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1-03-2013
Mots clés
Economie
France

« La croissance n’est pas la solution, c’est le problème »

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« La croissance n'est pas la solution, c'est le problème »
(Crédit photo : GaleriaArteUrbana - flickr)
 
Nulle en 2012 et sans doute encore en 2013, la croissance flanche. Mais vivre sans elle est-il pire que tout ? Pas si sûr, pour l'économiste Jean Gadrey qui dénonce l'aveuglement des élites économiques et politiques.
Le Baromètre de cet article
ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE

Jean Gadrey est économiste et membre en 2008-2009 de la « Commission Stiglitz ».

On nous dit que, sans croissance, c’est la régression sociale, on ne peut pas réduire les dettes, ni le chômage, ni la pauvreté, et l’on n’aura pas les moyens d’engager la transition écologique. Pourtant, je propose de dire « Adieu à la croissance », qui est le titre de mon livre (voir les bonnes feuilles sur le site d’Alternatives économiques).

Il serait temps que les économistes, s’ils veulent être « responsables », prennent en compte les risques écologiques et qu’ils se posent les questions suivantes : et si ce culte de la croissance relevait d’un aveuglement des élites économiques et politiques ? Et si la quête de la croissance, fondée sur des gains de productivité sans fin, était l’un des facteurs de crises, voire la plus grave des menaces à terme pour l’humanité ? Et si, quoi que l’on fasse, la croissance ne revenait jamais dans les pays « riches » ? Et si une « prospérité sans croissance » était possible et nécessaire pour sortir de la nasse où nous sommes ? Et si notre pays était immensément riche sur le plan économique, ce qui permettrait de faire face à tous les défis, sans croissance, dans le cadre d’une transition ambitieuse ?

Ces hypothèses sont de plus en plus crédibles. Le graphique joint représente l’évolution, depuis 1949, des taux annuels de croissance. On ne peut certes rien en conclure sur les évolutions futures, mais cela pourrait au moins faire réfléchir les dévots de la croissance.

Les causes du plongeon 

Bien des raisons expliquent cette baisse spectaculaire. La poursuite de la croissance se heurte d’abord à différentes limites sociales. Elle n’est plus depuis longtemps un facteur de mieux vivre, vu qu’elle est définie comme la progression quantitative d’un « truc technique », le PIB (Produit intérieur brut), lequel n’a pas été fait pour enregistrer la qualité de la vie individuelle et collective, les dommages écologiques, les inégalités, le temps libre, le bénévolat, le travail domestique, etc. Comme le disait en mars 1968 le sénateur Robert Kennedy, quelques mois avant son assassinat, « le PIB mesure tout, sauf ce qui fait que la vie vaut d’être vécue ». C’est à un constat semblable qu’est parvenue la « Commission Stiglitz » quarante ans plus tard !

Mais la raison qui va devenir la plus importante est écologique. Elle est résumée par cette citation d’un grand économiste américain, Kenneth Boulding : « Celui qui pense qu’une croissance exponentielle infinie est possible dans un monde fini est soit un fou soit un économiste. »

La finitude des ressources naturelles se manifeste notamment par les premiers effets du pic du pétrole et de bien d’autres pics (le « peak all », le pic de tout), qu’il s’agisse de ressources non renouvelables, extraites du sous-sol, qui s’épuisent et dont le prix va grimper sans cesse, ou de ressources en principe renouvelables mais tellement surexploitées qu’elles ne parviennent plus à se renouveler : climat, eau, biodiversité, forêts, terres arables…

Les avocats de la croissance à perpétuité font penser à de mauvais médecins qui jugeraient la santé d’une personne par la croissance de sa taille et de son poids alors qu’elle a atteint un âge où son développement qualitatif, individuel et social, devrait primer. C’est pour cela que nous vivons sous un régime d’obésité consumériste, au demeurant très inégalitaire.

Et le chômage dans tout ça ?

Mais alors, si la croissance prend fin dans les pays riches, et s’il faut le souhaiter pour diverses raisons, en particulier pour préserver ou restaurer des patrimoines naturels vitaux aujourd’hui endommagés, le chômage ne va-t-il pas poursuivre son envolée ?

