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Edgar Morin : «  Nous avançons comme des somnambules vers la catastrophe  »

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Edgar Morin : « Nous avançons comme des somnambules vers la catastrophe »
(Crédit photo : Olivier Roller)
 
Que faire dans cette période de crise aiguë ? S’indigner, certes. Mais surtout agir. A 90 ans, le philosophe et sociologue nous invite à résister au diktat de l’urgence. Pour lui, l’espoir est à portée de main. Entretien.
Le Baromètre de cet article
ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE

Pourquoi la vitesse est-elle à ce point ancrée dans le fonctionnement de notre société ?

La vitesse fait partie du grand mythe du progrès, qui anime la civilisation occidentale depuis le XVIIIe et le XIXe siècle. L’idée sous-jacente, c’est que nous allons grâce à lui vers un avenir toujours meilleur. Plus vite nous allons vers cet avenir meilleur, et mieux c’est, naturellement. C’est dans cette optique que se sont multipliées les communications, aussi bien économiques que sociales, et toutes sortes de techniques qui ont permis de créer des transports rapides. Je pense notamment à la machine à vapeur, qui n’a pas été inventée pour des motivations de vitesse mais pour servir l’industrie des chemins de fer, lesquels sont eux-mêmes devenus de plus en plus rapides. Tout cela est corrélatif par le fait de la multiplication des activités et rend les gens de plus en plus pressés. Nous sommes dans une époque où la chronologie s’est imposée.

Cela est-il donc si nouveau ?

Dans les temps anciens, vous vous donniez rendez-vous quand le soleil se trouvait au zénith. Au Brésil, dans des villes comme Belém, encore aujourd’hui, on se retrouve « après la pluie ». Dans ces schémas, vos relations s’établissent selon un rythme temporel scandé par le soleil. Mais la montre-bracelet, par exemple, a fait qu’un temps abstrait s’est substitué au temps naturel. Et le système de compétition et de concurrence – qui est celui de notre économie marchande et capitaliste – fait que pour la concurrence, la meilleure performance est celle qui permet la plus grande rapidité. La compétition s’est donc transformée en compétitivité, ce qui est une perversion de la concurrence.

Cette quête de vitesse n’est-elle pas une illusion ?

En quelque sorte si. On ne se rend pas compte – alors même que nous pensons faire les choses rapidement – que nous sommes intoxiqués par le moyen de transport lui-même qui se prétend rapide. L’utilisation de moyens de transport toujours plus performants, au lieu d’accélérer notre temps de déplacement, finit – notamment à cause des embouteillages – par nous faire perdre du temps ! Comme le disait déjà Ivan Illich (philosophe autrichien né en 1926 et mort en 2002, ndlr) : « La voiture nous ralentit beaucoup. » Même les gens, immobilisés dans leur automobile, écoutent la radio et ont le sentiment d’utiliser malgré tout le temps de façon utile. Idem pour la compétition de l’information. On se rue désormais sur la radio ou la télé pour ne pas attendre la parution des journaux. Toutes ces multiples vitesses s’inscrivent dans une grande accélération du temps, celui de la mondialisation. Et tout cela nous conduit sans doute vers des catastrophes.

Le progrès et le rythme auquel nous le construisons nous détruit-il nécessairement ?

Le développement techno-économique accélère tous les processus de production de biens et de richesses, qui eux-mêmes accélèrent la dégradation de la biosphère et la pollution généralisée. Les armes nucléaires se multiplient et on demande aux techniciens de faire toujours plus vite. Tout cela, effectivement, ne va pas dans le sens d’un épanouissement individuel et collectif !

Pourquoi cherchons-nous systématiquement une utilité au temps qui passe ?

Prenez l’exemple du déjeuner. Le temps signifie convivialité et qualité. Aujourd’hui, l’idée de vitesse fait que dès qu’on a fini son assiette, on appelle un garçon qui se dépêche pour débarrasser et la remplacer. Si vous vous emmerdez avec votre voisin, vous aurez tendance à vouloir abréger ce temps. C’est le sens du mouvement slow food dont est née l’idée de « slow life », de « slow time » et même de « slow science ». Un mot là-dessus. Je vois que la tendance des jeunes chercheurs, dès qu’ils ont un domaine, même très spécialisé, de travail, consiste pour eux à se dépêcher pour obtenir des résultats et publier un « grand » article dans une « grande » revue scientifique internationale, pour que personne d’autre ne publie avant eux. Cet esprit se développe au détriment de la réflexion et de la pensée. Notre temps rapide est donc un temps antiréflexif. Et ce n’est pas un hasard si fleurissent dans notre pays un certain nombre d’institutions spécialisées qui prônent le temps de méditation. Le yoguisme, par exemple, est une façon d’interrompre le temps rapide et d’obtenir un temps tranquille de méditation. On échappe de la sorte à la chronométrie. Les vacances, elles aussi, permettent de reconquérir son temps naturel et ce temps de la paresse. L’ouvrage de Paul Lafargue Le droit à la paresse (qui date de 1880, ndlr) reste plus actuel que jamais car ne rien faire signifie temps mort, perte de temps, temps non-rentable.

Pourquoi ?

Nous sommes prisonniers de l’idée de rentabilité, de productivité et de compétitivité. Ces idées se sont exaspérées avec la concurrence mondialisée, dans les entreprises, puis répandues ailleurs. Idem dans le monde scolaire et universitaire ! La relation entre le maître et l’élève nécessite un rapport beaucoup plus personnel que les seules notions de rendement et de résultats. En outre, le calcul accélère tout cela. Nous vivons un temps où il est privilégié pour tout. Aussi bien pour tout connaître que pour tout maîtriser. Les sondages qui anticipent d’un an les élections participent du même phénomène. On en arrive à les confondre avec l’annonce du résultat. On tente ainsi de supprimer l’effet de surprise toujours possible.

