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8-12-2015
Mots clés
Environnement
Justice
France
Monde
Reportage

Les tribunaux de la planète (1/4) : pour les droits de la nature

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Les tribunaux de la planète (1/4) : pour les droits de la nature
(Crédit photo : Amélie Mougey)
 
Le changement climatique ne tombe pas du ciel. A Paris, les faux procès se sont enchaîné en marge de la COP21. Ces moments symboliques pourraient déboucher sur de vraies actions juridiques ciblant notamment les Etats laxistes.
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Le pétrolier ExxonMobil : coupable. Le gouvernement du Brésil : coupable. Les 90 multinationales responsables de 63% des gaz à effet de serre : coupables. Vendredi dernier, à Paris et Montreuil (Seine-Saint-Denis), les verdicts se sont enchaînés pour condamner les responsables du dérèglement climatique et d’autres destructions de l’environnement. En marge de la COP21, des militants écologistes venus du monde entier et leur figures de proue – le chef brésilien Raoni, l’essayiste canadienne Naomi Klein ou l’activiste indienne Vandana Shiva – ont profité d’être réunis à Paris pour mener les procès dont ils ont toujours rêvés. Juges, procureurs, interrogatoires contradictoires et plaidoyers : ces cérémonies symboliques, organisées dans des salles de spectacle, rappelaient celles du tribunal Russell-Sartre qui, dans les années 1960, s’était chargé de juger les crimes commis lors de la guerre du Vietnam. Comme à l’époque, ces tribunaux populaires visent à démontrer une carence de la justice. Cette fois, c’est l’impunité de ceux dont les activités menacent la vie sur terre qui est mise en cause. Premier épisode de cette série avec le tribunal des droits de la nature.



« Je demande au tribunal de se prononcer sur les entreprises les plus émettrices, sur les Etats qui ont tardé à agir sur la question du dérèglement climatique, sur le système productiviste. » Le 4 décembre, à la Maison des métallos, dans le XIe arrondissement de Paris, Pablo Solón, ancien ambassadeur de la Bolivie aux Nations unies, attaque sur tous les fronts. L’homme, aujourd’hui à la tête de l’organisation altermondialiste Focus on the Global South, est chargé de mener le procès des « crimes climatiques », le premier qu’accueille ce troisième tribunal des droits de la nature. « Ces procès ont déjà eu lieu à Quito ou à Lima », rappelle Valérie Cabanes, porte-parole de End Ecocide qui coorganise l’événement aux côtés d’Attac, de l’Alliance globale pour les droits de la nature et de l’association française Nature Rights. « Parler des droits de la nature là-bas, ça coule de source, reprend-t-elle. Ici, à Paris, remettre l’homme à sa place, dans un ensemble plus vaste, ça décoiffe. »

Avec ce tribunal qui, sur deux jours, a vu défiler sept procès – dont celui des barrages brésiliens et de la fracturation hydraulique –, les associations entendaient démontrer aux 500 spectateurs que notre droit est « anthropocentré » : « Il ne s’intéresse qu’à l’être humain et à l’être humain qui vit aujourd’hui, pas celui à naître », détaille Valérie Cabanes, également juriste en droit international. Cette limite permet aujourd’hui à Chevron d’avoir peu de comptes à rendre sur l’impact de ses déversements pétroliers en Equateur. « Reconnaître des droits à la nature, c’est reconnaître, pour les êtres vivants, le droit à exister et à se régénérer, précise Samanta Novella, présidente de Nature Rights. Cela nous amène à engager une démarche philosophique, un changement de paradigme. ». Cette mise à distance du « mode de pensée occidental » était posée dès le début des procès. Lors de la cérémonie d’ouverture, avant que les audiences ne débutent, des représentants des peuples autochtones de l’Oklahoma, aux Etats-Unis, ont pris place sur l’estrade pour remercier, à grand renfort de chants et de cérémonies de combustion de coton, la terre-mère pour sa générosité.

Cartésiens, ne vous y trompez pas. La reconnaissance des droits de la terre n’est pas une lubie mystique. « Deux Etats, la Bolivie et la Colombie, les ont inscrits dans leur constitution et ils ont été reconnus par une centaine de villes américaines », précise Samanta Novella. Son acolyte Valérie Cabanes se démène pour que la France et l’Europe leur emboîtent le pas. Le 25 septembre, avec l’avocate Corinne Lepage, la juriste a remis un rapport sur une « déclaration des droits de l’humanité » au président François Hollande. L’article 8 du texte invite à « la préservation des biens communs ». En attendant que la démarche soit suivie d’effets, le principe est d’ores et déjà valable au sein du tribunal des peuples pour les droits de la nature. C’est en son nom que le chef Raoni a fait condamner le gouvernement brésilien pour les destruction engendrées par la construction du barrage de Belo Monte.

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