La fin de la croissance sera en effet un drame pour l’emploi si l’on prolonge la trajectoire productiviste symbolisée par les Trente Glorieuses, car les gains de productivité détruisent l’emploi s’il n’y a pas assez de croissance. Sauf – c’est une première piste à exploiter – si l’on réduit la durée du travail. Je suis favorable au passage assez rapide et négocié en France aux 32 heures ou à la semaine de quatre jours à la carte. Mais ce n’est pas la seule piste.

En effet, rien ne nous condamne à viser toujours plus de productivité, surtout quand on mesure les dégâts humains et écologiques que cela entraîne, mais aussi la dégradation de la qualité dans bien des cas, dont des cas récents dans l’agriculture et l’alimentation. Il faut s’orienter vers des gains de qualité et de durabilité (le « toujours mieux » à la place du « toujours plus »), qui ont déjà été dans le passé des sources de création d’emplois et qui devraient l’être beaucoup plus à l’avenir : agroécologie, construction et isolation thermiques, énergies renouvelables, circuits courts, relocalisation, mobilité douce, services de bien-être, etc.

Par exemple, on a besoin d’environ 30% d’emplois en plus dans l’agriculture biologique pour produire les mêmes quantités, donc sans croissance quantitative. On est là dans une logique vertueuse favorable aussi bien à l’environnement qu’à la santé publique, à l’emploi et au sens retrouvé du travail. C’est vrai dans bien d’autres activités. La soutenabilité écologique et sociale n’est pas l’ennemie de l’emploi, et donc de la protection sociale, contrairement au productivisme. Encore faut-il des politiques résolues pour cette grande bifurcation, et une réduction des inégalités. Des scénarios de très bonne qualité existent, il faut les mettre à l’agenda politique. Ils ne sont nullement régressifs, bien au contraire.

5% du PIB part en dividendes

Privés de croissance, reste à savoir comment les pouvoirs publics pourraient dégager les financements nécessaires à la protection sociale et à la transition écologique sans creuser la dette. En réalité, on cherche les clés sous le réverbère de la croissance et pas là où elles se trouvent, du côté des inégalités, des privilèges, du pouvoir économique d’une infime minorité, et de la maîtrise du crédit. En termes économiques, les Français sont environ deux fois plus riches qu’au début des années 1970. En fait, les « marges de manœuvre » financières de gouvernements qui chercheraient les clés au bon endroit sont considérables. Voici trois exemples.


- D’abord, depuis les années 1980, le partage de la richesse économique (la « valeur ajoutée ») a évolué en faveur des profits (principalement les dividendes) et en défaveur des salaires, dans des proportions énormes. Le graphique 2 représente les dividendes versés par les entreprises aux actionnaires depuis 1949 en pourcentage de la masse salariale. Il se passe de commentaires. Aujourd’hui, 100 milliards d’euros annuels, soit 5% du PIB, partent en dividendes. Il faudrait cinq fois moins que ce montant pour éradiquer la pauvreté !

- Ensuite, selon un rapport du député UMP Gilles Carrez, les niches fiscales représentent au bas mot 100 à 120 milliards d’euros par an de manque à gagner pour l’Etat. Certaines sont justifiées, mais plus de la moitié ne le sont pas et sont jugées inefficaces par la Cour des Comptes.

- Enfin, l’évasion fiscale et la fuite dans les paradis fiscaux, plus la fraude fiscale, représentent elles aussi plusieurs dizaines de milliards d’euros de pertes sèches qui ne peuvent servir ni les objectifs sociaux ni les finalités écologiques.

Ajoutons à cela le fait qu’en se privant de la création monétaire par leur propre banque centrale (c’est-à-dire de la maîtrise du crédit), les Etats de la zone euro se sont privés d’un instrument majeur de réorientation écologique des investissements. Il faudrait, comme le demandent la Fondation Nicolas Hulot, le « collectif Roosevelt » et d’autres associations, récupérer cet outil pour financer la transition.

Quand il s’agit de « sauver l’humanité », ne pourrait-on pas faire ce qu’on a fait pour « sauver les banques » ?

