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30-10-2014
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Pourquoi j’ai quitté ma maison

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Pourquoi j'ai quitté ma maison
(Crédit photo : flore-aël surun - tendance floue )
 
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N° 62 - Novembre 2014

Histoires de migrants

« Pourquoi les migrants ne restent-ils pas chez eux ? » Pourquoi plus de 3 % de la population mondiale vit-elle hors du pays dont elle a la nationalité ? Ce chiffre est-il d’ailleurs « élevé » ou « problématique », puisqu’il signifie en creux que près de 97 % des humains vivent dans le pays dont ils ont la nationalité ? Pour notre bien-être mental et pour la qualité du débat public, voici quelques-unes des questions que pourrait se poser Eric Zemmour, plutôt que distiller ses affirmations douteuses et chiffres approximatifs à longueur de talk-shows complaisants.

Dépasser les froides statistiques

Les parcours de migrants que nous narrons ce mois-ci apportent des réponses tout en nuance à ces questions. Ils dépassent les froids tableaux statistiques pour mettre en relief des situations réelles et plurielles, mais surtout extrêmes : pauvreté, guerre, dictatures. Il y a Kibrom, 39 ans, qui veut rejoindre sa chère et tendre aux Etats-Unis pour « travailler dur », pour sa famille restée en Erythrée. Il y a Nasreen, cette Syrienne qui avait « tout » – bel appartement, bonnes écoles pour ses enfants, cours de gym… – mais qu’une pluie de bombes a chassée de son pays, jetée sur un rafiot au péril de sa vie et de celle de ses deux enfants. Il y a Sriyani Perera, qui a fui la guerre au Sri Lanka, réside en France où ses enfants passent désormais le bac, alors qu’elle s’apprête à ouvrir un restaurant. Il y a Salma qui, après huit ans de clandestinité et de dur labeur en Suisse, s’en est retournée au Pérou pour y développer, avec succès, une activité immobilière.

Tous, par leur parcours et par leurs choix sous forte contrainte, nous amènent à nous poser la question : qu’aurais-je fait à leur place ? A contre-courant d’une mondialisation qui veut faire circuler marchandises et capitaux, mais dont les miradors trient soigneusement les hommes autorisés à circuler ou pas, à rêver d’une autre vie ou pas, ces parcours nous révèlent que rien ne fera jamais cesser l’irrépressible envie de mieux vivre. Quitte à ce que celle-ci se traduise, pour les plus courageux ou les plus désespérés, par une prise de risque dont peu d’entre nous serions capables. Si les prochaines années devaient être marquées par la multiplication des conflits pour le contrôle des ressources naturelles – eau, pétrole, minerai, biodiversité… Si les dérèglements climatiques devaient intensifier les migrations… Alors mieux vaudrait chercher à comprendre ces dernières pour faire avec elles, plutôt que continuer de les stigmatiser sous les sunlights confortables des plateaux télévisés. —

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  • Bonjour,
    Vous nous le rappelez : les discours de M. Zemmour sont inaudibles et ont une forte tendance à soulever l’estomac.
    La question des migrants est pour moi aussi une question d’importance. Je me suis intéressée aux flux mondiaux de réfugiés climatiques. Je me suis également penchée sur l’accueil des réfugiés Syriens en France. C’est pourquoi votre dossier m’intéresse vraiment beaucoup. Merci pour la qualité que vous apportez au traitement de ce sujet.
    Par contre, il y a une chose que je souhaitais souligner. Lorsque vous dites que "97% des humains vivent dans le pays dont ils ont la nationalité", je ne suis pas sûre que l’argument soit très percutant pour envoyer Eric Z au tapis.
    Parmi les immigrés qu’il fustige dans ses paroles et ses écrits, nombreux sont ceux qui ont fui la répression ou la guerre dans leur pays. Certains ont choisi le pays qui allait les accueillir, les autres sont allés au plus facile, vers leurs voisins. Dans ces flux énormes de réfugiés, quelques personnes ont pu acquérir la nationalité du pays d’accueil. Ils y vivent maintenant, et sont donc bien résidents du pays dont ils ont la nationalité. Alors… tant pis pour M. Zemmour !

    10.11 à 18h44 - Répondre - Alerter
  • Concernant les migrations, impossible de passer ici sous silence leurs conséquences écologiques et humaines passées. Le cas des États-Unis est à ce titre malheureusement exemplaire. En un siècle (1890 à 1990), la population de ce pays a été multipliée par quatre, et ce en majeure partie du fait des migrations (Nord-Nord et Sud-Nord). Or jusqu’à un passé récent, les USA étaient le pays le plus pollueur de la planète et c’est évidemment la multiplication des consommations individuelles par le nombre d’habitants qui en a été la cause... Maintenant, pour l’ensemble du continent américain, ne parlons même pas du fait que plus de 90% des indiens y ont été éliminés, soit par les maladies importées, les guerres, les servitudes, l’alcool et j’en passe. De toute évidence, si l’on avait laissé les habitants en paix, les choses se seraient beaucoup mieux passées que ce soit sur le plan écologique ou humain.
    Il est donc clair que ces déplacements de population ont été une véritable catastrophe. Mais nous ne réécrirons pas l’histoire, regardons maintenant vers le futur.
    Aujourd’hui, la population de Sud explose : le cas de l’Afrique étant le plus marquant. En effet son effectif pourrait passer de UN à QUATRE milliards d’ici à 2100 ! Le continent ne pourra évidemment pas accueillir dignement autant d’habitants et une partie d’entre eux devra s’expatrier. Un certain nombre ira dans les pays occidentaux qui devront donc faire des efforts supplémentaires pour baisser leurs nuisances écologiques globales. Pourquoi pas d’ailleurs ? Mais il serait normal que l’écologie officielle en avertisse ses concitoyens, ce qu’elle se garde bien de faire : il est en effet tellement plus simple de prendre une posture pseudo-humaniste valorisante...
    Ceci étant dit, il n’est cependant pas question d’empêcher l’immigration, ce qui serait d’ailleurs impossible, mais tant que faire se peut d’en limiter les causes, entre autre en contenant la démographie galopante du Sud. Les mesures à prendre sont d’ailleurs bien connues : planification familiale, éducation des filles, campagnes de sensibilisation,... Évidemment, cette politique a un coût et nécessite donc une volonté internationale. C’est pourquoi l’association Démographie Responsable appelle l’ONU à décréter un "État d’urgence démographique".

    6.11 à 08h53 - Répondre - Alerter
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