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20-08-2015
Mots clés
Agriculture
France

Veaux, vaches, cochons : 10 raisons d’en finir avec l’élevage intensif

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Veaux, vaches, cochons : 10 raisons d'en finir avec l'élevage intensif
(Crédit photo : Francis Mariani - Flickr)
 
Il pollue, fait souffrir les bêtes et les éleveurs, réduit la biodiversité, n'assure pas la traçabilité… L'élevage industriel n'est plus viable. Voici pourquoi.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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En vacances ou au boulot, vous n’avez pas pu passer à côté de l’une des infos de l’été : la crise de l’élevage. Ou plutôt les crises, bovine, porcine et laitière. Depuis plusieurs semaines, les éleveurs sont en colère, notamment contre des prix trop bas. D’un côté, le gouvernement leur promet des subventions, des aides, des plans d’urgence. De l’autre, les gros industriels boycottent et ne veulent plus acheter les animaux (le marché vient de reprendre doucement cette semaine, mais le dialogue demeure compliqué). Le tout, sans que personne – notamment les politiques – ne remette en question ce modèle, celui de l’élevage industriel, majoritaire aujourd’hui en France. Ainsi, 68% des poules pondeuses sont élevées en cage. Quant aux cochons, selon Inaporc, l’interprofession nationale porcine, 95% sont élevés en batterie, sur caillebotis dans des bâtiments fermés. Et pourtant… ironiquement, quasiment le même pourcentage de Français – 90% – se déclarent contre l’élevage industriel, selon un sondage OpinionWay réalisé en 2013. Voilà donc pourquoi, en dix points – et à grands renforts de nos propres archives ! –, il faut en finir avec l’élevage industriel.


- Parce que ça pollue

en émettant des gaz à effet de serre…

Selon un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’élevage compte pour 14,5% de nos émissions de gaz à effet de serre (GES) (7,1 gigatonnes d’équivalent CO2 par an), c’est-à-dire plus que l’ensemble du secteur des transports. Les principales sources de pollution ? La production et la transformation de fourrage (45% du total des émissions), la digestion des bovins (39%) et la décomposition du fumier (10%) Voir ici notre infographie sur le sujet.

… mais aussi à cause de l’impact sur les sols et l’eau

Les bâtiments hors-sol produisent des tonnes d’excréments. Et si le lisier produit plus de nitrates que la terre et les plantes ne peuvent en absorber, alors l’excédent s’infiltre dans les sols et s’écoule dans les rivières. En Bretagne, par exemple, selon les chiffres du ministère du Développement durable, deux tiers de l’azote épandu est issu des déjections des vaches (à 57%), des porcs (à 31%) et des volailles (à 12%). L’eau chargée en nitrates finit son voyage dans la mer et les fameuses algues vertes naissent, stimulées par cet excédent. Ces dernières peuvent, elles, en plus d’entraîner des fortes nuisances olfactives, représenter un risque pour l’homme. Et le dernier bilan du Commissariat général au développement durable n’est pas rassurant : loin de diminuer, en 2012, les végétaux toxiques ont colonisé l’ensemble du littoral français.

Les émissions d’ammoniac – gaz irritant pouvant provoquer certaines maladies (asthme, bronchites chroniques) chez les éleveurs et les animaux – sont quant à elles à 95% d’origine agricole, dont 80% proviennent de l’élevage, selon un rapport de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra).


- Parce que ce n’est pas bon

au goût…

En avril dernier, le restaurateur et amoureux de la bonne bouffe Xavier Denamur évoquait « l’exemple du poulet », « édifiant », dans notre dossier sur « Le goût assassiné ». « Comment voulez-vous qu’une bête programmée pour grossir en quarante jours, remplie de flotte, qui devient obèse, malade et incapable de tenir sur ses pattes si on ne l’abat pas à temps, ait le même goût qu’un poulet qui aura galopé cent vingt jours ? », s’interrogeait-il. Pour rappel, un poulet de batterie est abattu à 35/40 jours, tandis qu’un bio ou Label rouge doit l’être à minimum 81 jours. La démonstration est la même pour le porc et le bœuf, dont le goût est bien meilleur quand l’animal a galopé dans de vertes prairies.