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Professeur émérite d’économie à l’Université Lille 1. Collabore régulièrement à Alternatives économiques. Auteur de « Socio-économie des services », « Les nouveaux indicateurs de richesse », avec Florence Jany-Catrice (La Découverte, coll. Repères), « En finir avec les inégalités » (Mango, 2006) et « Adieu à la croissance » (Les petits matins/Alternatives économiques).

29 commentaires
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  • est-ce que les politiques lisent Terra Eco et les excellents documents que Terra Eco nous apporte ? Car j’ai tout à fait l’immpression que nos politiques sont en très grande majorité ignares et qu’en outre leur principale activité consiste à faire du bruit à l’Assemblée Nationale.
    Comment faire pour les éduquer, voilà la question clé à résoudre d’urgence. Notons que ce qui vaut pour nos députés se retrouve à Bruxelles où la soit-disant Commission prend neuf fois sur dix des décisions qui ne vont absolument pas dans le bon sens.

    3.05 à 18h51 - Répondre - Alerter
  • Je trouve cet article très intéressant.
    Je me pose cependant une question.
    Si l’on occupe plus de personnes pour fabriquer les mêmes produits (par exemple, en agriculture bio comme le dit l’auteur, il faut plus de main d’oeuvre), le prix va mécaniquement augmenter. Comment alors pourrons-nous acheter ces produits ?
    Une réponse envisageable, subventionner, mais cela ne me semble guère intéressant.

    Savez-vous si l’auteur répond à cette objection ? (S’il nous lit...)

    18.04 à 13h03 - Répondre - Alerter
  • Je vous invite à découvrir le site web officiel sur le "projet de loi européenne sur l’écocide" (crimes contre l’environnement aggravés par la course à la croissance du gaspillage et autres dangereuses aberrations). Je ne peux halas pas mettre le lien ici, car mon message serait refusé. C’est l’exploitation des uns par les autres qui créent le décalage social, et la cupidité qui multiplie le chômage. Dans 1 société auto-gérée, chacun(e) y trouve sa place, et prend ses responsabilités d’acteur dans le collectif. La schizophrénie sociétale est aussi dûe au refus d’assumer ses propres erreurs, en accusant toujours autrui .

    14.03 à 09h58 - Répondre - Alerter
  • version courte pour les gens pressés :

    http://www.reporterre.net/spip.php?...

    version longue pour ne rien perdre du raisonnement :

    http://www.reporterre.net/IMG/pdf/E...

    10.03 à 22h01 - Répondre - Alerter
  • Bonjour,
    Je ne me souviens pas d’avoir lu dans les réformes proposées par le collectif Roosevelt 2012 le fait d’abandonner l’Euro. Cela peut avoir certains avantages comme cités dans l’article, mais cela comporte certainement de gros désavantages qui nous coûteraient cher à tous, et nous priveraient entre autres de moyens pour financer des réformes. La France n’est pas un pays isolé, pas plus que ses voisins européens. Chaque pays européen seul est assez faible au plan international, mais je suis convaincu qu’au niveau européen, dans l’optique d’une Europe plus sociale, qui défend un modèle social européen et une société soucieuse de l’environnement, nous avons une bonne carte à jouer. Défendons nos valeurs ensemble au niveau européen.

    9.03 à 11h00 - Répondre - Alerter
  • “Être riche c’est avoir ce dont on a envie, être pauvre c’est ne pas avoir ce dont on a besoin ». La croissance économique est simplement une invention du capitalisme, qui en veut toujours plus. A partir de cette constatation on voit bien que la croissance économique n’a aucun sens pour l´ensemble de notre société, à moins que tout le monde n’en bénéficie. Le bien être pour tous, ou presque tous, doit être l’objectif principal de la gestion des dirigeants élus et non pas la croissance du PIB. Donc, tant que la société ne sera qu’un outil pour la croissance du capitalisme libéral et que les gouvernements accepteront cette situation, la croissance du PIB continuera à illustrer un faux progrès pour l’ensemble de la société, mais un vrai progrès pour le capitalisme. Tout le reste en découle. Il n’y a qu’à voir qu’au beau milieu de la crise économique actuelle, les seuls secteurs économiques qui croissent sont ceux des biens et services de luxe, quid est demonstrandum.

    Quant aux alternatives et sur un plan constructif, il ne s’agit pas de faire disparaitre les entrepreneurs, mais il faudrait stimuler la création de coopératives, où le concept d’employé au sens classique du terme disparait, et celui de chômage aussi.

