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Le traiteur qui veut donner un coup de jeune à l’emploi des seniors
mardi, 1er mars 2016 / Natacha Delmotte

Créer des jobs pour les plus de 50 ans en vendant « la cuisine de mamie ». Tel est le concept de Nos Grands-mères ont du talent, une jeune enseigne de restauration à emporter présente dans quelques gares franciliennes.

« Tout est frais, cuisiné et prêt à être réchauffé à la maison », hurle Jean de Guerre, 27 ans, cofondateur de Nos Grands-mères ont du talent, à la volée en gare de Clamart (Hauts-de-Seine) comme tous les mardis soirs. « Si vous n’avez rien prévu pour le dîner, sachez que nous, on a tout prévu pour vous ! » Depuis le mois de janvier, la jeune enseigne de restauration à emporter s’installe chaque semaine ici et dans les gares de Saint-Quentin-en-Yvelines et Versailles-Rive-Droite (Yvelines).

En ce soir de vacances d’hiver, le flux de voyageurs est moindre que d’autres jours. Mais certains ont déjà rempli de coups de tampon leur première carte de fidélité. Chaque lundi, Nos Grands-mères ont du talent met en ligne son menu de la semaine sur sa page Facebook et Jean de Guerre échange avec les habitués. « Je les connais un peu maintenant. » Au milieu des passants indifférents, d’autres s’approchent pour comprendre le concept. Claire, étudiante en design, est emballée par l’idée : « Je suis très branchée entrepreneuriat et c’est la première fois que je vois ça près de chez moi ! » Candide, elle demande : « Est-ce que les plats sont cuisinés par des mamies ? »

Poulaille au crémant accompagnée de quinoa aux poireaux et aux champignons

La réponse est claire : pas de mamie ici, malgré la présence sur le site Internet de la boîte des « valeurs » et des portraits des quatre grands-mères des deux cofondateurs. Le concept est différent des Telemadres espagnoles qui cuisinent pour les actifs trop pressés. Mais peut-être que des mamies rejoindront le projet car l’entreprise souhaite créer de l’emploi pour les plus de 50 ans, particulièrement touchés par le chômage. « On pense que les seniors sont toujours créateurs de richesses », explique Jean de Guerre, qui annonce la couleur : « Pour chaque point de vente ouvert, c’est un emploi senior créé ». Pour le moment, la boîte prend en charge la conception des recettes et la vente ; la fabrication, elle, est confiée à un « chef de 64 ans ». Avec le logisticien salarié – qui achemine la nourriture et livre les points de vente –, il est le seul représentant des seniors acteurs de l’entreprise. A sa carte la semaine dernière, une poulaille au crémant accompagnée de quinoa aux poireaux et aux champignons, notamment. Le plat coûte environ 10 euros, la soupe 4,90 et le dessert 3. Les produits sont « ultrafrais », mais seules les soupes sont bios.

C’est au cours d’un voyage de six mois en Amérique latine que le concept est né. « Avec mon cousin, on a plaisanté un jour en imaginant un restaurant entièrement tenu par des grands-mères », explique Jean de Guerre. L’idée germe à son retour en France. Alors en école d’ingénieur, le jeune homme suit un master en marketing et rencontre son associé, Arthur Juin. Ils envisagent d’abord d’ouvrir un foodtruck tenu par des seniors puis développent l’idée de Nos Grands-mères ont du talent et se lancent pour de bon au mois de janvier dernier.

« Une trentaine de repas par soir »

Depuis, ils vendent « une trentaine de repas par soir ». De nouveaux clients arrivent, et les premiers reviennent. « C’est facile de vendre un produit une fois à un client. C’est plus compliqué de le faire revenir. Contrairement aux applications de livraison à domicile, le fait d’avoir un vendeur permet un vrai rapport au client », explique le jeune entrepreneur. A partir du mois de mars, ils proposeront un service de réservation en ligne mais les plats seront toujours à venir chercher auprès du vendeur.

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