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9-11-2012
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Quand Cousteau se plaignait : « On commence à me casser les oreilles avec cette histoire de CO2 »

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Quand Cousteau se plaignait : « On commence à me casser les oreilles avec cette histoire de CO2 »
(Crédit photo : DR)
 
Cet échange musclé entre Cousteau et Tazieff montre qu'il n'y pas si longtemps encore l'idée d'un changement climatique dû à l'activité humaine était impensable, même pour les plus avertis.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE

En 1979, on s’inquiétait déjà des risques de réchauffement climatique. La preuve avec cette vidéo – trouvée au hasard de pérégrinations sur le site de l’INA – dans laquelle le vulcanologue Haroun Tazieff est interrogé par des téléspectateurs dans l’émission Les dossiers de l’écran, diffusée en septembre 1979 sur Antenne 2.

Le téléspectateur - dont la question a été choisie par Antenne 2 ce qui reflète donc une inquiétude partagée à l’époque - craint que ce soit « l’activité des volcans » qui « fasse fondre la Grande banquise » et « grimper le niveau de la mer ». « Ce ne sont pas les volcans qui le feront (détruire la Grande banquise, ndlr), ce qui peut le faire c’est la pollution industrielle », répond Haroun Tazieff. « La pollution industrielle émet des quantités de produits chimiques dont une énorme quantité de gaz carboniques », détaille le vulcanologue, aidé par son voisin glaciologue Claude Lorius sur le chiffrage du problème.

« C’est un baratin ça. L’histoire du CO2, c’est entendu, c’est vrai on en fabrique beaucoup, mais il y a quand même des correcteurs automatiques », rétorque le Commandant Cousteau.

« Vous êtes en train de paniquer les populations »

S’en suit un débat animé sur le plateau. Tazieff craint un effet de serre et un réchauffement de deux ou trois degrés de la température générale qui entraînerait une montée des eaux et une noyade de toutes les côtes basses. « Vous êtes en train de paniquer les populations », craint le présentateur Jérôme Pasteur, qui anime le débat. Claude Lorius juge lui aussi le point le vue de Tazieff « catastrophique »« L’industrie vient jeter le trouble sur les grands rythmes naturels », se défend Haroun Tazieff. Mais Cousteau clôt l’échange : « Le risque ne vient pas tellement du CO2, on commence à me casser les oreilles avec cette histoire de CO2, il y a des risques bien plus graves. »

Cette archive dit beaucoup sur ce que l’on savait du réchauffement climatique il y a seulement trente ans : vraiment pas grand-chose. Même les scientifiques et les lanceurs d’alerte de l’époque – qui ne portaient pas encore ce nom – ne pouvaient estimer l’importance des modifications à venir sur le climat. On mesure l’immensité du chemin parcouru depuis, malheureusement beaucoup trop lentement. Dans un rapport paru il y a un an, l’Agence internationale de l’énergie estimait qu’il ne reste plus que cinq ans si l’on veut avoir une chance de limiter le réchauffement climatique à « seulement » 2 degrés d’ici 2050. En 2017, il sera trop tard et notre dernière chance sera « perdue à jamais ».

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Non, nous n’avons pas à « sauver la planète ». Elle s’en sort très bien toute seule. C’est nous qui avons besoin d’elle pour nous en sortir.

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  • Ce duel résume assez bien ce qui mine la cohésion écologique : les problèmes d’ego sont prioritaires par rapport aux objectifs communs ! Car sinon, l’écologie serait populaire depuis longtemps. Toutes ces dissensions ne font que la joie des autres partis. Quand on se rappelle le ridicule écart de score entre le PS et l’UMP, lors des dernières élections...qu’il y a des 1 retour probable de Sarkozy, absolument pas inquiété par 1 gouvernance aberrante...et que le cirque politique continue, cependant que ça chauffe et se guerroie sur toute la planète...
    Je me dis qu’il vaut mieux que soit accélérée l’implosion de la Terre, au lieu d’1si laide agonie

    13.11 à 09h09 - Répondre - Alerter
  • Si le "Commandant" Cousteau s’y connaissait en écologie, cela se saurait depuis longtemps. Ses compétences ne dépassait pas le fait d’emmerder les poissons depuis des années avec une lampe de poche...

    En juillet 1992, interrogeant le "commandant au cours de l’heure de vérité avec Colombani et deux autres journalistes nous avions eu du mal à "finir l’heure" tant les réponses étaient faibles et sans intéret. Ce jour là nous avons été sauvé par un reportage imprévu qui amputa l’heure habituelle : François Mitterrand débarquant à Sarajevo.

    Quand à l’intervention du "commandant" à Rio, elle fut également d’un niveau déplorable. Ce qui ne fut pas le cas de celle de Mikhaïl Gorbatchev.

    12.11 à 12h06 - Répondre - Alerter
  • Dommage que l’article ne cite pas le fait que le Commandant Jacques-Yves Cousteau et Mikhaïl Gorbatchev ont été les deux intervenants externes guidant les échanges des Chefs d’Etat lors de Rio 1992, où il a été pris conscience à l’échelle mondiale des enjeux du changement climatique, et que la famille Cousteau (Jacques-Yves comme désormais Jean-Michel et Fabien) s’est engagée de manière mondiale pour une prise en compte au plus haut niveau de l’écologie.

    Et ce, toujours en maintenant un équilibre entre lutte contre le changement climatique, préservation de la biodiversité et de la vie (terrestre comme marine) et les enjeux de vie humaine.

    C’est un mode de prise en compte transversale qui était réapparu dans les négociations internationales aux sommets de Johannesburg et encore plus Rio+20, et dont s’imprègnent le protocole de Nagoya comme la conférence de Doha.

    La lutte contre le réchauffement climatique se fait en symbiose avec la préservation de la planète. Ce n’est pas l’un contre l’autre, mais l’un avec l’autre. Et à trop vouloir, souvent pour de mauvaises raisons, mettre l’un sur un piédestal on destabilise l’autre pilier.

    Il suffit pour s’en convaincre de regarder la diéselisation du parc automobile français, décrite comme une "réponse" aux enjeux climatique (ce qu’elle n’est pas), encouragée en effet pervers d’une loi bonus-malus par ailleurs relativement efficace, et qui au final génère de trop nombreuses microparticules en ville et est l’une des causes de 40 000 décès anticipés par an en France (chiffre OMS) suite à la mauvaise qualité de l’air.

    Nicolas Imbert - directeur exécutif de Green Cross France et Territoires

    12.11 à 11h20 - Répondre - Alerter
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