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7-04-2015
Mots clés
Biodiversité
France
Reportage

Une nuit de pleine lune, j’ai parlé avec des chouettes

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Une nuit de pleine lune, j'ai parlé avec des chouettes
(Crédit photo : Andreas Trepte - www.photo-natur.de - Wikimedia)
 
Le week-end dernier, la Ligue de protection des oiseaux et la Fédération des parcs naturels régionaux organisaient leur 11e nuit de la chouette. Dans une forêt de la région parisienne, je suis partie sur les traces des rapaces.
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Les blagues Carambar peuvent nuire aux connaissances ornithologiques. Non, le hibou n’est pas l’animal le plus heureux de la terre parce qu’il a la femme la plus chouette. Avant même de nous conduire dans la forêt, Bernard Rondeau, électromécanicien le jour et ornithologue la nuit, a douché les plus naïfs d’entre nous. « La chouette et le hibou n’appartiennent pas aux mêmes espèces. Les chouettes ont une tête plane alors que les hiboux ont des aigrettes sur le sommet du crâne. Et ce ne sont pas des oreilles. Leur système auditif se limite à deux trous sur la face, juste sous les yeux. » Le nôtre, de système auditif, est prêt. Le temps des présentations, la nuit est tombée. Direction la forêt de Dourdan, dans l’Essonne. Cela fait plus de quarante ans que Bernard Rondeau voue une passion aux rapaces nocturnes. Alors depuis que la Ligue de protection des oiseaux (LPO) et la Fédération des parcs naturels régionaux de France organisent, tous les deux ans, des sorties de nuit pour faire connaître la chouette et le hibou, il se porte volontaire pour accompagner les groupes.

On pense rarement à se promener dans la forêt en pleine nuit. Peut être parce qu’avec l’obscurité les arbres prennent des formes menaçantes. Peut-être aussi parce que, dans le noir, chaque bruit devient suspect. Ce soir, nous sommes une vingtaine à suivre le guide. Des familles avec enfants, quelques curieux et deux ou trois connaisseurs. Les décibels de notre troupe n’ont pas encore baissé que nos hôtes nous lancent un avertissement. Deux « hou-hou » et un bruit de feuilles froissées résonnent au-dessus de nos têtes. Nous sommes chez elles. Ou chez eux ? « C’est un mâle, assure Bernard. Une chouette hulotte, l’espèce la plus courante ici. Sa femelle pousse des petits “hi-hi” plus stridents. » Il a beau imiter la femelle, on ne l’entend pas vraiment dans nos têtes… Mais Bernard Rondeau a du matériel dans son sac. Il nous conseille d’éteindre nos lampes de poche. Nos yeux s’habitueront et la pleine lune fera le reste : nous ne sommes pas là pour effrayer les rapaces. Puis, il dégaine un lecteur mp3 relié à une enceinte et lance un enregistrement. « Ce sont des cris que j’ai captés moi-même. C’est le moyen le plus efficace d’entrer en communication avec les rapaces. » En une pression de bouton, il émet le chant de la hulotte mâle, le cri de la femelle, puis… silence. On entend le bruit des feuilles, les chuchotis des enfants qui s’impatientent déjà, quelques plaintes d’adultes qui ont froid et, au loin, portées par le vent, les pétarades d’une moto lancée sur l’autoroute.

« J’ai encore une dame qui m’a demandé si les chouettes pouvaient emporter un enfant »

La hulotte n’a pas répondu. La chouette effraie, au cri semblable à un ronflement, non plus. Nous nous enfonçons entre les arbres. La pénombre pousse à la confidence. Certains admettent que les chouettes, avec leurs têtes qui tournent à 270 degrés leur font peur. Et le guide de rappeler que, dans des temps pas si lointains, l’oiseau réputé de mauvais augure se faisait clouer aux portes des granges. « On n’en est plus là, mais les clichés persistent, insiste-il. Hier, j’ai encore une dame qui m’a demandé si les chouettes pouvaient emporter un enfant. » Rires dans l’assemblée. « Les chouettes peuvent être dangereuses, rétorque un homme d’une quarantaine d’année. Les agriculteurs, il faut les comprendre. Quand des chouettes s’attaquent à leurs agneaux, ils les tuent d’un coup de broche, c’est normal. »

La phrase jette un blanc. C’est le silence qui nous manquait pour lancer un nouveau cri de magnéto et voir si, cette fois, l’oiseau nous répond. Une réponse à notre gauche, une trace sombre au-dessus de nos têtes et le bruit passe à droite.

Au début de ce son, l’enregistrement émis par notre guide. Puis la réponse des chouettes. Enfin, un second enregistrement destiné à faire réagir les hulottes.