    8.03 à 23h14 - Répondre - Alerter
  • L’analyse de Gadrey est difficilement criticable et on ne peut qu’opiner. Cependant, je trouve un peu bizarre qu’il ne parle pas des rapport de D.MEADOWS ( Limits to growth, 1972, Beyonds the Limits, 1992, Limits to Growth, 2012) . Pourquoi cet ostracisme alors que ces travaux devraient être bien connus, depuis 40 ans ! Que disait STIGLITZ pendant tout ce temps ? Enfin, continuons, mais le temps presse car les "erreurs" actuelles vont bientôt coûter très cher .

    7.03 à 10h43 - Répondre - Alerter
  • Cet excellent article, est une invite au bon sens. L’humain en est-il finalement capable ?
    Ce bon sens nous inciterait à expérimenter l’apprentissage du vivre juste, non pas dans la privation, mais dans le consommer « mieux » et raisonné.
    En ce sens que nous n’avons nul besoin d’accumuler (voiture, lunettes, portable…) pour vivre mieux, paradoxalement, c’est plutôt l’inversion (avec juste ce qu’il faut) qui vous le permet.

    www.sagessedujour.com

    5.03 à 21h29 - Répondre - Alerter
  • Je suis toujours étonnée de l’optimisme de ceux qui pensent qu’il suffira de partager mieux les richesses, de consommer mieux, de travailler moins pour partager l’emploi...j’ai parfois l’impression de retourner au temps de Charlie et de la Gueule Ouverte : "On arrête tout , on réfléchit et c’est pas triste !" Les utopies ont la vie dure, et c’est bien en un certain sens mais le monde qui attend les 10 milliards d’humains en 2050 se foutra comme d’un guigne, je le crains, de toute cette vertu ! Si nous ne pensons pas sérieusement à la décroissance de notre natalité, tous nos efforts pour une meilleure société, plus écolo, plus partageuse n’auront aucun effet. L’obésité consumériste continuera avec moins pour chacun mais beaucoup plus de consommateurs ! et surtout , comme en temps de pénurie, suffisamment pour quelques uns seulement...d’air, de paysages, d’espace, de liberté, de nourriture. Comme pour l’ économie, pensons à la qualité des vies et non à leur quantité

    5.03 à 19h47 - Répondre - Alerter
  • C’est le problème, dans certains domaines, lorsqu’on en connaît les conséquences :
    https://jmmasson.wordpress.com/2013...

    5.03 à 17h16 - Répondre - Alerter
  • Le problème de cette approche c’est qu’elle reste franco française et ne prend pas en compte la dimension planéraire du problème. Si un pays décide d’entrer en décroissance lorsque d’autres continuent à caracoler sur des taux de croissance de 7 ou 10%, TOUT ETANT RELATIF, on devient, sur le temps d’une génération, un pays pauvre. Et on sait ce qu’il peut en être de la voix d’un pays pauvre dans le concert des Nations, surtout quand il ne pése plus que 1% de la population mondiale. L’auteur est de l’université de Lille, il doit donc savoir que la quantité totale de charbon extrait en France du 18° siécle jusqu’à la fermeturte définitive des mines vers 1960 est inférieur à la production annuelle de charbon(et donc de CO2) de la Chine aujourd’hui. Malheureusement, en terme de masse, les clés des grandes problématiques environnementales ne sont plus aujourd’hui en Europe. Comment l’auteur envisage-t-il d’expliquer aux Chinois ou aux Indiens d’entrer en décroissance ?

    5.03 à 11h51 - Répondre - Alerter
    • Je pense qu’au contraire, ils y ont pensé bien longtemps avant nous ; du moins pour ce qui est de la politique de la natalité.

      Les indiens et les chinois ont une vision à bien plus long terme que nous, c’est une façon de penser que nous ne sommes
      pas aptes à comprendre. Mais je me souviens avoir lu ’Further, how CR might play out in the developing world is still unclear, although one interesting observation is that China was by far the most well-represented nation at the 2007 International Leaders Summit of the UN Global Compact because of its apparent interest in improving its CR and sustainability reputation through active engagement with the UNGC and its principles.", Waddock, 2008.