… et pour la santé

L’an passé, l’association UFC-Que choisir a fait passer au labo 100 échantillons de poulet. Plus d’un quart en sont sortis « contaminés ». Et les deux tiers de ceux-là l’étaient par des bactéries résistantes aux antibiotiques. A force de gaver le poulet de batterie d’antibios pour qu’il survive à la surpopulation de son hangar et aux épidémies, des souches mutantes de bactéries apparaissent, insensibles aux médicaments… conçus à l’origine contre elles !


- Parce que les bêtes souffrent…

Cette récente crise du porc a – au moins – permis aux téléspectateurs de (re)voir, en images, ce qu’est un élevage industriel. Des porcs entassés (un animal de 110 kg dispose d’un mètre carré pour vivre), qui ne verront jamais la lumière du jour, des poules qui ne peuvent pas déployer leurs ailes (en cages, elles ont le droit, chacune, à un espace à peine supérieur à une feuille A4, soit plus de 13 poules par mètre carré), des veaux qui sont arrachés de leur mère pour produire du lait… On vous passe les détails et on vous conseille cette lecture passionnante sur les conditions de travail dans un élevage intensif de porcs ou le film pastiche Meatrix.

… et les éleveurs aussi

C’est certainement la sociologue Jocelyne Porcher, spécialisée dans la relation entre l’éleveur et l’animal – et qui a également été éleveuse, puis salariée dans une production porcine – qui parle le mieux de cette question. En 2014, voici ce qu’elle disait à Terra eco : « Quand on lit les textes agricoles, on se rend compte que la rupture des mentalités a lieu au XIXe siècle, quand le capitalisme industriel invite à considérer l’animal comme une ressource comme une autre qui doit assurer de la productivité et va exclure la relation d’affectivité entre l’éleveur et l’animal. » Selon elle, les méthodes de travail sont désormais « taylorisées » et l’urgence, « permanente ». Même constat de la philosophe Corine Pelluchon, à qui l’on consacrait un grand entretien il y a quelques semaines : « Les éleveurs aussi sont victimes de l’élevage industriel. Ils ne sont pas heureux. Ils doivent se plier à des normes extérieures, les zootechniciens leur disant quand réformer un cochon (le destiner à l’abattage, ndlr), par exemple. On ne s’appuie plus sur leur bon sens. L’éleveur traditionnel savait quand son animal allait bien ou pas. Au nom de la course au profit, on a transformé l’élevage en production industrielle et détruit le sens de cette activité. Condition animale, organisation du travail et justice sociale sont étroitement liées. »


- Parce qu’il y a un problème avec les prix

« Les Français ne mesurent pas les efforts fournis pour répondre à des attentes paradoxales, comme manger mieux et toujours moins cher », s’exclamait dans nos colonnes, en 2013, Christiane Lambert, vice-présidente de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA). Manger mieux, mais à prix bas, semblerait donc être le souhait du consommateur. Et peut-être surtout des distributeurs. Il n’y a d’ailleurs qu’à faire un tour de leurs slogans pour n’en pas douter : « Chez E.Leclerc, vous savez que vous achetez moins cher » ; « Intermarché, tous unis contre la vie chère » ; « Les prix bas, c’est Géant »… Mais qu’est-ce qu’un prix bas ? Et qu’est-ce qu’un prix juste (pour l’acheteur, mais aussi, et surtout, pour l’éleveur) ? Et comment le consommateur peut-il savoir où va aller son argent quand il achète de la viande ou du lait ? Comme le rappellent nos confrères de Rue89, depuis 2010, il existe un Observatoire de la formation des prix et des marges, publiant chaque année un rapport sur le sujet. Ainsi, pour le jambon cuit – l’un des produits les plus vendus en charcuterie –, le prix moyen du kilo au détail est passé, de 2013 à 2014, de 10,93 euros à 11,05 euros en grandes et moyennes surfaces (GMS). En 2013, 38% (4,17 euros) du prix déboursé par le consommateur revenait à la grande distribution et 33,8% (3,70 euros) à l’éleveur. En 2014, respectivement, cette part passait à 39% (4,32 euros) et 31,3% (3,46 euros). Le reste est réparti entre les industries de charcuterie-salaison et abattage-découpe.

