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28-04-2014
Mots clés
Alimentation
Agriculture

« La question n’est pas de manger moins de viande, mais comment en manger mieux »

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« La question n'est pas de manger moins de viande, mais comment en manger mieux »
(Crédit photo: Johan Krouthén - Wikimedia commons)
 
Non, l'élevage n'est pas forcement synonyme de souffrance animale. Oui, il existe une voie « éthique » pour manger de la viande, estime la sociologue Jocelyne Porcher.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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Jocelyne Porcher est sociologue et directrice de recherche à l’Inra (Institut national de recherche agronomique) spécialisée dans la relation entre l’éleveur et l’animal. Elle a également été éleveuse puis salariée dans une unité de production porcine. Elle a publié Vivre avec les animaux où elle appelle à « sauver l’élevage ».

Terra eco : Vous avez travaillé dans des exploitations agricoles, puis avez effectué des travaux de recherche sur la question. Quel portrait dressez-vous de la filière élevage en France aujourd’hui ?

Jocelyne Porcher : Il y a une grosse distinction à faire entre d’un côté l’élevage, qui est un métier très complexe, a une histoire, s’inscrit dans des enjeux identitaires et des enjeux de territoire, et de l’autre la production animale industrielle, qui a un rapport utilitariste à l’animal et qui fait usage sans limite de son corps. Ce sont deux mondes totalement différents. Le second est née au XIXe siècle, au moment où la zootechnie a commencé à considérer l’animal comme une ressource et où l’apparition des sciences et techniques a permis de rompre le lien entre l’homme et l’animal. L’élevage au sens traditionnel a, lui, subsisté jusqu’à aujourd’hui grâce à quelques agriculteurs qui ont résisté, notamment ceux qui travaillent en bio.

On fixe souvent le point de basculement de l’agriculture traditionnelle vers un système de production industrielle après la seconde guerre mondiale. Pour vous ce basculement a eu lieu plus tôt ?

Quand on lit les textes agricoles, on se rend compte que la rupture des mentalités a lieu au XIXe, quand le capitalisme industriel invite à considérer l’animal comme une ressource comme une autre qui doit assurer de la productivité et va exclure la relation d’affectivité entre l’éleveur et l’animal. La seule différence à l’époque c’est qu’on n’avait pas l’appareil médicamenteux et technique d’aujourd’hui. On essayait donc déjà de mettre les porcs sur des caillebotis, mais ils mourraient alors qu’aujourd’hui ils peuvent y survivre. C’est d’ailleurs la preuve que sans médicaments le système actuel de production de viande industrielle s’effondrerait.

Pourtant, malgré vos critiques, vous n’appelez pas à cesser de manger de la viande ?

Je suis très critique sur le système actuel de production animale. J’ai fait un gros travail sur le sujet, depuis plus de vingt ans, et ma conclusion c’est justement que ce système n’a rien à voir avec l’élevage. Donc faire la critique du premier ne doit pas nous inciter à boycotter le deuxième. Je pense que la première question à se poser n’est pas s’il faut manger moins de viande, mais comment on peut en manger mieux. On répond alors très vite qu’il faut arrêter de manger de la viande industrielle, parce ce n’est pas bon pour la santé, ça pollue, c’est source de souffrance animale et humaine, c’est juste bon pour générer des profits. Par contre j’estime qu’il faut manger de la bonne viande pour soutenir les éleveurs parce que cela permet de préserver un patrimoine, des paysages, des races, des pratiques. Sans l’élevage une partie des territoires français seraient dévastés. Mais manger de la vraie viande c’est rare, certaines personnes n’en n’ont d’ailleurs jamais mangé ! Quand vous mangez un poulet de 35 jours, c’est de l’eau, vous en mangez beaucoup parce que ce n’est pas nourrissant. Mais si vous mangez de la vraie viande, c’est très nourrissant, vous n’avez pas envie d’en manger plus d’une fois ou deux par semaine. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas des choses à améliorer dans l’élevage même traditionnel, mais le rejeter d’un bloc n’a pas de sens.

Quels changements faudrait-il apporter dans les élevages français ?

