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A Fukushima, la menace est dans l’air
jeudi, 19 décembre 2013 / Carlos Ayesta et Guillaume Bression /

Carlos Ayesta, né à Caracas, au Venezuela, en 1985, travaille en tant que photographe indépendant ; il s’est spécialisé en photo d’architecture et de hauteur, sur corde. Guillaume Bression, né à Paris en 1980, scientifique de formation, est photographe et cameraman indépendant à Tokyo. Installé au Japon depuis 2010, il est le correspondant de la chaîne France 24.

Carlos et Guillaume ont créé le collectif Trois8 (avec Audrey Boehly) en 2009. En 2013, leur travail autour de Fukushima a été exposé lors de festivals et projeté aux « Voies Off » d’Arles 2013.

Dans les eaux et dans les sols de la région de Fukushima, au Japon, les traces radioactives de l’accident de mars 2011 sont partout. Carlos Ayesta et Guillaume Bression racontent cet invisible danger, entre fatalisme et poésie.

Namie, Odaka, Date, Iitate, Kawamata : autant de territoires vérolés de la préfecture de Fukushima (Japon). C’est là que deux photographes du collectif Trois8, Carlos Ayesta et Guillaume Bression, sont venus poser regards et appareils. L’idée : figurer les frontières – ténues, voire invisibles – entre les zones interdites car contaminées et les autres, privilégiées car potentiellement vierges.

Baptisé Mauvais rêves, le travail des deux photoreporters rappelle en poésie noire combien les angoisses parviennent à se glisser dans les recoins du quotidien d’habitants touchés par le sinistre. Les bulles de vie pure et l’étanchéité d’emballages censés protéger des radiations semblent ainsi d’irréels et dérisoires barrages contre le danger. Les conséquences de l’accident de Fukushima Daiichi, encore invisibles pour certaines, ont, depuis le 11 mars 2011, pénétré le sous-sol, les champs de blé et les rivières tout autour de la centrale et sans doute au-delà. Conçue avec l’aide des habitants des lieux, la série est un témoignage de ces infiltrations minuscules. « En quelque sorte, oui, l’accident nucléaire a contaminé non seulement la région mais aussi l’esprit des habitants, résume Carlos Ayesta. Pour s’afficher aujourd’hui comme une cicatrice plus ou moins discrète à l’âme. » — D.S.


AUTRES IMAGES

1. « L’homme dans la bulle devant la forêt morte »
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2. « L’homme qui prend un bain »
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3. « L’homme qui emballe un cerisier »
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5. « La mère derrière un mur dans la forêt »
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6. « La maison bleue derrière un mur de plastique »
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7. « Le masque est dans la boîte »
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8. « L’homme dans sa bulle devant la gare »
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« Le poisson hors de l’eau »
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