Pour le poulet, la hausse des marges des distributeurs est encore plus importante. Si le prix en rayon n’a pas augmenté entre 2013 et 2014 (4,26 euros en moyenne le kilo pour un poulet standard), la marge des GMS était de 39,6% en 2013 – 33,8% pour l’éleveur – et de 41,7% – 31,4% pour l’éleveur – en 2014.


- Parce que la traçabilité est floue

Avez-vous déjà cherché la provenance du porc que vous allez engloutir sur un paquet de jambon ? L’avez-vous trouvée ? Si vous avez opté pour les marques Fleury Michon, Madrange, Aoste ou Herta, non, à coup sûr ! Un tiers des jambons cuits et deux- tiers des jambons secs présents sur le marché français ne portent aucune de ces indications. Aoste, par exemple, se fournit en porc en France, mais aussi en Espagne, en Allemagne ou aux Pays-Bas, en fonction de l’état du marché. « Cela dépend de ce qui est disponible à l’instant T de l’approvisionnement », nous expliquait la marque en février dernier. Dans ces circonstances, impossible d’afficher la provenance sur le paquet, « d’autant que, pour certains produits, des pièces de nationalités différentes peuvent être mélangées ».


- Parce que la biodiversité en souffre

Comme le soulignait « L’Atlas de la viande » en 2014, « la surfertilisation nuit aux plantes et aux animaux. Les nitrates présents dans les eaux souterraines peuvent produire des “zones mortes”, privées d’oxygène, dans les eaux côtières ». Ce rapport, publié par la Fondation Heinrich Böll et les Amis de la Terre, rappelle également qu’avec l’élevage industriel, la diversité génétique part aux oubliettes. Dans le monde, quatre compagnies se partagent 97% de la recherche sur le poulet et 75% de la recherche sur les bovins et le porc. « Conséquence : la diversité génétique se réduit drastiquement, oubliant la majorité des 8 000 espèces domestiquées actuellement recensées. Par exemple, la race de vache Holstein couvre 83% du marché mondial du lait. Quant aux porcs, trois races se partagent les trois quarts du marché. »


- Parce que ça nuit à l’emploi

Depuis 2013, agrandir une porcherie est devenu un jeu d’enfants. Un décret permet de créer des usines de 2 000 cochons sans demander d’autorisation spéciale. De la ferme des 1 000 vaches à celle des 1 500 taurillons, les méga-exploitations se multiplient (Voir ici notre carte). Dans le même temps, comme le rappelait Libération, le nombre d’éleveurs de vaches laitières en France est passé 162 000 à 67 000 entre 1993 et 2013 (-58%). Sur la même période, la production de lait, elle, progressait de 5%. Laurent Pinatel, de la Confédération paysanne, s’alarmait dans nos colonnes des conséquences sur l’emploi des méga-fermes : « Chaque fois qu’une ferme grossit, on perd de l’emploi. 20 fermes de 50 vaches, c’est plus de 40 emplois. Une ferme de 1 000 vaches, c’est quatre fois moins et une qualité de travail dégradée. »

A lire aussi sur Terraeco.net (parce qu’il y a des solutions) :
- « Du conventionnel au bio, la transition d’un agriculteur (épisode 1) : une histoire de famille »
- « Du conventionnel au bio, la transition d’un agriculteur (épisode 2) : une histoire de gros sous »
- Les visages de l’agriculture de demain
- Agriculture : une ultra moderne servitude

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  • Que tout le monde devienne VEGETARIEN...Ainsi plus aucun problème d’élevage, ni de consommation, ni de production, ni de pollution...Cela fait des années que je suis végétarienne et je m’en porte très bien, il suffit de connaître les alternatives végétales délicieuses qui existent, et c’est bien meilleur pour la santé et l’environnement ! Et en plus, on peut faire preuve de créativité !