      A tous ceux qui sont convaincus que les pays émergents sont dépourvus de sagesse...

      10.03 à 12h42 - Répondre - Alerter
  • 1804... 1 milliard
    1927... 2 milliards..(+123 ans)
    1960... 3 milliards....(+33 ans)
    1974... 4 milliards....(+14 ans)
    1987... 5 milliards....(+13 ans)
    1999... 6 milliards....(+12 ans)
    2011... 7 milliards....(+12 ans)

    A 7 milliards, nous sommes déjà trop nombreux pour n’utiliser que les ressources renouvelables : nous épuisons irrémédiablement cette planète et mettons en œuvre des procédés que nous ne maîtrisons pas, tel le nucléaire que nous ne savons même pas correctement démanteler et dont nous allons laisser la charge des déchets à nos (hypothétiques) descendants : merci pour eux...
    Alors à 10 milliards comme c’est prévu en 2100, nous porterons le coup de grâce à l’expérience humaine sur la planète Terre. Y a-t-il moyen d’échapper à l’effondrement ? Oui si nous décidons de stopper la croissance folle de nos effectifs, comme le demande l’association Démographie Responsable.

    5.03 à 09h51 - Répondre - Alerter
  • La croissance telle qu’elle est envisagée par les responsables politiques actuels et par encore beaucoup trop d’économistes est en effet un problème, les solutions proposées vont dans le bon sens mais je constate que certains commentaires restent sceptiques, dommage.
    Il y a pourtant des économistes sérieux et compétents qui se sont penchés sur ce problème, il faudrait peut-être enfin les écouter, ils sont crédibles et pas simplistes.
    Ces solutions ont été reprises par des assos mais vous oubliez le parti de gauche qui va aussi dans ce sens avec l’écosocialisme, ça mérite d’être souligné de la part d’un part politique.

    4.03 à 23h13 - Répondre - Alerter
  • Voir aussi l’interview de Pierre Rahbi sur la même thématique
    http://www.quat-rues.com/blog/index...

    4.03 à 18h04 - Répondre - Alerter
  • Anne Frémaux, dans son livre "La nécessité d’une écologie radicale" (Sang de la terre) explique également ce mythe de la croissance éternelle et la nécessité d’une "décroissance choisie" plutot que "subie".

    Il est temps que ces voix se fassent entendre et que l’on ouvre les yeux sur ce changement radical à oppéré. Clairement, ce changement peut être inquiétant pour certain(e)s mais nous DEVONS changer nos habitudes ou nous irons droit dans le mur... mur qui se rapproche à grande vitesse !

    4.03 à 17h02 - Répondre - Alerter
    • Je suis d’accord, il faut choisir la décroissance de certaines activités nuisibles pour notre avenir. Il s’agit par exemple d’utiliser un monstre de près de 2 tonnes pour faire ses courses à 500m, passer un week-end dans une autre ville d’europe grâce aux avions low-cost, se chauffer à l’électricité nucléaire parce que c’est plus pratique, etc...
      Par contre, n’oublions pas qu’il faut choisir la croissance pour d’autres activités autrement plus utiles à l’homme : l’éducation, l’entraide, l’activité physique, l’amour...
      La décroissance n’englobe pas tout, c’est une décroissance de notre appétit gargantuesque pour les énergies fossiles qui reposent sous nos pieds. L’Homme est paresseux par nature et il est temps de le désaccoutumer de sa dépendance à l’énergie facile... Et ceci de manière volontaire et douce, sinon cela se fera de toute manière mais de manière bien plus abrupte.

      8.03 à 14h39 - Répondre - Alerter
      • Tout à fait !!

        - réduction du temps de travail pour plus de loisirs et de temps familiale.
        - réduction du profit économique pour plus d’égalité salariale
        - réduction de la quantité au profit de la qualité
        - ...
        Oublier le mythe de la croissance industrielle pour laisser plus de place à la croissance humaine !

        8.03 à 15h14 - Répondre - Alerter
  • Le probleme de la croissance "0" il faut le dire est que certains doivent perdre (les actionnaires, les "riches", ...) que certains vont stagner (classe moyenne) et d’autres vont encore un peu progresser (les "pauvres").
    Et donc ce n’est absolumant pas porteur d’espoir. Va falloir un vrai leader pour expliquer et faire passer la pillule pas un gestionnaire a la petite semaine.

