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8-11-2012
Mots clés
Etats-Unis

Elections américaines : demain, on s’en moquera

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Elections américaines : demain, on s'en moquera
( Josh Hawley)
 
Amour inconditionné de la voiture, utilisation excessive des armes à feu, inégalités sociales… les Etats-Unis ne sont plus, depuis longtemps, le moteur du changement. « Terra eco » déshabille l'Oncle Sam et sort les chiffres qui font mal.
Le Baromètre de cet article
ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE

Le verdict est tombé, Barack Obama a gagné. Pendant la parenthèse du scrutin, le monde entier a eu les yeux rivés sur les Etats-Unis, plus que pendant n’importe quelle autre élection. Comme si le résultat sortant des urnes allait changer la face du monde. Et pourtant le pays n’est pas (ou plus) le moteur du changement. Pis, ils est franchement en retard sur de nombreux sujets. La preuve par les chiffres :

Un pays où l’on s’entretue

Aux Etats-Unis, le droit de détenir une arme est inscrit dans la Constitution. On trouve dans ce paradis du flingue en moyenne 88 armes pour 100 habitants. Un record international qui place les US loin devant le Yémen où ce ratio s’élève à 54 armes pour cent habitants. Le nombre d’homicides s’en ressent : on compte en moyenne 25 morts par arme à feu par jour aux Etats-Unis, soit plus de 9000 par an. A titre de comparaison, au Canada, son voisin culturellement comme géographiquement comparable où le port d’arme est plus réglementé, le nombre de morts par arme à feu est de 173 par an. Au lendemain de la tuerie d’Aurora, en août dernier, et dix ans après son film Bowling for Columbine, le documentariste Michael Moore calculait même que « les Etats-Unis sont responsables de plus de 80 % des morts par arme à feu survenues dans les 23 pays les plus riches du monde ». Avant d’appeler, encore, à changer la législation.

Un pays très inégalitaire

Le mythe américain du « self-made-man » a pris un sérieux coup dans l’aile en février dernier. La faute à un simple graphique. Son nom : « The Great Gatsby curve » (la courbe de Gatsby le magnifique). Alan Krueger, président du Council of Economic Advisers - un groupe de trois économistes chargés de conseiller le président des Etats-Unis - l’a baptisé ainsi en référence au roman de Francis Scott Fitzgerald dénonçant le train de vie luxueux de la bourgeoisie américaine des années 20. Tout un programme.

L’idée est simple : il s’agit de croiser, sur un graphique, les inégalités de revenus et la mobilité sociale entre les générations dans un même pays, afin de mesurer la capacité d’un individu pauvre d’y faire un jour fortune :

En abscisse (l’axe des x, horizontal) figure le coefficient de Gini, qui mesure les inégalités de revenus d’une société. Plus le coefficient d’un pays est proche de 1, plus ce pays est situé à droite du graphique, et plus il est inégalitaire. En ordonnée (l’axe des y, vertical), on trouve l’IGE (Elasticité inter-générationnelle des revenus), qui mesure la transmission des inégalités de revenus d’une génération à la suivante. Plus l’indice du pays est élevé, plus ce pays se situe en haut de l’axe des ordonnées, et plus les revenus d’une personne seront semblables à ceux de ses parents dans ce pays.

Résultat : les Etats-Unis font pire qu’ailleurs et se situent tout en haut à droite de l’échelle. C’est-à-dire que le pays est à la fois très inégalitaire et qu’en plus la mobilité sociale y est très faible. La conséquence notamment d’une augmentation des revenus des très fortunés, comme le montre cet autre graphique issu de la Paris School of economics.

On peut y lire la part des revenus nationaux détenus par les 1% les plus riches aux Etats-Unis (en jaune), en Australie (rouge), en France (vert) et au Japon (en bleu). Ce sont bien les très riches Américains qui se sont le plus enrichis ces dernières années. Inversement, le nombre de familles vivant avec moins de deux dollars (1,50 euro) par jour a plus que doublé en quinze ans, passant de 636 000 en 1996 à 1,5 million en 2011.

Un pays à l’empreinte écologique insoutenable

Un Américain émet en moyenne 17,2 tonnes de CO2 par an. C’est 3 fois plus qu’un Chinois (5,7 t) et 17 fois plus qu’un Indien (1,6 t). Par ailleurs, il faudrait 4,5 planètes comme la nôtre pour répondre aux besoins d’une population qui vivrait uniformément comme les Américains, estime le WWF. Le pays se classe au 5eme rang mondial du classement de l’ONG, derrière le Qatar, les Emirats arabes unis et le Danemark. Rappelons que les Etats-Unis n’ont jamais ratifié le protocole de Kyoto, seul texte contraignant jamais signé sur le climat en 1997. Et qu’ils n’ont pas montré plus d’entrain lors des sommets de Copenhague et Durban.

Un pays on l’on prend beaucoup la voiture et peu ses pieds ou son vélo

Un Américain fait en moyenne 5 117 pas par jour, contre 9 695 pour un Australien ou 9 650 pour un Suisse. A peine plus que le seuil de sédentarité, estimé à 5 000 pas par jour. L’activité physique totale a diminué de 32% depuis 1965, et devrait se réduire d’au moins 46% d’ici à 2030, selon une récente étude coordonnée par le Collège américain de la médecine du sport et le Conseil international pour l’éducation physique et la science du sport. L’étude utilise un indicateur appelé MET, qui mesure la quantité d’énergie dépensée en accomplissant une tâche. Les auteurs estiment qu’un Américain moyen dépensera 190 MET par semaine en 2020, soit à peine plus qu’une personne qui passerait la semaine entière à dormir (151 MET).

Et pour le vélo ? C’est encore pire comme le rappelle cette infographie de Fastcoexist. Seul un déplacement sur 100 se fait à vélo aux Etats-Unis, où une personne sur trois est obèse alors qu’un quart des déplacements se font à vélo aux Pays-Bas où en revanche 10% de la population souffre d’obésité. La comparaison laisse à réfléchir, même s’il ne s’agit que de corrélations. L’obésité est aussi due à une autre particularité américaine : l’étalement urbain. On trouve en effet de véritables « déserts alimentaires » dans ce pays, c’est-à-dire des espaces où il est impossible de s’approvisionner (dans un étal) à moins de trois kilomètres et où l’on trouve au moins 20% de familles à bas revenus. Dans ces lieux il faut prendre la voiture.. ou opter pour les conserves et les fast-food.

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Le rédacteur :
Thibaut Schepman

Non, nous n’avons pas à « sauver la planète ». Elle s’en sort très bien toute seule. C’est nous qui avons besoin d’elle pour nous en sortir.

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