    24.08 à 14h13 - Répondre - Alerter
  • Combien de consommateurs se sentent capables d’assumer l’acte de tuer l’animal pour le manger et le faire manger à leurs progénitures !... Ils se comptent sur les doigts de la main ! Or le fait de se décharger sur l’agro-business et son industrie alimentaire est une responsabilité lourde de conséquences.

    24.08 à 11h34 - Répondre - Alerter
  • https:/ /www.youtube. com/watch ? v=Y5VJaff-FNE Écouter 1.56mn, 2.36mn !!!
    Trahison pour les animaux et les consommateurs qui pensent le bio sans maltraitance animal ! !!

    cupidité ! cupidité !
    les éleveurs peuvent se reconvertir : pompiers, infirmières, profs, policiers, éboueurs, pompe funèbres s’ils trouvent leur métier trop dur et mal payé...

    24.08 à 11h29 - Répondre - Alerter
  • Vous aimez tellement les animaux que vous bouffez leur cadavre ?
    Une mort douce et joyeuse ?

    Enfin… Les barbelés et autres clôtures électriques ne vous posent aucun problème ? Pas plus que la schizophrénie que représente le fait d’« élever » des êtres sensibles et innocents afin de les buter ?

    Sans parler de la criminelle pollution engendrée par cette lamentable industrie.

    L’essentiel est d’avoir bonne conscience, n’est-ce pas, quitte à bien se mentir.

    22.08 à 04h21 - Répondre - Alerter
  • A Chimel : Ce que vous dites là est faux Monsieur, conaissez vous réellement ce que veulent dire les mots intensif et extensifs :
    L’agriculture extensive est un système de production agricole qui ne maximise pas la productivité à court terme du sol en ne faisant pas appel à des intrants chimiques, à l’arrosage ou au drainage, mais plutôt aux ressources naturellement présentes sur place. Pratiquée généralement sur de vastes étendues, elle se caractérise par des rendements à l’hectare relativement faibles et par un plus grand nombre d’emploi par quantité produite. Le problème est que les revnue sont souvent faible. C’est ceux-là qui doivent être aidé.
    L’agriculture intensive est un système de production agricole fondé sur un accroissement de la production agricole optimisé par rapport à la disponibilité des facteurs de production (moyens humains, matériels et surfaces cultivées). Ce rapport entre volume produit et facteur de production est appelé productivité. L’agriculture intensive existe dans deux systèmes opposés, l’un traditionnel, l’autre moderne. En système traditionnel, les ressources humaines sont nombreuses, les moyens matériels et les disponibilités foncières sont rares ː l’intensification agricole y est fondée sur l’investissement humain maximal par rapport aux autres facteurs de production. En système moderne, on a la situation inverse, les moyens humains sont peu nombreux, l’intensification requiert des investissements importants et une utilisation accrue d’intrants agricoles (énergie, engrais, matériel). C’est ce deuxième système qui est habituellement désigné par l’appellation « agriculture intensive »1.Et c’est ceuxlà qui aujourd’hui ont de vrai problème en France car ils ne peuvent venir en concurence face

