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22-02-2006

Un système financier sans billets de banque est-il possible ?

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  • ... Par l’échange de connaissances (troc).
    Pour faire simple : Je possède des connaissances dans les métiers du bâtiment, je construis ta maison. Alors que toi, en échange, grâce à tes connaissances en boulangerie, tu assures mon pain chaque jour. Oui mais... Tout cela, fonctionne (en tout premier lieu, sur la confiance. Et ça, c’est pas gagné, mais bon, admettons...) tout cela fonctionne, à condition que la matière première ne vienne pas à manquer... ! Si une pénurie de blé survient, en échange de la maison que je t’ai construite, tu ne me fourniras qu’une demie-baguette chaque jour. Et me sentant flouée, et qui plus est affamée, qui sait quelle sera ma réaction... ?!!!
    Et le soucis, à l’heure actuelle, outre l’écroulement des finances mondiales, c’est précisément la pénurie des matières premières, en raison de la surpopulation (et d’autres raisons telles que le gaspillage, etc)
    Bref, seule une discipline (que très peu d’entre nous possède, à l’heure actuelle) et une sagesse individuelle et collective (qui nous fait, également, grandement défaut) serait susceptible d’empêcher une guerre conséquente aux suites de l’inévitable et relativement proche, effondrement monaitaire mondiale. J’ai simplifié mon raisonnement pour faire court mais j’espère, malgré tout, que vous m’avez comprise.

    25.03 à 05h13 - Répondre - Alerter
  • Luigi Chiavarini (professeur d’économie) : Un système financier sans billets de banque est-il possible ?

    La fonction principale de la finance est d’assurer le transfert de la richesse dans le temps.

    En réalité, la finance ne fait que vendre, contre de la monnaie (qui, elle, donne droit à jouir immédiatement d’une part de la richesse produite aujourd’hui), un « droit » sur une part de la richesse qui sera produite dans le futur. Et elle organise, jusqu’à leurs échéances, la revente de ces droits, leurs circulations. Ces droits sur la richesse future ne sont en réalité que des promesses. Et une promesse n’engage que celui ou celle qui y croit. Rien, absolument rien, ne permet en effet d’en faire des droits sûrs, qui seront honorés quoi qu’il arrive dans le futur. Pour que notre « système » économico financier basés sur une logique capitaliste « économie de marché » continue de fonctionner nous sommes condamner à faire Confiance à ses acteurs, en leurs capacités à assumer la fonction principale « la promesse de transférer la richesse dans le temps » et à Croître afin d’augmenter, à travers le temps, la valeur de cette richesse, quoiqu’il arrive. En effet, les deux piliers du temple capitaliste sont la Confiance et la Croissance. Si l’un deux vient à faillir, d’une façon durable, tout l’édifice s’écroule.

    Après avoir défini l’objectif et les enjeux de cette partie, expliquons en les règles :

    L’économie, c’est assez compliqué, c’est plein de poudre aux yeux et d’idéologie, et le quidam - à qui on n’a jamais appris comment ça fonctionne - ne peut que s’attarder à dénoncer (exercice parfaitement vain...) des symptômes visibles comme les inégalités, le sous-emploi, la lourdeur de la réglementation, les faillites, la volatilité des marchés, les déficits public et privé, les fraudes, la fracture sociale etc.. Alors, on englobe tout ça dans le "système", sorte de grosse bestiole mythologique à l’ADN indéchiffrable grâce auquel vit un microcosme impénétrable de fonctions à haute valeur inutile synthétisées sous le vocable ésotérique : la finance de l’économie de marché.

    L’économie, c’est pas si compliqué

    Pourtant, ce n’est pas si compliqué. En fait, la première chose à constater est que la fin du système est inscrite dans la logique même du système. Et, deusio, que l’origine des symptômes réside exclusivement dans le système de papier-monnaie qui régit le monde actuellement. En bref, le seul problème économique, comme dirait mon épicière, c’est l’argent.

    La manière la plus pédagogique d’expliquer le fonctionnement du système est de jouer à un petit jeu. Appelons-le le « jeu des C. [1] »

    D’abord le jeu à 2.

    Vous, vous êtes le banquier central, et votre ami Alan est votre client. En tant que banquier central, vous émettez des billets de banque de la seule monnaie dont vous autorisez la circulation : p.ex., vous appelez votre monnaie l’UJC (Unité du Jeu de C). L’UJC, et comme l’euro ou le dollar, ne sont bien sûr le substitut d’aucune richesse réelle.

    Sur votre photocopieuse, vous fabriquez donc 100 billets de 1 UJC, que vous prêtez à Alan pour une durée de 1 an, à un taux d’intérêt de 5% l’an. Après 1 an, Alan doit donc vous rembourser 105 billets de 1 UJC.

