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Réconciliations
lundi, 7 mai 2012 / David Solon /

Président de l’association des Amis de Terra eco Ancien directeur de la rédaction de Terra eco

François Hollande présidera aux destinées de la France pendant les cinq années à venir, après sa victoire (51,67%) face à Nicolas Sarkozy (48,33%). Mais avant de construire durablement, il devra réconcilier.

François Mitterrand, victorieux en 1981 d’une droite d’un autre âge, avait promis de changer la vie. François Hollande candidat d’une gauche sans doute plus réaliste, et avant toute promesse, a déjà rendu plusieurs diagnostics.

Il sait l’état de la société française. Fracturé par cinq années de sarkozisme, notre lien social est au bord de la rupture. Pendant le quinquennat du successeur de Jacques Chirac, les frontières ont été dressées l’une après l’autre. Travailleurs contre assistés, patrons contre syndiqués, Français contre étrangers, riches contre pauvres... les divisions sont profondes et menacent directement l’équilibre. C’est le peuple, les corps intermédiaires et la classe politique dans son ensemble que le nouveau président de la République, en urgence, va donc d’abord devoir réconcilier sous peine de voir notre modèle social exploser et la solidarité qui le cimente s’appauvrir encore davantage.

Il sait la prégnance de la crise économique. Impitoyable, elle balaie les couches les plus défavorisées. 8 millions de nos concitoyens vivent en deçà du seuil de pauvreté, 10% de la population active est sans emploi. S’ajoute à ce sombre tableau le gouffre de la dette publique. Il faudra là encore réconcilier. Gestion responsable, résorption des déficits et dynamisation de l’économie devront aller de pair sous peine de déchanter très rapidement.

Indispensable conversion écologique

Il sait aussi, en fils spirituel de François Mitterrand et de Jacques Delors, combien l’Europe porte l’espoir. Mais il mesure à quel point ces institutions, perdues dans la tourmente d’un capitalisme sauvage, menacées par la montée de périls populistes, naviguent sans cap, ni boussole. A lui de contribuer à guider cette Europe vers un chemin plus humaniste afin de la réconcilier avec les réalités quotidiennes de ses concitoyens.

Enfin, le nouveau chef de l’Etat sait bien l’obsolescence programmée de notre modèle de société, basé sur le recours sans limite aux matières premières et à la biodiversité. Ne pas prendre en compte l’indispensable conversion écologique de notre économie, de notre société, serait un suicide. Il n’y a d’autre alternative au vu de notre gourmandise, de notre nombre et de la finitude de nos ressources que de nous réconcilier avec notre environnement.

Le défi pour réussir tout cela est immense et n’est plus question ni de droite ni de gauche. Il consistera pour les nouveaux appelés aux responsabilités à positionner notre pays dans un projet solidaire, prospère et durable. Pas moins.