il ne faut pas se tromper : c’est la façon d’imaginer puis de gérer qui fait qu’un entrepreneur devient un bon entrepreneur ou un salopard. Rien d’autre ! La seconde motivation qui nous a poussée à créer le Mouves, c’est le fait que nous voulions un mouvement de femmes et d’hommes, davantage qu’une simple institution. On rassemble ainsi au même endroit des individus qui ont envie de créer ensemble. Enfin le dernier élément, c’est que je me moque des statuts. Il n’y a pas d’un côté les bons et de l’autre les abrutis. Le Mouves est donc un rassemblement.

Vous parlez de statut, celui de coopérative est-il un idéal à vos yeux ?

Le statut ne fait en aucun cas la vertu. J’ai croisé et pratiqué des dizaines et des dizaines d’associations. Des associations de malfaiteurs aussi ! Je ne crois pas à la vertu naturelle, notamment des entreprises. je crois à l’intérêt. L’économie sociale et solidaire - ma famille - doit évoluer et comprendre que le monde a changé. Le Mouves accueillait deux ou trois dizaines de membres à sa création, j’espère que nous serons 400 cet été. Nous pourrons alors aller voir le Medef et discuter. Car l’idée n’est pas de fermer la porte et de travailler entre nous. regardez ce que fait le WWF avec les grandes entreprises - comme Danone notamment - voilà une bonne piste ! On peut parfaitement apporter de la critique et progresser dans le même temps.

Et vous leur diriez quoi au Medef ?

Eh bien que l’évolution sociale passera par un cœur de pratiques disons "convenables" des entreprises. Une meilleure RSE (responsabilité sociétale de l’entreprise), des finances solidaires et durables... bref une petite révolution chez ces poids lourds du Cac 40. Nous n’aurons sans doute pas de grands soirs mais le Mouves doit contribuer à organiser des petites soirées qui feront que notre monde changera. Pour cela, ma famille de l’économie sociale et solidaire doit se frotter les yeux et regarder la réalité en face. Pour faire contrepoids, pour faire bouger l’économie au sens large, nos ambitions doivent être hautes. Aujourd’hui, les salariés de l’économie sociale et solidaire ne marquent plus leur différence. Il n’y a plus de culture commune. Je vois qu’arrivent sur le marché des tas de gamins qui s’intéressent aux nouvelles pratiques et à nos structures. Or le fait est que l’économie sociale et solidaire ne sait plus les accueillir. Il faut se secouer.

Jean-Marc Borello est délégué général du Groupe SOS

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  • Monsieur Borello a des « potes » partout, dans tous les ministères, son livre « SOS contre toute attente » est préfacé par un préfet !
    On ne compte plus les interviews à la télé, les vidéos sur le net, les articles journalistiques qui vantent Jean Marc par ci ou M.Borello par là.
    On lui donnerait le Bon Dieu sans confession !
    S’est- on vraiment penché sur la façon de fonctionner du groupe SOS ? Cette monstrueuse machine ressemble-t-elle à une association à but non lucratif ?
    Sait-on comment JM. Borello et ses acolytes se procurent les locaux pour son entreprise ? Personne ne s’interroge sur son travail, tout le monde s’extasie !
    Pourtant, le preux chevalier n’a pas le panache si blanc que ça, les méthodes employées sont parfois discutables.
    On peut faire du business avec tout, même avec la misère des gens…
    Borello a besoin de place et de locaux, comment fait-il pour s’en procurer ?
    Comment s’insinue-t-il dans les conseils d’administration d’autres associations pour y prendre le pouvoir ?

    13.06 à 19h47 - Répondre - Alerter
  • Bidouille : Qui doit changer ?

    J’ai 29 ans, diplômée d’une "Grande Ecole de Commerce" ;-), et j’ai rejoint l’économie sociale et solidaire via une coopérative, après des années en tant que "chef de produit marketing".

    J’ai connu cette coopérative en lisant des médias alternatifs et citoyens sur Internet. J’y suis entrée car je partageais ses valeurs certes, mais aussi grâce aux statuts, qui pour moi prouvaient une gestion démocratique et réellement collective et solidaire. Cette forme d’organisation prouvait, selon moi, ses valeurs.

    Cela fait un an que j’y suis et j’en suis très satisfaite. C’est un univers que je découvre.

    J’ai une question : pourquoi exhortez-vous l’économie sociale et solidaire à changer ? On n’arrête pas de lire cela dans les médias. Si vous détenez la vérité pour changer le monde du CAC40, vous devriez continuer votre chemin et utiliser votre énergie pour créer, comme les entrepreneurs dont vous vantez les mérites, au lieu de communiquer tout azimuts.

    Enfin dernière question : qui doit vraiment "se secouer" et changer ses pratiques pour un monde plus juste, plus durable, plus social, plus solidaire : les entreprises du CAC40 ou l’économie sociale et solidaire et les associations existantes ?

    29.03 à 14h14 - Répondre - Alerter
  • Jean-Marc Borello a publié un livre d’entretiens aux éditions Rue de l’échiquier, SOS contre toute attente.

    Successivement éducateur, gérant des affaires de Régine (la célèbre « Reine de la nuit parisienne »), puis dirigeant hors du commun, Jean-Marc Borello revient dans ce livre d’entretien sur les activités, les valeurs et les objectifs du Groupe SOS — qu’il a fondé en 1984, et qui abrite l’action d’associations (SOS Drogue international, SOS Habitat et Soins ou Arcat) et d’entreprises d’insertion (l’Usine ou Alter mundi). C’est aussi le portrait d’un homme, pour qui « l’impuissance, c’est l’incapacité d’essayer et non l’incapacité de réussir ».

    http://www.ruedelechiquier.net/les-...

    29.03 à 10h09 - Répondre - Alerter
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