publicité
Lève-toi et marche !

Le média qui change le monde

Nos actualités exclusives, nos archives, 9 ans d'archives,
le magazine papier chez vous et le magazine numérique à télécharger...

Abonnez-vous au magazine papier...

 
 
Accueil du site > Actu > Nature > La Vanoise : bataille entre stations de ski et Parc naturel
13-12-2012
Mots clés
France

La Vanoise : bataille entre stations de ski et Parc naturel

Taille texte
La Vanoise : bataille entre stations de ski et Parc naturel
(Crédit photo : genevieveromier - flickr)
 
Stations de skis et associations écologistes s'affrontent autour de nouvelles règles du parc naturel de la Vanoise. L’enjeu ? L'avenir du tourisme en montagne.
Le Baromètre de cet article
ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE

Forcément, ça jette un froid. Au mois d’octobre dernier, après des années de concertation, 26 communes ont ravivé les vieux démons d’antan en disant non au futur projet de charte de développement du Parc national de la Vanoise (PNV), en Savoie. Leurs relations avec les représentants du Parc n’avaient pas été aussi tendues depuis la création, musclée, de ce premier espace protégé en France, en 1963.

Pour comprendre l’objet de la discorde, il faut revenir à une réforme des parcs nationaux, en 2006, qui souhaite transférer un peu plus la gestion du Parc vers les collectivités. Concrètement, les acteurs locaux sont réunis au sein d’un Conseil d’administration pour élaborer une feuille de route, la charte, précisant les modalités de développement dans les quinze prochaines années au sein de ces parcs nationaux. Dans le cas de la Vanoise, ce document a nécessité plusieurs années avant de déboucher sur un consensus entre les services de l’Etat, les élus des collectivités, les associations de protection de la nature et les personnels du Parc. La charte pose les conditions d’un renforcement de la protection du patrimoine naturel au cœur du parc de 535 km2, dont les contours ont été fixés lors de sa création. Et, nouveauté, elle propose à 29 communes situées dans ce secteur d’adhérer à de nouvelles orientations en matière de développement durable sur un périmètre élargi de 1465 km2 qui a vocation à faire partie du parc. Là où se situent les plus grands domaines skiables du monde : Tignes, Courchevel, Val d’Isère... Et c’est peut-être le nœud principal du problème.

L’or blanc, à quel prix ?

Le débat se cristallise autour de deux points sensibles. La charte, mise en ligne sur le site internet du Parc national stipule que « dans des secteurs fortement aménagés, notamment en Tarentaise, la densité des équipements et leur exploitation génèrent de forts impacts négatifs sur les paysages, les espèces et les milieux naturels et pèsent sur la ressource en eau ».

Les projets d’expansion des domaines skiables sont par conséquent remis en cause. Yves Paccalet, conseiller régional Europe Ecologie - Les Verts qui siège au conseil d’administration du PNV, voit dans cette charte « un moyen de mettre un peu de modération dans le bétonnage et la spéculation immobilière dans les stations. »

La charte voue en effet une grande partie du territoire à l’agriculture, au pastoralisme et aux forêts. « Ce qui ne défavorise pas forcément le développement économique de la Vanoise, d’autant que le document planifie des actions de valorisation touristique contractualisées entre le Parc et les communes », précise Emmanuel Michau, le directeur de l’établissement public du PNV. Les maires concernés semblent voir pourtant dans la charte plus de contraintes à leur développement économique que d’avantages. « Nous attendons un meilleur compromis entre économique et environnemental », témoigne Gaston Pascal-Mousselard, président de l’association des élus du Parc, et maire de la commune de Villaroger.

Car dans la Vanoise, le tourisme de masse demeure une priorité, principal moteur de l’économie locale, spécialement en hiver où la fréquentation est trois à quatre fois la supérieure à celle de l’été. Les touristes dépensent en moyenne 6,5 milliards d’euros par an dans les Alpes du Nord, dont 60% en Savoie, indiquait une étude récente commandée par Rhône Alpes Tourisme. L’or blanc est à portée de main. Mais pour combien de temps encore ? Les interrogations vont grandissantes.

Ski, mais aussi raquette, nature et randonnée

« Le système touristique hérité de la seconde moitié du XXème siècle est un modèle épuisé qu’il est urgent de renouveler tant les solutions du passé (automobile, immobilier, enneigement artificiel) sont aujourd’hui devenues des problèmes », analyse Philippe Bourdeau, professeur à l’Institut de géographie alpine à Grenoble.

La clientèle a en effet évolué. Pour 50% étrangers, les touristes ont des besoins plus hauts de gamme. « C’est devenu problématique car les appartements construits par le passé ne correspondent plus à cette demande. Nous avons trop de lits froids (non loués). Nous ne pourrons continuer à construire autant d’immeubles dans le futur », concède Gaston Pascal-Mousselard. 

La pratique du ski concerne également une population de plus en plus restreinte, intéressée par de nouvelles activités. Se pose donc la question de la pertinence d’étendre les domaines skiables. Sans compter la menace du changement climatique. « On perd un centimètre de neige et un jour d’enneigement par an en moyenne dans les Alpes. Il devient urgent de diriger nos efforts vers un tourisme quatre saisons, avec des activités multiples et des villages montagnards préservés », s’indigne Yves Paccalet. Pour converger vers cette voie, cet écologiste s’est fermement engagé en faveur de la charte, en lançant une pétition « Appel pour la Vanoise », déjà signée par plus de 14 000 personnes.

Dans cette période de transition, la charte de développement du Parc savoyard place donc tous les acteurs devant leurs responsabilités, en les interpellant sur le modèle économique des stations de demain. Une commission d’enquête préfectorale rendra son avis au mois de mars 2013 à la suite d’une enquête d’utilité publique en cours auprès des communes, des partenaires économiques, sociaux et associatifs et du public. Si l’avis est favorable, la charte sera alors entérinée par le Conseil d’administration du Parc. En cas de refus, ce serait au ministère de l’Ecologie, gestionnaire des parcs nationaux, de se saisir de la question. Et cela pourrait aller jusqu’à l’avis décisif du Conseil d’état. Un vrai slalom olympique !

Faites réagir vos proches, diffusez l'info !
Vous aimez Terra eco ? Abonnez-vous à la Newsletter
Le rédacteur :
Vincent Varron
PUBLIER UN COMMENTAIRE

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

  • Se connecter
  • Créer un compte
publicité
publicité
publicité
Site conçu avec
publicité