    Moi j’adore cette citation :
    Le vice inhérent au capitalisme consiste en une répartition inégale des richesses. La vertu inhérente au socialisme consiste en une égale répartition de la misère. (Churchill)

    4.03 à 16h04 - Répondre - Alerter
    • La richesse et la misère sont des concepts relatifs : la misère fait la richesse, comme la richesse fait la misère. Mais si tout le monde est, soit riche, soit pauvre, alors il n’y a plus, ni riche, ni pauvre.
      Nous parlons ici de richesse, ou de pauvreté, au regard du pouvoir d’achat. Donc elle s’exprime essentiellement sur un plan financier. Or la finance est un mécanisme artificiel qui ne répond qu’aux lois des hommes et non aux lois de la nature. C’est l’homme qui invente la richesse et la misère. L’acceptation ou le refus, et de la richesse, et de la misère, n’est qu’une question d’éthique et de volonté. Il y a suffisamment d’injustices "naturelles" - maladie, handicap, déficiences de toutes sortes - sans rajouter en plus des limitations à l’accession au bien-être matériel.

      13.03 à 00h50 - Répondre - Alerter
  • L’analyse est intéressante et nous pousse à se poser quelques bonnes questions, mais elle a tendance à simplifier les choses, car trop globale. L’objectif d’une bonne économie devrait être de faire croitre le bien-être général. Cela ne veut pas dire arrêter la croissance, mais accepter qu’elle ne soit pas générale. Nous avons encore besoin de croissance sur des produits, secteurs ou activités qui améliorent notre vie : nouveaux médicaments, moteurs plus économes en énergie, nouvelles ligne de tram, de TGV, recyclage, etc.

    Par contre il faut espérer voir décroitre certains types de consommation qui ne sont pas porteuses de bien-être. Par exemple :
    - si nous isolons mieux nos logements, nous pourrons bénéficier d’un même confort tout en consommant moins d’énergie ;
    - si nous avons une meilleure hygiène de vie (meilleure alimentation, exercices physiques,etc.), nous serons en meilleure santé et consommerons moins de soins médicaux destinés à compenser nos excès (diabète, cholestérol, etc.).

    Est-ce que vouloir travailler moins est une solution pour améliorer notre bien-être. Je n’en suis pas sur. Nous pourrons travailler moins, quand tous nos besoins (pas nos envies), seront satisfaits. On en est loin. Pour créer une société plus respectueuse de la nature et plus économe, le travail est immense. L’amélioration de l’isolation et du confort de nos logements est un immense chantier, le recyclage de nos déchets également. Il faut aussi concevoir des véhicules plus économes et plus surs et renouveler le parc, développer les transports en commun, améliorer la qualité des soins grâce à des nouvelles technologies et des nouveaux savoir faire, etc.

    La société de consommation que nous connaissons depuis les trente glorieuses atteint ses limites. Il nous fait imaginer un autre projet que gagner et consommer toujours plus. Nous voulons conserver nombre des acquis de cette période, tout en combattant les excès. Il faut donc faire preuve d’intelligence et d’imagination pour définir un nouveau paradigme qui face consensus. Qu’est-ce que nous voulons : travailler moins ? vivre mieux ? être en meilleure santé ? pouvoir se déplacer aisément ? se cultiver ? découvrir le monde ou son jardin ? Nous voulons tout et son contraire, ce qui est compliqué. Il nous faut faire des choix, ce qui est très politique. Actuellement on parle beaucoup de moyen, de stratégie, mais pour quoi , pour quel objectif ? On nous parle de retrouver la croissance, mais qu’elle croissance et pour quoi faire ?

    Nos politiques ne devraient-ils pas nous faire rêver en nous proposant de faire émerger une société nouvelle, plus respectueuse de notre environnement et de notre bien-être et donc plus durable, et nous donner envie de nous battre, en nous motivant pour que ce rêve devienne réalité. Le chantier est énorme et il y a du travail pour tout le monde pour le réaliser, si nous savons l’organiser efficacement.

