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6-09-2007
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Monde

Danone ne veut plus être LU

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Le groupe français vient de lâcher ses mythiques biscuits à l’américain Kraft Foods dans l’indifférence générale. Cette fois, pas de vague de « patriotisme économique », contrairement à 2005. Danone reste pourtant plus que jamais à la merci d’un prédateur. Et PepsiCo aurait encore soif.
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En cette veille de commémoration de l’indépendance des Etats- Unis, Franck Riboud arbore un sourire conquérant face aux photographes. Le pédégé de Danone vient d’officialiser la vente de LU à l’américain Kraft Foods. Ce dernier, numéro 2 mondial de l’industrie agroalimentaire (derrière Nestlé), a mis la main, en juillet, sur les « petits beurres », nés en 1886 à Nantes.

Les analystes financiers saluent au passage l’habileté de l’héritier de la famille Riboud. Valorisé 3,5 milliards d’euros avant l’ouverture des négociations avec Kraft, LU change de main contre un chèque de 5,3 milliards. Une juteuse opération financière, en phase avec la stratégie de recentrage de Danone sur l’eau et les produits laitiers.

Message subliminal

Les salariés ont un peu plus de mal à positiver. Pourtant, la direction leur avait envoyé des signaux subliminaux, un mois plus tôt. « La croissance des ventes de LU France au premier trimestre a été de 4 % pour un objectif de 5 % pour le pôle biscuits. Ce n’est pas suffisant pour créer de l’emploi », expliquait alors la direction aux représentants du Comité d’entreprise.

Tout en promettant le maintien des 9 usines, 3 dépôts et 3 000 salariés (en France) de LU dans le giron du groupe. A croire que l’histoire aime se repasser les biscuits. Retour en 29 mars 2001, Danone annonce un vaste plan social dans le cadre de la restructuration de la branche biscuits. Malgré les manifestations contre les « licenciements boursiers » et les appels au boycott des produits Danone, cinq usines européennes ferment.

Certes, les LU font des bénéfices, mais pas assez au goût des actionnaires qui exigent une réduction des surcapacités de production, estimées à 900 millions de tonnes. Bilan : 1 500 emplois supprimés, dont 800 dans les usines de Calais (Pas-de- Calais) et de Ris-Orangis (Essonne). Même causes, mêmes effets ? Aucun rapport entre les deux époques, argumentent les dirigeants de Danone pour la vente de LU à Kraft Foods. Franck Riboud affirme avoir obtenu du repreneur « la garantie de ne fermer aucune usine ou dépôt pendant les trois années à venir ».

Au moins ces engagements ont-ils le mérite d’apaiser les craintes de Christine Lagarde, la ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi. Pas question pour elle, de toutes façons, de s’immiscer dans « une opération d’ordre privé qui concerne deux acteurs du secteur privé ». On est loin de l’ambiance survoltée de l’été 2005. La rumeur publique – autrement dit les investisseurs – prêtait alors au géant américain PepsiCo (Pepsi-Cola, Tropicana, Gatorade, etc.) l’intention de lancer une Offre publique d’achat (OPA) sur Danone. Compte tenu de la disproportion de taille et de puissance financière, le sort du petit français ne faisait pas de doute. C’était compter sans l’intervention du Premier ministre de l’époque, Dominique de Villepin qui se mobilisa au nom du « patriotisme économique ».

Une petite gâterie

Si le concept laissa perplexe nombre d’économistes, la posture a bel et bien fonctionné. Le groupe PepsiCo, échaudé, a fait marche arrière. Mais depuis la victoire de Nicolas Sarkozy, le patriotisme économique a du plomb dans l’aile. Danone est de nouveau dans le viseur de PepsiCo, plus que jamais à l’affût. Sur ses gardes, le groupe français a malgré tout décidé de s’offrir une – dernière ? – gâterie.

Une semaine après la vente de LU, Danone annonçait, le 10 juillet, l’achat du néerlandais Numico, le leader européen de l’alimentation pour enfants. Pour la bagatelle de 13 milliards d’euros. Et cette fois, ce sont les salariés de Blédina, filiale de Danone, qui craignent pour leur emploi. —


FICHE D’IDENTITE

Nationalité : française

Création : en 1966, sous le nom de Boussois-Souchon-Neuvesel (BSN), devenue Danone en 1994

Chiffre d’afaires (2006) : 14,073 milliards d’euros.

Bénéfices (2006) : 1,35 milliard d’euros

Effectifs : 88 000 salariés

Principal dirigeant : Franck Riboud.

Rémunération en 2006 : 2 579 100 euros

Principales marques : produits laitiers frais (Danone, Actimel, Activia, Danonino, Taillefine...) ; eaux en bouteille (Evian, Volvic, Wahaha, Aqua...) ; biscuits et produits céréaliers (Prince...)

Principaux concurrents : Kraft, Nestlé, Coca-Cola, Pepsico, Unilever, Cadbury Schweppes

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