Le principal problème c’est l’abattoir. Il y a une énorme inadéquation entre la façon dont les animaux sont élevés par les éleveurs et la façon dont ils sont tués. Il y a eu une grande concentration des abattoirs et la plupart sont aujourd’hui des usines énormes où les méthodes de travail sont taylorisées et où l’urgence est permanente. Mais pour un vrai éleveur, tuer un animal n’est pas du tout anodin, ils y pensent plusieurs jours en avance, parfois ça les empêche de dormir. Aujourd’hui ils doivent laisser leurs bêtes dans un box de l’abattoir et ils s’en vont sans savoir combien de temps elles vont attendre ni quand elles seront tuées. Ils voudraient au minimum pouvoir les accompagner et s’assurer que leurs bêtes soient tuées en prenant le temps et les soins nécessaires. Il y a même du coup des éleveurs qui refusent d’emmener leurs bêtes à l’abattoir et qui le font eux-mêmes, dans des mini-abattoirs qu’ils ont construits eux-mêmes, en prenant le risque d’être dans l’illégalité.

Comment les "petits éleveurs" vivent-ils la montée du végétarisme et du veganisme en France ?

Ce sont deux choses très différentes. Le végétarien reste lié à la filière de l’élevage puisqu’il mange du lait, des œufs, du fromage. Le vegan lui prône une rupture totale avec les animaux d’élevage au nom d’une idéologie et d’une morale animale. Cela veut dire que pour eux l’éleveur n’a aucune morale or c’est totalement faux. La totalité de leur travail repose sur des questions morales. L’élevage les questionne au quotidien sur ce qu’est la vie et ce qu’est la mort, et quand on discute avec un éleveur on réalise qu’ils ont des points de vue passionnants sur les questions existentielles, sur le bien et le mal. Ils ont aussi souvent cette capacité à questionner en permanence leur pratique et leur pensée. Je trouve qu’ils ont beaucoup plus de hauteur de vue que beaucoup de défenseurs de l’éthique animale dont le matériau de réflexion est le livre et qui ne savent pas ce qu’est une vache, ce qu’est une étable, ce que c’est de passer du temps avec une vache. Les éleveurs s’interrogent par exemple sur la notion de "travail" pour les animaux. J’ai mené des recherches à ce sujet, et on constate que d’une certaine manière les vaches collaborent véritablement aux travaux de l’éleveur, elles proposent des choses via les réactions qu’elles manifestent.

Où conseillez-vous d’acheter cette viande de qualité que vous défendez ?

Les éleveurs de qualité sont très nombreux a avoir des sites internet. On en trouve dans toutes les régions. Le mieux c’est de renseigner sur les éleveurs autour de chez soi et d’aller les rencontrer, pour discuter avec eux et voir comment ils travaillent. Ensuite on peut leur commander de la viande et la congeler, c’est facile. Sinon on peut s’approvisionner via la filière bio, c’est déjà une bonne chose.


 
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35 commentaires
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  • Les tueurs ont tous des points de vue passionnants sur ce qu’est la vie et la mort, et comment tuer de manière éthique, depuis que les humains existent. Même les tueurs à gage.

    Avant l’abolition de l’esclavage, les arguments des esclavagistes étaient tous du même ordre : "C’est pour leur bien.", "On leur fournit un toit et à manger.", "C’est pour leur donner de quoi s’occuper.", "Ils aiment ça.", "De toute façon, à l’état sauvage, ils s’entretuent."...
    http://abolitionblog.blogspot.fr/20...

    C’est le privilège de l’oppresseur, de pouvoir rationnaliser a posteriori ses actes qui nuisent à autrui, sans faire le moindre effort personnel pour les éviter.

    http://lesmoutonsdeclarisse.over-bl...
    " Les agneaux vont paître sur les meilleures prairies et grossissent à vue d’oeil tout l’été. La durée de vie d’un agneau varie de 8 à 14 mois, suivant sa vitesse de croissance.
    Et ne soyez pas tristes pour eux ... Mes agneaux savent que leur but dans la vie c’est de faire de bons gigots... Et ils en sont très fiers ! "

    Voilà, c’est très schizo... pardon, philosophique.

    19.08 à 23h39 - Répondre - Alerter
  • j’ ai suivi une formation professionnelle agricole : résultat , je suis devenue végétarienne car animal = chiffre d’affaire. c’est comme ça. pas beaucoup de scrupule dans tous les eleveurs que j’ai rencontré durant les stages. meme les bio. il faut bien qu’ils vivent...
    l’article m’a donc fait bondir. surtout qu’en effet, le titre ne correspond pas au contenu..
    je mange encore des proteines animal avec les oeufs : de mes poules qui gambadent joyeusement dans mon jardin et qui mourront de vieillesse ou mangées par le renard ...

