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9-07-2010
Mots clés
Santé
Eau
Bois-forêts
Agriculture

Au fait une canicule, ça coûte combien ?

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Au fait une canicule, ça coûte combien ?
(Crédit photo : Nasa)
 
En 2003, la canicule de l’été a coûté 13 milliards d’euros à l’Europe. Santé, agriculture, sécheresse, forêts… Quelle serait la facture pour la France si cet épisode se reproduisait ? Voici ce que nous publiions en 2010.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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Forêts

Lors de la canicule de 2003, 72 000 hectares de forêt sont partis en fumée. Un record, puisqu’en général « seulement » 18 000 hectares jouent les filles de l’air chaque année. La faute à deux phénomènes. La chaleur bien entendue (37 degrés en moyenne du 1er au 15 août), et une sécheresse aiguë. Le bilan serait-il le même aujourd’hui ? « S’adapter à un phénomène climatique de ce type ne peut se faire du jour au lendemain, notamment pour ce qui concerne nos forêts (mais c’est vrai aussi pour nos parcs de logements par exemple). Il est donc probable que si nous avions un épisode du même genre demain, nous aurions les mêmes effets pour nos forêts », explique Stéphane Hallegatte, économiste et ingénieur à Météo France. Même son de cloche à l’Office national des forêts (ONF) qui glisse une boutade : « On ne va tout de même pas planter des baobabs sur tout le territoire en prévision d’évènements exceptionnels comme 2003 ! ». Certes ! Reste un constat amer. La meilleure productivité du secteur forestier prévue d’ici à 2050 – 30 millions de m3 de bois supplémentaires – devrait avoir des bénéfices, notamment en terme de séquestration carbone. Mais ceci pourrait être annulé par la multiplication des phénomènes de sécheresse et des incendies.

Bilan : C’est kik-kif. Sauf à demander aux pompiers d’arroser l’ensemble du domaine forestier français en prévention d’incendies potentiels, les risques et donc la facture économique d’une canicule bis seraient grosso modo équivalents.


Santé

Août 2003. Le chiffre a fait les gros titres : 14 802 personnes supplémentaires décédées en vingt jours. Des morts mais aussi des milliers de personnes hospitalisées, soignées, médicamentées. « La population qui avait besoin d’assistance représentait six millions de personnes », a expliqué à l’époque le professeur Jean-Louis Marco. Le coût pour la Sécurité sociale n’a pas été chiffré. Il n’empêche. Face au tollé médiatique, le gouvernement a mis les bouchées doubles. Depuis 2003, il dégaine chaque année son plan canicule et ouvre un numéro vert entre le 1er juin et le 31 août. Si la chaleur débarque, les régions sont tenues d’informer leur population et les communes de s’enquérir de l’ état de santé des plus vulnérables. Du côté des hôpitaux, le personnel de santé peut-être rapatriés de vacances tandis que les maisons de retraite doivent offrir aux besoins de leurs pensionnaires une pièce réfrigérée. Reste un problème de personnel, selon les professionnels du secteur.

Bilan : L’efficacité du plan canicule, l’institut de veille sanitaire (Invs) l’a déjà un peu testé. Il a créé un modèle à partir de la situation en 2003 et calcule ce qui aurait dû se passer pendant la vague de chaleur de 2006. « Le modèle prévoyait 6 000 morts supplémentaires, on n’en a eu 2 000. On peut dire d’une certaine façon qu’on a évité 4 000 décès. Évidemment c’est difficile de savoir d’où vient ce gain. Mais ce qui a changé avant et après 2003 c’est le plan canicule et la prise de conscience. Les gens prennent désormais la chaleur au sérieux », explique Karine Laaidi, épidémiologiste, chargée de projet « climat et santé » à l’Invs.


Sécheresse

En 2003, près de 7 300 communes avaient demandé à être classées zones de catastrophe naturelle et réclamé des indemnisations de 3,5 milliards d’euros. 84% des communes ont finalement obtenu gain de cause, précise aujourd’hui le Sénat. Bilan de la facture pour l’État : 2,9 milliards d’euros. Mais sera-t-elle aussi salée la prochaine fois ? Comme sur la question des forêts, il paraît très difficile de corriger d’un claquement de doigts un siècle de constructions aléatoires. Beaucoup d’édifices se sont fissurés (voire écroulés) pendant l’été 2003 en raison de l’alternance de rétractation du sol puis de leur gonflement. Cette situation n’a pas évolué. Et le parc de logements français reste soumis à ce type de risque.

