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« Catharsis », bédéchirée
mardi, 30 juin 2015 / Simon Barthélémy

De Luz. Futuropolis, 128 pages, 
14,50 euros.

Ginette : c’est le surnom que Luz donne à sa boule au ventre, qui ne le quitte plus depuis le 7 janvier. Le jour de son anniversaire, un petit déjeuner au lit avec sa compagne a miraculeusement mis le dessinateur de Charlie Hebdo à la bourre. Ce jour-là, « le dessin m’a quitté. Le même jour qu’une poignée d’amis chers. A la seule différence qu’il est revenu, lui », dit-il. Alors Luz s’en sert, avec l’humour plus que jamais politesse du désespoir. Il dialogue, assis les pieds dans la tombe, avec Charb, son alter ego. Il imagine un ballet de kalachs ; une ruse pour échapper aux flics de sa protection rapprochée ; un « rendez-vous manqué » il y a vingt ans, cours de dessin avec deux garnements, Chérif et Saïd. Il voit rouge – le sang, la colère, le rouge à lèvres de Camille, qui l’aide et l’aime tant. Ses scènes de sexe ou ses idées noires à la Franquin sont loin des strips peuplés de Mégret, Biolay ou Mahomet. On saisit son envie de tourner une page, de fuir le « vampire », cette poisseuse compassion en mode « on a besoin de vous », et d’avancer, comme finissent par le faire ses petits bonhommes sidérés. Déchirant.


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