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16-06-2010
Mots clés
Climat
France
Edito

Le procès de Claude Allègre

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Le procès de Claude Allègre
 
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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Depuis quelques semaines, nous sommes tous journalistes de Politis. Non que cet hebdo « indépendant et engagé » ait racheté à lui seul toute la presse française, mais par solidarité. Vous l’avez lu dans nos colonnes, huit personnalités [1] et le directeur de la publication de Politis, Denis Sieffert, ont été mis en examen suite à la plainte en diffamation déposée par Claude Allègre pour la publication d’une tribune il y a maintenant plus d’un an. Je ne reviendrai pas sur le fond de l’affaire. La justice, clairvoyante, s’exprimera prochainement.

Mardi 15 juin, au théâtre de l’Est parisien, près de 300 personnes étaient réunies afin d’évoquer le cas Allègre. A l’origine de la rencontre, Politis, Mediapart et Terra eco. Dans la cible : les mensonges du personnage, ses fautes, ses amis de tous bords, bref son imposture. Inutile de revenir une fois encore sur tous ces travers.

En revanche, deux choses me viennent à l’esprit à l’évocation du cas Allègre. D’abord, le fait que ce Monsieur est un homme du passé. Non pas eu égard à son âge, mais à sa vision de notre monde. M. Allègre semble convaincu que notre civilisation basée sur l’accumulation est durable, et qu’il faut continuer droit devant business as usual. Cette thèse est irresponsable et nuisible à la nécessaire prise de conscience que notre système ne tourne pas rond et qu’il nous envoie dans le mur.

Et puis, M. Allègre et sa place dans les médias montre combien nous, les journalistes, avons péché. Par ignorance, par paresse et par avidité d’audience, de trafic ou de notoriété.

M. Allègre et sa marionnette ne se sont pas construits tous seuls. Nous, les médias, leur avons bien entendu considérablement facilité la besogne. Faire le procès d’Allègre et de ses allégations est certes une chose utile, mais il serait trop confortable de condamner sans préalablement s’interroger. Osons, nous les médias, nous livrer à l’autocritique. Et souhaitons que la grande famille scientifique – la communauté – elle aussi fasse le ménage dans ses rangs. A commencer peut-être par son Académie des sciences, dont M. Allègre est un membre éminent.

Terra eco a tenté à de nombreuses reprises l’organisation d’un débat entre M. Allègre et le Giec, le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat. La réponse de l’auteur de l’Imposture climatique a été cinglante. A ses yeux, « Cette proposition de débat n’a aucun intérêt, ce dialogue de sourds ayant déjà été tenté ». Mais nous sommes tenaces. Notre proposition de débat tient toujours. Il ne tient qu’à vous M. Allègre.

- La pétition de soutien à Politis

[1] Geneviève Azam, (économiste, université Toulouse-II), Jean-Yves Barrère (économiste, fondateur du Cedetim), Denis Clerc (fondateur d’Alternatives économiques), Benjamin Dessus (économiste, président de Global Chance), Jean Labrousse (ancien directeur de la météo nationale), Gus Massiah (président du Crid), Michel Mousel (ancien délégué aux risques majeurs), Jacques Testart (biologiste)

Sources de cet article

- Légende photo : de gauche à droite, Denis Sieffert (directeur de la publication de Politis), David Solon (directeur de la rédaction de Terra eco) et Edwy Plenel (directeur de la publication de Mediapart)

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Président de l’association des Amis de Terra eco Ancien directeur de la rédaction de Terra eco

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  • Votre article est un document à charge, la communauté scientifique devrait, je vous cite, " faire le ménage " : un lourd sous-entendu qui viserait à évincer M. ALLEGRE au prétexte qu’il ne pense pas comme vous... Jean JOUZEL pour le remplacer, lui qui n’est pas membre de l’Académie des Sciences ?

    Quelles sont vos qualités ès sciences et climatologie pour vous permettre de mettre en doute les compétences d’un scientifique ? La lecture du rapport du GIEC ?

    Un tel article est tout simplement contreproductif !.

    19.06 à 08h30 - Répondre - Alerter
  • isabelle : mea culpa

    Je crois aussi qu’il y a bien sûr un mea culpa des professionnels des medias à faire dans la façon dont ces histoires communes -le climat, la biodiversité, les terres, l’eau- sont traitées. Le medias mainstream veulent du débat (voire du combat ?!) pour garder leur audience. C’est presque une règle de fabrication en interne. Et il y a débat sur ces questions !!! mais pas au niveau scientifique. Si on analyse rigoureusement et honnêtement les données, elles convergent. L’analyse rigoureuse et honnête des données converge et montre une nouvelle réalité à celle à laquelle on était habituée : elles montrent que le monde physique et biologique change et qu’il y a une très haute probabilité qu’on soit responsable. Le problème c’est que les medias ne mettent pas le débat au bon niveau : ils le mettent au niveau scientifique et non à celui de l’action politique sur ces grands enjeux (accepte-ton ou non le risque, sinon quelles actions mener ?). Et là tous les avis sont précieux et doivent être examinés.
    Et David, as-tu un mea culpa à faire ? à Terra eco, vous faites partie de ceux qui veulent combler ce vide, cette défaillance des media....

    17.06 à 13h27 - Répondre - Alerter
  • Jojo le Mérou : Pschiiit !

    C’est le son que fait le discours de Claude Allègre dans ma tête depuis sa mise en lumière lors de son entrée au Ministère de l’Education Nationale.
    Et c’est aussi la durée de l’intérêt que je lui porte. Très courte.
    Il n’y a pas de mystère Allègre, il n’y a que de l’imposture.

    17.06 à 10h53 - Répondre - Alerter
  • Ben voyons, puisque Claude Allègre ne pense pas comme le GIEC, pourquoi ne pas l’exclure de l’Académie des Sciences. Jusqu’où ira ce contrôle de ce que l’on peut dire et ne pas dire. La société de demain fait peur, et j’espère qu’un jour quelqu’un osera s’élever contre la perte progressive de la liberté de penser. Et Dieu sait si je n’aime pas trop

    17.06 à 08h57 - Répondre - Alerter
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