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Coup de stress sur la forêt
dimanche, 31 janvier 2010 / Karen Bastien

Les forestiers plantent aujourd’hui la forêt de demain. Mission impossible face à un climat en évolution rapide ?

Le Père Noël devra s’y faire. Le traditionnel sapin risque de devenir une exception dans les maisons françaises en 2100. On pourra peut-être le remplacer par le pin maritime qui va gagner jusqu’à l’Ile-de-France ou le robinier, un bois, résistant aux pénuries d’eau, qui prend ses aises dans l’Hexagone. Les chercheurs de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) de Nancy ont simulé la répartition de 8 espèces à partir d’un scénario d’augmentation de la température de + 2,5 ° en 2100. Cependant, pas besoin de se projeter si loin pour constater les impacts du changement climatique sur la forêt française, l’une des plus importantes d’Europe.

Aujourd’hui, le pin sylvestre dépérit dans le Sud-Ouest et le sapin dans les Alpes du Sud. La faute à un stress hydrique récurrent. Des maladies et des ravageurs progressent, comme la chenille processionnaire du pin qui monte vers le Nord. Forestiers, climatologues et Office national des forêts (ONF) ont donc listé les « essences de transition » capables de résister au moins jusqu’en 2050. « Parmi les espèces les plus vulnérables, il y a celles d’altitude qui ne cessent de monter, mais qui, à un moment, seront trop isolées pour perdurer », remarque Myriam Legay, de l’ONF. « Il ne faut plus avoir de plantation pure, c’est trop risqué. Mais au contraire, favoriser le mélange des essences », conclut Olivier Picard, coordinateur d’Aforce, réseau dédié à l’adaptation des forêts au changement climatique. —