publicité
Accueil du site > Actu > Opinion > Des climatosceptiques d’un nouveau genre ont infiltré la COP21
3-12-2015
Mots clés
Climat
Monde
Tribune COP21

Des climatosceptiques d’un nouveau genre ont infiltré la COP21

Taille texte
Des climatosceptiques d'un nouveau genre ont infiltré la COP21
(Crédit photo : Richard Masoner / Cyclelicious - Flickr)
 
Selon l’économiste Maxime Combes, ceux qui nient la réalité climatique ont perdu de la visibilité. La ligne de fracture est désormais entre ceux qui acceptent de geler les réserves d’énergies fossiles et ceux qui s'y refusent.
Le Baromètre de cet article
ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
SUR LE MÊME SUJET

Maxime Combes est économiste, membre d’Attac France et auteur de Sortons de l’âge des fossiles (Seuil, 2015).

Ont d’abord été appelés climatosceptiques ceux qui niaient l’existence même du changement climatique. Puis la catégorie a été étendue à ceux qui niaient son origine humaine. Ces marchands de doute – pour reprendre le terme qu’utilisent Naomi Oreskes et Erik Conway dans le livre qu’ils leur ont consacré (1) – nient l’évidence et les preuves scientifiques pour tenter de semer la confusion dans l’opinion publique. On en trouve de moins en moins. Notamment en Europe où il n’y a plus grand monde de sérieux pour contester les preuves apportées : 97% des études scientifiques confirment que le changement climatique est une réalité et qu’il est le fruit des activités humaines.

La principale ligne de fracture s’est déplacée. Elle ne sépare plus ceux qui nient la réalité climatique de ceux qui l’acceptent. Si cette ligne de fracture peut rester pertinente dans certains cas, notamment aux Etats-Unis, elle n’est plus vraiment appropriée pour rendre compte des controverses qui structurent les débats politiques, économiques et scientifiques autour de l’urgence climatique. Notamment au sein de la COP21. La principale ligne de fracture sépare désormais ceux qui endossent les préconisations scientifiques pour rester en deçà des 2°C, ou 1,5°C de réchauffement, et ceux qui les nient ou qui agissent comme s’ils pouvaient y échapper.

Il faut geler 80% des réserves d’énergies fossiles connues

Que disent les climatologues ? Que prendre au sérieux le réchauffement climatique et cette barre des 2°C implique de geler 80% des réserves d’énergies fossiles connues. Ce qui revient à dire qu’il nous faut apprendre à vivre sans brûler des énergies fossiles dangereusement surabondantes. Deux des chercheurs qui ont établi ces résultats (2), Christophe McGlade et Paul Ekins, proposent que toutes les réserves d’hydrocarbures non conventionnels (pétrole et gaz des grandes profondeurs océaniques, pétrole et gaz de schiste, sables bitumineux, hydrocarbures des régions arctiques, etc.) soient classées comme « non brûlables ». Ils proposent ainsi une forme de moratoire international sur toute nouvelle exploration et toute nouvelle mise en exploitation d’énergies fossiles. Une proposition qui ne fait malheureusement pas partie des options du texte de négociation à la COP21.

Décideurs politiques et économiques sont de plus en plus nombreux à se déclarer convaincus de « l’urgence à agir ». Mais rares sont ceux qui acceptent de reprendre à leur compte ce qui constitue pourtant une recommandation scientifique clairement établie, étayée, démontrée par les experts du climat. Ils ne nient pas le réchauffement climatique. Du moins pas publiquement. Ils nient l’urgence de geler la majorité des réserves fossiles. Ainsi, aucun chef d’Etat n’y a fait référence lors de la journée d’ouverture de la COP21.

Dans le Robert

Pour le dictionnaire du Robert, qui vient d’introduire le terme dans son édition 2016, est climatosceptique une personne qui « met en doute les théories les plus répandues concernant le réchauffement climatique ». Laisser une majorité d’énergies fossiles sous terre fait désormais partie de ces « théories les plus répandues ». Ce n’est pas une option parmi d’autres, mais la condition de possibilité pour ne pas déclencher un emballement climatique sans précédent. Nous proposons donc d’appeler « climatosceptiques » celles et ceux qui s’y refusent, qui sont dans le déni, qui tergiversent ou qui doutent de la nécessité de geler une majorité des réserves fossiles.