    11.08 à 19h03 - Répondre - Alerter
  • Ahlala, un débat qui n’en finira jamais ! Certains commentaires sont affligeants, d’autres sont complètement hors-sujet ! Bref, un débat quoi !

    Je suis végétarien donc pour moi la question ne se pose pas, mais je suis plutôt d’accord avec l’article dans sa globalité..

    Escholtzia

    2.06 à 18h01 - Répondre - Alerter
  • Encore un article de crétins fait pour les crétins !
    Il sous entend continuer à manger autant de viande, mais de meilleur qualité.
    Ceci bien entendu sans se soucier un instant de la cause animale.
    Sans même réfléchir des dégâts que cela causerait si tous les pays sous développés se mettaient à bouffer autant de viande que les pays dit "civilisés"...
    Comment peut-on cautionner un tel site qui se fait l’écho des lobbyists de la viande ?
    Tout le monde sait qu’il faut dix fois plus d’eau et de céréales pour produire un seul kg de viande.
    Que de toute façon bio ou pas, les rejets sont importants et que l’élevage est un vecteur de pollution ne serait que par la panoplie de produits vétérinaires qu’il injecte et qui se retrouvent dans notre eau sans que nos petits politiciens corrompus ne bronchent !
    Urgence, changeons ce monde, lisez le livre interdit "Têtes à Flaques" ; _ Politique, social, santé, éducation, religion, 600 pages pour vous prouver que tout est possible, pour le prix d’un paquet de cigarettes.
    En ligne sur : "thebookedition.com"
    ou
    Tapez le titre dans la recherche.
    (Ces 600 pages ne rapportent que 1 euro à son auteur)

    4.05 à 00h20 - Répondre - Alerter
    • Votre commentaire ne respire pas le respect du dialogue et de la réflexion avec autrui. J’apprécie que différentes opinions puissent s’exprimer sur ce site, et déplore que sur d’autres sites on n’ait aucun article ni commentaire contradictoire. Un site où tout le monde pense pareil et où tous les articles abondent dans le même sens, c’est stérile, et même dangereux.

      10.05 à 00h19 - Répondre - Alerter
  • "Non seulement l’élevage bio repose tout autant sur des dispositifs industriels (abattoirs, couvoirs….), mais il recoure lui aussi à la cruauté : séparations, enfermements, mutilations…"

    http://asso-sentience.net/spip.php?article50

    1er.05 à 11h39 - Répondre - Alerter
    • Texte transpirant l’arrogance et l’accusation à l’emporte pièce et de la part d’une toute jeune femme de, à peine, quoi ? 18 -19 ans ? Ça fait froid dans le dos !

      Jocelyne Porcher a plus de 20 ans d’expérience et d’enquête de terrain auprès des travailleurs agricoles et de travailleurs dans les abattoirs. Ah, oui, elle, quand elle fait un travail d’enquête, elle ne piège pas les gens avec une caméra cachée, puis sélectionne et monte ce qui l’arrange. Difficile, ensuite, de venir donner des leçons de manipulation, c’est vraiment fort de café !

      J’ai un parcours très différent de Jocelyne Porcher : animaliste, veganiste (forcément pas d’accord sur tout ce qu’elle écrit et dit) - et pourtant, j’ai rarement rencontré quelqu’un aussi ouvert d’esprit. Et pour connaitre et observer, depuis plus de 20 ans, le milieu animaliste, c’est bien ce qui lui fait défaut (entre autres choses que l’on peut lui reprocher).

      Finalement, je ne vais pas entrer plus en détail sur cette technique qui consiste à utiliser l’attaque personnelle,, c’est aussi une caractéristique que l’on rencontre très souvent dans ce milieu. Sans le minimiser, au contraire, il serait temps que l’on se penche plus sérieusement et pus longuement dessus - pas le temps sur ce site de le faire.

      1er.05 à 15h23 - Répondre - Alerter
      • Salut Michelle.

        Je ne comprends pas ce que tu entends par "ouverte d’esprit" dans le cas de Mme Porcher. Quelqu’un qui défend l’industrie animalière en prétextant la défense de la race bovine (artificiellement créée) ou la protection du paysage (wtf ?) ne me semble pas être le signe d’une nette ouverture d’esprit. Malgré ça je peux comprendre qu’elle soit "la plus ouverte d’esprit" du milieu...

