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20-03-2015
Mots clés
Société
Agriculture
France
Pratique

Terrain, graines, outils : comment jardiner quand on n’a que ses mains

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Terrain, graines, outils : comment jardiner quand on n'a que ses mains
(Flickr - Kathleen Tyler Conklin)
 
La saison du jardinage est ouverte ! Mais vous n'avez ni lopin, ni graines, ni binette. En ce premier jour de printemps, « Terra eco » a glané quelques astuces et propose un kit de survie (non exhaustif) pour jardiniers dépouillés.
Le Baromètre de cet article
ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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A chacun sa saison. En mars, alors que les chasseurs viennent de déposer les armes, les jardiniers redécouvrent leur arsenal de sécateurs et de binettes. A mesure que les bourgeons pointent le bout de leur nez, l’envie de planter vous a peut-être chatouillé(e). Problèmes : vous vivez dans un deux-pièces au huitième avec vue sur parking, vous n’êtes pas du tout équipé(e) et pas vraiment formé(e). En bref, vous arrivez les mains vides et aimeriez les avoir vertes. Rien d’impossible. Il vous suffit de suivre le guide.



Etape 1 : négocier un bout de terrain


Telle est la mission numéro 1 du jardinier sans jardin. Car nombreux sont les rats des champs exilés qui tournent en rond dans leur appartement. « J’ai grandi à la campagne avec un potager. Ensuite, je suis venue m’installer à Toulouse puis, la vie passant, les enfants grandissant, j’ai eu envie de remettre les mains dans la terre. C’était il y a quatre ans », se souvient Isabelle, ingénieure de 48 ans. Commence alors un parcours de la combattante.

Les jardins familiaux

« Je me suis d’abord tournée vers les jardins familiaux. On m’a indiqué qu’il y avait deux ans d’attente », reprend la Toulousaine. « Aujourd’hui, ce serait plutôt trois ans », reconnaît Mohamed Mekari, membre de la Fédération nationale des jardins familiaux et collectifs, lui aussi basé à Toulouse. A Strasbourg, Metz ou Sens (Yonne), le temps d’attente est équivalent. En Ile-de-France, certains se languissent pendant quinze ans ! Isabelle n’avait pas cette patience.

Le prêt de jardin

« En cherchant des parcelles à louer sur Internet, je suis tombée sur des sites de prêt entre particuliers », raconte la mère de famille. Jepartagemonjardin.fr, Plantezcheznous.com, Pretersonjardin.com publient chacun une petite poignée d’annonces chaque jour. En mars 2010, Danièle Heiligenstein, fondatrice de Pretersonjardin.com lançait l’idée pour répondre à son propre besoin de terrain. « Depuis, 12 000 personnes se sont inscrites et le site a vu passer plus de 7 000 annonces », se réjouit cette ancienne responsable de la chronique jardinage du Midi libre. Forte de cette offre, elle estime aujourd’hui que la majorité des jardiniers sans terre ou des lopins sans jardiniers trouvent leur âme soeur. « Prête terrain contre légumes », « Jardin qui s’ennuie cherche jardinier »… Ce type d’annonce fleurit aussi sur les sites généralistes, comme Leboncoin.

Sur Pretersonjardin.com, Isabelle en est à sa deuxième rencontre. Après avoir jardiné avec Catherine, une grand-mère qui, depuis, a vendu sa propriété, Isabelle a investi un coin de parcelle chez Dominique et son mari. « On ne fait pas ça par intérêt. Simplement, on se sent privilégiés d’avoir ce grand terrain et on veut faire partager notre chance. Ça correspond à nos valeurs », explique la propriétaire. D’autres réclament comme contrepartie une partie de la récolte, de menus travaux d’entretien ou le paiement de la facture d’eau. « Le principal, c’est que les choses soient claires dès le départ, explique Danièle Heiligenstein. Par exemple, dans la plupart des annonces, jardiniers ou propriétaires indiquent qu’ils refusent l’utilisation de produits [phytosanitaires] ».

Les jardins partagés et les associations

« Pour que le partage fonctionne, c’est important de partager la même vision du jardin », souligne Jérémy, Strasbourgeois un temps inscrit sur Plantezcheznous.com. Après quelques rencontres de propriétaires via la plateforme, ce curieux de la permaculture a finalement rejoint, en tant que bénévole, les Jardins de Cocagne, un réseau d’associations qui se consacre à la réinsertion professionnelle par l’agriculture bio. « Le jardinage en associatif m’apporte le plaisir de cultiver, mais j’y consacre moins de temps que si j’avais mon propre jardin », explique le jeune homme, entre deux coups de bêche. S’il n’est pas associatif, le jardinage peut être collectif, comme le montre l’essor des jardins partagés (voir l’annuaire ici). Si vous comptez planter pour partager, vous pouvez également rejoindre les Incroyables comestibles qui cultivent légumes et aromates en libre service sur les espaces publics

A lire sur Terraeco.net :
- « A Sevran, on reprend pied avec les Jardins de Cocagne »
- « Les nouvelles pousses des potagers collectifs »
- « Les Incroyables comestibles ou comment l’agriculture locale pollinise la France »

Etape 2 : troquer des graines


Jardiner, c’est bien. Eviter de planter des hybrides F1, ces semences non reproductibles que proposent la plupart des fleuristes et jardineries (même bios), c’est mieux. Pour y échapper, là encore, rien de tel que le troc.