    Ce pourrait être plus motivant que de laisser le marché choisir pour nous la société dans laquelle nous voulons vivre.

    Je ne suis pas contre le marché, qui est un contre-pouvoir face à une gestion trop administrative et trop étatique de notre société, mais l’existence d’un marché libre n’est pas contradictoire avec un état qui met en œuvre un projet collectivement accepté. A l’État de donner le cadre et au marché de s’y adapter.

    3.03 à 07h36 - Répondre - Alerter
  • le taux de croissance est directement proportionnel à la quantité d’énergie par habitant.

    d’où les crises récurrentes et la baisse tendancielle de ce taux de croissance

    2.03 à 19h34 - Répondre - Alerter
  • Le titre est un peu provocateur, bien entendu, car en fait ce n’est pas tant la croissance qui est un problème en tant que telle, mais plutôt la croyance quasi mystique en une croissance éternelle !
    Et bien entendu le type de croissante !
    Or le chemin suivi par l’humanité "toujours plus, plus vite, plus fort, plus riche" n’est pas soutenable, tout simplement.
    Que des voix s’élèvent parmi les économistes à ce sujet est salutaire, donc saluons le !!
    Alors bien entendu, ce n’est pas d’arrêter de verser des dividendes qui va résoudre le problème de la faim dans le monde en un an, mais ce n’est pas à contrario en augmentant les versements comme on le fait depuis 20 ans que l’on va aller vers du mieux !
    Une meilleure répartitions des "richesses" est un des objectifs qu’il faut se fixer pour éviter une catastrophe, et je compte dans les richesses l’air que nous respirons, les paysages que nous pouvons admirer, le temps que nous pouvons consacrer aux gens que nous aimons...
    Alors la croissante du bien être et du bonheur, oui ça on peut, il n’y a pas de risques !
    Mais il ne faut pas trop traîner, sinon c’est la croissance des problèmes qui est assurée...

    2.03 à 00h53 - Répondre - Alerter
  • Il y a de bonnes idées dans cet article, et dans le livre aussi, j’en suis certaine, mais il me semble qu’il s’agit encore une fois d’idées complètement déconnectées de la réalité, sans aucune prise en compte des éléments de complexité.
    Je suis d’accord dans l’ensemble, "Gagner plus" ne signifie pas nécessairement "Gagner mieux" et trop de gens ont tendance à confondre les deux, mais par exemple, en quoi le fait de passer aux 32h permettra-t-elle de restaurer le cadre de vie des Français ? Si l’on considère un partage équilibré de la répartition des horaires d’une journée, on travaille 8h par jour, dort 8h, se repose/mange/se socialise durant 8h. 8*5 = 40h et nous avons deux jours de plein repos par semaine. Le passage aux 35h est une demi-réussite à mon avis, et il n’est pas forcément bon de faire croire aux gens que le travail est une plaie à oublier d’urgence. Cela fait partie d’une vie équilibrée. Je retournerai la question à l’auteur lui-même, passionné comme il doit être par la rédaction de son livre, s’est il arrêté à 35h ? N’oublions pas d’être nous même le changement que nous voulons voir en ce monde.

    D’autre part, lorsque l’article suggère "Aujourd’hui, 100 milliards d’euros annuels, soit 5% du PIB, partent en dividendes. Il faudrait cinq fois moins que ce montant pour éradiquer la pauvreté !". Je ne suis pas d’accord. La pauvreté ne s’éradiquent pas grâce à un montant miracle d’argent que l’on injecte dans une société, c’est un travail de longue haleine qu’il faut perpétrer au fur et à mesure sur toute une vie. Je trouve le raisonnement simplet : qui détient les dividendes ? Des entités françaises ? Des étrangers ? Peuvent-ils comprendre les objectifs de la société française ou serait-il difficile par la suite pour les entreprises de trouver investisseur ? Combien d’argent est proportionnellement investi dans la France par rapport à ce PIB ? La solution est traitée de manière complètement évasive et aléatoire, et mérite sa palme d’or pour le proverbe "plus facile à dire qu’à faire".