Une hulotte vient de nous survoler. « On n’a presque rien entendu, puisque l’extrémité de ses plumes est striée, explique notre guide. Grâce à cela, les chouettes volent en silence. » La dérange t-on ? « Quand la chouette chante, soit elle défend son territoire, soit elle cherche à s’accoupler, souligne t-il. Il est difficile de distinguer les deux, surtout que nous sommes en période de reproduction. » Le mâle essaie-t-il de séduire la femelle de notre bande-son ? « C’est possible. C’est pour cela que l’on ne l’utilise plus quand les femelles ont pondu, en avril. Elles couvent pendant trente jours et ne doivent pas être dérangées. Déjà qu’elles ne sont pas nombreuses… » Avant, Bernard signalait toutes ses observations sur un site participatif. Aujourd’hui, il publie ses données sur les espèces courantes, mais réserve celles sur les oiseaux rares à un cercle restreint. « Dès que l’on localise une espèce rare, on la met en danger. Il y a deux ou trois ans, nous avions noté la présence de hiboux des marais en Beauce. Quelques mois plus tard, plusieurs spécimens ont été retrouvés morts. On a compris que les photographes animaliers avaient débarqué par dizaines et qu’ils faisaient s’envoler les oiseaux en plein jour pour faire de belles images. Les bêtes sont mortes d’épuisement ! » L’histoire déclenche une vague d’indignation dans les rangs. A Dourdan, les 1 600 hectares de forêt ne compteraient que sept ou huit couples de hulottes et deux de chouettes effraies, dit-il. Mais il n’en est pas sûr.

En France, les chouettes et les hiboux sont très mal répertoriés. Il est aujourd’hui impossible de savoir combien de rapaces nocturnes compte l’Hexagone. « Il y a bien quelques études locales, mais suivant les méthodes de comptage utilisées elles ne sont pas fiables et certaines zones ne sont pas couvertes », souligne Laurent Lavarec, spécialiste des rapaces nocturnes à la Ligue de protection des oiseaux. En janvier, il a lancé une vaste enquête sur neuf espèces de rapaces nocturnes nicheurs. On y retrouve notre hulotte, la chouette effraie, mais aussi quelques espèces plus rares, comme le grand duc. Pour que le référencement, prévu sur trois ans, soit le plus précis possible, son équipe a mis au point un protocole pointu. « Nous avons coupé la France en 2 007 carrés de 25 km2, explique Laurent Lavarec. Dans chacun de ces carrés, nous avons défini vingt-cinq points d’écoute. Grâce au matériel que nous avons envoyé à des coordinateurs régionaux, des équipes se rendront sur chacun des points à deux reprises. Elles diffuseront huit minutes de chants enregistrés pour l’occasion et rempliront un formulaire en fonction des espèces qu’elles auront entendu répondre. » Si la mission nécessite quelques connaissances, le quadrillage du territoire est si fin que tout le monde peut se porter volontaire. Dans trois ans, nous devrions ainsi connaître l’identité et le nombres de rapaces nocturnes qui nichent dans nos arbres, granges et clochers. « En refaisant une enquête plus légère de manière régulière, nous pourrons aussi observer l’évolution des populations, ajoute t-il. Cela nous permettra de vérifier, si, comme nous le pensons, leur population décline. »

Les rapaces récompensent les résistants

A Dourdan, ce sont les apprentis ornithologues qui déclinent en premier. Les heures s’écoulent et l’engouement des premiers instants s’étiole. Ecouter des oiseaux dans le noir demande de la patience. Certains jouent les imitateurs pour tenter de faire revenir l’animal. En vain. Les parents d’enfants en bas âge jettent l’éponge, sous l’œil inquiet de notre guide d’un jour, qui s’imagine déjà accusé d’avoir perdu deux mères de famille dans les sous-bois. Les rapaces, eux, ont l’amabilité de récompenser les résistants. Au dernier déclenchement de l’enregistrement, peu avant 23 heures, un concert de vocalises s’improvise au sommet des arbres. « Et encore, ce n’est rien comparé à juillet-août, promet Bernard Rondeau. L’été, avant que les juvéniles ne quittent leurs nids, ils apprennent à pousser leur cri. C’est un super spectacle. » A l’extrémité du groupe, une gamine s’inquiète d’avoir vu bouger quelque chose dans les buissons. Son père la rassure au moment où nous rebroussons chemin. Une fois sorti des bois, notre guide nous révèle son autre dada : dormir dans la forêt pour observer renards et sangliers. Ils partagent la forêt avec les rapaces et ça, ce n’est pas une blague.

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