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Glaciologue, un métier menacé par le changement climatique
lundi, 27 avril 2015 / Amélie Mougey

Les jeunes scientifiques qui visent une carrière de glaciologue vont devoir prendre des leçons d’alpinisme. Sous l’effet du changement climatique, leur objet d’étude devient de plus en plus difficile d’accès. Conséquence de la fonte de la banquise et du recul des glaciers, « ils doivent être préparés à se rendre dans des environnements de plus en plus extrêmes pour obtenir leurs échantillons », souligne la revue Nature Un article intitulé « Glaciologie : climatologie sur la corde raide », publié lil y a quelques jours, raconte la mésaventure d’une chercheuse suisse. Partie sur l’archipel de Svalbard, dans l’océan Arctique, pour effectuer de nouveaux prélèvements à l’endroit précis de carottages réalisées douze ans auparavant, elle a vu sa route barrée par des crevasses et ne trouva que de la glace fondue !

Deuxième problème, les échantillons, devenus compliqués à collecter, sont souvent impossibles à analyser. La glace, qui renferme de précieuses informations sur la composition de l’atmosphère, est composée de différentes couches. Celles-ci permettent aux chercheurs, climatologues et glaciologues de remonter dans le temps. Or, sous l’effet du réchauffement climatique, les couches les plus à l’extérieur fondent, ce qui rend les échantillons impossibles à dater. Et l’absence de cette information rend les recherches vaines.

Pour l’heure, la meilleure option consiste à grimper plus haut, là où la glace ne fond pas. Mais cela suppose de travailler avec moins d’oxygène et de transporter le matériel à dos d’homme et non plus en hélicoptère. Sans compter que « dans la plupart des cas, on ne peut pas monter plus haut, ou trouver un environnement plus froid », précise Douglas Hardy, géoscientifique de l’université du Massachusetts, à la revue Nature. Pour assurer la survie de leur métier, les glaciologues ont donc demandé aux Nations unies de soutenir un programme de collecte et de stockage d’échantillons de glace en Antarctique. Le meilleur moyen pour que leurs successeurs ne se retrouvent pas au chômage technique.

A lire en anglais dans la revue Nature.

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