    21.08 à 11h20 - Répondre - Alerter
  • La clé du problème est dans les mains des consommateurs. En effet depuis maintenant plusieurs année je n’achète plus ma viande dans les hypermarchés comme "Carrefour, Leclercq...." mais chez le boucher. J’ai un petit boucher près de chez moi qui achète sa viande dans les fermes environnantes de la région (Auvergne) en choisissant ces bêtes. Les veaux sont élevés sous la mère, les cochons dans les près et nourris au grains et non au tourteau, les volailles en plein air, et il ne s’agit pas de label rouge ou autres label, mais simplement d’un élevage qui a encore le respect de l’animal et surtout des consommateurs. Je vous assure que la différence de goût et de texture y est indiscutable. Et en parlant du prix ce n’est pas plus chère que dans la grande distribution à produit dit de qualité égale "le kg de faux filet est à 25€" par exemple. J’appelle donc tous les consommateurs à faire de même en boycottant la grande distribution, bien sûr je sais que c’est plus facile de faire toutes ses courses au même endroit, mais à force de paresse nous avons tué les petites commerces et maintenant nous en payons le prix. Revenons aux circuits traditionnels, ce n’est pas désagréable d’aller chez son boucher pour "tailler une petite bavette" si je peux me permettre ce petit calembour...et de plus cela relancera l’animation de nos centres villes qui se dépeuplent progressivement.

    21.08 à 10h59 - Répondre - Alerter
    • Bonjour, je suis d’accord avec votre raisonnement mais vous oubliez que de nombreuses personnes n’ont pas les moyens d’acheter au prix du boucher s’ils veulent se nourrir tous les jours. Seuls les prix des discounters leur sont accessibles... Et je ne parle pas des personnes qui n’ont même pas de quoi se nourrir.

      21.08 à 11h22 - Répondre - Alerter
      • Bonjour ;
        Non, je n’oublie pas ces personnes aux revenus modestes. Mais combien sont ils à dépenser pour acheter des produits hightech (portable du dernier crie et autres gadget électronique) sans importance et à faire des économies sur l’essentiel c’est à dire sur ce qui rentre dans leur corps : " La nourriture". On m’a toujours appris à mettre de l’ordre et une certaine hiérarchie dans mes besoins. Il m’a toujours semblé que le bien le plus essentiel était la santé et donc, bien que moi aussi je ne puisse pas céder à toutes mes envies, je préfère de ce fait me priver d’une voiture neuve, d’un séjour à la neige, .... mais part contre j’essai toujours de m’acheter ce qui est le plus sain pour ma santé. Donc voilà pourquoi entre autre j’ai décidé de ne plus acheter ma viande en hypermarché. J’en mange moins mais au moins ce que je mange m’est profitable.
        Cordialement

        21.08 à 15h37 - Répondre - Alerter
      • Manger moins de viande, nos grands-parents n’en mangeaient pas tous les jours !!

        23.08 à 12h54 - Répondre - Alerter
  • Ce serait bien aussi si les 90% de Français qui disent être contre l’élevage intensif joignaient l’acte à la parole en consommant label ou bio...

    Cela dit, ces questions et leurs réponses sont beaucoup moins simplistes qu’il n’y paraît. Un poulet bio consomme par exemple 2 fois plus d’aliment qu’un conventionnel, et il ne reçoit pas non plus d’acide aminés de synthèse qui lui permettent de mieux digérer l’azote et le phosphore de ces aliments, et donc de réduire la quantité émise de ces polluants et la quantité d’aliment protéiné consommée. À surface égale, on produit plus de poulets conventionnels qui polluent moins chacun. Le vrai problème est plutôt la manière dont la grande quantité de lisier produite par un élevage intensif est utilisée. On pourrait par exemple facilement l’utiliser pour produire du biométhane et composter le résidu en mélange avec des débris végétaux pour fabriquer un engrais utile, équilibré et non toxique, plutôt que d’épandre du lisier frais toxique aux vers de terre et à la faune aquatique, et qui pollue nos cours d’eau, la nappe phréatique et nos estuaires. Ça commence à se faire, mais ça reste très marginal, le Français semble très apathique (en actes) sur ces questions d’environnement. Je sillonne le sud-ouest de la France, et ne vois par exemple que très peu de panneaux solaires dans cette région pourtant super exposée, lorsqu’une grange de 240 kW produit bon an mal an un revenu de 20 000 euros.