A qui la faute ? Au capitalisme ? A la science ?

Nous sommes pris dans un processus hallucinant dans lequel le capitalisme, les échanges, la science sont entraînés dans ce rythme. On ne peut rendre coupable un seul homme. Faut-il accuser le seul Newton d’avoir inventé la machine à vapeur ? Non. Le capitalisme est essentiellement responsable, effectivement. Par son fondement qui consiste à rechercher le profit. Par son moteur qui consiste à tenter, par la concurrence, de devancer son adversaire. Par la soif incessante de « nouveau » qu’il promeut grâce à la publicité… Quelle est cette société qui produit des objets de plus en plus vite obsolètes ? Cette société de consommation qui organise la fabrication de frigos ou de machines à laver non pas à la durée de vie infinie, mais qui se détraquent au bout de huit ans ? Le mythe du nouveau, vous le voyez bien – et ce, même pour des lessives – vise à toujours inciter à la consommation. Le capitalisme, par sa loi naturelle – la concurrence –, pousse ainsi à l’accélération permanente, et par sa pression consommationniste, à toujours se procurer de nouveaux produits qui contribuent eux aussi à ce processus.

On le voit à travers de multiples mouvements dans le monde, ce capitalisme est questionné. Notamment dans sa dimension financière…

Nous sommes entrés dans une crise profonde sans savoir ce qui va en sortir. Des forces de résistance se manifestent effectivement. L’économie sociale et solidaire en est une. Elle incarne une façon de lutter contre cette pression. Si on observe une poussée vers l’agriculture biologique avec des petites et moyennes exploitations et un retour à l’agriculture fermière, c’est parce qu’une grande partie de l’opinion commence à comprendre que les poulets et les porcs industrialisés sont frelatés et dénaturent les sols et la nappe phréatique. Une quête vers les produits artisanaux, les Amap (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne, ndlr), indique que nous souhaitons échapper aux grandes surfaces qui, elles-mêmes, exercent une pression du prix minimum sur le producteur et tentent de répercuter un prix maximum sur le consommateur. Le commerce équitable tente, lui aussi, de court-circuiter les intermédiaires prédateurs. Certes, le capitalisme triomphe dans certaines parties du monde, mais une autre frange voit naître des réactions qui ne viennent pas seulement des nouvelles formes de production (coopératives, exploitations bio), mais de l’union consciente des consommateurs. C’est à mes yeux une force inemployée et faible car encore dispersée. Si cette force prend conscience des produits de qualité et des produits nuisibles, superficiels, une force de pression incroyable se mettra en place et permettra d’influer sur la production.

Les politiques et leurs partis ne semblent pas prendre conscience de ces forces émergentes. Ils ne manquent pourtant pas d’intelligence d’analyse…

Mais vous partez de l’hypothèse que ces hommes et femmes politiques ont déjà fait cette analyse. Or, vous avez des esprits limités par certaines obsessions, certaines structures.

Par obsession, vous entendez croissance ?

Oui ! Ils ne savent même pas que la croissance – à supposer qu’elle revienne un jour dans les pays que l’on dit développés – ne dépassera pas 2 % ! Ce n’est donc pas cette croissance-là qui parviendra à résoudre la question de l’emploi ! La croissance que l’on souhaite rapide et forte est une croissance dans la compétition. Elle amène les entreprises à mettre des machines à la place des hommes et donc à liquider les gens et à les aliéner encore davantage. Il me semble donc terrifiant de voir que des socialistes puissent défendre et promettre plus de croissance. Ils n’ont pas encore fait l’effort de réfléchir et d’aller vers de nouvelles pensées.

Décélération signifierait décroissance ?

Ce qui est important, c’est de savoir ce qui doit croître et ce qui doit décroître. Il est évident que les villes non polluantes, les énergies renouvelables et les grands travaux collectifs salutaires doivent croître. La pensée binaire, c’est une erreur. C’est la même chose pour mondialiser et démondialiser : il faut poursuivre la mondialisation dans ce qu’elle créé de solidarités entre les peuples et envers la planète, mais il faut la condamner quand elle crée ou apporte non pas des zones de prospérité mais de la corruption ou de l’inégalité. Je milite pour une vision complexe des choses.

La vitesse en soi n’est donc pas à blâmer ?

Voilà. Si je prends mon vélo pour aller à la pharmacie et que je tente d’y parvenir avant que celle-ci ne ferme, je vais pédaler le plus vite possible. La vitesse est quelque chose que nous devons et pouvons utiliser quand le besoin se fait sentir. Le vrai problème, c’est de réussir le ralentissement général de nos activités. Reprendre du temps, naturel, biologique, au temps artificiel, chronologique et réussir à résister. Vous avez raison de dire que ce qui est vitesse et accélération est un processus de civilisation extrêmement complexe, dans lequel techniques, capitalisme, science, économie ont leur part. Toutes ces forces conjuguées nous poussent à accélérer sans que nous n’ayons aucun contrôle sur elles. Car notre grande tragédie, c’est que l’humanité est emportée dans une course accélérée, sans aucun pilote à bord. Il n’y a ni contrôle, ni régulation. L’économie elle-même n’est pas régulée. Le Fonds monétaire international n’est pas en ce sens un véritable système de régulation.

Le politique n’est-il pas tout de même censé « prendre le temps de la réflexion » ?

