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Miss Bouffe raconte… les vols de pignons
mercredi, 25 mars 2015 / Miss Bouffe

Sur l’île de Ré, une histoire de trafic de pommes de pin édifiante…

Brassens en aurait avalé sa pipe. Lui qui voulait être enterré sous un pin parasol pour avoir du calme… Depuis plusieurs mois, il y a beaucoup de monde sous les pins du sud et de l’ouest de la France. Et ils ne sont pas là pour conter fleurette, mais pour cueillir les pommes de pin et leurs pignons. C’est l’association Ré nature environnement qui a découvert le pot aux roses. De mystérieux camions aux plaques catalanes quitteraient l’île de Ré (Charente-Maritime) chargés de plusieurs tonnes de butin, après avoir dévalisé les pinèdes. L’explication serait le désamour des consommateurs espagnols pour le pignon chinois. Car, oui, la quasi-totalité des pignons qui atterrissent dans nos salades d’été viennent d’Extrême-Orient. Il y a quelques années, certains fournisseurs asiatiques ont eu la brillante idée de compléter leurs lots par quelques tonnes de pignons considérés comme non comestibles par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. Résultat, les centres antipoison se sont retrouvés avec une épidémie de dysgueusie sur les bras. Cette pathologie handicapante commence par un goût amer dans la bouche et se termine avec une altération du goût (qui revient au bout d’un moment). Avec 3 400 cas relevés entre mars 2008 et janvier 2009, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes a été obligée de sonner les cloches aux distributeurs et tout est rentré dans l’ordre. Moralité, la mondialisation, ça va vite, mais une réputation, c’est long à refaire. Trop long pour empêcher les pinèdes de se retrouver à poil.

Militons pour le local : ramassons, cassons la coque entre deux cailloux et dégustons sur le champ, façon souvenir d’enfance.