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Protéger les animaux que nous sommes
mercredi, 29 avril 2015 / Walter Bouvais /

Cofondateur et directeur de la publication du magazine Terra eco et du quotidien électronique Terraeco.net

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La meilleure des intentions peut dégénérer en conflit de voisinage. Depuis des années, des villes organisent le « retour » de la nature en leur sein, imaginant la coexistence entre nous, humains, affublés de nos smartphones et voitures individuelles, et le règne animal et végétal. Ecoquartiers, forêts urbaines, friches naturelles… la floraison de ces initiatives génère des confrontations homme/animal dont nous avons perdu les codes. A Bordeaux, c’est un ragondin, à Londres, une colonie de renards, ailleurs, le loup. Les petites bébêtes nous gênent, dès qu’elles sortent du cadre théorique de la défense de la biodiversité pour venir nous chatouiller les orteils au beau milieu du barbecue dominical.

Notre rapport aux animaux sauvages en dit long sur notre méconnaissance du vivant, vivant sans lequel nous terminerions à l’horizontale et qui n’est autre que l’immense réserve d’énergies parvenue à coloniser la Terre au prix d’une certaine patience. L’espèce humaine ? Elle prospère au milieu, mais n’en demeure qu’un épiphénomène. Comme dans tout système, tout se tient. Ainsi, nous avons besoin des « autres » pour assurer notre survie. Les pêcheurs de morue de Norvège l’ont compris. Après des années difficiles, marquées par l’arrivée des quotas et la mise au rebut de chaluts, les stocks de poissons ont fini par se reconstituer au-delà de ce qui était espéré. Les ressources naturelles sont la branche sur laquelle notre humanité est assise. Nous pouvons continuer d’en nier la nature, de la scier, de mener des combats d’arrière-garde, à l’instar de Mitch McConnell, sénateur américain et fer de lance de l’opposition à toute lutte contre le changement climatique. Ou nous pouvons nous coltiner la question du vivant, écouter ce que les scientifiques ont à nous dire. Même la Maison-Blanche s’y met, à propos du changement climatique. « Aujourd’hui, il n’y a pas de plus grande menace pour notre planète (…), dit le président Obama. Dans des années, je veux être capable de regarder nos enfants et nos petits-enfants dans les yeux et leur dire que nous avons fait tout notre possible pour la protéger. » Nous pourrions préciser : pour « les » protéger. —

Retrouvez ici le dossier « 30 milliards d’amis ? »