On a souvent le sentiment que par sa précipitation à agir, à s’exprimer, il en vient à œuvrer sans nos enfants, voire contre eux… Vous savez, les politiques sont embarqués dans cette course à la vitesse. J’ai lu une thèse récemment sur les cabinets ministériels. Parfois, sur les bureaux des conseillers, on trouvait des notes et des dossiers qualifiés de « U » pour « urgent ». Puis sont apparus les « TU » pour « très urgent » puis les « TTU ». Les cabinets ministériels sont désormais envahis, dépassés. Le drame de cette vitesse, c’est qu’elle annule et tue dans l’œuf la pensée politique. La classe politique n’a fait aucun investissement intellectuel pour anticiper, affronter l’avenir. C’est ce que j’ai tenté de faire dans mes livres comme Introduction à une politique de l’homme, La voie, Terre-patrie… L’avenir est incertain, il faut essayer de naviguer, trouver une voie, une perspective. Il y a toujours eu, dans l’Histoire, des ambitions personnelles. Mais elles étaient liées à des idées. De Gaulle avait sans doute une ambition, mais il avait une grande idée. Churchill avait de l’ambition au service d’une grande idée, qui consistait à vouloir sauver l’Angleterre du désastre. Désormais, il n’y a plus de grandes idées, mais de très grandes ambitions avec des petits bonshommes ou des petites bonnes femmes.

Michel Rocard déplorait il y a peu pour « Terra eco » la disparition de la vision à long terme…

Il a raison, mais il a tort. Un vrai politique ne se positionne pas dans l’immédiat mais dans l’essentiel. A force d’oublier l’essentiel pour l’urgence, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel. Ce que Michel Rocard appelle le « long terme », je l’intitule « problème de fond », « question vitale ». Penser qu’il faut une politique planétaire pour la sauvegarde de la biosphère – avec un pouvoir de décision qui répartisse les responsabilités car on ne peut donner les mêmes responsabilités à des pays riches et à des pays pauvres –, c’est une politique essentielle à long terme. Mais ce long terme doit être suffisamment rapide car la menace elle-même se rapproche.

Le président de la République Nicolas Sarkozy n’incarne-t-il pas l’immédiateté et la présence médiatique permanente ?

Il symbolise une agitation dans l’immédiateté. Il passe à des immédiatetés successives. Après l’immédiateté, qui consiste à accueillir le despote libyen Kadhafi car il a du pétrole, succède l’autre immédiateté, où il faut détruire Kadhafi sans pour autant oublier le pétrole… En ce sens, Sarkozy n’est pas différent des autres responsables politiques, mais son caractère versatile et capricieux en font quelqu’un de très singulier pour ne pas dire un peu bizarre.

Edgar Morin, vous avez 90 ans. L’état de perpétuelle urgence de nos sociétés vous rend-il pessimiste ?

Cette absence de vision m’oblige à rester sur la brèche. Il y a une continuité dans la discontinuité. Je suis passé de l’époque de la Résistance où j’étais jeune, où il y avait un ennemi, un occupant et un danger mortel, à d’autres formes de résistances qui ne portaient pas, elles, de danger de mort, mais celui de rester incompris, calomnié ou bafoué. Après avoir été communiste de guerre et après avoir combattu l’Allemagne nazie avec de grands espoirs, j’ai vu que ces espoirs étaient trompeurs et j’ai rompu avec ce totalitarisme-là, devenu ennemi de l’humanité. J’ai combattu cela et résisté. J’ai ensuite – naturellement – défendu l’indépendance du Vietnam ou de l’Algérie, quand il s’agissait de liquider un passé colonial. Cela me semblait si logique après avoir lutté pour la propre indépendance de la France, mise en péril par le nazisme. Au bout du compte, nous sommes toujours pris dans des nécessités de résister.

Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui, je me rends compte que nous sommes sous la menace de deux barbaries associées. Humaine tout d’abord, qui vient du fond de l’histoire et qui n’a jamais été liquidée : le camp américain de Guantánamo ou l’expulsion d’enfants et de parents que l’on sépare, ça se passe aujourd’hui ! Cette barbarie-là est fondée sur le mépris humain. Et puis la seconde, froide et glacée, fondée sur le calcul et le profit. Ces deux barbaries sont alliées et nous sommes contraints de résister sur ces deux fronts. Alors, je continue avec les mêmes aspirations et révoltes que celles de mon adolescence, avec cette conscience d’avoir perdu des illusions qui pouvaient m’animer quand, en 1931, j’avais dix ans.

La combinaison de ces deux barbaries nous mettrait en danger mortel…

Oui, car ces guerres peuvent à tout instant se développer dans le fanatisme. Le pouvoir de destruction des armes nucléaires est immense et celui de la dégradation de la biosphère pour toute l’humanité est vertigineux. Nous allons, par cette combinaison, vers des cataclysmes. Toutefois, le probable, le pire, n’est jamais certain à mes yeux, car il suffit parfois de quelques événements pour que l’évidence se retourne.

Des femmes et des hommes peuvent-ils aussi avoir ce pouvoir ?

Malheureusement, dans notre époque, le système empêche les esprits de percer. Quand l’Angleterre était menacée à mort, un homme marginal a été porté au pouvoir, qui se nommait Churchill. Quand la France était menacée, ce fut De Gaulle. Pendant la Révolution, de très nombreuses personnes, qui n’avaient aucune formation militaire, sont parvenues à devenir des généraux formidables, comme Hoche ou Bonaparte ; des avocaillons comme Robespierre, de grands tribuns. Des grandes époques de crise épouvantable suscitent des hommes capables de porter la résistance. Nous ne sommes pas encore assez conscients du péril. Nous n’avons pas encore compris que nous allons vers la catastrophe et nous avançons à toute allure comme des somnambules.