        2.05 à 09h42 - Répondre - Alerter
      • On ne dira rien sur l’âgisme transpirant de ce commentaire mais nous nous demanderons plutôt : n’est-ce pas Jocelyne Porcher qui traite les animalistes de... "analphabêtes" ?

        Si le titre de l’article "Jocelyne Porcher, une manipulatrice engagée" est rentre-dedans, ce texte ne s’agit pas d’une attaque personnelle mais bien d’une critique argumentée.

        "L’arrogance et l’accusation à l’emporte-pièce" est à chercher du côté de cette chercheuse de l’INRA, payée pour écrire des textes méprisants et basés sur des préjugés. Il est là le véritable scandale.

        Et n’est-ce pas Michelle Julien qui se livre ici sans complexe à une attaque ad hominen ?

        2.05 à 10h15 - Répondre - Alerter
      • Commentaire transpirant l’arrogance et l’accusation à l’emporte pièce et de la part d’une femme ? Ça fait froid dans le dos !

        2.05 à 10h40 - Répondre - Alerter
      • Michelle Julien je relis plusieurs fois votre commentaire, dans lequel je ne trouve aucun argument qui invalide ceux développés par E.V. Vous tentez de décrédibiliser l’auteure en invoquant son âge, son genre, des idées imaginaires que vous lui prêtez. Son texte est argumenté, le votre ne fait qu’illustrer la technique de l’attaque personnelle (dont vous vous défendez pourtant par ailleurs avec une certaine grandiloquence :(

        2.05 à 11h15 - Répondre - Alerter
      • Lorsqu’on a - "quoi ? 18-19 ans ?" - il faudrait, selon Michelle Julien, adopter une attitude de soumission à l’endroit de ceux qui sont présentés comme des experts de la question animale ?
        Ce qui fait froid dans le dos, c’est de voir pourquoi et comment on condamne l’esprit critique... pour mieux condamner les animaux à cette mort dédramatisée que Jocelyne Porcher s’efforce de mettre en scène depuis toutes ses longues années "d’expérience et d’enquêtes de terrain" !
        La sociologue a beau tenter de nous convaincre depuis toutes ces années que notre devoir moral consiste à sauver la filière élevage, elle n’a toujours pas réussi à démontrer pourquoi ces animaux dits d’élevage devraient avoir un statut moral si différent de celui des animaux que notre code pénal nous interdit de "tuer sans nécessité".
        Et puisque Michelle Julien nous parle de l’ouverture d’esprit de Jocelyne Porcher, je ne peux m’empêcher de repenser à la façon dont Sébastien Mouret, élève de Jocelyne Porcher, s’en prenait il y a quelques mois dans le Huffpost, à Enrique Utria qui avait osé critiquer la sociologue au cours d’un colloque intitulé "Déshumaniser, désanimaliser. De l’abattoir à la viande in vitro" (déc 2013) : http://www.huffingtonpost.fr/sebast...
        Pour ceux qui comme moi auraient raté le colloque, inutile de chercher dans l’article de Sébastien Mouret quels étaient donc les si ridicules arguments de Enrique Utria face aux deux sociologues : pas un mot sur ces arguments ! L’article ne se donnait visiblement pas d’autre but que de faire en sorte qu’on rit de la critique et qu’on la méprise avant même qu’elle puisse être exprimée ou examinée. Monsieur Mouret réalisait même l’exploit de nous raconter l’impolitesse d’un philosophe sans rien nous apprendre du contenu de cette impolitesse mais tout de la forme : Enrique Utria serait venu vêtu d’un postiche "pour dissimuler sa vulnérabilité", il serait venu "démonter un à un les arguments de ses adversaires", ce qui serait, selon Sébastien Mouret, une vision "bien simplifiée de la critique" ayant provoqué "rires stupéfaction dans la salle". Conclusion du sociologue à propos du philosophe : " sa réputation - et sa personne - se trouve affectée, mais sa discipline et son mouvement social d’appartenance sont aussi entachés".
        C’est qu’il en faut des grands mots pour faire taire la critique quand on appartient au mouvement social des grands promoteurs de la mise à mort déculpabilisée des animaux d’élevage !