    La fausse monnaie étant interdite dans le jeu, à votre avis, comment Alan fera-t-il pour trouver les 5 billets manquants ?

    Car les 5 billets des intérêts, hé bien, ils n’existent pas. Dès la première minute du jeu, Alan est déjà insolvable : même s’il offre tous ses biens en échange des billets manquants, il ne les trouvera pas, puisqu’ils n’existent pas.

    Ce jeu est trop con

    La seule manière pour que Alan puisse rembourser est que vous remettiez votre photocopieuse en route afin de lui prêter les 5 billets qui manquent. Naturellement, vous prêtez ces 5 billets toujours à du 5% l’an. Et s’il vous remet, cette année-là, les 105 billets, il n’y a plus aucun billet en circulation, alors que Alan a toujours une dette de 5 unités. Les intérêts continueront donc à courir à l’infini. Et chaque année, vous serez obligé d’émettre de nouveaux billets que vous prêterez à Alan, billets qu’il utilisera pour vous payer les intérêts échus. La dette de Alan s’accroîtra donc à l’infini (en théorie du moins : car lorsque Alan dira "ce jeu est trop con, j’arrête de jouer", alors le jeu s’effondre).

    Voilà : si vous avez compris ça, vous avez déjà compris l’essentiel du fonctionnement du papier-monnaie, et, partant, de notre système économique.

    Maintenant, le jeu à 3.

    Vous êtes toujours le banquier central. Vous prêtez 100 billets de 1 UJC à Alan et 100 billets de 1 UJC à Jean-Claude.

    Jean-Claude et Alan doivent chacun vous rembourser 105 UJC à la fin de l’année. Et le problème est toujours le même : il n’y a que 200 UJC en circulation.

    Et c’est ici que les choses deviennent intéressantes, et mériteraient une petite caméra-espion comme dans les télés réalité : afin de pouvoir rembourser 105 billets à la fin de l’année, Alan va tenter de soutirer des billets à Jean-Claude, et inversement. De la sorte, s’il est le plus malin (ou s’il est armé), Alan sera solvable, mais pas Jean-Claude.

    Le système est ainsi conçu que pour pouvoir rembourser, il ne sert à rien ni de travailler, ni de produire des richesses : la seule manière de continuer le jeu est de prendre - d’une manière ou d’une autre - de l’argent chez les autres.

    Dans un jeu plus élaboré, où tout le monde est contraint par les milices de fonctionnaires armés de participer, le jeu peut ainsi se poursuivre pendant des décennies. Et plus le temps passe, plus l’insolvabilité globale augmente, et plus les gens auront tendance à utiliser tous les moyens (et la violence notamment) pour tenter, individuellement, de surnager.

    On notera que 2 risques surgissent à cette occasion :

    (1) - toujours le risque que Alan dise "je ne joue plus", c’est à dire qu’il refuse de continuer à travailler, inventer et entreprendre dans ces conditions, et

    (2) - le risque que la violence ainsi générée entre individus finisse par se retourner contre le système.

    Et c’est à contenir ces 2 risques que sert l’Etat.

    Pour contenir le 1er risque, l’Etat impose son monopole sur la monnaie, et fait voter, année après année, des lois de plus en plus répressives sensées interdire toute autre forme d’échange.

    Et pour contenir le 2ème, l’Etat a pris pour rôle d’être la "réserve" de la dette : plutôt que de laisser s’endetter outre mesure directement les individus (ce qui aurait provoqué un chaos tel que le système serait par terre depuis longtemps), l’Etat s’endette lui-même au nom des individus. Ce faisant, l’Etat fait coup double : il sert de "vase d’expansion" à la dette globale (ce qui limite, comme dans un circuit de chauffage, la surpression des individus), tout en s’assurant le financement des indispensables capacités répressives afin, d’une part, de maintenir tout le monde dans le bocal fermé du système (il s’agit bien d’un système autarcique), et d’autre part, de pouvoir pomper les richesses produites par les citoyens.

    L’Etat, (sur)endetté, tente parallèlement de maintenir un bon "rating" de sa dette, càd la capacité de pouvoir emprunter à des taux pas trop élevés. Le "rating" de chaque Etat est attribué par des agences de notation internationales, qui notent la capacité de l’Etat à honorer le paiement des intérêts de sa dette.

    Comme le système n’est pas stable (vu l’inéluctable endettement, toujours croissant), les Etats se voient contraints de renforcer leur pouvoir afin de maintenir le rating de leur dette à un niveau raisonnable.