Le philosophe Jean-Pierre Dupuy estime que de la catastrophe naît la solution. Partagez-vous son analyse ?

Il n’est pas assez dialectique. Il nous dit que la catastrophe est inévitable mais qu’elle constitue la seule façon de savoir qu’on pourrait l’éviter. Moi je dis : la catastrophe est probable, mais il y a l’improbabilité. J’entends par « probable », que pour nous observateurs, dans le temps où nous sommes et dans les lieux où nous sommes, avec les meilleures informations disponibles, nous voyons que le cours des choses nous emmène à toute vitesse vers les catastrophes. Or, nous savons que c’est toujours l’improbable qui a surgi et qui a « fait » la transformation. Bouddha était improbable, Jésus était improbable, Mahomet, la science moderne avec Descartes, Pierre Gassendi, Francis Bacon ou Galilée était improbables, le socialisme avec Marx ou Proudhon était improbable, le capitalisme était improbable au Moyen-Age… Regardez Athènes. Cinq siècles avant notre ère, vous avez une petite cité grecque qui fait face à un empire gigantesque, la Perse. Et à deux reprises – bien que détruite la seconde fois – Athènes parvient à chasser ces Perses grâce au coup de génie du stratège Thémistocle, à Salamine. Grâce à cette improbabilité incroyable est née la démocratie, qui a pu féconder toute l’histoire future, puis la philosophie. Alors, si vous voulez, je peux aller aux mêmes conclusions que Jean-Pierre Dupuy, mais ma façon d’y aller est tout à fait différente. Car aujourd’hui existent des forces de résistance qui sont dispersées, qui sont nichées dans la société civile et qui ne se connaissent pas les unes les autres. Mais je crois au jour où ces forces se rassembleront, en faisceaux. Tout commence par une déviance, qui se transforme en tendance, qui devient une force historique. Nous n’en sommes pas encore là, certes, mais c’est possible.

Il est donc possible de rassembler ces forces, d’engager la grande métamorphose, de l’individu puis de la société ?

Ce que j’appelle la métamorphose, c’est le terme d’un processus dans lequel de multiples réformes, dans tous les domaines, commencent en même temps.

Nous sommes déjà dans un processus de réformes…

Non, non. Pas ces pseudo-réformes. Je parle de réformes profondes de vie, de civilisation, de société, d’économie. Ces réformes-là devront se mettre en marche simultanément et être intersolidaires.

Vous appelez cette démarche « le bien-vivre ». L’expression semble faible au regard de l’ambition que vous lui conférez.

L’idéal de la société occidentale – « bien-être » – s’est dégradé en des choses purement matérielles, de confort et de propriété d’objet. Et bien que ce mot « bien-être » soit très beau, il fallait trouver autre chose. Et quand le président de l’Equateur Rafael Correa a trouvé cette formule de « bien-vivre », reprise ensuite par Evo Morales (le président bolivien, ndlr), elle signifiait un épanouissement humain, non seulement au sein de la société mais aussi de la nature. L’expression « bien vivir » est sans doute plus forte en espagnol qu’en français. Le terme est « actif » dans la langue de Cervantès et passif dans celle de Molière. Mais cette idée est ce qui se rapporte le mieux à la qualité de la vie, à ce que j’appelle la poésie de la vie, l’amour, l’affection, la communion et la joie et donc au qualitatif, que l’on doit opposer au primat du quantitatif et de l’accumulation. Le bien-vivre, la qualité et la poésie de la vie, y compris dans son rythme, sont des choses qui doivent – ensemble – nous guider. C’est pour l’humanité une si belle finalité. Cela implique aussi et simultanément de juguler des choses comme la spéculation internationale… Si l’on ne parvient pas à se sauver de ces pieuvres qui nous menacent et dont la force s’accentue, s’accélère, il n’y aura pas de bien-vivre. —

Edgar Morin en dates

8 juillet 1921 Naissance à Paris

1939 Rejoint la Résistance

1941 Entre au Parti communiste, dont il s’éloigne avant d’en être exclu définitivement en 1951

1977 Publication du premier tome de La Méthode

1993 Ecrit Terre-Patrie et appelle à « une prise de conscience de la communauté du destin terrestre »

2009 Publie Edwige, l’inséparable (Fayard)

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  • ...Aller en amour avec la vie ou bien aller à contre amour, c’est là le noeud du problème, gordien, la question à trancher...
    ...Mettre l’amour au pouvoir ? Utopie irréaliste ?
    ... En Arts Martiaux "on" ( éventuellement l’amour en l’occurrence ) utilise la force de l’adversaire pour la retourner contre lui, donc n’ayons pas peur du combat à mener, ne soyons pas désespérés, plus l’adversaire est "apparemment" fort plus il sera "facilement" vaincu...
    ... Sun Tseu dans L’art de la guerre dit d’un ennemi fais en un alliéet de cet allié fais en un ami ! Lao Tseu, et "Jésus" bien plus tard, nous ont dit aime ton ennemi...
    ... Et si l’amour se doit de "faire feu de tous bois" et sans pour autant s’engager à contre amour et se dénommer, il s’agit d’abord d’être lucide et pas dupe ! Commencer par comprendre et démasquer le vrai jeu qui se joue dans l’Ordre du statu quo actuel sur la planète, ne pas "prendre des vessies pour des lanternes" sinon comme l’on dit Pierre Dac et Francis Blanche : on s’brûle !

