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2-02-2012
Mots clés
Alimentation
France

Etiquettes « sans OGM » : comment s’y retrouver

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Etiquettes « sans OGM » : comment s'y retrouver
 
Le logo « sans OGM » débarque dans vos assiettes. Un bon moyen d'y voir plus clair ? Pas si sûr, cette mention ne sera lisible que dans les listes d'ingrédients au dos du produit.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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Dans la famille des étiquettes alimentaires, une petite sœur va voir le jour le 1er juillet, elle s’appelle « sans OGM ». Elle va fleurir sur les pots de yaourts, les œufs, la blanquette de veau ou encore le fromage. Pour Charles Pernin, de l’association Consommation logement cadre de vie (CLCV), « c’est une avancée majeure pour l’information des consommateurs. »

« C’est quelque chose qu’on attend depuis longtemps, mais ce n’est pas suffisant », répond Christophe Noisette, rédacteur en chef d’Inf’OGM. Et oui, pour obtenir le label, il faut remplir des conditions. D’abord, il doit exister un équivalent avec OGM. C’est le cas pour tous les produits liés aux quatre cultures OGM autorisées : le maïs, le colza, le soja et le coton.

Et pour les autres ? Les gratins de courgettes ? Vu qu’il n’y a pas, en théorie, de courgette génétiquement modifiée, si ce n’est pour la recherche scientifique, le gratin sans OGM n’aura pas sa petite étiquette. Pour cette raison, et pour d’autres, la lisibilité en prend un coup. Revue de détail dans les étals.

Direction le rayon frais avec ses yaourts. Si le petit pot vient du lait d’une vache qui n’a pas mangé d’OGM, c’est bon pour l’étiquette. Par contre, s’il s’agit d’un yaourt aux abricots, l’étiquette est reléguée dans les petites lignes des ingrédients du dessert. Pourquoi ? Parce que légalement, l’abricot ne peut pas avoir un ADN bidouillé. Pour avoir le sésame, il faut que 95% des ingrédients soient exempts de substances génétiquement modifiées. Le hic, c’est qu’il y a forcément plus de 5% d’abricots dans ces yaourts, sinon ils n’auraient pas de goûts. Or, ces fruits ne peuvent être certifiés sans OGM, puisqu’aucun abricot OGM ne peut être commercialisé. Du coup, la grande étiquette disparaît du dessert. Il faudra une lecture minutieuse des ingrédients pour savoir que le lait du yaourt vient bel et bien d’une vache qui a mangé du maïs non Monsanto.

A l’arrivée, la provenance du pot de yaourt n’est donc pas plus lisible. L’opération étiquette semble ratée. Pourquoi ne pas avoir simplifié ce système ? Contactés par Terra eco, les ministères signataires du décret n’ont pu nous fournir d’explications.

Même chose au rayon grillades. Entre la côte d’un bœuf non nourri aux OGM et la brochette soumise au même régime mais entourée de deux rondelles de poivrons, c’est la première qui aura le tampon bien visible sur l’emballage. La brochette l’aura, quant à elle, dans les petites lignes des ingrédients.

Pour la viande, l’histoire se complique même encore un peu. Dans la famille des côtes de bœuf, il y a la bestiole qui rumine de l’herbe et celle qui mange du maïs classique. Parce que de l’herbe à l’ADN modifié n’existe pas - du moins pour le moment -, la vache nourrit aux tiges vertes n’aura pas l’étiquette valorisante « sans OGM », alors que celle qui savoure son maïs, elle, l’aura. Pour Christophe Noisette, c’est un problème. « L’éleveur qui fait l’effort de passer en herbage fait le choix de sortir du système productiviste. Il propose une alternative aux transgéniques et ne voit pas son travail valorisé. »

Charles Pernin, de la CLCV, relativise. « D’accord, on pourrait trouver mieux, mais cet étiquetage est une telle avancée qu’on préfère garder en tête les choses vraiment importantes. C’est un énorme progrès qu’on vient d’accomplir sur une famille de produits très importante : viande, poisson, produits laitiers et œufs. Avant, le consommateur n’avait aucune information. »

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RÉPONSES DE LA RÉDACTION
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  • Vous avez aussi la brochure d’Inf’OGM "Avec ou sans OGM, l’étiquetage décrypté" :
    http://www.infogm.org/spip.php?arti...

    L’étiquetage : un outil pour consommer avec ou sans OGM ?

    Le 1er juillet 2012, est entré en vigueur le décret qui définit les différentes étiquettes « sans OGM » sur les produits végétaux et surtout, nouveauté réglementaire majeure, sur les produits issus d’animaux nourris sans OGM. A cette occasion, Inf’OGM a édité une brochure qui décrypte la réalité de cet étiquetage. (...)