S’envoyer des graines par la Poste

Sur son site Internet, l’association Graines de troc comptabilise une quarantaine d’échanges de graines chaque jour. Les 4 000 troqueurs inscrits depuis la naissance de la plateforme il y a trois ans reçoivent et envoient leurs sachets de semences par la Poste et se paient en jetons. « Les plus passionnés en sont à 600 échanges, s’étonne encore Sébastien Wittevert, à l’origine de l’initiative. Ce qu’on échange, ce sont des variétés anciennes mais aussi ordinaires, des semences qu’on a reproduites soi-même ou des fonds de sachets commerciaux, tout sauf des hybrides F1 qui sont coupables d’une perte considérable de diversité de nos potagers. » De l’épinard égyptien au panais de Guernesey, le site propose quelque 4 825 variétés.

Trouver un troc local

Pourquoi faire gambader votre facteur quand vous pouvez échanger avec vos voisins ? Pour faciliter cette mise en relation, des associations de troc de graines se créent à travers toute la France. A l’échelle nationale, il y en existe au moins 300. Sans compter les bourses aux graines pour lesquelles il existe un agenda par département.

A lire sur Terraeco.net :
- « Semences paysannes : un avenir sans pesticide et sans OGM est possible »

Utiliser ou implanter une grainothèque

Prenez une boîte, en bois ou en carton, organisez-la de manière à pouvoir y déposer de petits sachets. Inscrivez en lettres épaisses sa fonction « Prenez et déposez librement les graines qui vous plaisent », par exemple. Placez-la dans un lieu où elle est susceptible de faire des heureux et vous avez … une grainothèque. Depuis la naissance de la première d’entre elles en octobre 2013 à La Rochelle, ce mode d’échange de graines entre particuliers a essaimé dans une centaine de lieux : bars, restaurants, mais surtout médiathèques, « des endroits où il y a peu de chances que le lobby des semences industrielles aille nous chercher des noises », sourie Sébastien Wittevert. Comme pour Graines de troc, l’idée est encore la sienne. Pour lui, une grainothèque est « un moyen simple de se réapproprier la question des semences, de se relier et de se reconnaître entre producteurs et utilisateurs de graines ».

A lire sur Terraeco.net :
- « Grâce aux grainothèques, des semences libres dans toute la France »

Etape 3 : récupérer de la terre


Si la parcelle qui vous accueille fait grise mine, il vous faudra peut-être lui apporter quelque sacs de terre. L’esquive de la jardinerie risque de s’avérer plus compliquée que pour les graines. Compliquée, mais pas impossible. Tentez votre chance sur les sites de don et de troc généralistes, comme Donnons.org et ses deux pages d’annonces de terre végétale ou Toutdonner.com.

Etape 4 : prendre sa carte à l’outilthèque


Prêt à se déverser sur vos pieds au moindre geste brusque, le placard de votre 30 m2 n’a plus de place pour la moindre binette. Courez à l’outilthèque de votre quartier. Pour l’heure, ces associations qui mettent à disposition des jardiniers des outils sont surtout destinées aux membres de jardins partagés et d’autres associations de passionnés cultivant en collectif. Pour ceux qui ne pourraient pas y accéder, reste les sites de troc et de prêt entre voisins, comme Sharevoisins, ou les sites spécialisés de location d’outillage entre particuliers, tel que Bricolib.

A lire sur Terraeco.net :
- « L’outilthèque, futur QG du jardinier urbain ? »

Etape 5 : donner ou recevoir des conseils


A quel moment plante-t-on ses pieds de tomate ? Vous séchez ? Ce n’est pas une raison pour ne pas se lancer. Si vous avez besoin d’être épaulé(e), revenez à l’étape 1 : choisissez votre bout de terrain en fonction de l’expérience de votre hôte et de l’accueil qui vous sera réservé. « Il y a beaucoup d’annonces déposées par des retraités pour qui le jardin est devenu trop grand et qui ont beaucoup de choses à transmettre, constate Danièle Heiligenstein. Jardiner à leurs côtés est très formateur. » Dans le premier jardin qu’elle a fréquenté, Isabelle apprenait, du haut de ses 48 ans, les astuces de Catherine, de quelques décennies son aînée. Si vous avez décidé de jardiner solo, les réseaux d’échanges réciproques de savoirs peuvent vous aider à rencontrer des jardiniers chevronnés, à condition que vous acceptiez, vous aussi, de donner un peu de votre temps pour partager l’un de vos talents.

Etape 6 : échanger sa récolte


Nous y sommes. Vos efforts ont porté leur fruits et votre récolte dépasse vos espérances. A tel point qu’une fois le loyer de votre lopin de terre payé en paniers de légumes au propriétaire, vous cueillez encore des haricots à ne plus savoir qu’en faire. Le site Troctonjardin propose aux « jardiniers citoyens » d’un même coin de se mettre en relation pour échanger fruits, légumes, conserves et confitures maison.

Et vous ? Avez-vous d’autres astuces pour jardiner sans posséder ni consommer ? Racontez-nous tout dans les commentaires ci-dessous.

A lire sur Terraeco.net :
- Notre indispensable dossier « Tous au jardin »
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