        2.05 à 16h23 - Répondre - Alerter
        • Bonjour,

          Une autre forme de manipulation, cette fois-ci verbale, c’est de faire dire à son « adversaire » ( ?) ce qu’il n’a jamais écrit.
          Je n’ai jamais écrit qu’il ne fallait pas critiquer les propos de mme Porcher parce qu’on avait 18 ans. Chacun a en effet tout à fait le droit d’exprimer son opinion. Ce que je trouve insupportable, c’est :

          1er) traiter mme Porcher de « manipulatrice », alors que tout le fonctionnement de ce qu’admire Elodie Ventura, c’est justement de la manipulation ! De plus, je n’ai pas évoqué madame porcher comme une « experte », mais comme une personne de terrain qui a fait depuis plus de 20 ans, et fait encore, des enquêtes en échangeant avec des travailleurs agricoles et ouvriers des abattoirs, sans les piéger, sans les filmer à leur insu, quelques heures ou quelques jours, mais en faisant un long travail de réflexion et en tentant d’apporter des solutions (que l’on soit d’accord ou pas avec ses solutions et réflexions).

          2ème) Ce qui se ressent clairement dans son texte est que l’étudiante Elodie Ventura n’a JAMAIS lu quoi que ce soit de Porcher, qui a pourtant publié de nombreuses études universitaires et aussi des livres plus grand public (éditions la découverte). Porcher qui a, par ailleurs, été la seule, ou l’une des trop rares à ma connaissance à mettre en lumière le travail, difficulté et souffrance des femmes dans le milieu agricole. Le texte de Elodie Ventura n’a pas d’argumentations, pas de réflexions propre, pas d’idées nouvelles, c’est un énième copier coller de ce qu’assènent tous ces petits intellos d’animalistes moralistes qui sévissent actuellement sur le net, généralement étudiants doctorants en droit ou philo – on croirait qu’ils sont clonés tellement ils se ressemblent et s’expriment de la même manière à coup de slogans et de simplissimes - et n’ « apprennent » des animaux qu’à travers les vidéos de PETA et les études d’éthologues américains ou de bouquins militants plus qu’orientés et sélectifs dans leur démarche « intellectuelle ».

          3eme) J’ai évoqué le très jeune âge de Elodie Ventura pour mettre certaines choses en perceptive car lorsque l’on a 18 ans, on est encore immature, très influençable et quand tout l’univers de ces jeunes militants animalistes tourne autour des « images chocs » diffusées par leur petite communauté qui fonctionne en vase clos… ca ne vous évoque rien ? Fonctionner en vase clos, être gavé et s’auto-gaver de films de propagande sur le net ? Bien sûr, ce phénomène n’est pas propre aux jeunes militants animalistes…

          2.05 à 20h04 - Répondre - Alerter
          • Bon, ... donc vous continuez malheureusement sur votre lancée du procès d’intention personnel, sans aucune référence aux idées développées dans le texte que j’ai mis en lien, ni aucune tentative d’y apporter une contradiction sur le fond. A la lecture de vos commentaires, je vous souhaite juste de vous détendre un peu, ou de desserrer les dents, voire d’aller prendre l’air 5 minutes ?

            2.05 à 22h48 - Répondre - Alerter
    • Annonce de la publication du texte de Elodie Ventura, "Jocelyne Porcher, une manipulatrice engagée"
      sur les réseaux militants de la manière suivante :
      To abolitiongroup@yahoogroupes.fr
      May 1 at 10:20 AM

      Bonjour,
      vous aussi elle vous énerve ? son hypocrisie ? sa mauvaise foi ? son ignorance ? son mépris ?
      Mon but dans la vie c’est d’associer son nom à des mots aussi péjoratifs que "manipulatrice", "hypocrite", "pourriture" (dans les moteurs de recherche) :-D"

      Fin de son charmant message... "But dans sa vie", hein ? Bien triste militantisme animaliste...

      8.05 à 22h46 - Répondre - Alerter
    • Salut.

      L’abattage rituel est un sujet sensible dans la mesure où l’islamophobie et l’antisémitisme récupèrent avidement le sujet et, à mille lieues de se soucier du bien-être animal, défendent la cause des abattages dits "classiques". Geert Wilders, un sac de pus bien connu pour son obsession islamophobe s’est fait réprimander par le grand rabbin d’Israel puisque s’attaquer à l’abattage rituel c’est également s’attaquer au juifs. On peut facilement imaginer le cas inverse où un autre attardé (fan de dieudonné 2.0, imaginons) serait bien embêté de condamner la bouffe casher puisque les musulmans font presque pareil.

