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19-01-2015
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Bloom se paye à nouveau les pêcheurs d’Intermarché

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Bloom se paye à nouveau les pêcheurs d'Intermarché
(Crédit photo : David Csepp, NOAA/NMFS/AKFSC/Auke Bay Lab - Wikimedia)
 
La flotte du groupe, pointée du doigt parce qu'elle pratique la pêche en eaux profondes, lorgne sur le label MSC (Marine Stewardship Council). Encore loin d'être certifiée durable, sa démarche fait bondir les associations.
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Bloom s’insurge. L’association de préservation marine qui s’est notamment fait connaître pour son combat contre la pêche profonde attaque à nouveau Intermarché. Fin 2013, l’ONG avait épinglé la flotte du groupe, la Scapêche, pour ses pratiques destructrices. Grâce à une BD signée Pénélope Bagieu, elle avait récolté 900 000 signatures et obtenu – partiellement – gain de cause : la Scapêche s’était engagée en janvier 2014 à ne plus traîner ses filets au-delà de 800 mètres de profondeur.

Mais « le double jeu d’Intermarché éclate aujourd’hui au grand jour », s’étrangle l’ONG. En ligne de mire notamment, la demande d’évaluation déposée le 15 janvier par la Scapêche auprès du label de pêche durable MSC (Marine Stewardship Council) pour ses captures de poissons profonds (lingue bleue, sabre noir, grenadier de roche).

Un processus long de dix-sept mois

Impossible en fait pour le label de refuser au groupe de tenter l’aventure. « Nous ne faisons pas de discrimination à l’entrée en évaluation sur l’engin de pêche utilisé, souligne Stéphanie Poey, responsable communication de MSC. Seules les pêcheries qui pratiquent le shark finning, la pêche à l’explosif ou au poison sont bannies. » Un argument balayé par Claire Nouvian, directrice de Bloom : « N’importe quelle pêcherie peut entrer en évaluation ! Ça montre qu’il y a un vrai problème avec le MSC. C’est un système de business. La pré-évaluation et l’évaluation coûtent cher. Pourquoi le label aurait intérêt à faire croire à une pêcherie pourrie qu’elle a une chance d’être certifiée sinon pour se faire de l’argent ? Il devrait avoir des garde-fous. Une pêcherie qui génère des captures d’espèces menacées ne devrait pas pouvoir entrer en évaluation. »

Pour obtenir ou non le droit d’afficher le petit label, la Scapêche devra encore passer une à une les étapes de certification dans un processus long, en moyenne, de dix-sept mois. Et ce, afin d’évaluer le bon état des stocks, l’impact sur les écosystèmes marins et l’efficacité du système de gestion de la pêcherie. A six reprises, les parties prenantes (dont les ONG, les autres pêcheries, les scientifiques, les entreprises commerciales…) seront invitées à apporter leur contribution (voir schéma « Le processus de certification du MSC »). « Ce sera l’occasion de mettre toutes les parties prenantes – et notamment les ONG – autour de la table », se félicite Stéphanie Poey.

Des ONG prêtes à en découdre

Mais déjà, les ONG annoncent la couleur : « Bloom s’opposera formellement à la certification (…) et engagera toutes les ressources nécessaires pour s’assurer qu’une telle imposture n’ait pas lieu », précise un communiqué. « Si malgré ça, ils donnent leur label à ces pêcheries-là, ça prouvera une fois pour toutes que c’est un label bidon », s’emporte Claire Nouvian. « Jusqu’à présent, nous avons soutenu et promu le label MSC auprès de nos interlocuteurs, a souligné à son tour Philippe Germa, directeur général du WWF-France, dans un autre communiqué. Nous serions toutefois amenés à reconsidérer notre positionnement vis-à-vis du label MSC s’il était attribué à un opérateur pratiquant le chalutage profond dans les eaux européennes ». Deux pêcheries au chalut de fond sont déjà certifiées MSC dans des eaux lointaines : le merlu du Cap et le hoki de Nouvelle-Zélande. Des pêcheries qui « ont de bons résultats sur l’état des stocks de poissons et des écosystèmes », précise Stéphanie Poey.

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