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La Rochelle à la pêche à la solidarité

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La Rochelle à la pêche à la solidarité
(Crédit photo : DR et Florence Maître)
 
Pour nourrir les familles démunies, les Paniers de la mer récupèrent depuis plus de dix ans les invendus de la criée. A la préparation du poisson, ce sont des chômeurs de longue durée qui s’activent.
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N°31 - décembre 2011

Made in France : la solution à la crise ?

L’histoire commence en 1998 pendant une balade. Le président de la banque alimentaire de Charente-Maritime pro- mène son regard sur l’océan en songeant « qu’il y a plein de bonnes choses à manger là-dedans ! » A tout hasard, Jacques Luciani se renseigne au port : « J’apprends qu’il y a effectivement du poisson invendu de très bonne qualité qui part à la poubelle et qu’il est possible de le récupérer. »

Un an plus tard, il crée avec un ami un chantier de réinsertion où huit chômeurs de longue durée apprennent à transformer ce poisson. Ils découvrent aussi que d’autres ont eu la même idée au Guilvinec (Finistère). Les deux associations se rapprochent et l’initiative rochelaise devient, en 2001, le Panier de la mer 17.

« Tous des volontaires »

La structure emploie aujourd’hui quatre salariés permanents et une vingtaine de personnes en réinsertion, en contrat à durée déterminée (CDD) de six mois à un an. « Tous des volontaires, précise le directeur, Julien Bernard. Notre cœur de métier, c’est de leur redonner des habitudes compatibles avec un emploi : respect des consignes, ponctualité ou encore travail en équipe. » Chaque matin, Nathalie Covidat se rend à la criée de La Rochelle pour récupérer les invendus, les contrôler et les livrer à ses stagiaires. « C’est une vraie passion, raconte la formatrice. Au départ, ils ne connaissent rien au poisson. Je dois leur apprendre le métier, leur redonner confiance, les encadrer, gérer les conflits. C’est très valorisant. »

La tâche est tout aussi gratifiante pour les personnes en réinsertion qui ont vécu, pour la plupart, plus de vingt-quatre mois de chômage. De Tony, 20 ans, à Julienne, 60 ans, le boulot plaît malgré la température de 8 °C maximum dans les ateliers. Pour les uns, l’avenir s’écrira dans la poissonnerie ; pour d’autres, c’est un tremplin pour reprendre une activité. Les responsables aiment évoquer les anciens devenus poissonnier à son compte, mareyeur ou consultant en sécurité agro-alimentaire. La plupart des Paniers de la mer affichent des taux de retour vers l’emploi exemplaires : de 40% à 50% !

Sans doute parce que leur action a été conçue au cœur des bassins d’emploi. « On est implantés dans les ports de pêche, là où les mareyeurs cherchent de la main- d’œuvre, explique Hélène Rochet, directrice de la Fédération nationale des Paniers. Dans le Finistère, certaines personnes mettent fin à leur CDD au Panier prématurément parce qu’elles trouvent un employeur. »

Soupe facile à préparer

A La Rochelle, 40 à 60 tonnes de poisson sont sauvées chaque année. Et ce sont 270 tonnes qui entrent dans les menus des associations caritatives dans toute la France grâce au travail des Paniers. Une denrée rare pour les familles les plus démunies et l’occasion d’une véritable action d’éducation alimentaire. « Le poisson, ça se prépare, commente Hélène Rochet. Les bénévoles des associations trouvent l’occasion d’expliquer aux bénéficiaires comment mijoter une petite sauce, ajouter une échalote. Les gens se remettent à cuisiner. Parfois, il faut aussi lever certains freins : ‘‘Le poisson, c’est plein d’arêtes, c’est pas bon !’’, entend-on. Tout ça rend le produit intéressant. »

La Fédération, elle, continue à faire des petits. Aujourd’hui, elle compte cinq membres dans le Finistère, le Morbihan, le Nord, en Charente- Maritime et depuis mai, à Saint- Malo, en Ille-et-Vilaine. D’autres projets sont à l’étude : à Nantes et sur la côte méditerranéenne, où le défi s’annonce plus ardu. « Les poissons récupérés à la criée, souvent des anchois, ne se travaillent pas en filet, explique la directrice. Il faut donc mettre au point des préparations plus élaborées comme les rillettes, ce que nous n’avons pas l’habitude de faire. » A La Rochelle aussi, les Paniers comptent diversifier leurs recettes : ils planchent sur une soupe de poisson nourrissante, conviviale et facile à préparer. Le plat solidaire par excellence ! —

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  • Puis je suggérer de développer la saumure locale des poissons ou autres, afin de gérer également les invendus abîmés ? Le nuoc mam ( en vietnamien, sauce de poisson) est 1 apport protéïnique non négligeable, et qui peut agrémenter délicieusement certains plats végétariens. Il paraît que des désirs de développement durable se multiplient...mais, et à propos de celui du gas-pillage des denrées naturelles ? Car loin d’être durable, une telle politique de spéculations sur les consommations, n’est en fait qu’1 accélérateur de la destruction du vivant. Sur ce, je salue chaleureusement, tout de même, les Paniers de la mer !

    2.12 à 10h59 - Répondre - Alerter
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