Ils sont nombreux. Ce sont les climatosceptiques de l’ère moderne. Ils claironnent devant tous les micros qu’ils sont déterminés à agir, mais leur détermination se fracasse à l’épreuve des faits, là où les décisions climaticides l’emportent bien souvent sur les véritables politiques de lutte contre les dérèglements climatiques. Face à l’état d’urgence climatique auquel nous sommes confrontés, il est essentiel de débusquer ces climatosceptiques d’un nouveau genre. Ils nous font perdre du temps et de l’énergie : pour enclencher la transition, il nous faut commencer par arrêter de forer de nouveaux gisements pétroliers, gaziers et charbonniers ! Une décision qui ne viendra pas de la COP21.


- (1) Naomi Oreskes, Erik Conway, Les marchands de doute (éd. Le Pommier, 2012)
- (2) Christophe McGlade et Paul Ekins, « The geographical distribution of fossil fuels unused when limiting global warming to 2°C », Nature, n° 517, 8 janvier 2015, p. 187-190.

A lire aussi sur Terraeco.net :
- Faut-il encore craindre les climatosceptiques français ?
- Le Giec se plante, le Giec ment, le Giec ne débat pas… 10 idées reçues à la loupe
- Les climatosceptiques n’ont rien à faire dans les débats sur le climat

Faites réagir vos proches, diffusez l'info !
Vous aimez Terra eco ? Abonnez-vous à la Newsletter

Economiste et membre d’Attac France, il est l’auteur de Sortons de l’âge des fossiles (Seuil, 2015).

4 commentaires
TOUS LES COMMENTAIRES
COMMENTAIRES SÉLECTIONNÉS
RÉPONSES DE LA RÉDACTION
Trier par : Plus récents | Plus anciens
Affichage : Voir tout | Réduire les discussions
  • " J’ai appris que le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de la vaincre " de Nelson Mandela. Ce qui résume assez bien l’incapacité de vaincre la peur des climatosceptiques sur leurs responsabilités consuméristes et leurs désastreuses empreintes écologiques. Plutôt la fuite dans le fatalisme en évoquant les terribles bouleversements cosmiques qu’a traversé la Terre depuis sa naissance...pour la politique du "après moi, le déluge", au lieu d’apprendre à anticiper afin d’agir efficacement pour y parer dans le pire des cas. Ou le prévenir dans le meilleur : nous sommes actuellement juste à la frontière entre le meilleur et le pire, en sachant que l’humanité est + habituée à agir hélàs pour le pire que pour le meilleur. Le basculement vers Mad Max, via le business juteux des armes et les intrigues politiques pour entretenir le terrorisme ou simplement la terreur organisée...est imminent.
    Et les abus de pouvoir sur les activistes/lanceurs d’alerte, sous prétexte d’état d’urgence, avec désinformations aggravées, n’arrangent aucunement la confiance d’une société civile profondément non violente...jusqu’à présent.
    Mais cela importe peu aux climatosceptiques, n’est-ce pas ? La seule chose qui compte à leurs yeux, c’est d’imposer leur vérité , quitte à traiter les défenseurs de l’humanité de djihadistes verts ! De toute façon, c’est typique aux lâches : déverser leur haine sur ce qui dérange, à commencer par tout ce qui est étranger à leurs croyances bâtis par 1 égoïsme forcené et culturel, propre à tout fanatique. Lâche et violent pour prétendre à la pureté !

