https://www.terraeco.net/Le-bio-est-il-reserve-aux-riches,4807.html
Le bio est-il réservé aux riches ?
jeudi, 28 mai 2009 / Arnaud Gonzague , / Agence Idé , / Laurent Vautrin/Picturetank

Le bio prend ses aises dans les étals de marchés et de supermarchés. Pourtant, dans nos Caddies, il reste réduit à la portion congrue. La faute à son prix élevé, selon 75 % des Français. « Terra eco » a pris son cabas et sa calculette, mais est allé voir plus loin que les étiquettes.

Et si c’était LA bonne résolution de l’été ? Non, pas se mettre au régime ! Mais simplement manger bio ! Lançons-nous. Tentons de remplir nos Caddies de tomates, de viande ou de vins certifiés AB, Nature et Progrès ou Demeter. On s’aperçoit vite que l’argument des produits bio introuvables ne tient plus. Scrutez votre grande surface : « Pendant longtemps, on ne trouvait le bio que perdu au milieu des soupes diététiques et des biscuits aux germes de sésame », explique Brigitte Brunel Marmone, de la chaîne La Vie claire.

Désormais, le choix est vaste. Monoprix propose 730 références bio alimentaires, 14 dans les cosmétiques et 150 dans le textile. Une offre sensiblement équivalente à celle de Carrefour ou de Casino. Si vous préférez les boutiques spécialisées, il en existe de plus en plus : Biocoop compte 313 magasins ou la Vie claire, 185. Sans oublier les 700 Associations pour le maintien de l’agriculture paysanne (Amap), ces groupes de consommateurs qui pré-paient à des fermiers leur production, laquelle est livrée sous forme de paniers, souvent bio.

Bref, c’est à se demander pourquoi les Français ne consacrent au bio que 1,5 % de leurs dépenses alimentaires (soit 2,4 milliards d’euros en 2008), loin derrière les Danois, les Autrichiens ou les Suisses. A cause du prix ? Sans aucun doute. Pour en avoir le cœur net, nous sommes allés faire nos courses à quatre reprises la même semaine. Dans une grande surface, nous avons rempli notre Caddie uniquement de produits bio, puis le lendemain, de produits de marques, et enfin, de premier prix. Puis, le quatrième jour, nous avons poursuivi le test en nous rendant dans un magasin spécialisé. Résultat : le prix de ce dernier cabas « boutique bio » est 160,3 % plus élevé que le même rempli de produits premier prix, soit 2,6 fois plus important.

Moins de fruits fades !

Mais une comparaison uniquement économique et financière de deux Caddies n’est pas satisfaisante. Si chaque année, le bio grignote des parts de marché – 10 % de croissance par an –, c’est qu’on commence à comprendre que derrière le prix en euros s’en cache un autre : le prix écologique. Au-delà d’une simple question de goût, il s’agit d’un choix citoyen. Dans les pages qui suivent, vous prendrez ainsi conscience de ce qui, aujourd’hui, relève de l’incontestable.

Oui, l’agriculture bio est plus douce pour les écosystèmes que son acolyte conventionnelle ; oui, elle produit des denrées meilleures pour notre santé et celle de nos enfants ; oui, elle permet de faire vivre des exploitants de taille modeste, respectueux de leur terroir ; et oui, le bio a plus de goût, c’est scientifiquement établi. Plus de surfaces bio, c’est moins de pesticides et de nitrates dans nos assiettes, moins de fruits fades et pleins d’eau, moins d’animaux élevés dans des conditions carcérales, moins de fraises qui ont parcouru 10 000 km pour finir juchées sur nos tartes de décembre.

Et pour ceux qui ont encore du mal à avaler la douloureuse, France Guillain, auteure de Manger bio, c’est pas cher [1], décoche quelques sentences définitives : « Manger bio, c’est manger autrement ! Continuer à se gaver de sodas et de chips – mais bio – n’a pas le moindre sens ! » Car, pour faire du bien à son portefeuille, il faut limiter les plats cuisinés chers (et trop salés), les friandises coûteuses (et trop sucrées), laisser moins de place à la viande et plus à des légumineuses abordables et gorgées de protéines. Bref, comme dirait le slogan : le bio, à vous d’inventer la vie qui va avec ! 


PDF - 124.6 ko

Découvrez en cliquant le tableau ci dessus tous les détails de notre enquête exclusive


A LIRE SUR LE MÊME THÈME

- Bio / Conventionnel : les secrets de fabrication

- Hard discount et bio : l’union contre-nature ?

- La jungle des labels

- Mais à quoi sert le bio ?

- Le bio à portée de cabas

- La ruée vers les petits prix bio

- Bio ou classiques, quatre Caddies à la loupe


AUTRES IMAGES

JPEG - 116 ko
300 x 300 pixels

JPEG - 19.4 ko
310 x 90 pixels

Si vous visitez cet article sur notre site web, vous trouverez les documents suivants à télécharger:
• , (PDF - 124.6 ko)