https://www.terraeco.net/A-Cherbourg-le-chauffage-ne-manque,49362.html
A Cherbourg, le chauffage ne manque pas de sel
mercredi, 24 avril 2013 / Julien Ropert

A partir de juin, tout un quartier de la ville fera carburer ses radiateurs grâce à l’eau de la Manche : une première !

Et si une partie du problème énergétique était soluble… dans l’eau de mer ? A Cherbourg, dans la Manche, le quartier de la Divette, édifié au début des années 1960, inaugure en juin son nouveau système de chauffage centralisé, qui tire son énergie de l’eau du bassin du Commerce, à 300 mètres de là. Chaque heure, 500 mètres cubes d’eau y sont prélevés, et les calories sont transmises à un réseau d’eau douce, qui alimente deux pompes à chaleur.

Adieu au gaz naturel

« Un des éléments importants est que l’eau de mer ne doit pas être trop froide, explique Nicolas Noël, chargé d’affaires chez EDF Optimal Solutions, le concepteur du projet. Cherbourg s’y prête bien, avec une température constante, autour de 11 °C. » L’ensemble produira l’eau chaude sanitaire des 1 308 logements du quartier et alimentera les radiateurs, qui carburaient jusqu’à présent au gaz naturel. « Ce système permettra d’économiser 1 730 tonnes de CO2, ce qui équivaut à 234 hectares de forêt plantée, détaille Jacqueline Bisson, directrice générale de Presqu’Ile Habitat, bailleur social qui gère plus d’un millier de logements dans la zone. En principe, les locataires vont faire des économies, ou au moins ne pas voir leur facture augmenter. » On évoque même une économie de l’ordre de 30 % pour les habitants.

1,35 million d’euros investis

Largement de quoi justifier l’investissement : 1,35 million d’euros hors taxes. « Pour un bailleur social comme nous, pouvoir maîtriser les coûts est important, poursuit Jacqueline Bisson. Mais l’intérêt n’est pas seulement le prix, c’est aussi de réduire le taux de CO2. Il existe de petites opérations à la Seyne-sur-Mer (Var) et à Monaco, mais à l’échelle d’un quartier, c’est une première en France. » Une initiative pionnière qui pourrait faire des petits. « C’est largement reproductible, confirme Nicolas Noël. La clé, c’est d’avoir un bassin à proximité d’un réseau de chaleur. » Si la technique fait école, il faudra se souvenir que la vague est partie de Cherbourg. —

- Le site de Presquile habitat

Impact du projet

1 730 tonnes de CO2 économisées chaque année

1 308 logements concernés