    L’agriculture sera toujours une forme de production végétale ou animale intensive, même en bio, mais il y a aussi des critères de bien-être animal à prendre en compte : il est inadmissible que l’élevage en cage ou en parc de 22 poulets par mètre carré soit devenu une norme agronomique. Je ne pense pas que les poulets aient une "âme," soient des êtres sentients comme les humains, ou que des comparaisons avec les camps de concentration juifs de la dernière guerre soient appropriées, mais sans même aller jusqu’à des questions éthiques sur la nécessité de tuer des animaux pour se nourrir, il y a un minimum de décence de conditions de vie à respecter. Mais encore une fois, je pense que c’est au consommateur d’agir, en consommant éthique et en votant pour changer la législation européenne et française. L’agriculteur peut difficilement se reconvertir tout seul si la demande et l’infrastructure ne sont pas en place. Seuls quelques uns peuvent le faire, car la "niche" du bio n’est toujours pas comblée, il y a toujours quelques consommateurs qui ont les moyens de payer les produits de qualité qu’ils recherchent, mais passer 100% de la production de poulet ou porc ou légumes en bio et à un prix raisonnable est une toute autre question. Cela dit, la recherche et notamment la robotique apportera bientôt des solutions au surcoût le plus important de la bio, le désherbage, qui concerne également l’élevage, puisqu’il faut genre 7 hectares de céréales et légumineuses/oléagineux pour un hectare de poulets bio. Et en plus, cela bénéficiera aussi à l’agriculture conventionnelle : il est plus difficile aux mauvaises herbes, pardon, aux "plantes adventices", d’évoluer une résistante aux passages répétés de la binette que de résister au glyphosate, au glufosinate ou au 2,4-D, les herbicides tolérés pas la plupart des grandes cultures OGM...

    20.08 à 20h43 - Répondre - Alerter
    • Ce que vous dites là est faux Monsieur, conaissez vous réellement ce que veulent dire les mots intensif et extensifs :
      L’agriculture extensive est un système de production agricole qui ne maximise pas la productivité à court terme du sol en ne faisant pas appel à des intrants chimiques, à l’arrosage ou au drainage, mais plutôt aux ressources naturellement présentes sur place. Pratiquée généralement sur de vastes étendues, elle se caractérise par des rendements à l’hectare relativement faibles et par un plus grand nombre d’emploi par quantité produite. Le problème est que les revnue sont souvent faible. C’est ceux-là qui doivent être aidé.
      L’agriculture intensive est un système de production agricole fondé sur un accroissement de la production agricole optimisé par rapport à la disponibilité des facteurs de production (moyens humains, matériels et surfaces cultivées). Ce rapport entre volume produit et facteur de production est appelé productivité. L’agriculture intensive existe dans deux systèmes opposés, l’un traditionnel, l’autre moderne. En système traditionnel, les ressources humaines sont nombreuses, les moyens matériels et les disponibilités foncières sont rares ː l’intensification agricole y est fondée sur l’investissement humain maximal par rapport aux autres facteurs de production. En système moderne, on a la situation inverse, les moyens humains sont peu nombreux, l’intensification requiert des investissements importants et une utilisation accrue d’intrants agricoles (énergie, engrais, matériel). C’est ce deuxième système qui est habituellement désigné par l’appellation « agriculture intensive »1.Et c’est ceuxlà qui aujourd’hui ont de vrai problème en France car ils ne peuvent venir en concurence face à d’autre pays comme les états unis, l’argentine, le brésil,.... qui ont des surfaces d’exploitation jusqu’à 1000 fois plus importante.

