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Au Séquestre, l’eau se la coule juste
lundi, 26 novembre 2012 / Olivier Aubrée

Depuis 2009, les habitants de cette commune du Tarn payent l’or bleu en fonction de leur consommation.

Une facture salée si l’eau coule à flots pendant le lavage de dents, mais une petite note si on prend garde à sa conso. Cela paraît logique, non ? Mais ce n’est pas la règle. Les ménages les moins gourmands payent parfois plus cher leur mètre cube. La faute aux systèmes d’abonnement. Le Séquestre, commune tarnaise de 1 500 habitants, est l’une des premières à avoir changé les règles du jeu, en lançant, en 2009, la tarification progressive. « L’objectif était avant tout social. L’eau utilisée pour les besoins élémentaires revenait plus cher que l’eau servant à remplir une piscine », raconte le maire (PS), Gérard Poujade. Aujourd’hui, les premiers litres consommés sont gratuits. Le tarif augmente ensuite par tranche, jusqu’à atteindre 0,70 euro le mètre cube pour une consommation « abondante » de 200 m3 par an, bien plus que la moyenne des ménages français : 120 m3 annuels. Mais attention, ce tarif ne concerne qu’un tiers de la facture : la part qui couvre le coût de la collecte des eaux usées, la seule sur laquelle la ville peut agir. Les deux autres tiers sont du ressort de deux structures intercommunales, restées fidèles au « vieux système » (1).

Mini-modèle et maxi-patron

En clair, une famille consommant 70 m3 d’eau par an débourse aujourd’hui 30 euros, au lieu de 80. Et si la progressivité s’appliquait sur la totalité de la facture, elle devrait régler 70 euros annuels, et non 200 ! Au total, 70 % des administrés ont vu leur note globale baisser, « sans que cela ait coûté un sou à la commune », précise le maire.

L’opération, accompagnée d’une distribution d’économiseurs d’eau, est aussi une bonne nouvelle pour la planète. La consommation des foyers a en effet baissé de 7 % entre 2008 et 2009. « Et il y a un effet incitatif : des habitants se sont mis à récupérer l’eau de pluie pour faire des économies », se réjouit Gérard Poujade. Le Séquestre attire les curieux, dont un certain nombre d’élus. Au point que ce « mini-modèle » serve de « maxi-patron » aux collectivités ? Conforté par d’autres expériences menées à Cahors (Lot), Libourne (Gironde) ou encore Barcelone, en Espagne, l’édile se dit « convaincu que le principe peut s’étendre partout », mais juge « impossible de généraliser un modèle unique ». « Chaque territoire doit établir un diagnostic qui permette de fixer des tarifs et des seuils à la fois économiquement viables et socialement justes. » —

(1) La communauté d’agglomération de l’Albigeois et le Syndicat intercommunal pour l’aménagement hydraulique du Dadou facturent un abonnement et un prix au mètre cube.

Impact du projet

- 7 % pour la conso d’eau des foyers

70 % des ménages ont vu le montant de leur facture diminuer

- Le site du Séquestre