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Des lunettes en algues, ça vous branche ?
lundi, 29 février 2016 / Claire Baudiffier

Une société nantaise a créé des binocles en algues bretonnes. Locales et à un tarif raisonnable.

« Elles doivent avoir une odeur, non ? » « Elles ne se cassent pas ? » Jean-Philippe Douis sourit en repensant aux questions farfelues qu’il a entendues il y a quelques mois. L’opticien et son équipe étaient alors au Salon international professionnel de l’optique-lunetterie, à Paris, pour présenter leur dernière innovation. Des lunettes à base d’algues, dessinées et fabriquées en France. Une première au niveau international. « Il a fallu un an et demi de travail et de réflexion pour les créer, raconte Jean-Philippe Douis. Le premier prototype que nous avons eu dans les mains s’est cassé. L’idée était de parvenir à un mélange qui puisse résister, qui soit pratique et esthétique. » Pour cela, son entreprise, Naoned – qui compte sept salariés – installée, comme son nom le suggère, à Nantes, a travaillé avec la société malouine Algopack.

« Les premiers modèles ont été réalisés grâce à un mélange d’algues et de liant plastique, explique Rémy Lucas, créateur et dirigeant d’Algopack depuis 2010. Mais d’ici quelques mois, toute la production va passer en 100% algues, le but est de ne plus du tout utiliser de ressources fossiles. » Car c’est l’avantage de ces algues brunes cultivées dans les eaux bretonnes. Elles n’ont besoin de rien ou presque. Ni intrants, ni engrais, ni terres arables, seulement de l’eau de mer.

« Ce n’est pas bobo »

« Au final, les lunettes, en vente depuis le début de l’année, sont vendues à peine 10% de plus que nos paires classiques, c’est-à-dire environ 260 euros pour une entrée de gamme, à savoir pas forcément plus que certaines fabriquées en Chine », précise Jean-Philippe Douis. Car la marque de fabrique de Naoned, c’est « l’éconologie », comme aime à le répéter son fondateur. Toutes les paires – en algues ou en acétate de cellulose venant d’Italie – sont fabriquées en France, dont la plupart dans un atelier nantais. « Oui, ça coûte quatre fois plus cher de faire fabriquer ici qu’en Chine, mais c’est du bon sens. » « Et non, la nouvelle gamme de lunettes en algues, ce n’est pas bobo, poursuit, ironique, Aristide Mélou, responsable marketing et communication de Naoned. C’est tout simplement logique de prôner la fabrication locale et de produire des lunettes moins énergivores. » Et si pour le moment Naoned garde l’exclusivité de cette trouvaille – « pour promouvoir l’innovation régionale notamment », dit Rémy Lucas –, l’objectif, d’ici quelques mois, est de transmettre le savoir-faire. « Nous ne voulons pas nous approprier cette nouveauté et surtout pas en faire un produit élitiste ! Tant mieux si nos concurrents utilisent aussi cette nouvelle technologie », concluent Jean-Philippe Douis et Aristide Mélou. —

Impact du projet
- Quatre modèles de lunettes en algues sont en vente
- 260 euros pour une entrée de gamme