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A quoi sert notre génie ?
jeudi, 27 novembre 2014 / Walter Bouvais /

Cofondateur et directeur de la publication du magazine Terra eco et du quotidien électronique Terraeco.net

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Nous y sommes presque. Dans un an, les Nations « unies » se rassembleront à Paris pour une 21e conférence « historique »sur le climat. 193 pays devront s’entendre pour réduire massivement leurs émissions de gaz à effet de serre. L’enjeu : ne pas dépasser la limite de 2 °C de réchauffement planétaire depuis l’ère industrielle. Au delà, selon les scientifiques, nous entrerions dans une ère de réactions en chaîne, mettant en danger l’existence même de l’espèce humaine. Plutôt qu’acter ce fait scientifique, des Etats préfèrent en « négocier » les termes. Mais l’accord surprise annoncé en novembre entre les Etats-Unis et la Chine peut changer la donne. Cette première ouvre un chemin. Les pays les plus pollueurs pourraient ainsi être rejoints par d’autres dans ce défi sans précédent : l’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit qu’au rythme actuel le réchauffement planétaire atteindra 3,6 °C à terme.

Face à ce défi, deux visions s’affrontent. La première prône le business as usual, jure par la relance de la croissance du PIB. Peu importe si cet indicateur considère comme « positifs » la surconsommation de médicaments, l’usage de pesticides, une épidémie de cancers… La seconde défend l’idée d’un génie humain revisité et propose une rupture passionnante, à l’image de l’épopée de la sonde Rosetta. Ce projet pensé sur le temps long illustre notre capacité à faire avancer la science au bénéfice de la connaissance, loin du diktat du marché.

Dans nos bois, nos champs, nos rivières

Ce qui est vrai au-dessus de nos têtes l’est aussi à nos pieds. Dans nos bois : la forêt française, choyée depuis des siècles, recèle un potentiel de richesses et d’emplois. Le génie humain permettrait de faire de cette ressource des immeubles de plusieurs étages. Dans nos champs : nos menus locavores de Noël montrent qu’il y a du génie dans une alimentation de proximité. Du bon, du beau, qui respecte la terre et la santé des agriculteurs… Et qui crée davantage d’emplois que ne le fait la grande distribution. Dans nos rivières : plutôt que d’endiguer l’eau à renfort de barrages et de canaux, nos ingénieurs savent transformer certains milieux naturels en éponges, qui absorbent l’eau en hiver et la restituent en périodes de stress hydrique. La liste est longue. Ce qui est en jeu, c’est une nouvelle société, une nouvelle économie. Ce n’est pas par la violence qu’on y parviendra – de quelque côté qu’elle se trouve – mais par la mobilisation enthousiaste et créative autour d’un projet novateur et partagé. —