    5.12 à 19h35 - Répondre - Alerter
  • Je trouve ces débats étonnamment révélateurs de la façon dont le débat au sujet du climat est sorti de la sphère scientifique pour tomber dans celle du fanatisme religieux. Les neufs dixièmes des avis exprimés par le public sont comme ceux de notre avocat totalement incompétents et même ceux de nombreuses personnes qui partagent mon climato-scepticisme me dérangent parfois par leur ignorance de ce qu’est la méthode scientifique et le recours à des arguments qui ne sont pas suffisamment étayés ou critiques.
    Même si le concept d’un réchauffement climatique (c’est quoi la température du climatique ? posez vous la question) et encore plus sa mesure (d’ailleurs les "réchauffistes nous vendent maintenant plutôt du "changement climatique" encore plus difficile à définir et quantifier) font problèmes l’idée de départ était scientifiquement solide et méritait d’être étudiée. Les climato-sceptiques seraient les derniers à le nier. Mais malheureusement il y avait derrière ces études des intentions politiques qui se sont matérialisées par la création du GIEC, organe militant créé (largement grâce à Gore) pour tenir pour acquise la thèse du réchauffement et prêcher l’apocalypse. Cette fondation concrétisait en fait le souhait d’une parti de l’opinion imprégnée d’écologie qui veut jeter l’anathème sur le développement économique, le progrès technique et de façon générale le mode de vie occidental. Bien que je sois loin de partager cette opinion c’est après tout de bonne guerre pour un parti politique d’utiliser toutes les armes à sa disposition.
    Les sceptiques ne sont pas issus de la génération spontanée et ils ont tous été au départ des réchauffistes ! Pourquoi en aurait-il été autrement ? Comme tout un chacun je n’ai pas questionné initialement le fait du réchauffement climatique ni même que l’homme en était responsable. Des climatologues l’affirmaient, pourquoi en aurais-je douté ? De plus je suis plutôt adepte des sciences exactes, mathématiques et physiques et la climatologie ne me passionnait pas, pas plus hier qu’aujourd’hui. Mais il se trouve que j’ai trempé dans l’installation de stations météorologiques et que je me suis étranglé (de rire) lorsque j’ai lu le premier rapport du GIEC faisant état d’un réchauffement de 0,6 degrés C en un siècle !!!!
    C’est affirmer qu’on est capable d’établir une variation de température de 0,6 °K sur environ 300 °K (il faut parer de températures absolues) soit 0,6/300 soit une précision de 0,2 % (c’est équivalent à mesurer la variation de taille moyenne des humains à 0,5 millimètre près sur 100 ans !)
    C’est ce qui m’a amené à m’intéresser à ce problème et à en découvrir tous les aspects ce qui a fait de moi un climatosceptique indigné des mensonges que l’on propage sur le sujet et tout particulièrement (pourquoi ?) en France où les journalistes déshonorent quotidiennement leur profession et ce site en est un exemple, modéré à coté des propos de journaux comme le Monde et l’Express pour ne citer que ces deux là. Il est vrai que la Presse française reçoit 400 millions d’Euros par an de subvention et ceci peut expliquer cela ! Les climatosceptiques ne sont pas des négativistes comme on essaye de les faire passer pour. Ce sont des gens qui demandent des preuves et qui ne sont pas convaincus par celles qu’on leur présente. Tous les climatosceptiques étaient initialement des "réchauffistes" spontanés qui ne sont devenus climatosceptiques que lorsqu’ils ont étudié le probléme climatique de près. Ce sont des "réchauffistes" qui ont retourné leur veste. A-t-on jamais vu un climatosceptique retourner la sienne ? Et ce qui les enrage c’est qu’on leur retire le droit à la discussion qui est la première liberté de la science et qu’on leur reproche un scepticisme qui est sa première vertu. On ne discute pas avec un climatosceptique : on le traine dans la boue ! Et incidemment il n’est pas nécessaire d’être "climatologue patenté" pour parler de climatologie. Cette science balbutiante n’a même de chaire et de diplômes spécifiques que depuis récemment. C’est de toutes les façons une branche de la physique et fait appel à des connaissances et des méthodes qui relévent de la physique, des mathématiques et (exagérément) de l’informatique. Les critiques des climatosceptiques portent d’ailleurs en premier lieu sur la "methode scientifique" avant de porter sur les énoncés eux-mêmes.

    Sur le plan scientifique la discussion pour moi est close. Il est définitivement démontré par un raisonnement irréfutable qui ne dépasse guère le niveau du secondaire ou de la licence que l’activité du CO² en tant que GES est saturée et que l’on peut en rajouter autant qu’on veut dans l’atmosphère sans que cela ait le moindre effet. Ceci n’est pas un argument pour ou contre le réchauffement climatique et si nous étions en période de refroidissement climatique on ne pourrait pas non plus inverser la tendance en fabriquant du CO² à tour de bras. Ceci exonère simplement les activités humaines d’avoir une influence sur le climat du fait du CO² d’origine anthropique. (j’invite les lecteurs à m’écrire à jmbonnamy@aol.com s’ils veulent les détails trop longs pour être postés ici).

    Mon intérêt se porte maintenant plus sur l’aspect sociologique du débat que sur l’aspect scientifique. Pourquoi et comment une manipulation aussi massive de l’opinion a été organisée et a-t-elle tant de succès ? Il y a chez certains scientifiques des motivations intéressées. Le GIEC a un budget de 5 millions d’Euros pour une trentaine de fonctionnaires ce qui fait quand même 160.000 Euros par personne, mais c’est négligeable à coté des retombées indirectes. Rien que les USA investissent plus de 4 milliards par an dans la recherche climatologique ! Mais il n’y a pas, même chez les scientifiques des gens vénaux et on tombe du ciel quand on voit justement des scientifiques se voiler la face et nier des évidences tant ils sont aveuglés par des considérations idéologiques. Ne parlons pas du profane prêt à se laisser abuser par n’importe qui qui flatte ses goûts ....