      Remettre en question notre rapport aux animaux est un sujet qui nous touche tous sur terre, quelque soit notre confession. S’en servir comme arme pour combattre uniquement la religion qui nous déplait est mesquin, lâche et répugnant.

      2.05 à 14h25 - Répondre - Alerter
  • L’article correspond assez bien à ce que je fais, diminuer ma consommation de viande (et celle de ma famille) et en augmenter la qualité. Diminution que j’ai faite progressivement jusqu’à ne manger de viande que deux ou trois fois dans la semaine. Ya encore de la marge, mes grands parents n’en mangeaient que le dimanche.

    Peut être que je finirai par n’en plus manger du tout... mais le sectarisme violent de certains vegan ne me donne guère envie de leur ressembler. Je préfère la démarche d’un restaurant bouddhiste, au Vietnam, qui mettait beaucoup de coin à cuisiner des mets végétariens donnant l’illusion de la viande. Démarche qui m’avait paru bizarre, voire inconséquente, jusqu’à ce que j’apprenne que c’était réfléchi, pour que les non végétariens ne se sentent pas blâmés ou discriminés.

    Ma critique porte sur le titre "La question n’est pas de manger moins de viande" alors que, justement, dans le corps de l’article il est dit l’inverse : en mangeant de la viande de meilleure qualité, on peut en manger beaucoup moins. Je n’apprécie pas du tout quand le titre diverge du contenu, j’estime que c’est une tromperie.

    30.04 à 08h53 - Répondre - Alerter
  • Désolé d’apporter un bémol dans ce concert de klaxons, mais je ne trouve pas cet article si débile que cela. Il a le mérite de poser certains problèmes ; y répondre par des propos que l’on assène sans justification solide ne me parait guère intelligent non plus.
    Le végétarisme rendrait-il ses partisans agressifs et intolérants ?
    Je pensais que c’était le contraire mais j’ai des doutes depuis que j’ai appris que lors des rencontres anarchistes de St Imier pour commémorer l’anniversaire de la création de la Fédération Jurassienne, une joyeuse bande de Vegans à l’esprit ouvert s’était amusée à arroser de merde un barbecue organisé par certains participants...

    un criminel de guerre, futur pendu (ou brûlé) qui mange de la viande bio de temps à autre et n’est pas encore convaincu qu’il finira en enfer pour cela.

    29.04 à 20h47 - Répondre - Alerter
    • "Le végétarisme rendrait-il ses partisans agressifs et intolérants ?"

      Ce phénomène existe dans tout le spectre libertaire : anarchisme, féminisme, veganisme... Je le vois comme le résultat de tensions et frustrations liées à l’ambiance de lutte (flicage, lobbying idéologique, social et économique...) Il existe des vegans très ouverts, qui doivent presque justifier leur manque de haine par d’autres vegans qui ont déjà sombré dans la frénésie. Je pense que si chacun fait un effort en fonction de ce qu’il veut et non en fonction de ce que fait l’autre, tout ira au mieux. Je suis triste de constater que l’histoire de la merde sur le barbec’ d’anars me fasse autant rire. C’est nerveux, comme on dit. En tant qu’animaux, on est très sensible.

      Et t’inquiètes pas pour l’enfer car, comme disait machin : l’enfer, c’est les autres.

      2.05 à 09h56 - Répondre - Alerter
  • "Par contre j’estime qu’il faut manger de la bonne viande pour soutenir les éleveurs parce que cela permet de préserver un patrimoine, des paysages, des races, des pratiques. Sans l’élevage une partie des territoires français seraient dévastés."

    C’est carrément flippant.

    Effectivement, remplacez éleveurs par esclavagistes, bonne viande par bon travail de nègre et vous aurez compris la racine du problème : un argument moisi peut passer pour frais quand il sort de la bouche d’un.e expert.e (et sociologue, ça poutre)

    Par contre, c’est intéressant de constater que les gens impliqué dans ces massacres continuent, même en mode "oui mais moi je dors avec ma vache (puis je la bute)", à se poser des questions. La proximité avec sa victime favorise la prise de conscience. Combien rebroussent chemin, couteau à la main, quand on les pousse enfin à faire "les choses" eux-mêmes ?

