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Au théâtre, le climat trouve des planches de salut
mardi, 29 septembre 2015 / Hélène Gélot

Du théâtre chanté, du théâtre débat, du théâtre conté... Un peu partout en France, des troupes s’emparent du combat climatique avant et pendant la COP21. Tour de piste (non exhaustif).

« Après la pluie, le beau temps »

« C’est souvent quand la catastrophe frappe à notre porte que toutes nos capacités à avancer ensemble se dévoilent », remarque la directrice artistique de la compagnie Corossol, Eliane Le Van Kiem. Dans Après la pluie, le beau temps, trois experts sont conviés par un haut fonctionnaire à trouver des solutions contre le changement climatique. Ils se réunissent lors de rendez-vous annuels. Mais la situation devient critique à cause des remous du climat, jusqu’à ce que les trois spécialistes se retrouvent bloqués par la montée des eaux, puis envahis par les moustiques !« Au début, les experts défendent leurs intérêts, leur confort…, raconte la directrice artistique. Puis tous les troubles liés au réchauffement climatique viennent mettre à nu leur humanité et ils sont obligés de faire profil bas. »



Cette pièce pleine d’humour, à la fois jouée et chantée, a demandé aux huit comédiens un an et demi de préparation. Ils ont rencontré des sommités du climat afin de maîtriser les thèmes abordés. « On a fait lire le scénario à Jean Jouzel (climatologue et vice-président du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), ndlr), il a validé le contenu… même s’il a signalé que, scientifiquement, les moustiques de la fin étaient trop gros ! », s’amuse Eliane Le Van Kiem.

Représentation le 21 novembre (en spectacle déambulatoire) à la salle Jacques-Brel à Pantin (Seine-Saint-Denis). Autres dates à prévoir jusqu’à la fin du mois de décembre. Voir le site de la compagnie.

« Extreme Whether »

L’Américain James Hansen est l’un des premiers climatologues à avoir démontré l’origine humaine du changement climatique. Extreme Whether, écrite par Karen Malpède, s’inspire de sa vie et de son œuvre, via le personnage de John Bjornson. Elle met en scène un conflit familial entre cet homme et sa soeur jumelle, ignorante du danger environnemental qui menace, car aveuglée par ses investissements dans les ressources fossiles. Dans son combat, le scientifique est soutenu par l’une de ses étudiantes qui devient sa maîtresse, mais surtout une experte ès fontes des glaces, sa fille, passionnée par les grenouilles, et un vieil oncle qui se bat contre un projet de forage pétrolier.

(Crédit photo : Beatriz Schiller)


La pièce a été créée par la compagnie américaine Theater Three Collaborative. Elle est jouée en collaboration avec la compagnie suisse De Facto.

Lectures de la pièce à Paris, le 10 décembre en français et le 12 décembre en anglais au Bilingual Acting Workshop et le 11 décembre à la Fondation des Etats-Unis.

« Ça va chauffer ! »

Pour la COP21, la Compagnie Naje ressort de ses cartons une pièce créée en 2009, au moment du dernier sommet des Nations unies sur le climat à Copenhague. « Car malheureusement, les enjeux restent exactement les mêmes, avec une situation aggravée », commente Philippe Merlant, l’un des administrateurs de la troupe. Le spectacle se joue en deux temps : une première partie d’une heure aborde différents aspects liés au climat sous la forme de petites saynètes. La troupe rejoue des extraits de la pièce lors d’une deuxième partie, mais le spectateur peut cette fois intervenir pour venir remplacer l’un des comédiens et aider la personnage à résoudre la situation. Le théâtre forum – ce type de représentations – est l’un des outils de la méthode du « théâtre de l’opprimé », inventé par le dramaturge brésilien Augusto Boal dans les années 1960. « Ce qui est intéressant quand on joue et rejoue la pièce, s’enthousiasme Philippe Merlant, c’est qu’il y a toujours des solutions nouvelles qui sont inventées. »



La troupe est allée à la rencontre de différentes organisations – Terre de liens, l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie), Les Amis de la Terre… – pour cerner les enjeux et valider le contenu de la pièce.

Représentations dans toute l’Ile-de-France entre le 29 septembre et le 13 décembre. Voir le site de la compagnie.

« Les Glaciers grondants »

C’est l’histoire d’un écrivain approché par un grand quotidien pour écrire un article sur le changement climatique. Entièrement novice sur le sujet, l’homme se lance dans une enquête approfondie qui va le mener de rencontres inédites en prises de conscience intimes. Dans cette nouvelle pièce, le dramaturge David Lescot met en scène un quasi-double de lui-même, puisqu’il a dû se plonger lui aussi dans les livres, les films et les conférences sur le climat pour monter la pièce.

La pièce mêle théâtre, musique live, chorégraphies… Dans la troupe se distingue le multifacettes Théo Touvet, qui réalise des numéros de cirque, joue du trombone… et a servi de relais scientifique en tant qu’ancien polytechnicien spécialisé dans l’étude du climat.

Représentations les 9 et 10 novembre à la Comédie de Caen et du 4 au 18 décembre au Théâtre de la Ville, à Paris.

« Gaïa Global Circus »

Des scientifiques qui prélèvent des carottes de glace, Noé qui négocie un prêt à la banque pour construire son arche, Virginie qui veut convaincre de l’urgence de la situation… Il y a tout ça dans Gaïa Global Circus. Le sociologue et philosophe des sciences Bruno Latour est à l’origine du projet. Au départ, un constat : le décalage entre l’urgence d’agir pour le changement climatique et la faiblesse de la mobilisation. « Gaïa Global Circus se veut une « tragicomédie climatique », explique Bruno Latour dans Philosophie Magazine. Le ton est inhabituel : ni strident, ni catastrophiste, ni militant ou pédagogique. Il emprunte au cirque ce ton singulier, léger, sans être comique. »

(Crédit photo : DR)


Du 1er au 4 décembre au théâtre Dijon Bourgogne, les 28 et 29 septembre au Théâtre Sorano, à Toulouse, les 30 novembre et 1er décembre à la Comédie de Reims.

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