Bilan : Si un épisode type 2003 devait nous tomber sur le coin du nez cet été, il ne faudra pas s’attendre à beaucoup d’amélioration du côté du bilan chiffré, aucun projet de prévention n’ayant été mis en œuvre.


Agriculture

Cultures asséchées et mauvais rendement (un cinquième de céréales, 17% de vin produits en moins), des cochons et des poulets morts de chaud dans des hangars... Le bilan des pertes pour l’agriculture après la vague de 2003 s’est élevé à 4 milliards d’euros selon le rapport du Sénat. Et si le thermomètre recommençait à monter ? Le bilan serait peu ou prou similaire. Car l’adaptation agricole dort encore au fond des éprouvettes. Certes, le plan national d’adaptation au changement climatique qui doit sortir en 2011, prévoit d’y consacrer un chapitre. « Mais pour l’instant, nous sommes dans des recommandations encore très générales, explique Michel Galliot, de l’Observatoire national sur les effets du changement climatique (ONERC). Pourtant, les pistes existent. « Il y a un travail à faire du point de vue génétique. Et je ne parle pas forcément d’OGM. On peut sélectionner des variétés qui sont plus résistantes à la sécheresse ou qui arrivent plus tôt en maturité et évitent ainsi les pics de chaleur », avance Michel Galliot. « On peut diversifier les cultures, avance plutôt Jean-Claude Bévillard, de France Nature Environnement. Ça créera un système plus robuste. Et des sols plus riches en matière organique résisteront mieux à la sécheresse. »

Bilan : Aujourd’hui, le bilan serait grosso modo le même. Mais dans quelques années ? Tout dépend de la réactivité du secteur. Si rien n’est fait ? « La multiplication des événements de type canicule de 2003 pourrait représenter en 2100 un coût allant jusqu’à 300 millions d’euros par an pour le blé », menace un rapport de l’Onerc

Sources de cet article

- Le rapport du Sénat sur la canicule de 2003
- L’effet sur la végétation
- Le rapport de l’Inserm repris par le Sénat.
- Le rapport de l’Institut de veille sanitaire
- Le rapport de l’ONERC Rapport du Sénat
- Le coût de la canicule en Europe

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Rédactrice en chef à « Terra eco ».

Président de l’association des Amis de Terra eco Ancien directeur de la rédaction de Terra eco

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  • Le lien du CNES sur la canicule est un lien mort (404 not found).

    2.07 à 15h45 - Répondre - Alerter
  • Au fait combien ça coûte de peindre en blanc tous les surfaces enneigées et glacées, qui servaient aussi de réflecteurs/protecteurs des éruptions solaires ? Et les climatiseurs pour les cupides gloutons ? En comptant sur l’eau souillée des sols empoisonnées ?
    Ouais, tout va bien, Mr le marquis...

    30.08 à 11h22 - Répondre - Alerter
  • Cette année la canicule est arrivée plus tard qu’en 2003 ( le 12 août dans le sud, le 16 août dans le nord et s’en est allée le 21 août dans le nord et le 22 (aujourd’hui) dans le sud. DE plus juin et juillet ont été beaucoup plus humides qu’en 2003 même dans le sud et les premiers vrais feux de forêt ses ont déclarés que depuis quinze jours alors qu’en 2003, 30% des feux avaient eu lieu avant la canicule, et que 20% d’entre eux se sont déclarés après le 25 août soit dix jours après la fin de la canicule.

    Pour les cultures, dans les régions nord qui manquaient de températures et d’ensoleillement, ce n’est que bénéfice pour le maïs et les betteraves, presque trop tard pour une partie des pommes de terres. Mais avec l’eau qu’il y avait dans le sol, cela va améliorer les rendements.

    22.08 à 15h41 - Répondre - Alerter
  • Bernard P. : oups

    aigüe s’écrit aiguë.
    (fin de la parenthèse orthographique)

    9.07 à 13h05 - Répondre - Alerter
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