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Les adieux au miel
jeudi, 24 avril 2014 / Miss Bouffe

Quand le miel vient à manquer, c’est la tartine qui flippe. Les Chinois seraient bien en peine d’inventer un proverbe pareil, puisque c’est surtout sur nous, pays du Nord de l’Europe, que plane l’épée de Damoclès de la pénurie mellifère. Cela fait déjà un moment qu’il faut se lever tôt pour dégoter un miel made in France. La production n’a jamais été aussi basse que l’an dernier : 15 000 tonnes, soit moitié moins que les niveaux observés jusqu’en 1995. A cette date-là, Miss Bouffe trouvait que l’intérêt de l’abeille domestique se limitait à constituer le passe-temps de son grand-père. Si elle avait su, elle aurait peut-être tenté de thésauriser. Car, un jour, qui sait si les pots de l’aïeul chéri n’eussent pas valu autant qu’un châteauneuf-du-pape ? La production de miel agonise. Une étude vient d’annoncer que la France affichait les plus grosses pertes du continent : 13,6 % de taux de mortalité des colonies d’abeilles en saison apicole, et plus de 27 % sur l’ensemble de l’année. A ce rythme, les ouvrières survivantes peuvent toujours usiner : leur butinage ne suffira pas. Ni à enduire nos tartines, ni à polliniser le tiers des cultures qui en ont besoin pour se reproduire. C’est la disette. —

Dans un yaourt ou sur une pomme au four, dégustons !