      21.08 à 11h17 - Répondre - Alerter
      • On peut jouer sur les mots et les définitions, ce que je voulais dire, c’est que même l’agriculture bio est intensive par rapport au cycle naturel. Mes poulets bio sont bien plus extensifs que la norme AB, avec des petites bandes "familiales" de 200 poulets et plusieurs parcours en rotation par bande, mais ça reste de l’intensif, le maraîchage bio ou conventionnel est encore plus intensif avec plusieurs cultures successives sur l’année, les blés de variétés "anciennes" sont somme toute très récents et 10 fois plus productifs qu’il y a quelques siècles grâce à des siècles de sélection "massale", et donc nécessitent forcément des intrants conséquents, en engrais, mais aussi en phyto, car la densité de peuplement est plus importante et stresse les plantes davantage.

        Je ne suis pas trop d’accord avec les notions théoriques opposant moderne et traditionnel, on peut très bien faire du bio ultra moderne, robotisé, et même OGM, par exemple un châtaigner résistant aux maladies. C’est même pour moi une priorité pour rendre la bio abordable pour tous, car le prix est, on le voit bien, un facteur dissuasif à son adoption générale. Je préfère visiter mes poulets pour voir s’ils sont en bonne santé et les laisser tranquilles le reste du temps plutôt que de passer des heures à ouvrir des trappes, les nourrir et les abreuver, quand un automatisme fait ça bien mieux et plus régulièrement que moi. Il y a suffisamment de travail manuel en dehors de ces tâches répétitives et peu gratifientes ;) de l’élevage. La robotique arrive dans les cultures également, avec un robot désherbeur pour le maraîchage, produit et déjà utilisé autour de Toulouse.

        Quant aux rendements et revenus inférieurs du bio, c’est sûr que faire des grandes cultures sur les mêmes modèles de production et de commercialisation que le conventionnel aura les mêmes résultats. Mais c’est pour le moment un secteur en pleine croissance, et la seule crise du porc en bio, c’est qu’on n’en a pas suffisamment. On trouve beaucoup d’agriculteurs bio qui valorisent leurs produits en transformation ou en vente directe. Le métier de paysan-boulanger n’existe qu’en bio, par exemple. Cultiver du tournesol et ne pas en presser et vendre la belle huile jaune d’or de sa propre ferme est pour moi une aberration, ça permet aussi de continuer les ventes toute l’année, même lorsqu’il n’y a pas de travaux aux champs.

        Si la question agricole était si simpliste et dichotomique et figée dans le temps, cela ferait longtemps qu’on serait passé à autre chose...
        Je lisais cette semaine un rapport sur les effluents des élevages de volailles. Les auteurs du rapport ont identifié plus de 70 cas de figure, selon les types d’élevage. Rien que pour les volailles en France !

        21.08 à 20h49 - Répondre - Alerter
  • [i]celui de l’élevage industriel, majoritaire aujourd’hui en France.[/i]
    C’est dommage de commencer un article avec une si grosse absurdité.
    Si nos éleveurs en France n’arrivent pas à suivre,c’est justement parce qu’ils sont resté sur un modèle d’après-guerre,avec des petites et moyennes exploitations.
    La ferme des milles vaches ?Ridicule comparer à ce qui se fait dans beaucoup d’autres pays.

    N’ayant fait que survoler l’article,je ne l’affirmerait pas à 100%,mais il ne me semble pas que le problème de la demande soit évoqué,alors que c’est pourtant la base.
    Hé oui,s’il y autant de production,c’est bien parce que derrière ça achète.Or il a bien était démontrer maintes fois que nous consommions trop de viandes par rapport à nos réels besoin.
    Il me parait absurde d’évoquer de l’élevage intensif si on ne parle même pas de sa cause.Un problème se traite à sa base.

    Enfin pour ce qui est de l’emploi,il y a 2 chose à noter.
    Déjà la baisse s’explique avant tout par le progrès technologique.Comme je l’ai déjà dit,nos exploitation sur rester sur un modèle dépasser,on ne peut donc pas mettre la baisse du nombre d’exploitants sur le dos d’un élevage intensif,alors que le progrès permet à 1 personne de faire le travail de 100 en se fatiguant moins.C’est une réalité dans tous les métiers ça,pas seulement en agriculture.
    La 2ème chose est tout simplement que je doute fortement que qui que ce soit,soit près à payer 20 fois plus cher un produit juste pour créer 2 emplois dans la ferme du coin,qui seront de plus des emplois payer à ne rien faire pour le coup(voir ce que j’ai dit au dessus pour le travail de 100 personne pouvant être fait par une tout ça tout ça).