    Mais l’exemple japonais (rating A2 depuis peu) montre qu’il y a néanmoins une chose qu’aucun Etat ne pourra jamais faire : c’est contraindre les gens à s’enthousiasmer pour le surendettement, à continuer à inventer et à donner le meilleur d’eux-mêmes pour cela. En URSS, le ressort s’est cassé pour de bon dès les premières purges. Au Japon, il s’est cassé voici plus de 10 ans. Et maintenant, c’est à notre tour d’abord les et ensuite les européens.

    Avant d’inventer le Jeu de C. nous jouions à un jeu moins virtuel car, alors la monnaie était le substitut d’une richesse physique disponible en quantité limitée (or, immobilier, actions, pétrole, oeuvres d’art, etc.), il n’y avait aucun problème de solvabilité (et aucun besoin d’un monopole quelconque !), puisque les richesses étaient produites (ou extraites) par le travail.

    Par exemple, si votre monnaie est un substitut de l’or, et si vous prêtez, de fait, l’équivalent monnaie de 100 grammes d’or à Alan, il suffit pour Alan (directement ou indirectement) de se retrousser les manches et de trouver chaque année 5 grammes d’or dans le sol, qu’il vous remet,que vous stockez dans votre coffre, et que vous utilisez comme garantie pour émettre de nouveaux billets (ou vous pouvez aussi inverser l’ordre, et faire rentrer les billets correspondant aux intérêts dans le circuit via des achats à la mine d’or).

    A l’origine, l’intérêt représentait naturellement le prix du renoncement de la jouissance immédiate d’un bien par un prêteur. Quelle est la justification de l’intérêt que demande la BCE ou la FED ou les autres banque centrale pour l’émission, non contrôlée, de leur papier-monnaie (qui n’a rien d’une richesse !), à part l’intérêt bien compris de certains à perpétuer le Jeu de C. ?

    A ce sujet, voici une belle prémonition, celle du père du financier Warren Buffet, Howard Buffet, qui était membre du Congrès en 1948, il disait lors d’une intervention prophétique :

    “Human Freedom Rests on Gold Redeemable Money”[2]

    En voici un extrait :

    « En raison de la puissance économique des Etats-Unis, cela peut prendre du temps jusqu’à ce qu’on arrive à la fin de l’expérience du papier-monnaie. Mais quand ce jour viendra, notre gouvernement trouvera certainement qu’il est plus sage de faire une guerre à l’étranger que d’engager un débat dans le pays. C’est ce qu’ont fait Hitler et d’autres dirigeants. Si l’on veut sauvegarder la liberté humaine, il n’y a pas de défi plus important que de gagner le combat pour la réintroduction d’une monnaie honnête, c’est à dire convertible en or. C’est le seul moyen d’être sûr que les fruits de notre travail nous resteront. »

    Bis repetita, une guerre à financer, des déficits abyssaux, un pétrole cher, des taux d’intérêts très bas, l’or à la hausse, cela ne vous rappelle t’il pas quelque chose ? Bien sur, nous sommes dans les mêmes circonstances qu’en 1971, l’année qui entre autre évènement importants à vu définitivement s’évanouir les accords de Bretton Woods.(convertibilité du $ en or) et qui vu les prémisses du consensus de Washington , base de la doctrine néolibérale.

    Le miroir de l’histoire lui renverra-t-elle le négatif de son image ? Quoiqu’il en soit, nous sommes à la veille d’un changement majeur dans les règles du « jeux de C. »

    Vous l’aurez compris :

    Notre système financier n’est pas éternel parce qu’il est fondé sur des concepts manipulables et virtuels alors que, seule la valorisation de nos richesses à partir d’un étalon physique présent en quantité mesurable et limitée (rare) sur notre planète peu rendre pérenne la transmission de la (notre) richesse dans le temps.

    Notre système financier n’est pas éternel parce qu’il est issu du commerce des promesses, et une promesse n’engage que celui ou celle qui y croit rarement celui ou celle qui la faite.

    Notre système n’est pas définitif parce qu’il est fondé sur un postula simple : l’entreprise doit être dirigée dans le seul intérêt de ses actionnaires qui se confond insidieusement avec celui de ses dirigeants.

    Notre système financier n’est pas durable parce que, étant condamné à croître, nous nous apprêtons à léguer aux générations à venir des dettes financières majeures et des pénuries matérielles de matières premières irréversibles.

    Tout se passe comme si le présent était notre seul avenir. Pourtant, il est important que nous puissions rêver un futur durable pour pérenniser le bien être que nous avons pu créer, et la réalisation de ce rêve passera, probablement, par la refonte du mécanisme de transfert des valeurs, et pas seulement matérielles.