    18.03 à 07h24 - Répondre - Alerter
  • Oui, Edgard nous partageons votre analyse et combien serions nous heureux que vous puissiez venir en discuter avec les AMAP du Béarn
    Bien cordialement

    1er.05 à 12h06 - Répondre - Alerter
  • Edgard MORIN écrit : - NOUS AVANCONS COMME DES SOMNAMBULES VERS LA CATASTROPHE
    Comme des milliers d’indignés au QI élevé il constate des effets. Quant à remonter à la source de notre asservissement mondial au pognon, cela leur échappe.
    Pourtant : Donnez-moi le contrôle sur la monnaie d’une nation, et je n’aurai pas à me soucier de ceux qui font ses lois. Mayer Amshel Rothschild (1743-1812)
    Le véritable virus qui transforme la monnaie en cancer, c’est la possibilité d’en remettre à quelqu’un qui en manque moyennant l’engagement d’en rendre davantage au bout d’un délai convenu.
    Disparition de l’usure = disparition de la spéculation financière, des paradis fiscaux, des fortunes édifiées sur un abus de confiance auprès de Guillaume Ier, électeur de Hesse-Cassel. Disparition des traders, des banques d’affaires. Disparition de l’inflation !

    27.01 à 18h18 - Répondre - Alerter
  • Il y a une maladie de plus en plus fréquente dans nos sociétés et qui a comme conséquence l’incapacité à soutenir un rythme effréné.....c’est la fibromyalgie......

    11.01 à 10h10 - Répondre - Alerter
  • Slow food >< Fast food
    Economie collaborative >< économie compétitive
    Economie circulaire >< économie linéaire
    Autonomie alimentaire, énergétique >< dépendence
    Permaculture >< Monoculture
    Résilience >< Obsolescence
    Partage/Usage >< Possession
    Capital immatériel >< Capital matériel
    Qualitatif >< Quantitatif

    7.01 à 22h24 - Répondre - Alerter
  • Capitale Terre

    Voici le temps
    Partagé
    De nos dernières richesses

    À chaque naissance
    Liberté
    Une goutte d’eau
    Assoiffée de rivière

    À chaque naissance
    Égalité
    Une goutte de sueur
    Épuisée de misère

    À chaque naissance
    Fraternité
    Une goutte d’air
    Souillée de déserts

    Voici le temps
    Exorcisé
    De nos raisons planétaires

    Le temps
    Articulé
    D’une capitale
    Terre.

    Anick Roschi ( Extrait de “ Nuits de cartons “ Edition du Chasseur abstrait 2013 )

    6.01 à 11h00 - Répondre - Alerter
  • lamoule : Au fond

    tout est de la faute des franc-macouillards et leurs "lumières" alias idée du Progrès.

    Faites votre choix : retour en 1788 ou on continue sur la lancée de 2012 ?

    Perso, un ancien coco forcément productiviste n’en est plus à une ânerie près. Comme Gramsci il va devenir curé sur le tard

    7.08 à 09h06 - Répondre - Alerter
    • lamoule : Au fond

      A cosigné des ouvrages avec Stéphane Hessel, celui qui sent des dessous de bras et chef de file des indignes niais, c’est tout dire
      de sa profondeur de réflexion digne du café philo

      9.08 à 09h37 - Répondre - Alerter
      • lamoule : Au fond

        Réflexion indigne, même d’un bivalve… Tu es une absence.

        6.01 à 13h52 - Répondre - Alerter
      • Snarkk : Au fond

        Tandis que la profondeur de votre réflexion ne cesse de nous étonner...

        7.01 à 10h45 - Répondre - Alerter
    • Vincent : Au fond

      Pourquoi voit on toujours aurant de commentaires fondés sur du rien, après un article sensé, argumenté, clair et précis ? C’est tellement plus facile d’accuser les autres, franc mac ou qui vous voudrez...

      8.01 à 23h07 - Répondre - Alerter
  • c’est le théoricien de la complexité de notre monde depuis 50 ans : ses régulateurs et ses désorganisateurs

    16.05 à 18h18 - Répondre - Alerter
  • Edgar Morin est un grand Monsieur de la sociologie/anthropologie. Sa vision large en sciences humaines nous manquera tant il fait partie d’une catégorie de chercheurs en voie d’extinction. Parmi les elctures à recommander de son oeuvre : "la méthode"

    22.03 à 15h10 - Répondre - Alerter
  • Le bandeau publicitaire aux questions un peu idiotes renvoyant au site des "entreprises de l’eau" me fait irrésistiblement penser à une couverture de "La gueule ouverte" des 70’s ; 2 patrons hilares portant haut de forme et fumant cigare se congratulent avec satisfaction . L’un dit "je pollue" , l’autre "je dépollue" , ensemble ils s’enthousiasment " on fait des affaires ! "
    Maintenant on appelle çà le green business.
    Et il paraît que c’est excellent pour le PIB et la croissance ...

    2.01 à 08h38 - Répondre - Alerter
  • tres bonne analyse et explication mais helas les gens ne comprenent pas:ils sont conditiones il faut le confort le bien etre la technologie apres lis s’etonent:c’est cher une simple coupure d’electricite:c’est la fin du monde on ne suporte plus rien tout leur est du on va revenir en arriere c’est sur une vie un peu rude fera du bien a certains parole d’un petit paysan qui vit le plus simplement possible

    29.12 à 21h46 - Répondre - Alerter
  • Il était temps de s’en rendre compte.

    Les écolos et autres penseurs anti-capitalistes (anti-totalitaires, anti-impérialismes, ...) ont annoncé, dénoncé, cette barbarie et ces impasses depuis des DIZAINES d’années.
    C’est donc EN TOUTE CONSCIENCE que nous (et surtout nos dirigeants) sommes dans cette situation.