    Le consommateur trouvera dans cette brochure des réponses à nombre de ses questions : que signifie exactement « sans OGM » ? Un seuil à 0% est-il techniquement possible ? Pourquoi différents laboratoires ne trouvent-ils pas nécessairement les mêmes résultats ?...

    Enfin, de nombreux encadrés permettent de mieux comprendre les différents enjeux, avec des focus sur la problématique de la réglementation internationale liée à l’Organisation Mondiale du Commerce ou au Protocole de Cartagena ; la durée légale de l’alimentation « sans OGM » pour que le lait d’une vache ou la viande d’un poulet soient certifiés « sans OGM », etc.

    Au final, un outil indispensable pour qui veut réellement comprendre et agir sur les filières avec ou sans OGM.

    4.10 à 10h44 - Répondre - Alerter
  • Label ou pas, je privilégie mes achats chez des petits producteurs locaux, que je rencontre au marché. Il y en a qui n’ont pas les moyens de se payer un label quelconque. Non calibrés, les produits ont cette qualité d’être assez imparfaits pour rester bio...

    7.02 à 10h34 - Répondre - Alerter
  • Étant donné la difficulté d’étiqueter le "sans OGM", le plus simple (hormis le bio certifié AB, Ecocert ou Demeter) n’aurait-il pas été de signaler au contraire la PRÉSENCE d’OGM pour choisir rapidement et simplement ?

    5.02 à 18h27 - Répondre - Alerter
    • Tout à fait d’accord. De même pour le bio il faudrait des étiquettes "Produit non bio" : ce sont les producteurs qui produisent avec des pesticides et engrais phyto... qui paieraient les étiquettes

      6.02 à 10h38 - Répondre - Alerter
    • Tiens j’imagine les cris d’orfraie de la FNSEA et de l’industrie agro-alimentaire si l’étiquetage imposait de mentionner la présence d’OGM !Cette étiquette équivaudrait à la crécelle des lépreux au moyen-age:un vrai repoussoir...
      Résultat de leur habituel lobbying:une étiquette de plus pour le consommateur déjà perdu dans le maquis des labels officiels,sans parler des mentions genre produit de l’année !Le comble c’est que c’est l’agriculture industrielle qui va pouvoir afficher bien gros le sans OGM.

      11.02 à 22h09 - Répondre - Alerter
  • Seul le label AB (cocorico) garantit une absence d’OGM, le label Europèen n’est pas toujours assez strict il me semble.
    Sinon, quand on en a un proche, il faut privilégier le "direct producteur" labellisé AB, ou non si on le connaît bien et qu’on peut lui faire confiance (ça vient naturellement avec le lien).
    Enfin il reste (là aussi, si un à proximité) les magasins de la chaîne Biocoop qui clairement s’interdisent de commercialiser des produits contenant des OGMs...

    Sinon ok avec Martine44 pour le besoin impératif de lunettes ou de loupes pour chercher les infos importantes cachées en texte minuscule sans contraste avec le fond par les gros de l’hyper-distri-consommation... Quoique le boycott serait mieux pour nos yeux et nos consciences.

    3.02 à 13h45 - Répondre - Alerter
    • petite précision à propos du label bio européen et des OGM : les parlementaires avaient proposé la mise en place d’un seuil de 0,1%, soit le seuil en deçà duquel on ne peut plus détecter la présence d’OGM. Lobbies aidant, et notamment celui de la filière agro-industrielle, qui ne souhaite pas s’embarrasser d’auto-contrôles contraignants, la commission a tranché et retenu le seuil de 0,9% proposé par le monde agro-industriel...
      Concernant les labels nationaux, n’oublions pas qu’au label AB, il convient d’ajouter Demeter, né allemand mais délivré à travers toute l’Europe, et qui récompense une agriculture non plus seulement biologique mais en biodynamie.

      3.02 à 18h57 - Répondre - Alerter
  • Ok avec Martine. Mais pas obligée d’être à la retraite. Il faut contacter des associations de quartier, ou en créer, pour organiser des préparations culinaires, collectivement. Personnellement, je participe à des ateliers au Centre Social de Foix, et initiés par 1 animatrice du Secours Populaire. Et petit à petit, j’y injecte 1 initiation au végétarisme, aux ingrédients de saison et bio, du marché, qui sont donc à portée de toutes les bourses. J’en profite aussi pour initier à l’économie d’eau potable, car c’est fou cette habitude d’en faire couler des litres pour chaque ustensile...

    3.02 à 11h27 - Répondre - Alerter
  • Bah, c’est comme d’hab. : il ne faut jamais oublier ses lunettes pour faire ses courses, ou alors ne jamais manger de plats cuisinés (par exemple : faire ses yaourts soi-même, son ragoût soi-même, son pain soi-même, sa confiture soi-même, etc... comme moi, mais il faut être en retraite, comme moi, pour en avoir le temps)

    3.02 à 10h08 - Répondre - Alerter
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