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Bridget déteste… les portails
mercredi, 28 mai 2014 / Bridget Kyoto /

Bridget Kyoto est un double déjanté de Laure Noualhat, journaliste, qui offre chaque semaine une Minute nécessaire sur Internet.

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Bien orgueilleux le premier qui érigea un portail. Quand on a un château fort à défendre, passe encore, les murailles et le pont-levis en imposant considérablement aux manants. Mais un portail pour le pavillon à crédit, ça me chatouille le mépris du genre humain. J’abhorre les portails, clôtures et autres barrières, c’est instinctif. Je déteste cette façon qu’ils ont de défigurer le paysage. Cette fois, il ne s’agit pas d’un édifice monumental qui inscrirait la main de l’homme dans l’espace naturel, mais d’une habitude culturelle aussi bête que répétée, et néanmoins significative, de nos peurs de propriétaires.

A bien y réfléchir, un portail et sa barrière attenante n’empêchent pas ceux qui veulent entrer de le faire, car certains s’enjambent comme on enfourche un poney. La barrière qui encercle une maison me renvoie à la délimitation étriquée de l’esprit du propriétaire des lieux. Il y a ce petit côté moyenâgeux. « Là, c’est chez moi, et toi, tu restes dehors. » Quand on pense qu’il suffit d’aller au cadastre pour connaître l’existence des parcelles, avouez qu’on claque un fric fou à les représenter aux yeux des autres ! J’ai moins de griefs à l’encontre des portails symboliques. Ceux qui existent pour signifier l’espace intérieur de quelqu’un mais qui n’enferment jamais. A partir de cette arche fleurie, vous entrez dans ce domaine que j’occupe (et non pas dans « ma » maison). Ces signaux sont les plus inutiles donc les plus essentiels. Un torii (portail traditionnel japonais) ouvre la voie vers la sérénité d’un temple. Et la sérénité n’appartient à personne. —

Si vous détestez Bridget Kyoto (ou si vous l’aimez), dites-le-lui au bas de cet article.