    Maintenant les catastrophes sont commencées et il me semble irréversibles.

    La première chose à faire est de se débarrasser de personnes incapables de penser autrement - en gros nos dirigeants de droite du centre et de gauche.
    Il est flagrant de voir combien les dogmes ont la vie dure, de voir combien les esprits sont formatés.

    Je me souviens que je disais ces même phrases il y a une bonne dizaine d’années.
    elle sont toujours aussi invérifiables, mais de plus en plus réalistes — et totalement inutiles, de fait.

    29.12 à 19h46 - Répondre - Alerter
  • Merci messieurs de vos engagements, de vos lucidités, de vos humanités. Le cours de l’histoire du monde est fait de chutes et de relèves. Aujourd’hui la chute d’un monde affolé par des pertes énormes, des dettes catastrophiques, un capitalisme financier déboussolé, des monnaies sans valeur demain est une chance pour nous tous. Tournons nous vers davantage de solidarité, de partage de nos ressources et de nos biens, aidons les peuples à s’émanciper, les enfants à pouvoir apprendre, la culture à se développer, les paysans à ne plus accepter le diktat des semenciers and co, Nous tous ré-apprenons à vivre plus simplement, plus économiquement, à re-marcher pour aller chercher son pain, amener les enfants à l’école, prendre le temps de recevoir simplement, dilapider sa solidarité, sa tendresse, s’indigner devant l’injustice et le faire savoir, ré-apprendre à être critique positivement, ne plus courir après de vaines valeurs (réussite, argent, matériel...), ouvrir sa porte et davantage encore. Nous sommes nombreux et nombreuses à penser que cette crise mondiale est une chance, contrairement à ce que veulent faire croire les pouvoirs en place. La solidarité familiale existe de plus en plus, et au delà aussi, sans être un inconvénient ni une soumission, d’autres échanges se mettant en place. Des mouvements citoyens se développent partout, même dans les villages, je vis dans un département très rural où s’organise souvent des "cafés débat", des SEL, des manifestations solidaires... J’y rencontre toutes les générations, tous les milieux, tous les avis... il y a beaucoup de respect, de dignité, de tolérance même si les débats sont vifs. Je ne crois pas qu’il y a un seul mode de vie absurde, il est toujours possible d’en changer, il suffit de vouloir bien vivre.

    29.12 à 11h44 - Répondre - Alerter
  • Villeneuve/Lot, le 19/12/2011

    Projet « Energies Renouvelables et Vie » (Santé-Environnement)
    (en abrégé : NRJReVie)

    Définition :
    Le projet NRJReVie de Villeneuve-sur-Lot met en relation directe Santé (somatique et psychique) et Environnement (naturel, social et économique).
    Il s’agit d’assembler 4 composantes reliées entre elles et interdépendantes structurellement et financièrement (d’où le logo : un trèfle à 4 feuilles, symbole du Bonheur !)

    1) un Centre SNAP (Santé-Nutrition-Activité physique et soutien Psychologique), avec éducation thérapeutique du patient
    2) un Restaurant « slow-food », lieu de rencontres
    3) une agence « touristique » VCTB (Villeneuve-Cité-Thermale du Bonheur) organisant des séjours et proposant des activités et des réflexions centrées sur le Bonheur,
    4) un Centre de recherches et développement sur les énergies renouvelables et sur l’écomobilité (voir le site www.ecomobilite.eu)

    Introduction :
    La Vie ne peut s’épanouir sans énergie …
    Pendant des millénaires, la Nature a fonctionné avec des énergies renouvelables, essentiellement le solaire et ses dérivés (solaire thermique, photo-voltaïque, éolien, agriculture et biomasse, hydraulique, …).

    Dans l’Histoire de l’Humanité, une fenêtre s’est ouverte, il y a à peine un siècle, avec la découverte et l’exploitation des énergies fossiles (d’abord le charbon, puis les hydrocarbures : le pétrole et le gaz naturel, enfin l’énergie nucléaire). Mais, comme les fleurs de Brel, ces énergies sont « périssables » ! Et, surtout, elles sont fort nuisibles à notre Planète (réchauffement climatique, accidents nucléaires).

    Il convient donc de refermer cette fenêtre pour revenir aux énergies renouvelables, et d’en tirer le meilleur parti pour permettre un Développement Durable. C’est pourquoi ce projet propose une recherche-développement dans ce domaine.
    Les énergies renouvelables servent à assurer les besoins fondamentaux de l’Homme dans la nature tout en la respectant : se nourrir sainement, se bouger, se déplacer, s’abriter, se vêtir, se défendre contre l’adversité, se cultiver, apprendre, rechercher, s’amuser, échanger, communiquer, entreprendre …

    Ce projet concerne la captation des énergies renouvelables et leur utilisation au quotidien des gens, dans le cadre d’un « Renouvellement Durable ». Si, si, « Renouvellement », car :
    « Dans la vie, il n’y a qu’une chose qui ne change pas : le changement »

    Mais, attention, il ne faut pas changer trop vite !!!
    Dans un entretien avec le philosophe Edgar Morin, l’hebdomadaire « Terra Economica » du 28/11/2011 titre : « Ralentir … vite !! » : contre le culte de la performance, il y a urgence à lever le pied. Et Edgar Morin fait ce terrible constat : « Nous avançons comme des somnambules vers la catastrophe. Que faire dans cette période de crise aiguë ? S’indigner, certes, mais, surtout, agir ! » Il rajoute qu’il faut agir dans le respect de l’Environnement vers un épanouissement individuel et collectif (il parle de « slow food », « slow life », de yoguisme, de méditation …). « Je milite pour une vision complexe des choses ». Il appelle à une « métamorphose », c’est-à-dire à de multiples réformes, commençant en même temps, intersolidaires et dans tous les domaines : réformes profondes de vie, de civilisation, de société, d’économie … pour accéder au « bien vivre » actif (épanouissement humain, non seulement au sein de la société, mais aussi de la nature) :
    (lire « La simplexité », livre d’Alain Berthoz, Paris 2009, éditions Odile Jacob)