    [1] Avec C comme Capital, Confiance et Croissance.
    [2] http://www.fame.org/PDF/buffet3.pdf

    Luigi Chiavarini (professeur d’économie)

    22.02 à 17h16 - Répondre - Alerter
    • Assez d’accord avec l’analyse économique, moins avec la diatribe du complot ourdi par les fonctionnaires pour maintenir le monde dans un état d’asservissement.

      Je crois plus prosaïquement que le monde (les gouvernants, mais aussi l’écrasante majorité des gens) se croit encore au XVIIIe siècle et vit toujours et encore selon des préceptes d’épicier (qui étaient ceux d’un certain épicier écossais) : on ne peut dépenser plus que ce que l’on a dans la caisse. Que veut dire cette superstition à l’ère de la monnaie dématérialisée ? Le problème n’est pas temps de revenir à une monnaie matérialisée ou un équivalent convertible (là on ne serait même plus au temps des épiciers, mais aux temps primitifs de la monnaie sous forme de coquillages ou d’amulettes, voir la théorie de Marcel Mauss sur l’origine de la monnaue), mais de faire sauter ce verrou psychologique qui veut que l’on ne peut créer à volonté autant de monnaie, donc autant de pouvoir d’achat que l’on veut (à condition bien sûr de ne pas laisser l’inflation éroder systématiquement toute création de monnaie), et qui veut que seul un état, ou ses émules privés (les banquiers), pourraient créer de la monnaie via le crédit.

      Ne peut-on imaginer un système économique dans lequel la création de monnaie serait déléguée à chacun, selon des modalités démocratiquement déterminées, et dont chacun pourrait user à sa guise, plutôt que d’obliger les gens à quémander ce droit aux banques ? Les gens seraient automatiquement rendus solvables, puisqu’ils ne rendraient de compte qu’à eux-mêmes.

      Par exemple, si je suis jeune et compte me procurer un logement pour y vivre avec ma compagne et fonder une famille, je crée suffisamment de monnaie pour payer tout ou une part substantielle du prix d’un logement. Je paie le propriétaire avec la monnaie que j’ai créée à cette occasion, et cette monnaie, reconnue par les autres, peut être utilisée par le propriétaire pour faire ses achats. Qui est lésé dans l’histoire ? personne, du pouvoir d’achat a été créé, qui profite au propriétaire, le jeune a pu se loger sans se priver.

      Il faudrait bien sûr limiter la possibilité de création de monnaie, sinon il n’y aurait plus aucun intérêt à travailler, et plus rien ne serait fabriqué dans un tel système économique. Par contre, une telle création de monnaie permettrait de concentrer le travail sur la prodution de bien réellement utiles, du temps (le bien le plus précieux de l’humanité) pouvant être consacré à profiter de la vie plutôt qu’à la gagner.

      Bien à vous. Ben.

      28.10 à 05h34 - Répondre - Alerter
      • JeSuisCeQuiArriveQuand Schumpeter Rencontre KarlMarx : Un système financier sans billets de banque est-il possible ?

        Considérons que je soi l’épicier du jeune qui pour se loger avec se femme à fait tourner la machine à billet, et aussi du propriétaire de la maison. Je vois que les deux les deux se sont enrichit sur la base de rien, aucune création de richesse !!!
        Le propriétaire est devenu millionnaire, grâce à l’argent créer mais sur Terre aucune richesse n’a été créer !!! Le mec s’est enrichit mais y’a aucun bien, richesse ou service qui est été produite en échange !!! Donc qu’est-ce qu’il va pouvoir acheter avec ...bah ce qui existait déjà avant que les billets ne soit imprimer !!! Ben, je me dis que si moi aussi je veux m’enrichir,car c’est bien pour ça que je travaille : je suis épicier. Je vais devoir augmenter mes prix vu qu’il y a plus d’argents en circulation que de biens disponible....
        Le prix de la baguette est passé de 0,75€ à 175,6€ en l’espace du temps qu’il a fallut au jeune idiot pour l’impression de ses "faux billets".
        Résultat des courses, le jeune à un maison mais ne peut plus manger, le proprio se sent rouler car ce qu’il a récuperer de la vente ne faut rien" il peut même plus s’acheter de baguettes le pauvre !!"
        et l’inflation généralisé pour tous.
        Tout ça à cause d’un imbécile qui à imprimer quelque billet pour faire plaisir à sa copine !!!!
        et aussi à cause de cette condtions aussi stupides que t’as introduites !!!!

        Donc pour répondre à ta question qui est lésé ?

        Je te laisse y réfléchir,
        et revient pas des commentaires aussi stupides, c’est digne d’un jeune manifestant contre le CPE et non d’un individu ayant de vrais connaisance en économie

        Allez bien à toi , Gamin

        4.02 à 18h31 - Répondre - Alerter
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