    Malgré ces reproches, je suis heureuse de voir que certains économistes se penchent sur la question de la qualité et non du volume de transactions en France. Avec un peu de chance, si l’on réussit à concrétiser certaines bonnes idées nous finirons par transformer le monde de manière positive... Bien amicalement

    1er.03 à 19h02 - Répondre - Alerter
    • Les chiffres donnés sur le PIB et la pauvreté est plus une illustration de l’ampleur de l’absurdité du système dans lequel nous vivons qu’une solution donnée par l’auteur. Quant à ton avis sur les 35 heures et le fait que le travaille fasse partie d’une vie équilibrée, je pense qu’il est valable pour une minorité plutôt privilégiée. Comme disais karl lagarfeld, "35 heures, quand on a un boulot qui vous emmerde, c’est plus que suffisant" (je pense ici à toutes les caissières, prospectrices téléphoniques.. tous les manutentionnaires, balayeurs, surveillants de nuit..)

      9.03 à 20h01 - Répondre - Alerter
      • Je ne suis pas d’accord, en tout cas dans l’article ils sont présentés comme de véritables fonds de marge de manoeuvre pour que l’Etat puisse gagner de l’argent. Je ne dis pas qu’ils sont impossibles à mettre en place, mais par ex., énormément de niches fiscales servent à financer la R&D dans les énergies renouvelables etc tandis que d’autres sont en effet inutiles. Faire le tri dedans ne se fera pas en un jour si on ne veut pas détruire involontairement des systèmes utiles à l’ensemble de la société. Donc pour moi, ce sont des solutions intéressantes, qui mérite d’être dites mais qui risquent encore une fois de faire passer les "gauchistes" pour de doux rêveurs où les bonnes pratiques se mettront en place et résoudront tout.

        Mon avis pour les 35h, je suis désolée je ne reviendrais pas dessus. 32h c’est trop peu, à part si les 3h de manque à gagner sont remplacées par ex. par une activité bénévole de son choix pour réapprendre un peu à tout le monde à donner de soi et de son temps à la société.
        L’exemple de Karl Lagerfeld est bien, oui c’est vrai, on n’a pas tous le meme boulot, mais il est bien trop ancré dans le présent. D’ici 50 ans, les boulots de caissiers et de balayeurs tels qu’on les connait auront certainement disparu (cf caisses automatiques, nouvelles machines Dyson..). Le travail de prosprectice téléphonique de meme, risque de disparaitre en tant que tel (managers de réseaux sociaux, tel que ce forum Terra Eco, risque d’être souhaitable), et contrairement à ce que l’on pense, le travail de prospectrice et de travailleur en call-center demande énormément de qualités et de savoir faire. Je suis pour une revalorisation des métiers, il n’y a pas de sots métiers ; et 35h à superviser des machines et corriger des bugs c’est un boulot d’ingénieur pourtant pas si différents de celui d’une caissiere de nos jours... Qui en profite pour se socialiser !
        Alors voilà, on est là en train de proposer des mesures pour améliorer la qualité de vie des futures générations, on veut réformer le marché du travail... Moins d’heures, mais sans prendre en compte les changements récents qui font que ces réformes ne changeront rien. Quelles sont les causes, pourquoi est ce que la réforme à 35h n’a pas été suffisante ? Tout simplement parce que les gens n’ont pas travaillé moins, le travail a du eu être plus performant, plus stressant... Et puis oui, au final on a accordé plus de vacances, mais plus de vacances, ca incite les gens à partir loin ; à visiter et donc à dépenser... Et donc à nécessiter un niveau de salaire plus élevé alors que leur travail ; vu qu’ils travaillent "moins" ne s’apprete pas à leur donner plus d’argent. Voilà donc une réforme qui, selon moi, entraine une réelle schyzophrénie du travailleur-consommateur français. Mais je dis pas ça dans le but de détruire de manière systématique les arguments de mes opposants, je dis ça parce que bien trop souvent en France, on se retrouve avec ce raisonnement pourri "je veux bien que ça profite à tout le monde si ça me profite surtout à moi". Du coup, lorsqu’on parle de croissance et décroissance choisie, en disant que ce sera génial pour tout le monde, mais surtout on défend sa place dans le système pour pas être celui qui y perd. Bref, pour moi, c’est pas avec ces raisonnements qu’on se construira un monde sympa...

        10.03 à 12h25 - Répondre - Alerter
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