    En lançant le projet NRJReVie, nous proposons de penser et d’agir un Développement Durable en nous tournant vers l’économie sociale et solidaire, vers le développement d’une agriculture respectueuse de l’Environnement, vers un réinvestissement de l’espace rural (déserté depuis moins d’un siècle …), vers un rapprochement ville-campagne environnante par des circuits courts d’échanges, par une union consciente des producteurs et des consommateurs, vers une « décroissance heureuse et assumée » (Pierre Rabhi).

    Le projet NRJReVie est un projet « complexe » : ses composantes sont inséparables, car complémentaires. Il y a un continuum évident entre Santé et Environnement, entre énergies renouvelables et Vie. Et il y a urgence à agir dans ce sens !

    Le journal Sud-Ouest du 28/12/2011 signale, après la clôture de la 17ème conférence internationale sur le climat (qui s’est déroulée en Déc 2011 à Durban, en Afrique du Sud) que « les indicateurs d’un réchauffement global se multiplient… dans l’indifférence générale » et que « l’ensemble de la communauté scientifique souligne l’urgence du chantier car le bouleversement climatique est plus rapide que prévu. »

    Docteur CAZEILS Francis,
    Maison Médicale, 20, avenue de Fumel 47300 Villeneuve-sur-Lot
    (tél 05 53 40 22 21 ou 06 45 43 22 85)

    29.12 à 00h15 - Répondre - Alerter
  • Merçi Edgar pour votre lecture de notre temps et la lucidite que vous avez acquise en 90 ans de combats. Vous etes aussi un visionnaire, parce que vous avez toujours pris le temps de réfléchir et ensuite d’agir.
    C’est bien ce qui fait cruellement défaut chez nos dirigeants : le manque d’anticipation.
    La crise de la zone euro en est un exemple parfait.C’est aussi une crise des valeurs matérielles et sprituelles. Les eurocrates de Bruxelles ou Strasbourg se sont fourvoyés dans tous leurs avantages extra-légaux...
    Si l’euro se casse la figure , ce sera une leçon salutaire pour l’Occident qui a basé sa prospérité sur le systèmecapitaliste = ce qui équivault en fin de compte à adorer le veau d’or (La Bible) De cette catastrophe naitra je l’espère un nouveau système beaucoup plus respectueux de l’Homme et de la Nature ou les valeurs de solidarité et de sobriété volontaire triompheront.

    En tant qu’agronome je dis : essayons de nous inspirer de ce que fait la Nature:elle a batit depuis des millions d’années des ecosystème infiniment complexes pour établir un équilibre et une harmonie parfaite entre les espèçes dans l’environnement.Je veux rajouter aux propos de Ciron, la citation de Ciçéron:Un arbre devient fort sous le vent.
    L’arbre symbolise à lui tout seul toutes les vertus de patience et croissance, et plus il croit, plus il absorbe de CO2 :n’est ce pas fantastique !Mais que fait le Monde capitaliste ? Plus il c roitplus il emet de CO2. C’est une voie sans issue. Il faut que chacun chante ce que Georges Brassens dit : auprès de mon arbre je vivait heureux...

    24.11 à 17h48 - Répondre - Alerter
  • Société
    Edgar Morin : «  Nous avançons comme des somnambules vers la catastrophe  »
    Que faire dans cette période de crise aiguë ? S’indigner, certes. Mais surtout agir. A 90 ans, le philosophe et sociologue nous invite à résister au diktat de l’urgence. Pour lui, l’espoir est à portée de main.

    Pour ma part les confusions dans l’urgence ont les conséquences dramatiques déjà citées mais je veux souligner que c’est aussi cette confusion due à la vitesse qui produit une société qui se numérise et celle-ci permet d’entrevoir des réponses aux problèmes qui sont devant nous.

    24.11 à 10h21 - Répondre - Alerter
  • Pas si évident de changer de pansement, surtout lorsque ça tourne à la gangrène...+ la schizophrénie organisée...Ainsi que penser joyeux et le partager, est dur pour ceux et celles qui en arrivent jusqu’à spéculer sur le sens de leur existence...FMI, FAO, OMS..."ils" se cachent derrière des sigles pour ne pas étouffer par leur caca nerveux. C’est dur de gagner moins de millions sur le sang d’autrui, si vous saviez...Quelle crise, quelle misère ! Achetez du kleenex, au moins y’aura 1 industrie qui perdurera la civilisation des humanoïdes terrestres. Donc, surtout ne jamais oublier de semer nos déchets, également dans la "conquête de l’espace"...
    Oups, conseil d’amie, La conquérir est mal barré, vu le mépris vécu par la Terre...

    10.11 à 16h34 - Répondre - Alerter
  • Il est plus facile de changer le pensement que de penser le changement.

    10.11 à 10h35 - Répondre - Alerter
  • Heureux de voir que ce Grand Monsieur qu’est Edgar Morin apparaît ici, heureux de voir que ses dires sont entendus par certains, heureux de me sentir moins seul... Indignons nous en acte, il en est encore temps.