    29.04 à 18h40 - Répondre - Alerter
  • "Je trouve qu’ils ont beaucoup plus de hauteur de vue que beaucoup de défenseurs de l’éthique animale dont le matériau de réflexion est le livre et qui ne savent pas ce qu’est une vache, ce qu’est une étable, ce que c’est de passer du temps avec une vache."
    Selon le même raisonnement, peut-on dire qu’il est interdit de remettre en cause les injustices commises envers les humains tant qu’on n’a pas soi-même été l’auteur de la dite injustice ? Fallait-il être esclavagiste pour avoir le droit de remettre en cause l’esclavage ?

    (Je ne parle même pas du fait que bon nombre de défenseurs de l’éthique animale sont justement des gens qui ont un passé/une enfance/des expériences remplies de contacts avec les animaux d’élevage.)

    On peut tout à fait participer à un massacre de masse, sans vouloir rien remettre en cause, et avoir pourtant une profonde humanité. Il y a des tas de documentaires et témoignages de tortionnaires (envers des humains), esclavagistes (envers des humains) et autres criminels de guerre qui montrent qu’ils peuvent être des gens tout à fait gentils et agréables, quand on les regarde du bon côté.
    Exemple : http://www.arte.tv/guide/fr/041433-...

    C’est justement pour ça que quand on veut se donner les moyens de réfléchir à une injustice/une oppression, on commence par déplacer les projecteurs sur le vécu et le témoignage des victimes, au lieu de rester encore et toujours focalisé sur la parole des oppresseurs pour nier la réalité de l’injustice...

    29.04 à 17h55 - Répondre - Alerter
  • "Sans l’élevage une partie des territoires français seraient dévastés."

    Madame Porcher, Soyons sérieux et surtout honnêtes avec nous-mêmes. Êtes-vous réellement en train de dire que les paysages français seraient dévastés sans l’élevage ? Etes-vous déjà sortie de la France pour découvrir ces merveilleux et malheureusement rares paysages NATURELS, où l’Humain a réussi à ne pas couper et transformer pour son confort personnel ?
    Même en France, ces paysages en Ariège ou en Ardèche dévastés parce que l’Humain n’y a pas coupé d’arbres pour mettre des vaches...
    Cet article semble avoir été sponsorisé par une certaine industrie...

    29.04 à 14h16 - Répondre - Alerter
  • Il serait de bon ton de cesser de donner la parole à J. Porcher sur la question de l’éthique animale, tant elle oscille entre une méconnaissance volontaire du sujet et sa tendance à tordre la réalité pour l’adapter à son idéologie, selon laquelle il est impossible d’imaginer des relations enrichissante avec les animaux en dehors de celle qui consiste à les tuer pour les manger.

    29.04 à 12h43 - Répondre - Alerter
  • Les états d’âme de l’éleveur sont très intéressants. Autant que ceux d’un fabricant de fusils de chasse, ceux d’un buraliste ou d’un trafiquant de drogue. Mais est-ce que cela change radicalement son comportement, en réalité ? Est-ce qu’il se dit à un moment "Bon, j’arrête, ça n’est pas évident car c’était mon métier jusqu’à présent mais je vais le reconvertir dans quelque chose qui me pose moins de problèmes de conscience" ? Non. Dans le cas des éleveurs, il y a des chercheurs à l’INRA qui lui mâchent le travail pour qu’il continue son activité. Et qui pondent des articles sur des sites "écolos". C’est consternant.

    29.04 à 11h54 - Répondre - Alerter
  • En résumé c’est : les éleveurs tuent mais ils réfléchissent beaucoup à la portée de leurs actes. Ils en dorment pas la nuit, mais ça les empêchent pas de tuer quand même.

    Puis surtout on tue pour préserver une tradition, des paysages (faut les tuer, on peut pas juste les laisser vivre) et des races (créées exprès pour cela par l’humain).

    Le principal problème, c’est qu’on trouve toutes les excuses possibles pour continuer à tuer alors qu’on a pas besoin de le faire.

    Si je remplace dans le texte « les éleveurs » par « les esclavagistes », on verra quasiment pas la différence avec l’époque où on le défendait.

    29.04 à 11h02 - Répondre - Alerter
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