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6-11-2014
Mots clés
Social
Australie

En Australie, une laverie mobile pour SDF

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En Australie, une laverie mobile pour SDF
(Crédit photo : Orange Sky Laundry)
 
Les sans-abri ont besoin de se nourrir, de se soigner… et de porter des vêtements propres. C'est pour répondre à cette nécessité que deux Australiens ont équipé un camion de lave-linge et de séchoirs. Et parcourent les rues de Brisbane.
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Dans les rues de Brisbane, en Australie, un camion orange circule. Ça et là, il stoppe sa course, ouvre ses portes arrière sur deux gros tambours. Et se mue en laverie automatique mobile pour SDF. « Nous avons beaucoup travaillé avec les sans-abri de Brisbane à travers des programmes organisés au lycée, se souvient Nicholas Marchesi, l’un des deux jeunes fondateurs d’Orange Sky Laundry. A l’époque, nous avions remarqué qu’il y avait une offre importante de soupes populaires, de services médicaux, mais que rien ne permettait aux gens de la rue de laver leurs vêtements et de les sécher gratuitement. » Et le jeune homme de poursuivre : « Beaucoup des centres d’accueil pour sans-abri n’ont pas de laverie, ou alors ce sont des services payants qui peuvent coûter entre 12 et 25 dollars australiens (8 à 17 euros) pour un lavage et un séchage. Alors pour des gens qui n’ont pas beaucoup d’argent, la priorité n’est pas de dépenser de l’argent pour laver leurs vêtements. »

Les deux cofondateurs d'Orange Sky Laundry

Pour faire connaître leur service, Nicholas Marchesi et son compère de lycée, Lucas Patchett, se greffent sur d’autres rendez-vous déjà fréquentés par la communauté. « Si une distribution de petits déjeuners a lieu dans un parc, nous nous installons une demi-heure avant. Les gens peuvent venir mettre leurs vêtements dans nos machines et les récupérer propres et secs, une heure plus tard, quand ils ont fini de manger », souligne Nicholas Marchesi. Car l’approche doit être prudente auprès d’une communauté souvent méfiante. « Les gent sont un peu incrédules quand ils nous voient débarquer, poursuit le cofondateur. Il faut d’abord gagner leur confiance pour qu’ils nous confient leurs affaires personnelles et nous laissent les mettre dans nos machines. Ces affaires leur sont souvent très chères. Mais après, ils nous sont reconnaissants. Depuis que nous avons commencé, nous avons lavé des quantités incroyables de vêtements. »

Vers l’intégration

Le service est gratuit car les dépenses sont couvertes par des partenariats noués avec des industriels : si la marque coréenne LG Electronics a fait cadeau des lave-linge, l’Australien Richard Jay Laundry, fournisseur de laveries et de pressings, s’occupe de la maintenance des machines, tandis que son compatriote Symbio offre les produits de lavage. Des dons issus de particuliers achèvent de remplir les caisses pour faire tourner la boutique. Et pour l’électricité, l’association a deux options : utiliser leur générateur en toute autonomie ou se brancher aux prises des centres d’accueil pour sans-abri tenus par des associations comme l’Armée du Salut ou la Croix-Rouge.



Tandis que le cycle de lavage se déroule, que, dans les tambours, les vêtements, les couvertures ou les duvets tournent lentement, le dialogue souvent s’ébauche entre les jeunes gens et leurs clients. Et c’est l’objectif. Au delà de répondre au besoin basique d’hygiène, les deux compères espèrent pousser les gens sur la voie de l’intégration : « Nous ne voulons pas conforter les gens dans leur situation de sans-abri. Nous essayons de fournir un tremplin pour le changement. Avec un peu de chance, parce qu’ils auront des vêtements propres, la communauté va les respecter un peu plus et ils se respecteront mieux eux-mêmes. Et avec un peu de chance aussi, ils auront plus confiance en eux pour tenter quelque chose de nouveau, soit en participant et en s’intégrant à la communauté, soit en cherchant un boulot. Nous en sommes encore au tout début. Nous le savons, notre service ne résoudra pas le problème des sans-abri, mais c’est un petit pas vers le changement. »

Très vite, l’unique camion de Brisbane devrait s’entourer d’autres véhicules qui circuleront aux quatre coins de la ville à toute heure de la journée. Et en 2015 ? « Nous allons étendre le service Etat par Etat, pour couvrir si possible toute l’Australie. Et pourquoi pas un jour entrer en contact avec d’autres associations, qui pourraient monter le même service dans d’autres pays du monde ? », rêve Nicholas Marchesi.


- Le site d’Orange Sky Laundry

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