    9.11 à 22h13 - Répondre - Alerter
  • c’est peut etre salutaire de le savoir

    8.11 à 19h50 - Répondre - Alerter
  • Oups petit détail d’importance, si vous décidez pour roulez à l’huile de friture usagée, prévoyez qu’"ils" ne sauront tarder à vous taxer...1 fermier a produit assez de méthane pour s’éclairer, se chauffer, cuisiner et rouler avec...à découvrir sur Passerelle eco, entre autres. Ben, quand "ils"ont voulu le taxer aussi, il "les" a envoyés paître dans leurs déchets enfouis .
    En Angleterre, "ils" ont déjà commencé à taxer les quelques taxi-cabs qui essaient rouler plus proprement . Pourtant c’est autre chose que leurs appropriations de terres d’ailleurs, pour des cultures pour "leurs caisses"...Faudrait donc limiter les beignets de l’usine à neurones frits !
    Ouais l’auto-critique c’est sportif...mais pas si pénible, lorsqu’on arrive à l’auto-dérision.

    8.11 à 11h56 - Répondre - Alerter
  • Une nouvelle ère est en marche .

    Nos créativités s’orientent vers le respect de la terre , et de ses habitants.
    Cela fondera de nouvelles activités , de nouveaux modes de production.
    Le respect , la paix et la justice seront les arcades de ce pouvoir.
    Nous devons parfaire la révolution de 1789 et donner toute la grandeur de la Constituante.
    Que soit bannie l’usure.
    L’homme ne peut être prédateur, même si son intelligence et sa paresse le dotent de pouvoir machiavélique.

    Maryse Sanguinet-Tonnerre.

    8.11 à 10h39 - Répondre - Alerter
  • Paradoxe : vu que justement, comme dit fort E.Morin, à force de sacrifier l’essentiel à l’urgence ( croissance ou plutôt cupidité à renflouer à court terme ), on oublie l’urgence de l’essentiel...Donc, pour ceux et celles qui ont trouvé "l’éclairage", sont prié(e)s d’initier autour de soi, aux formules d’"auberges espagnoles ou pas", au co-voiturage à l’huile de friture usagée, au développement de jardins partagés...etc...Il devient urgent de mutualiser nos dynamiques pour 1 Vivre ensemble, dans 1 joyeuse harmonie avec notre Nourricière.
    G7, G8, G20...G comme gavé(e)s de luxure, "ils" sont incapables de gérer les déchets de leur gloutonnerie ! Alors au lieu d’attendre quelque lueur d’intelligence de leur part, soyons maîtres de notre destin, et tout au long de notre cheminement, semons les graines d’espoir ! Cependant qu’"ils" cauchemardesquent à coups de pilules d’illusions, pour pleurer de ne pouvoir gagner + de millions...quand je pense que geler "leurs" salaires non mérités, est déjà synonyme d’effort...Vaut mieux en rire, qu’en pleurer, histoire d’avancer sans kleenex...

    8.11 à 08h37 - Répondre - Alerter
  • On en arrive à souhaiter que ces accords de dupes , ces atermoiements ... petits arrangements factices entre bourgeois & nantis - de passage au "Vrai Pouvoir" en attendant mieux (des places à la place des autres ... lol ) - cessent, que la machines à billets se bloque.

    Plus de sous ! Finito ! :-) Plus rien pour les Autobahn ou les TGV ...
    Juste de quoi planter des patates. Et roule Albert sur son petit vélo vert ...
    Merci Edgar, vous serez toujours quelqu’un de spécial pour nous ; nous avons besoin de personnes comme vous pour nous éclairer et mettre du sens sur la folie qui nous emporte.

    7.11 à 16h02 - Répondre - Alerter
  • En cette période de crise irréversible, les plus nanti(e)s paniquent et pratiquent les serrage de ceinture. Les classes moyennes ne se sentent plus à l’abri et...les autres sont déjà en stage perpétuel de simplicité volontaire. Donc 2012 sera déterminant dans la transition évolutive de l’humanité : ça passera, si l’on n’arrête la gloutonnerie que ce soit dans la consommation des denrées, celle de l’espace et celle du temps...sinon ça cassera, via le syndrome Mad Max...

    7.11 à 08h27 - Répondre - Alerter
  • Voici un demi siècle, au fin fond de l’Afrique Animiste, j’ai appris que l’homme est habité par un esprit, au même titre que l’herbe, le phacochère, la forêt ou le marigot.
    Dans ce monde, la finalité de la vie humaine était de comprendre l’ordre du monde, et de le respecter. En deux mots : HARMONIE et RESPECT.

    En Occident, il en est tout autrement.
    L’homme ne se voit pas à côté des autres formes de vie : il est au-dessus.
    Et il n’est pas seulement au-dessus : il est aussi "à part", d’une autre nature.
    L’homme n’accepte pas de subir : il veut modeler le monde, le dominer.
    Le monde physique et les autres formes de vie sont des ressources à disposition.

    Et chacun de nous, à son niveau, agit à l’intérieur de cette logique folle, tout en rêvant d’un monde plus "humain".

    Bien que nous comprenions l’absurdité de notre mode de vie, nous sommes incapables d’en changer : incapables de sortir de cet enchaînement infernal.
    Pourquoi ?
    Car les VALEURS qui nous animent (et les croyances sur lesquelles elles prospèrent) sont incompatibles avec le monde dont nous rêvons.

    Nous ne pourrons changer de Valeurs que dans un processus de Reconstruction.
    Après nous être fracassés contre l’obstacle.

    Encore un mot pour rire : taper sur Sarko, c’est un peu comme se défouler dans la cour, à la récré : car c’est toujours à cause du petit fort en thème que l’on a perdu aux billes.

    6.11 à 22h34 - Répondre - Alerter
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