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Les poubelles d’Issy s’échappent par les tuyaux
jeudi, 27 juin 2013 / Audrey Chabal

Dans le tout nouvel écoquartier de la commune des Hauts-de-Seine, c’est le tube de l’été : un système pneumatique permet d’aspirer les déchets ménagers !

Pour beaucoup de noctambules et de lève-tôt, le passage du camion-benne à heure fixe est un incontournable rituel, auditif et olfactif. Une cérémonie amenée à disparaître ? C’est en tout cas ce qu’expérimentent les habitants du nouvel écoquartier d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), le Fort d’Issy, inauguré le 2 juin dernier. La mairie a opté pour un système de collecte des déchets invisible aux yeux des habitants : les détritus sont relégués au sous-sol, au même titre que les égouts !

Comment ça marche ? Par aspiration, pardi ! En clair, il n’ y a ni poubelles, ni camion, mais des bornes disposées dans les bâtiments ou sur la voie publique, dans lesquelles les résidents déposent directement leurs ordures ménagères et recyclables. Un réseau de 1,8 km de tubes souterrains relie ces bornes à deux autres, installées à la sortie du quartier. Une solution qui est née des contraintes d’urbanisme. « Cet écoquartier se situe à l’intérieur d’un ancien fort Vauban, dont les enceintes sont classées monument historique, explique Bruno Martin de la société Envac, spécialisée dans la collecte pneumatique des poubelles. Face à l’impossibilité de percer de nouveaux accès, et dans la mesure où il n’en existe que deux, il fallait trouver un moyen de collecter les déchets sans faire appel aux camions. »

« Trompes d’éléphants »

Des poids lourds interviennent tout de même dans le processus. A la sortie du fort, des engins munis de bras téle-scopiques viennent aspirer les déchets – « un peu comme des trompes d’éléphants », s’amuse Bruno Martin –, avant de les conduire à l’incinérateur, à 2 km de là. Seul le verre n’est pas concerné par l’opération : l’aspirateur n’est pas encore armé pour le supporter, et des conteneurs spécifiques ont dû être disposés à l’extérieur des enceintes. Le système, qui a coûté 3,6 millions d’euros, permet également de récolter les poubelles des infrastructures alentour, comme les nouvelles écoles construites à l’extérieur du fort. En attendant que les tubes prennent le pouvoir dans tous nos sous-sols. —

Impact du projet

Le nombre de camions-bennes nécessaires est divisé par trois