    Je retrouve dans cette manipulation de masse tous les éléments que j’ai connus dans mon enfance dans l’anti-sémitisme nazi. La similitude est étroite et indépendamment du fait que mon très jeune âge m’a dispensé à l’époque d’avoir une opinion personnelle j’ai certainement longtemps été influencé sub-consciemment par cette propagande et le fait que des personnages aussi éminents et respectables qu’un Heisenberg par exemple aient adhérés en toute bonne conscience à cette doctrine. Il ne fait pas de doute qu’aujourdh’hui nombre de militants "réchauffistes" le sont en toute bonne fois, convaincus par des slogans aussi stupides que le fameux "sauver la planéte" ou convaincus par des articles mensongers que le Cirque de Gavarni va bientôt être transformés en port de plaisance du fait de la montée des eaux. Et cerise sur le gateau les gens qui propagent sans sourire ce genre de sottises ne lisent même pas les rapports du GIEC dont ils se réclament et qui par exemple reconnaît dans sa dernière publication (le rapport final, pas celui écrit par les politiques) que la température n’a pas augmenté depuis 17 ou 18 ans, que ses modèles n’ont pas prévu cette stagnation qu’il baptise "hiatus", que le soleil est susceptible de jouer un rôle qu’il a jusqu’à présent refusé de reconnaître, que la montée des mers n’est pas ce qu’il attendait (aucune montée des eaux en Polynésie par exemple ni je crois aux Maldives), etc ...C’est un peu comme des chrétiens qui n’auraient pas lu leurs Evangiles mais seulement ses commentateurs !

    5.12 à 03h25 - Répondre - Alerter
  • "Laisser une majorité d’énergies fossiles sous terre fait désormais partie de ces « théories les plus répandues »". Pas du tout. En France, peut-être (mais demandez à Total...), mais la France n’est pas le monde entier.

    4.12 à 10h02 - Répondre - Alerter
  • Ne pas confondre réchauffement climatique et pollution.
    En ce qui concerne la pollution il y a des évidences qu’il vaut mieux regarder. Certains en parlent mieux que moi :

    Pollution
    « Il ne faut pas mésestimer l’impact de la pollution et la lutte est terrible entre les intérêts égoïstes et la protection de la Vie. C’est un problème mondial qui va décimer des Peuples avant que le retour à moins de pollution soit, par obligation : la chute de l’économie mondiale et son adaptation locale.
    Nous entrons dans le temps des restrictions qui règleront automatiquement toute pollution, gaspillage et destruction. » -03.11.2015-
    http://www.clefsdufutur-france-afrique.fr/news/la-nouvelle-di/

    La conférence sur le climat
    « Ce ne sont pas les 118 Pays y participant qui vont régler le problème.
    Les Peuples manifestent, c’est bon signe. Mais avant qu’ils aient gain de cause, la situation sera réglée : le coup de frein, la récession.
    Ce sont les hommes eux-mêmes qui l’ont provoqué. Qu’ils ne viennent pas se plaindre. Mais il y a un seuil à ne pas dépasser. Nous y sommes.
    La désinformation est telle que l’homme est ignorant à 80% de la Réalité, à dessein, et manipulé à chaque seconde.
    Nous entrons dans la fin de la civilisation matérialiste et c’est heureux. Il faut en assumer les conséquences : tout ce que les hommes ont fait à la Terre, tout ce que les pratiques de consommation outrancière ont fait à sa Terre, à son Pays, et par extension au monde. Il n’y a pas un lieu qui ne soit pollué. Et beaucoup se sont cachés les yeux, faute de volonté de résistance au système.
    Il ne faut pas voir le monde comme un mouroir, mais le berceau de la Renaissance.
    Plus qu’une succession d’actes hâtivement engagés, c’est la qualité de la Conscience, de la Pensée Universelle en soi : l’Énergie de Volonté, d’Amour et d’Unité, la pensée élevée personnelle. Tous vous avez votre part à accomplir. Restez incorruptibles à la fausse loi.
    Le calvaire des hommes va cesser pour ceux qui vivent déjà en Juste, quelle que soit l’origine de leur foi : la religion. Il faut passer la vague.
    Oui, il y aura un clash. Il est inéluctable. Il faut cesser de consommer immodérément. Il faut Réparer d’urgence ce que la fausse loi a permis. C’est une question de survie de la Terre, de l’humanité. » -30.11.2015-
    http://www.clefsdufutur-france-afrique.fr/news/la-conference-sur-le-climat/

    3.12 à 13h34 - Répondre - Alerter
PUBLIER UN COMMENTAIRE

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

  • Se connecter
  • Créer un compte

publicité
publicité
publicité
Site conçu avec
publicité