    20.08 à 20h33 - Répondre - Alerter
  • Voici plusieurs années que nous ne mangeons plus de mammifères car même en bio il existe en grande majorité bqc de maltraitance...
    Petits enlevés à la naissance, castration à vif, conditions d’élevage limites bio ex des porcs bio qui ne voit jms le jours, que deviennent les femelles non commercialisables (?) et surtout la mort violence douloureuse non laïque dans la quasi-totalité des abattoirs français avec ‘’sacrificateur religieux’’, les bêtes mammifères sont égorgés à vif avec mort lente et bqc de douleurs ! non ?
    Prenez contact, courage, avec les grandes enseignes bio dont la grande distribution ainsi que les certificateurs avec les producteurs – coordonnées sur les étiquettes des produits.
    Les réponses quand elles existent sont vagues, imprécises, idylliques et quand vous demanderez les preuves avec les cahiers des charges... avec témoignages... plus que de rares et courageuses réponses…
    Donc dernièrement recherches sur les conditions de vie, jours qui suivent la naissance pour les mâles et retraite plus exactement réforme, mort des brebis et des chèvres de nos fromages !!! Un des fournisseurs des buches de chèvres des biocoop s’est mis en colère ! J’ai enregistré la fin de la conversation… les consommateurs ne doivent pas poser de questions… la vie des chèvres est belle – 5 ou 6ans maximum en élevage, une chèvre vie normalement 14ans…, après le départ pour la réforme … silence !
    Trop de difficultés dans les élevages… mais oui les pompiers, infirmières, profs, policiers ont aussi bqc de risques et de responsabilité, de burn-out et ils sont aussi très mal payés !....
    En bref le bien être du bio est limité à la vitrine des champs avec l’herbe verte…
    Un petit film sur les gentilles chèvres toutes douces qui viennent chercher des caresses… écouter, imaginer leurs dernières minutes !

    www. youtube.com /watch ?v=Y5VJaff-FNE
    Viande de chèvre de réforme : nouveau débouché pour la filière Caprine ?

    Écouter 156mn, 2.36mn !!!
    Trahison pour les animaux et les consommateurs qui pense le bio sans maltraitance animal !
    Cupidité !!! la mort doit être rapide sans souffrance surtout en bio !

    20.08 à 17h36 - Répondre - Alerter
  • "tandis qu’un bio ou Label rouge doit l’être à minimum 81 jours. La démonstration est la même pour le porc et le bœuf, dont le goût est bien meilleur quand l’animal a galopé dans de vertes prairies."

    Faire croire que le bio ou le label rouge coure dans l’herbe est un mensonge !
    Pas d’élevage intensif, d’accord ; mais faire croire que le bio ou le labellisé ressemble à l’élevage de nos arrières grands parents est faux ! L’élevage de porc label rouge, par exemple, demande simplement un peu plus d’espace pour les animaux mais surement pas de les élever dehors ! Et pour le reste c’est la même chose !
    Déplacez vous ! Allez au culs des vaches ! Constatez par vous même !

    20.08 à 17h29 - Répondre - Alerter
    • Je ne sais pas où vous habitez, mais en auvergne c’est la majorité des petites et moyennes exploitations qui élèvent ainsi leurs bêtes : Veaux sous la mère dans les prés, cochon dans les champs, volaille en plein air. Allez vous promenez dans nos campagnes d’auvergne et vous verrez que c’est le cas dans la grande majorité, et il est a espérer que cela continu.

      21.08 à 16h10 - Répondre - Alerter
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